La Géopolitique de l’eau
Qu’elle soit naturelle ou produit de l’activité humaine, la désertification des sols pose des problèmes auxquels le mode devra faire face dans un futur proche. La Convention des Nations Unies définit la désertification comme la dégradation des terres dans les zones arides, semi arides et subhumide sèche, par suite de divers facteurs liés au climat ou à l’activité humaine. Le problème grandissant depuis plusieurs décennies déjà, a poussé l’ONU en 1992 à proposer une convention mondiale sur la lutte contre la désertification. Quels sont les enjeux géopolitiques de l’eau et comment lutter contre le phénomène désertification? Le problème grandissant depuis plusieurs décennies, a poussé l’ONU en 1992 à proposer une convention mondiale sur la lutte contre la désertification. Quels sont les enjeux géopolitiques de l’eau ? Nous étudierons cela au cours de cet article en nous intéressant à une zone particulièrement touchée qui est le monde arabe, cette région qui se trouve au sud de la méditerrané. Si les pays arabes sont richement dotés en pétrole, en revanche ils sont pauvres en eau : 5% de la population mondiale, mais seulement 1% des ressources, et encore sont-elles (comme le pétrole) très inégalement réparties. Seuls l’Irak, le Liban le Maroc et le Soudan se situent actuellement un peu au-dessus du seuil de 1000 mètres cubes/habitant/an qui est considéré comme nécessaire dans un contexte économique de développement normal. Les autres pays sont tous en dessous, même l’Égypte malgré le Nil, parce qu’en plus des éventuelles conséquences du barrage la renaissance l’Egypte est très peuplé. Et la croissance démographique encore rapide d’un certain nombre de pays arabes devrait contribuer à aggraver la situation. Qui plus est, l’essentiel des ressources en eau du monde arabe lui vient d’autres régions : les grands fleuves des pays arabes : Euphrate et Tigre, ont leur source en Turquie (88% du débit de l’Euphrate, et 40% de celui du Tigre, et le Nil ou dans des pays africains non arabes (86 % des eaux du Nil et 95% de ses eaux de crue viennent d’Ethiopie. Enfin une partie de ces ressources est actuellement gaspillée, notamment par une agriculture archaïque et dont on n’arrive à faire évoluer que très lentement les méthodes. A un degré moindre que pour les bassins de Mésopotamie et du Nil, la question politique d’Israël est aussi une question liée à l’eau, l’Etat juif contrôlant depuis 1967 les sources du Jourdain, au détriment notamment de la Cisjordanie et de la Jordanie. Cette question passe un peu inaperçue seulement à cause de la gravité des autres. 2/3 des besoins en eau de l’Etat d’Israël sont pompés à partir de ressources qui lui sont extérieures (notamment la nappe phréatique de Cisjordanie). Les eaux des territoires occupés ont été déclarées « ressources stratégiques » et sont sous contrôle militaire de la puissance occupante. La conséquence directe du problème de l’eau est la dépendance alimentaire, quasiment irréversible à terme prévisible, du monde arabe. Si le monde arabe dispose de l’arme du pétrole, il se trouve donc inversement sous la menace d’une famine virtuelle. La demande alimentaire en est au rythme du doublement tous les 20 ans à cause à la fois de la croissance démographique et de la modification des habitudes alimentaires (qui incluent davantage de viande, laquelle demande plus de productions agricoles que l’alimentation simplement végétale). Irak et Égypte ne produisent que 5% de leur nourriture, l’Algérie seulement 40% : et encore s’agit-il des pays arabes qui ont le plus fort potentiel agricole du monde arabe ! La conséquence de cette dépendance alimentaire est une constante sortie de devises de ces pays, une obligation d’exporter pour se nourrir, une grande dépendance des gouvernements à la question des subsistances, qui est en elle-même porteuse d’instabilité politique. Or aucune politique d’autosuffisance alimentaire n’a pu être mise efficacement en place, sauf en Arabie saoudite où on produit du blé à prix d’or, grâce à une manne pétrolière qui est cependant en passe de devenir insuffisante et au pompage de nappes phréatiques non renouvelables (eau captive, comme le pétrole). Quant au phénomène de la désertification, les scientifiques s’accordent à penser que la désertification est causée d’une part par le réchauffement climatique et d’autre part par l’activité humaine sur les zones concernées. Le changement climatique global que connaît notre planète est un cercle vicieux où de nombreux facteurs rentrent en jeu, concrètement l’augmentation de CO2 dû à l’activité humaine en parallèle avec une déforestation massive à pour effet d’intensifier l’effet de serre et donc d’augmenter la température moyenne de la Terre. Les conséquences sont des dérèglements climatiques et dans notre cas les sols sont exposés à des brulures dues aux UV solaires, à l’érosion provoquée par le vent et l’écoulement de pluies rares et violentes. La terre devient érodée et stérile et forme des plaques désertiques appelées «zipelés». L’activité humaine locale est une autre composante importante de la désertification. Il est intéressant de noter qu’il n’y a pas seulement des causes modernes. Des indices laissent à penser que les humains, depuis près de 3000 ans, participent à ce phénomène en coupant le bois des forêts et en exploitant les terres. L’aggravation est cependant beaucoup plus importante au cours des deux derniers siècles. En effet, la poussée démographique a eu pour conséquence une surexploitation des terres et du bois. Les terres sont surexploitées afin de produire plus de nourritures. La déforestation fragilise aussi les sols qui ne sont plus tenus par les racines des arbres et ceux-ci ne peuvent pas repousser car les ruminants mangent sans cesse les jeunes pousses. La désertification est donc un cycle qui «s’auto entretient» et qui est aggravé par l’activité humaine. La désertification est un grand défi qui touche environ deux milliards de personnes de nos jours, sans compter que les prévisions démographiques prévoient qu’il faudra nourrir neuf milliards d’êtres humains d’ici 2050. Il n’est pas difficile d’imaginer que la géopolitique de l’eau sera donc un enjeu principal de notre futur. Les régions les plus touchées se situent en Afrique, au Nord et au Sud du Sahara, une grande partie de l’Asie orientale et centrale