Innovation en Afrique : défis et opportunités Par Abdeljalil Aboulmajd

Avant d’aborder les défis et les enjeux de l’innovation en Afrique, il s’avère important de s’intéresser dans un premier temps au terme innovation en tant que tel. Alors qu’est-ce que l’innovation ? Et comment l’innovation en répondant aux besoins spécifiques de l’Afrique transformera ses défis en opportunités ? I)Définition de l’innovation Si l’innovation fait aujourd’hui consensus comme élément clé d’une stratégie de sortie de crise, la notion de l’innovation a évolué à travers le temps, elle a même changé de connotation et a élargi son champ d’application. Historiquement le mot latin innovatio veut dire renouvellement.  Dans son livre  « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » , l’économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883-1950) considérait le développement économique comme un processus de renouvellement permanent. La « destruction créatrice » est son idée centrale : les nouvelles technologies et les innovations supplantent les anciennes structures, ce qui stimule le progrès et la croissance. Schumpeter considérait les entrepreneurs et les innovations technologiques comme les principaux moteurs de l’économie. Il mettait toutefois en garde contre le fait que la bureaucratie, une réglementation excessive et une aversion pour le risque dans la société pouvaient freiner le processus d’innovation. De même, Joseph Schumpeter distingue l’invention et l’innovation dans ses recherches. Pour lui, l’invention est la découverte de nouvelles connaissances scientifiques et techniques. Alors que l’innovation est « la commercialisation de toute nouvelle combinaison issue de nouveaux matériaux et composants, l’introduction de nouveaux process, l’ouverture de nouveaux marchés ou l’introduction de nouvelle forme organisationnelle ». II) Défis et opportunités en Afrique Dans un contexte numérique global, l’innovation en Afrique fait face à des défis significatifs : – Infrastructures insuffisantes : De nombreuses régions manquent d’une connectivité adéquate, freinant le développement de services numériques. – Manque de formation : Le capital humain disponible est souvent insuffisamment formé pour tirer parti des nouvelles technologies, en particulier l’IA. – Inégalités d’accès : Une partie significative de la population demeure exclue des bénéfices de l’économie numérique, ce qui pose un défi majeur pour l’inclusion sociale et économique. Enfin, Comme Schumpeter l’a souligné, l’innovation n’est pas seulement une question d’invention, mais aussi d’appropriation et d’adaptation aux contextes locaux. Ainsi, le déficit de compétences techniques dans certaines régions limite la capacité d’innovation locale. Pour surmonter ces obstacles, une collaboration étroite entre les chercheurs, les gouvernements et le secteur privé est essentielle. De ce qui précède, il ressort que l’innovation se construit, elle ne s’apprend pas.  En d’autres termes, il est impossible d’innover sur commande.  Dans le secteur de la recherche, notamment, une innovation majeure est plus souvent le fruit du hasard que d’un objectif précis.  Les systèmes d’enseignement et les entreprises africaines doivent laisser aux innovateurs suffisamment d’espace pour qu’ils puissent s’ajuster aux éléments et trouver de nouvelles manières de relever les défis techniques.  La créativité qui pourra ainsi se mettre en place dans un tel espace pourra donner naissance à de nouvelles idées qui seront les déclencheurs de l’innovation, et c’est en fonction de ces derniers que devra s’établir le programme de l’innovation sur notre continent. Les pays d’Asie ont axé leurs efforts sur l’utilisation stratégique du système de propriété intellectuelle pour promouvoir leur croissance économique.  Il y a cinq ans, le PIB de la République de Corée était comparable à la moyenne de celui des économies africaines d’aujourd’hui.  La République de Corée s’est depuis transformée en puissance économique, et ce, en investissant dans le domaine technologique, en renforçant ses capacités et en accordant priorité à l’utilisation stratégique de la propriété intellectuelle.  Conclusion : Aujourd’hui l’innovation n’est plus un choix, elle est une nécessité. Ainsi au XXIe siècle, les nations et les pays seront jugés, non pas par rapport à leurs richesses naturelles ou à leurs ressources dans le sous-sol, mais à leur capacité d’innovation. L’essor de l’innovation locale ou encore les investissements dans les infrastructures numériques démontrent qu’en Afrique un avenir est à portée, à condition d’un engagement fort des États, du secteur privé et des partenaires internationaux.

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Rapport sur l’avenir de l’emploi 2025 rédigé par le forum économique mondial

L’avenir du travail se joue aujourd’hui, à l’intersection des avancées technologiques, des impératifs écologiques et des bouleversements économiques mondiaux. Alors que l’intelligence artificielle et les transitions vertes transforment en profondeur les marchés, un constat s’impose : la capacité à s’adapter, à apprendre et à évoluer – autrement dit, l’agilité – est désormais au cœur des priorités. Le rapport Future of Jobs 2025 du Forum Économique Mondial en témoigne avec force : l’agilité n’est plus une qualité annexe, mais bien une compétence essentielle dans un monde en perpétuelle mutation. Le Forum Économique Mondial, dans son rapport intitulé « Future of Jobs 2025 », a mis en lumière les transformations profondes et rapides attendues sur le marché du travail mondial. Ce rapport analyse les évolutions des secteurs d’activité, les professions en croissance et celles en déclin, ainsi que les compétences nécessaires pour naviguer dans ce futur incertain. L’impact de l’automatisation, des technologies numériques, ainsi que des enjeux environnementaux, est au cœur de ces mutations. Voici une analyse détaillée, avec des données clés sur les métiers qui seront fortement influencés. I) Professions en Croissance : La Technologie comme Moteur Principal Les métiers liés à la technologie, à la gestion des données et à la durabilité constituent le noyau des professions qui connaîtront une forte demande d’ici 2025 et au-delà. Selon le rapport, les secteurs suivants afficheront des croissances significatives : 1. Spécialistes en Big Data L’analyse des données massives (Big Data) est au cœur de la transformation des entreprises. Le rapport indique que 37% des entreprises prévoient une augmentation de leurs investissements dans le Big Data d’ici 2025. Cette technologie permet aux entreprises de mieux comprendre les besoins de leurs clients et d’optimiser leurs processus. Les rôles liés à l’analyse des données, à la gestion des données et à l’intelligence artificielle connaissent une forte demande. Le marché du travail attend plus de 1 million de nouveaux spécialistes en Big Data d’ici 2025. 2. Ingénieurs en FinTech Les innovations dans le domaine des technologies financières, ou FinTech, connaissent une adoption croissante. Des 23% des entreprises interrogées dans le rapport ont indiqué que l’automatisation des services financiers et des paiements deviendrait une priorité, augmentant ainsi la demande d’ingénieurs spécialisés dans les technologies de paiement, les crypto-monnaies, et la blockchain. 3. Experts en Intelligence Artificielle et Machine Learning L’intelligence artificielle (IA) et le machine learning sont des catalyseurs importants de la croissance professionnelle. Le rapport souligne que la demande pour ces experts continuera de croître à un rythme soutenu. Selon les projections, les emplois dans l’IA devraient augmenter de 35% d’ici 2025, propulsés par l’automatisation des tâches dans divers secteurs comme la santé, le commerce et la gestion des données. 4. Développeurs de Logiciels et d’Applications Avec la digitalisation croissante des entreprises, les développeurs de logiciels et d’applications restent au sommet des professions les plus recherchées. Selon les prévisions, le nombre d’emplois pour les développeurs devrait augmenter de 30% au cours des 5 prochaines années. La montée en puissance des technologies mobiles, des applications cloud et de l’Internet des objets (IoT) génère une demande constante pour ces professionnels. 5. Ingénieurs en Énergies Renouvelables Les préoccupations environnementales et la transition vers des énergies plus durables stimulent la demande pour des métiers dans le domaine des énergies renouvelables. Le rapport indique que les emplois dans les énergies renouvelables augmenteront de 25% dans les 5 prochaines années, soutenus par les investissements dans l’énergie solaire, l’éolien, et les technologies de stockage d’énergie. II)Professions en Déclin : L’Automatisation au Cœur des Réductions À l’opposé, l’automatisation et l’évolution des modèles économiques conduisent à une réduction des besoins dans certains secteurs. Plusieurs professions traditionnelles sont particulièrement vulnérables aux effets de ces changements technologiques. 1. Employés de la Poste Le secteur des services postaux subira une contraction importante de ses effectifs dans les prochaines années. D’ici 2025, la demande pour les employés de la poste devrait diminuer de 25%. Cette réduction est principalement due à l’automatisation des processus de tri et de livraison des courriers et colis. Les services numériques, comme les notifications électroniques et les services bancaires en ligne, remplacent progressivement les tâches traditionnellement effectuées par le personnel postal. 2. Caissiers et Agents de Guichet La réduction du nombre de caissiers et d’agents de guichet est un autre phénomène observé. Le rapport estime que la demande pour ces métiers pourrait baisser de 30% d’ici 2025, à mesure que les technologies de paiement sans contact et les caisses automatiques deviennent plus populaires. Les agents de guichet dans les banques et autres institutions financières subissent également cette pression, avec l’augmentation des services bancaires mobiles et des applications de gestion financière. 3. Opérateurs de Saisie de Données Les opérateurs de saisie de données sont également voués à une réduction de leurs effectifs. La croissance de l’IA et de l’automatisation des processus de traitement de données entraîne une diminution significative de la nécessité d’entrer manuellement des données. Le rapport prévoit que 40% des emplois dans ce domaine disparaîtront dans les 5 prochaines années. 4. Assistants Administratifs Les assistants administratifs, qui effectuent des tâches telles que la gestion des agendas, la prise de rendez-vous, et la coordination des tâches administratives, sont également menacés par l’automatisation. Des systèmes intelligents de gestion d’agenda et des outils de communication automatisés remplacent ces fonctions. Le rapport indique que les emplois d’assistants administratifs pourraient chuter de 20% dans les prochaines années. III)Les Défis et Opportunités pour la Maroc Le Maroc, comme beaucoup d’autres pays, doit naviguer dans un contexte mondial de mutations rapides. Cependant, elle possède aussi des opportunités uniques pour adapter son marché du travail aux évolutions technologiques. 1. Investir dans les Compétences Numériques Le Maroc dispose d’une population jeune et qualifiée, ce qui la positionne favorablement pour devenir un hub technologique régional. Le développement des compétences en IA, en Big Data, et en cybersécurité devrait être une priorité pour les autorités marocaines Des programmes de formation et de certification peuvent permettre de préparer cette main-d’œuvre aux défis numériques à venir. 2.Soutenir les Startups Technologiques Le Maroc connaît un dynamisme entrepreneurial, notamment dans les

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Améliorer la nutrition en Afrique

La meilleure façon de lutter contre la malnutrition dans les pays en développement ne consiste pas à augmenter la diversité des espèces cultivées par les petites exploitations, mais à améliorer l’accès aux marchés. Telle est la conclusion d’une étude récente menée par l’Institut MwAPATA au Malawi et l’Université de Bonn en Allemagne. En revanche, une diversification accrue de la production animale a des effets positifs. Non seulement une alimentation insuffisante, mais aussi un régime alimentaire trop unilatéral peuvent avoir de graves conséquences sur la santé. Une alimentation variée est donc un moyen important de prévenir la malnutrition. C’est pourquoi les chercheurs plaident souvent en faveur d’une diversification des cultures pratiquées par les petits exploitants africains, que la malnutrition affecte plus particulièrement. Comme ces exploitations produisent en grande partie pour leur propre consommation, une plus grande variété dans les champs devrait avoir un impact positif sur la nutrition. À ce jour, cependant, les effets réels d’une plus grande diversification des exploitations agricoles n’ont fait l’objet que de recherches limitées et restreintes au niveau régional. Dans leur étude, qui a été publiée dans la revue « Lancet Planetary Health » en mai, les chercheurs de l’Institut MwAPATA, et de l’Université de Bonn se sont appuyés sur des données beaucoup plus complètes : ils ont évalué des enquêtes menées par les instituts nationaux de statistiques d’Éthiopie, du Malawi, de Tanzanie et d’Ouganda qui ont, à plusieurs reprises et pendant plusieurs années, visité et interrogé les mêmes ménages de petits exploitants. Les données font état du nombre de cultures pratiquées et des races animales élevées. Elles livrent également des informations sur l’âge, le poids et la taille des enfants vivant au sein des exploitations familiales, ce qui permet de calculer différents indicateurs de leur état nutritionnel. 1)La croissance de 50 000 enfants et adolescents évaluée  « Au total, nous avons analysé les données de plus de 50 000 enfants et adolescents issus de plus de 20 000 exploitations sélectionnées de façon aléatoire », explique le Dr Makaiko Khonje, chercheur à l’Institut MwAPATA. « Nous avons relié ces mesures à la diversité de la production agricole des exploitations ». Les chercheurs ont mis en lumière trois résultats importants : premièrement, le nombre de cultures avait peu d’effet sur la croissance des enfants, et donc sur leur état nutritionnel. En revanche, une plus grande variété d’espèces animales élevées dans l’exploitation produisait des effets positifs. L’élevage de chèvres ou d’une vache, en plus de volailles et d’autres espèces animales, peut donc améliorer le statut nutritionnel. C’est là le deuxième message. Le troisième résultat important concerne les marchés locaux. « L’amélioration de l’accès au marché a un impact particulièrement positif sur l’état nutritionnel », explique Khonje. En effet, ceux qui peuvent vendre leurs produits sur le marché et qui peuvent, à leur tour, acheter les aliments qui leur font défaut ont ainsi un régime alimentaire plus diversifié. En de nombreux endroits, cependant, les infrastructures appropriées font défaut. Les routes menant au marché sont souvent si mauvaises que le transport prend beaucoup de temps et que certains produits se gâtent ou sont endommagés en cours de route. « Si vous ne pouvez pas vendre la moitié de la marchandise et que vous devez finalement la jeter, l’effort n’en vaut évidemment pas la peine », explique le professeur Dr Matin Qaim du Centre de recherche sur le développement (ZEF) de l’Université de Bonn, qui a également participé à l’étude. 2)La spécialisation peut être utile, mais pas les monocultures Les chercheurs recommandent de ne pas se concentrer uniquement sur une plus grande variété culturale dans les champs, car dans de nombreux cas, un meilleur accès au marché serait plus efficace. Une trop grande diversification est également contre-productive, disent-ils, car chaque plante a ses propres exigences et nécessite donc un savoir-faire particulier. « De plus, les sols ne conviennent pas tous à toutes les cultures », explique M. Khonje. « Il vaut mieux se concentrer sur les espèces qui réussissent particulièrement bien localement et vendre le surplus. » Mais, il n’est pas non plus conseillé de trop se spécialiser, soulignent les chercheurs. « Une certaine variété est également judicieuse d’un point de vue environnemental et pour réduire les risques pour les petits exploitants », explique Qaim, qui est également membre du domaine de recherche transdisciplinaire « Avenir durable » et du pôle d’excellence « PhenoRob ». « Les monocultures pures ne sont certainement pas la solution ». (ZEF/wi) Publication (en libre accès) : Makaiko G. Khonje, Jacob Ricker-Gilbert, Milu Muyanga, Matin Qaim: Farm-level production diversity and child and adolescent nutrition in rural sub-Saharan Africa: a multicountry, longitudinal study; Lancet Planetary Health, DOI: https://doi.org/10.1016/S2542-5196(22)00071-7.

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Avenir écologique de l’Afrique

L’Afrique a le potentiel nécessaire pour produire des énergies renouvelables et bon nombre de pays sautent carrément l’ère des combustibles fossiles. La chute des coûts de production et la décentralisation des systèmes énergétiques rendent possible une expansion majeure des énergies renouvelables sur le continent. En janvier 2023, des chercheurs de l’université de Tübingen, de la Société Senckenberg pour la recherche sur la nature et de l’université d’Osnabrück, toutes situées en Allemagne, ainsi que de l’université du Rwanda, ont déclaré que c’est d’abord en Afrique que le problème de la dépendance au charbon et au gaz pouvait être résolu. Selon leurs travaux, 80 pour cent de l’énergie nécessaire en Afrique pourraient provenir de sources renouvelables d’ici à 2040 – à condition de pleinement exploiter les capacités des centrales existantes et que toutes celles qui sont actuellement à l’étude soient construites.  « Il y a suffisamment de soleil, de vent et d’eau sur le continent, et de nombreux pays africains pourraient sauter l’ère des combustibles fossiles, mais il faut bien sûr pour cela que certaines conditions soient remplies, » déclare Rebecca Peters, chercheuse doctorante au département Géosciences de l’université de Tübingen.  La forte baisse des coûts de production de l’énergie solaire et éolienne permet une expansion majeure des énergies renouvelables en Afrique. Toutefois, les besoins du continent en énergie devraient considérablement augmenter au cours des décennies à venir. Les deux tiers de la population n’ont actuellement pas accès à l’électricité et l’actuel taux de croissance démographique (2,6 pour cent) est supérieur à ce qu’il est dans d’autres parties du monde.  Les centrales solaires et éoliennes peuvent fonctionner de manière décentralisée et sur des réseaux locaux sans être raccordées à des lignes électriques aériennes. Pour les auteurs, c’est là un des avantages des sources d’énergie renouvelable. Selon leur analyse, il serait coûteux et inutile d’effectuer une expansion à grande échelle du réseau électrique dans les zones rurales. Sans compter qu’il est également possible de disposer de plus d’énergie en Afrique grâce au bon fonctionnement des centrales existantes, à la réduction des pertes d’énergie lors du transport de l’électricité, et à une combinaison appropriée de différentes formes d’énergie pour compenser les fluctuations de la production d’énergie solaire et éolienne. « Nous sommes toutefois sceptiques quant à l’expansion non contrôlée de le production d’hydroélectricité, » explique le professeur Klement Tockner, directeur général de la Société Senckenberg pour la recherche sur la nature. « Bien que l’Afrique soit le continent dont les réserves mondiales de ce type d’énergie sont les moins exploitées du monde et que l’hydroélectricité représente actuellement 63 pour cent de la production d’énergie renouvelable, la multiplication des barrages et des lacs modifierait de façon irréversible le libre écoulement actuel des cours d’eau et obligerait de nombreux résidents à déménager, » déclare le professeur Tockner. Le scénario durable d’accès universel à l’énergie durable en Afrique veut que les pays très dépendants du charbon (tels que l’Afrique du Sud) ou du gaz (tels que l’Algérie, la Tunisie et la Lybie) renoncent à accroître les capacités de production des centrales thermiques au charbon ou au gaz et qu’ils passent à la production d’énergie propre. « Ce changement structurel n’est possible qu’en doublant les investissements actuels d’ici 2030 et en investissant 30 milliards de dollars supplémentaires par an pour garantir l’accès à l’électricité à tous, » précise le docteur Jürgen Berlekamp, de l’Institut de recherche sur les systèmes environnementaux, université d’Osnabrück. Qui ajoute que des investissements étrangers seraient nécessaires. Depuis les années 2000, la Chine joue un rôle de plus en plus important, aux côtés des États-Unis et des pays européens. (Université de Tübingen/ile)

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Rapport mondial sur la protection sociale 2024-2026

La protection sociale joue un rôle clé dans la lutte contre l’impact du changement climatique, mais les pays les plus touchés par la crise climatique sont les moins bien préparés. Les gouvernements doivent faire davantage pour utiliser la protection sociale universelle selon le Rapport mondial sur la protection sociale 2024-2026 : Protection sociale universelle pour l’action climatique et une transition juste publié par l’Organisation internationale du travail (OIT) en septembre 2024. Le rapport constate également que les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique ont souvent les niveaux de protection sociale les plus bas. Pour la première fois, plus de la moitié de la population mondiale (52,4 pour cent) bénéficie d’une forme ou d’une autre de couverture sociale. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 42,8 pour cent enregistrés en 2015, année d’adoption des objectifs de développement durable. Toutefois, dans les 20 pays les plus vulnérables à la crise climatique, 91,3 pour cent des personnes (364 millions) ne bénéficient toujours d’aucune forme de protection sociale. Plus largement, dans les 50 pays les plus vulnérables au climat, 75 pour cent de la population (2,1 milliards de personnes) ne bénéficient d’aucune protection sociale. Au niveau mondial, la plupart des enfants (76,1 pour cent) ne bénéficient toujours pas d’une protection sociale efficace. Il existe également un écart important entre les sexes, la couverture effective des femmes étant inférieure à celle des hommes (50,1 pour cent et 54,6 pour cent, respectivement). Ces écarts sont particulièrement importants, étant donné le rôle potentiel de la protection sociale pour atténuer l’impact du changement climatique, aider les personnes et les sociétés à s’adapter à une nouvelle réalité climatiquement volatile et faciliter une transition juste vers un avenir durable. La protection sociale peut aider les gens à s’adapter et à faire face aux chocs liés au climat en fournissant des prestations de protection sociale, telles que la sécurité des revenus et l’accès aux soins de santé. En outre, la protection sociale peut protéger les familles, les travailleurs et les entreprises pendant la transition verte et permettre des pratiques économiques plus durables. Il s’agit notamment d’aider les travailleurs à se former et à se perfectionner afin qu’ils disposent des connaissances et des compétences nécessaires pour travailler dans des secteurs verts et à faibles émissions de carbone. La protection sociale garantit également que tous les emplois sont décents et assortis d’une protection et d’avantages adéquats. Pourtant, malgré son rôle de catalyseur et de facilitateur d’une action climatique positive, les gouvernements ne parviennent pas à tirer le meilleur parti du potentiel de la protection sociale, en grande partie à cause de lacunes persistantes en matière de couverture et d’un sous-investissement important. En moyenne, les pays consacrent 12,9 pour cent de leur produit intérieur brut (PIB) à la protection sociale (hors santé). Toutefois, alors que les pays à revenu élevé y consacrent en moyenne 16,2 pour cent, les pays à faible revenu n’allouent que 0,8 pour cent de leur PIB à la protection sociale. Les pays à faible revenu – qui comprennent les États les plus vulnérables aux effets du changement climatique – ont besoin de 308,5 milliards de dollars supplémentaires par an (52,3 pour cent de leur PIB) pour garantir au moins une protection sociale de base, et un soutien international sera nécessaire pour atteindre cet objectif. Le rapport appelle à une action politique décisive et intégrée pour combler les lacunes en matière de protection, estimant qu’« il est temps de passer à la vitesse supérieure » et d’investir de manière significative dans la protection sociale. Le rapport propose d’importantes recommandations pour orienter les politiques et garantir des résultats efficaces et durables : Se préparer à la fois aux risques « habituels » du cycle de vie et aux chocs liés au climat en mettant en place des systèmes de protection sociale ex ante et en veillant à ce que chacun bénéficie d’une protection sociale adéquate. Utiliser la protection sociale pour soutenir les efforts d’atténuation et d’adaptation au changement climatique et s’assurer de l’acceptation de ces mesures par le public.  Donner la priorité à l’investissement dans la protection sociale, y compris le soutien extérieur pour les pays dont la marge de manœuvre budgétaire est limitée.

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Dynamiques du développement en Afrique : Compétences, emplois et productivité

Compétences, emplois et productivité au cœur des défis de demain. Alors que la croissance économique projetée en Afrique avoisine 4% en 2025, l’adéquation entre compétences et marché du travail devient l’enjeu central de la transformation du continent. Selon ce rapport, d’ici 2050, 85 pour cent de l’augmentation de la population mondiale en âge de travailler se produira en Afrique. Bien que les niveaux d’éducation soient en hausse, les défis du marché de l’emploi demeurent. Le rapport recommande des politiques stratégiques pour renforcer les compétences et la productivité. Selon la dernière édition du rapport « Dynamiques du développement en Afrique », intitulée « Compétences, emplois et productivité » et publiée en juillet 2024 par l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), améliorer la qualité et l’accès au développement des compétences permettra à l’Afrique de tirer pleinement parti du potentiel de croissance de sa jeune main-d’œuvre, en plein essor et de plus en plus qualifiée. L’augmentation totale attendue de la population mondiale d’âge actif à l’horizon 2050 se produira pour 85 pour cent en Afrique. La population d’âge actif (15-64 ans) aura alors quasiment doublé en Afrique, passant de 849 millions en 2024 à 1,56 milliard en 2050. Ces ouveaux entrants sur le marché du travail seront plus instruits que les générations précédentes, le nombre total de jeunes Africains diplômés de l’enseignement secondaire ou supérieur ayant plus que doublé, pour passer de 103 millions en 2020 à 240 millions en 2040. Ces jeunes seront à la recherche d’un emploi dans des économies dynamiques ; la croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique devrait augmenter de 3,2 pour cent en 2023 à 3,5 pour cent en 2024 pour atteindre un taux annuel de 4 pour cent en moyenne en 2025, dépassant celle de l’Amérique latine et des Caraïbes (2,5 pour cent) et talonnant celle des pays en développement d’Asie (4,.8 pour cent), contre un taux de 3,2 pour cent à l’échelle mondiale.  Selon le rapport, de nombreuses économies africaines sont confrontées à un double défi : les travailleurs ne possèdent pas l’éventail de compétences spécifiques que requièrent les emplois existants et, parallèlement, les emplois de qualité ne sont pas assez nombreux pour inciter les travailleurs à renforcer leurs compétences. Plus de 80 pour cent des jeunes Africains scolarisés aspirent à occuper des emplois hautement qualifiés, mais seuls 8 pour cent d’entre eux en trouvent. Les pénuries de compétences, notamment dans des secteurs comme l’agroalimentaire, les énergies renouvelables et l’exploitation minière, freinent l’investissement privé. En fin de compte, les économies restent essentiellement informelles sous l’effet d’une offre insuffisante de travailleurs qualifiés, associée à une faible demande pour les compétences requises par les nouveaux emplois. D’après les estimations, 82 pour cent des travailleurs en Afrique sont employés dans le secteur informel et occupent des emplois pour la plupart faiblement rémunérés, de qualité médiocre et peu protégés ,contre 56 pour cent en Amérique latine et dans les Caraïbes et 73 pour cent dans les pays en développement d’Asie. Les Dynamiques du développement en Afrique 2024 révèlent que l’instruction en Afrique reste faible, en termes de qualité et de quantité, en comparaison à d’autres régions du monde. En 2021, en moyenne les gouvernements africains ont alloué 3,7 pour cent de leur PIB à l’éducation, soit 14,5 pour cent de leurs dépenses publiques totales. Ces chiffres sont légèrement inférieurs aux seuils de référence internationaux, fixés à au moins 4 pour cent du PIB et 15 pour cent des dépenses publiques totales. Seize des 42 pays africains pour lesquels des données sont disponibles pour la période 2020-23 n’atteignent pas ces seuils. Le renforcement des compétences, conjugué à des emplois de meilleure qualité, augmentera la productivité de millions de travailleurs. Le rapport indique que chaque année supplémentaire d’instruction peut accroître jusqu’à 11.4 pour cent les revenus des apprenants africains, soit le rendement de l’éducation le plus élevé par rapport à toute autre région. Les Dynamiques du développement en Afrique 2024 proposent plusieurs recommandations de politique publique pouvant aider à combler les déficits de l’Afrique en matière d’éducation et de compétences. Le rapport examine également les domaines stratégiques dans lesquels les cinq régions d’Afrique pourraient accroître le plus leur productivité grâce à une main-d’œuvre plus qualifiée : l’exploitation minière en Afrique centrale et australe, le numérique en Afrique de l’Est, les énergies renouvelables en Afrique du Nord et l’agroalimentaire en Afrique de l’Ouest.

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Top 5 des pays africains les plus endettés : un fardeau financier en quête de solutions

Cinq pays africains figurent dans le top 10 mondial des principaux bénéficiaires du Fonds monétaire international (FMI). Une dette qui pèse lourd sur leurs économies et leur souveraineté. Alors que la dette publique pèse sur les économies africaines, certains pays se démarquent par l’ampleur de leur endettement. Entre défis structurels et espoirs de redressement, découvrez la situation des cinq nations les plus endettées du continent et les pistes d’évolution envisagées. L’endettement des pays africains reste une problématique majeure, influencée par des facteurs historiques, structurels et conjoncturels. Selon le rapport « African Debt Outlook: A Ray of Optimism » publié par Afreximbank en février 2025, cinq pays du continent se distinguent par le poids préoccupant de leur dette publique. Voici un état des lieux détaillé de ces nations et leurs perspectives d’évolution. 1. Afrique du Sud : 14 % de la dette extérieure africaine L’Afrique du Sud domine ce classement peu enviable, représentant à elle seule 14 % de la dette extérieure du continent. L’économie sud-africaine fait face à un triple défi : une croissance anémique, un chômage structurellement élevé et des tensions sociopolitiques persistantes qui dissuadent les investisseurs. Le gouvernement recourt régulièrement à l’émission d’euro-obligations pour financer ses déficits budgétaires croissants, alourdissant mécaniquement la charge de sa dette. Cette spirale inquiète les agences de notation qui maintiennent une perspective prudente sur le pays, compliquant davantage ses conditions d’emprunt sur les marchés internationaux. 2. Égypte : 13 % de la dette extérieure africaine Deuxième pays le plus endetté d’Afrique, l’Égypte supporte une dette publique particulièrement préoccupante, représentant 13 % de l’endettement extérieur total du continent. Le pays a considérablement intensifié son recours aux emprunts internationaux pour financer d’ambitieux mégaprojets d’infrastructure, tout en faisant face à une pression constante sur sa balance des paiements. La situation est d’autant plus délicate que la dévaluation récente de la livre égyptienne et l’inflation galopante compliquent le service de la dette. Néanmoins, le gouvernement s’efforce activement de restructurer certaines échéances pour alléger cette pression financière. 3. Nigeria : 8 % de la dette extérieure africaine Malgré son statut de première puissance économique d’Afrique de l’Ouest, le Nigeria reste confronté à un endettement croissant, représentant 8 % de la dette extérieure africaine. Cette accumulation s’explique largement par la dépendance excessive du pays aux revenus pétroliers, dont la volatilité expose dangereusement son économie aux chocs extérieurs. Face aux déficits budgétaires récurrents, le gouvernement nigérian a multiplié les emprunts, notamment via des émissions d’euro-obligations. Un espoir se dessine toutefois : la diversification économique amorcée ces dernières années pourrait, à terme, offrir une perspective d’allègement de la dette si elle est poursuivie avec constance. 4. Maroc : 6 % de la dette extérieure africaine Avec 6 % de la dette extérieure africaine, le Maroc figure parmi les nations les plus endettées du continent. En valeur absolu, cela représente 45,65 milliards de dollars. Le royaume chérifien recourt largement aux emprunts internationaux pour financer ses ambitieux projets d’infrastructures et accélérer sa transition énergétique. Son attractivité économique croissante lui confère cependant une marge de manœuvre pour maintenir sa dette sous contrôle. 5. Mozambique : 6 % de la dette extérieure africaine Le Mozambique représente également 6 % de la dette extérieure africaine, une situation considérablement aggravée par les scandales retentissants de « dette cachée » qui ont ébranlé le pays ces dernières années. La révélation d’emprunts massifs contractés sans l’approbation du Parlement a sévèrement entamé la crédibilité financière du pays sur les marchés internationaux. Une lueur d’espoir apparaît néanmoins avec les perspectives prometteuses d’exploitation des gigantesques réserves de gaz naturel offshore, qui pourraient contribuer à redresser progressivement les finances publiques mozambicaines. Une tendance à surveiller de près Si ces cinq pays concentrent une part significative de l’endettement africain, d’autres nations comme l’Angola, le Kenya ou le Ghana affichent également des niveaux de dette préoccupants. L’inflation mondiale persistante, la remontée des taux d’intérêt et l’appréciation du dollar américain alourdissent considérablement le coût du service de la dette pour de nombreux États africains. Néanmoins, le rapport d’Afreximbank met en lumière plusieurs raisons d’espérer : de nombreux pays africains amorcent désormais des réformes sérieuses de gestion budgétaire, diversifient activement leurs sources de revenus et bénéficient d’un accès progressivement facilité aux marchés financiers internationaux. Si ces tendances positives se confirment dans les prochaines années, l’Afrique pourrait progressivement stabiliser sa dette et transformer ce qui apparaît aujourd’hui comme un fardeau en un véritable levier de croissance durable. Source : African Debt Outlook: A Ray of Optimism, Afreximbank, février 2025.

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Enjeux de l’entreprenariat en Afrique par Abdeljalil Aboulmajd

Au moment où l’entrepreneuriat apparaît comme une des solutions incontournables à la problématique du chômage sur le continent, la question des enjeux et des défis de l’entreprenariat se pose avec acuité. Alors qu’est-ce que l’entreprenariat ? Quels sont les obstacles et les difficultés ? Et comment promouvoir l’entrepreneuriat en Afrique ? I) Définition de l’entrepreneuriat L’entrepreneuriat peut être défini comme l’ensemble des actions visant à créer de la richesse et l’emploi par la création d’une entreprise. Les travaux de recherches réalisées dans ce domaine, ont proposé plusieurs définitions, mais aucune d’entre elles n’a fait objet de consensus général. Parmi ces définitions on trouve celle de l’économiste Joseph Schumpeter, le père de l’entrepreneuriat moderne, qui définit l’entrepreneur comme un innovateur, c’est à dire quelqu’un qui brise la routine. Schumpeter considère l’entrepreneur comme un individu visionnaire et innovant, capable de transformer l’économie en introduisant de nouvelles idées, technologies et modèles d’affaires. Selon lui, l’entrepreneur joue un rôle très important dans la création de nouvelles entreprises et dans la rupture des activités économiques existantes. En résumé, l’entrepreneur schumpétérien assume des risques pour promouvoir l’innovation, notamment en expérimentant de nouvelles combinaisons productives II) L’entrepreneuriat en Afrique L ’Union africaine (UA) reconnaît que l’entrepreneuriat, sans être à même de régler tous les problèmes des jeunes, apparaît comme une solution durable à la crise de l’emploi en Afrique. Selon l’organisation continentale, l’entrepreneuriat est un moteur clé de la transformation économique structurelle envisagée dans l’agenda 2063, avec le potentiel de créer des millions d’emplois. En cela, l’entrepreneuriat constitue une piste prometteuse pour tirer pleinement profit du dividende démographique. Car avec 11 millions de jeunes qui devraient entrer sur le marché du travail chaque année au cours de la prochaine décennie (selon les estimations de la Banque mondiale), il devient de plus en plus urgent de développer la capacité de l’Afrique à absorber, former et intégrer cette main-d’œuvre croissante largement confinée au secteur informel, et éviter que des générations entières ne soient marginalisées. III)  les obstacles et difficultés de l’entrepreneuriat en Afrique Il n’est pas facile d’entreprendre en Afrique. Les éventuels entrepreneurs sont confrontés à des difficultés de différents ordres. Pourtant, le continent regorge de nombreuses opportunités d’affaires. En plus des difficultés communes aux entrepreneurs du monde entier, les entrepreneurs africains sont confrontés à des obstacles bien particuliers. D’abord, l’accès aux financements est trop limité. Le manque de ressources financières au démarrage, l’accès difficile à celles-ci ou au crédit constituent les principales barrières au développement de l’entrepreneuriat en Afrique. Contrairement aux contextes des pays développés où des obstacles financiers à l’entrepreneuriat des jeunes ont été déjà résolus par le biais de crédits à faible taux d’intérêts accordés aux petits entrepreneurs par des banques et des fonds, créés spécialement pour le développement du petit entrepreneuriat. À cela s’ajoutent les problèmes d’infrastructures, dont l’accès à l’électricité constitue un frein majeur. Enfin, elles préfèrent souvent rester dans l’informel pour ne pas être matraquées par la fiscalité, la corruption, les formalités administratives et les complications réglementaires. C’est là que les Etats africains peuvent et doivent agir. De plus, le manque de formation à l’entrepreneuriat est une autre barrière. Les entrepreneurs manquent souvent de conseils et de soutien pour améliorer leurs compétences et ne peuvent pas toujours trouver des partenaires commerciaux fiables. Certains pays ont des réglementations trop strictes qui peuvent entraver leur capacité à créer des entreprises viables et à accéder à des financements extérieurs. Face à ces difficultés, comment l’Afrique peut-elle surmonter les barrières structurelles et promouvoir l’entrepreneuriat comme levier de diversification économique et de progrès social ? IV)  La promotion de l’entrepreneuriat en Afrique Par la promotion de l’entrepreneuriat on entend l’encouragement de l’esprit d’entrepreneuriat. En Afrique l’entrepreneuriat n’est toujours pas aussi répandu en Afrique comme dans les pays industrialisés. En effet dans la grande majorité des pays africains la promotion s’est focalisée sur les jeunes diplômés au chômage dans le milieu urbain sans tenir compte du milieu rural qui est censé être l’un des poumons de l’économie africaine. Pour faire face et remédier à la situation actuelle concernant l’acte d’entreprendre, il est essentiel, de lever les obstacles actuels et de promouvoir la culture de l’entreprise par :    A-L ’instauration d’un environnement favorable à la création d’entreprise Ici l’essentiel est tout d’abord d’assainir le climat des affaires des entreprises, et ensuite favoriser la création des entreprises, tout en se basant sur la formation et l’éducation. L’éducation à l’entrepreneuriat est l’un des investissements les plus rentables que peut faire l’Afrique. Aussi, Soutenir les dispositifs de création d’entreprise et startup. Aujourd’hui les mesures de soutien initiées par les pouvoirs publics de certains pays africains aux petites et moyennes entreprise-(PME) et startup restent insuffisantes. Les différentes institutions en charge de la gestion de ce secteur d’activité ne tiennent toujours pas malheureusement en considération les caractéristiques propres et spécifiques des petites entreprises, singulièrement les micro-entreprises et startups. A titre d’exemple, le Maroc, a franchi un pas dans ce sens, une nouvelle législation a été élaborée pour donner une deuxième chance aux jeunes entrepreneurs –femmes et hommes – qui ont bénéficié des aides de l’Etat pour créer leur entreprise et qui ont eu des difficultés dans leurs parcours à rembourser les crédits octroyés par les banques pour le financement de leurs projets. Un fonds spécial dédié aux jeunes qui souhaiteraient créer leurs startups a été mis en place.      B-Faciliter l’accès au financement  L’Afrique étant le continent le plus pauvre, l’accès au financement reste un obstacle important pour de nombreux entrepreneurs africains. Dans les pays développés comme au Etats Unis d’Amérique ou au Canada, tout entrepreneur bénéficie d’avantages particuliers et de subventions par rapport à son domaine d’activité, ce qui n’est pas le cas en Afrique. Avec un système financier qui n’encourage pas vraiment la création d’entreprise il est très difficile à l’entrepreneur africain de pouvoir financer ses projets. Les banques et micro finances africaines doivent se pencher sur le problème tout en favorisant les entrepreneurs par rapport aux prêts et aux différents types de soutiens dont ils auront besoin. Diminuer les cautions et garanties bancaires exigées pour les prêts,

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Rapport de la Fondation Mo Ibrahim sur les besoins financiers de l’Afrique

Le nouveau rapport de la Fondation Mo Ibrahim, Intitulé « Les besoins financiers de l’Afrique : où sont les moyens ? »,  offre une analyse complète des besoins financiers nécessaires pour atteindre tant les objectifs de développement que les objectifs climatiques s’agissant de l’Afrique, ainsi que des ressources actuellement disponibles pour y répondre. Le rapport met en évidence le fait qu’en réalité́ les ressources existent, mais ne sont pas mises en œuvre ou à profit de façon adéquate en particulier s’agissant des ressources domestiques. Le rapport, élaboré par un groupe d’experts, dresse une cartographie des besoins financiers qui, si satisfaits, permettraient à l’Afrique de réaliser tant ses objectifs de développement que ceux liés au climat. Dans le même temps, le document fait le point des ressources actuellement disponibles pour répondre à ce double défi, non sans fournir des recommandations pour atteindre des résultats escomptés. À l’analyse, l’ampleur des besoins financiers de l’Afrique se mesure à l’aune des défis du moment. Des défis non seulement liés à la pandémie de Covid-19 mais aussi à l’environnement politique, sécuritaire et climatique, qui, selon le rapport Mo Ibrahim, « ont considérablement érodé des décennies de progrès économiques et sociaux en Afrique, contribuant ainsi à l’aggravation des inégalités sur tout le continent ». Des données de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) indiquent, par exemple, que la pandémie a plongé 55 millions d’Africains dans l’extrême pauvreté en 2020, affectant des secteurs essentiels aux économies des pays. Pour les experts, les objectifs climatiques et ceux du développement sont loin d’être atteints. En matière de développement, le rapport de la Fondation Mo Ibrahim note que « la réalisation des objectifs du développement durable (ODD) des Nations unies et ceux de l’agenda 2063 de l’Union africaine s’avèrent aujourd’hui « hors d’atteinte dans les délais impartis ». Concernant l’agenda 2030 (Nations unies), « la totalité des 54 pays du continent africain présente des lacunes majeures ou significatives » tant pour l’ODD2 (faim zéro) que pour l’ODD3 (bonne santé et bien-être). S’agissant de l’agenda 2063 (Union africaine), seulement cinq pays ont réussi à atteindre un taux de réalisation des objectifs d’au moins 60 % à la fin du premier plan décennal (2014-2023) », analyse le rapport. S’agissant des impacts climatiques, il faut dire que, même si l’Afrique contribue de manière infime (2,8 %) aux émissions mondiales de carbone, le continent est parmi ceux qui paient le plus lourd tribut du changement climatique, impacté notamment par l’élévation du niveau de la mer, la sécheresse, la dégradation des terres et la déforestation. S’appuyant sur un récent rapport du Groupe de la Banque mondiale, le rapport Mo Ibrahim alerte : « Sans des politiques d’adaptation au changement climatique, plus de 86 millions de personnes seraient contraintes de quitter l’Afrique d’ici à 2050. » De même, la perte du PIB continental pourrait atteindre 50 milliards de dollars par an d’ici à 2030. Une aggravation par rapport au niveau actuel des pertes estimées à entre 7 et 15 milliards de dollars par an, selon la BAD (2022). Encore plus alarmant, l’OCDE (2023) estime que les effets macroéconomiques combinés du changement climatique pourraient réduire le PIB du continent jusqu’à 3 % d’ici à 2050, tandis que la réduction de la croissance du PIB par habitant pourrait atteindre 15 % l’année. Sur un autre plan, les importations alimentaires annuelles des pays africains devraient tripler, en partie à cause de l’aggravation des effets du changement climatique, soit en passant de 35 milliards de dollars à 110 milliards de dollars d’ici à 2025. À tout cela il faut ajouter une question non moins préoccupante, celle de l’emploi des jeunes du continent. Car, chaque mois, environ 2 millions de jeunes entrent sur le marché du travail et ce nombre pourrait atteindre 3 millions d’ici à 2050, soit 30 millions de nouveaux demandeurs d’emploi par an. Sans oublier les défis liés à la sécurité alimentaire, à la sécurité énergétique, au déficit de logements et d’infrastructures qui « rendent les populations plus vulnérables et moins résilientes aux conséquences de la crise climatique ». Le rapport Mo Ibrahim l’admet : l’Afrique a besoin de ressources astronomiques pour l’atteinte de ses objectifs. Pour répondre aux défis climatiques, le continent, dont les 54 États sont parties prenantes de l’accord de Paris, aurait besoin de jusqu’à 2 800 milliards de dollars pour remplir ses contributions déterminées au niveau national (CDN) entre 2020 et 2030. Rappelons que ces CDN décrivent les étapes et les besoins financiers pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris qui vise une réduction de 50 % des émissions d’ici à 2030 et l’atteinte de zéro émission nette d’ici à 2050. « Ces besoins restent largement sous-estimés en raison d’un débat global qui reste conduit par les pays déjà développés et donc dominé par le sujet atténuation, fait remarquer le rapport. De ce fait, les besoins d’adaptation, prioritaire pour un continent dont la moitié de la population n’a toujours pas accès à l’énergie, restent minoritaires dans l’enveloppe définie par les CDN. Et, même dans ce cas, pour la seule mise en œuvre des CDN d’ici à 2030, les besoins pour le continent sont estimés à 280 milliards de dollars par an en moyenne », ajoute le document. Et de souligner qu’en l’état actuel la finance climatique affectée au continent africain couvre à peine 11 % de ces besoins. Côté développement, les montants sont tout aussi « stratosphériques ». En effet, entre 870 et 1 300 milliards de dollars par an (soit 43 % du PIB du continent en fourchette haute) seront nécessaires à l’Afrique pour atteindre les ODD tandis que le besoin de financement net est évalué à entre 195 et 470 milliards de dollars par an en moyenne, soit près de 16 % du PIB du continent en fourchette haute. Où trouver toutes ces ressources ? Le rapport répond à cette question cruciale de la disponibilité des moyens. « L’argent est là  », estiment les chercheurs, mais ce qu’il faut, c’est plutôt « changer radicalement de paradigme ». Pour Mo Ibrahim, fondateur et président de la fondation éponyme, « il ne s’agit ni pour l’Afrique de tendre encore la sébile ni pour ses partenaires de considérer quel montant supplémentaire ils pourraient encore mettre sur la table. Le vrai sujet n’est pas “encore plus de moyens”, mais simplement des moyens mieux adaptés. Car […] le système qui perdure et prévaut actuellement ne permet pas leur utilisation optimale ». Que faut-il faire concrètement ? Des pistes de financements qui, jusque-là, ne seraient pas suffisamment exploitées sont suggérées. Pour les

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Les enjeux de la transformation digitale en Afrique Par Abdeljalil Aboulmajd

Comme toute révolution, le numérique représente un enjeu considérable pour la jeunesse africaine en termes de débouchés, d’employabilité et d’innovation. I)Enjeu de l’employabilité : L’employabilité réfère à la faculté d’une personne à obtenir, maintenir son poste, évoluer dans sa carrière et s’ajuster aux transformations continuelles du monde professionnel. Elle représente un enjeu crucial dans le point de vue du marché du travail actuel, influencé par les dynamiques de compétition, l’adaptation technologique, la flexibilité professionnelle et l’innovation. En Afrique les enjeux liés à la transformation digitale, révolution d’un nouveau genre, semblent coïncider avec la croissance de la population jeune en Afrique, autrement dit, l’insertion des jeunes apparaît aujourd’hui comme un élément moteur de transformation du marché du travail en Afrique. Par conséquent, la transformation digitale crée de nouveaux marchés du travail, de nouvelles opportunités d’investissement et de nouveaux débouchés pour les entreprises et institutions, contribuant ainsi, de nouveaux métiers naissent et d’autre deviennent archaïques. Le digital, l’intelligence artificielle, et autres font partie des métiers de l’avenir. Il faudrait que les formations se mettent à jours afin de fournir au marché de l’emploi les compétences adéquates. Dans un récent rapport, la Société Financière Internationale affirme que les compétences digitales pourraient engendrer au moins 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne d’ici 2030. La digitalisation des pays africains donne l’impression de toucher du doigt la solution au problème d’emploi que le continent subit actuellement. De plus, l’usage du digital étant multisectoriel, il constitue une réelle force et ainsi, un levier de croissance considérable pour l’Afrique. Il convient donc renforcer l’employabilité des jeunes en orientant les filières d’éducation et de formation vers des offres adaptées et vers les métiers d’avenir. La transformation digitale pourrait permettre des changements dans beaucoup de secteurs clés en Afrique. II)Enjeux de l’entrepreneuriat et de l’innovation : L’entrepreneuriat et l’innovation sont fortement liés. Cela a été démontré par l’économiste autrichien Joseph Schumpeter. Ce dernier a parlé de « destruction créatrice » qui résulte de l’innovation. A ce titre Joseph Schumpeter distingue cinq formes d’innovations : l’innovation de produits, l’innovation de procédés, l’innovation de modes de production, l’innovation de débouchés, l’innovation de matières premières. De même, la nouvelle technologie favorise l’essor de l’entrepreneuriat et de l’innovation, en offrant des opportunités et de nouvelles possibilités d’emploi et de stimuler l’innovation pour maintenir ou améliorer le bien-être des populations. Elle permet aux jeunes entrepreneurs de lancer des startups innovantes, de développer des applications mobiles, de créer des solutions technologiques adaptées aux besoins locaux et de pénétrer les marchés mondiaux. Les start-ups et les petites entreprises peuvent ainsi concurrencer les géants de l’industrie grâce à leur capacité à innover rapidement. De ce qui précède, il ressort que la transformation digitale pourrait permettre de faire baisser la courbe du chômage, à condition que de gros efforts soient fournis par les gouvernements et les acteurs du secteur privé. Il s’agit là de faciliter l’accès aux financements, aux informations et connaissances nécessaires pour soutenir les jeunes entrepreneurs dans leurs projets novateurs. Aujourd’hui, l’avenir de la jeunesse africaine n’est ni de finir noyée dans le cimetière de la Méditerranée à la recherche d’un eldorado européen, ni son exploitation. L’avenir de la jeunesse africaine, c’est l’entrepreneuriat et l’innovation. Pour aller plus loin : – Pierre-André Julien, Michel Marchesna « L’entrepreneuriat » Editions Economica, Paris, 1996. -Joseph Aloys Schumpeter « La théorie de l’évolution économique » Dalloz, coll. Paris, 1999. 

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L’Afrique face aux défis du XXIème siècle Par Aboulmajd Abdeljalil

L’Afrique, aujourd’hui encore, demeure bel et bien un continent en mal-développement. Pour autant, au désespoir qu’avaient fait naître le XXe siècle et sa période postcoloniale empêtrée dans la crise et les conflits, a succédé avec le XXIe siècle une ère d’espoir permise par la croissance économique et les réformes politiques engagée au début du XXIe siècle. Quels sont les principaux défis que le continent devra surmonter dans les prochaines décennies ? Quels sont les principaux défis que le continent devra surmonter dans les prochaines décennies ? Quelles opportunités pour l’Afrique ? I)Le défi de la paix et de la sécurité L’Afrique est le continent où le nombre de victimes du fait des conflits armés est le plus élevé dans le monde. Les facteurs qui alimentent ces conflits sont de plusieurs ordres. On cite entre autres : L’accès à la terre et aux ressources naturelles (pétroles et produits extractifs). L’accès au pouvoir et de la gestion de ce pouvoir. Le règlement de conflit et de fragilité en Afrique comprend deux aspects. Premièrement, il faut trouver des réponses politiques efficaces aux mutations économiques, sociales et environnementales qui causent le plus de perturbations en Afrique. Deuxièmement, il convient de créer des sociétés et des États résilients, capables de gérer ces pressions. Cela nécessite la mise en place d’institutions démocratiques et de partenariats interdépendants aux niveaux étatique, régional et continental. D’une manière générale, il ne sera pas possible d’assurer la paix et le développement durable sans un dialogue politique sur la bonne gouvernance et le développement démocratique des pays africains. II)Défi démographique Le deuxième défi d’avenir pour l’Afrique est démographique. De nombreux auteurs n’ont pas apprécié de rendre la démographie responsable du sous-développement, alors qu’à leurs yeux, le lien de causalité est l’inverse. Alors comment relever le défi de la démographie, notamment dans le domaine de l’éducation, de la santé et de l’emploi ?  Aujourd’hui, le taux de croissance démographique est très élevé et évolue plus rapidement que le taux de création d’emploi. La croissance rapide de la population active dépasse l’offre d’emplois et rend donc l’accès difficile à l’éducation, aux soins et à l’emploi. L’éducation est certainement l’élément le plus déterminant pour la construction d’un individu et la clé principale de son épanouissement présent et futur. Aussi, l’immense potentiel de la population africaine ne peut devenir un réel atout dans la compétition mondiale sans la formation et l’éducation de qualité. Certes, l’Afrique a connu une amélioration substantielle dans l’augmentation de son capital humain, mais elle demeure malgré tout un continent à fort niveau d’inégalités en termes d’accès à une éducation de qualité. D’après l’UNESCO, 59 millions d’enfants ne sont aujourd’hui pas scolarisés et plus de la moitié vivent au sud du Sahara. A titre d’exemple, au Niger, la moyenne d’âge de la population est inférieure à 15 ans. Ainsi, ce pays est donc confronté à des populations jeunes et non éduquées, 55 % des enfants ne vont pas à l’école primaire dans cette zone, et près de la moitié des 45 % restant en sortent analphabètes. Le système éducatif au Niger est en réel difficulté, avec en plus une jeunesse n’ayant pas de réelle perspective d’emploi. En matière de santé, et malgré des avancées indéniables pour la santé des populations dans les dernières décennies, le continent continue de faire face à des défis sanitaires importants : des pandémies répétées et à un manque de sensibilisation aux gestes de prévention indispensables. Le coût élevé des soins représente quant à lui un obstacle majeur à la guérison, ce qui fait des millions de personnes basculent inutilement dans la pauvreté à cause des dépenses de santé coûteuses.   Aujourd’hui, l’Afrique a tout intérêt, à réguler sa population par le planning familial, par l’espacement des naissances, par l’éducation des filles, par l’instauration de pensions de retraite pour les personnes âgées…     II) Le défi de gouvernance L’un des principaux obstacles qui empêchent les pays africains d’atteindre son développement réside dans la mauvaise gouvernance. La mauvaise gouvernance consiste dans le manque d’institutions fortes et dans des politiques publiques visant les intérêts d’un petit nombre d’individus, notamment les gouvernements et les sociétés multinationales, laissant peu de bénéfices aux populations locales. Partout en Afrique, la notion de bonne gouvernance prend des allures de slogan de campagne électorale ou de projet de société, très souvent vide de contenu et destinée à donner une bonne image du régime à la communauté internationale et aux bailleurs de fonds internationaux, qui font très souvent semblant d’y croire. Pour remédier à cette situation, il est essentiel de garantir la bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques, notamment en rendant publics les contrats d’exploitation et en renforçant les mécanismes de surveillance et de contrôle. Le remède de sous-développement se trouve donc dans les meilleures pratiques de gouvernance. Il est important de s’assurer que le plus grand nombre d’Africains bénéficie du développement économique actuel et futur. Ce souhait ne peut se réaliser que sous l’égide de politiciens compétents et honnêtes, des qualités qui sont loin d’être la règle en Afrique, plus particulièrement en Afrique francophone. La corruption ainsi que ses différentes déclinaisons (clientélisme, recrutement politique, favoritisme, népotisme, etc.) représentent un obstacle de taille devant l’instauration d’une véritable gouvernance, aussi bien institutionnelle qu’économique.      III)Le défi climatique Pendant longtemps, l’Afrique a semblé ne pas être concernée par les problèmes d’environnement et de pollution. L’immensité des espaces (contrairement à l’Europe), la faible densité de population (contrairement à l’Asie du Sud-Est), la très faible industrialisation (contrairement aux USA ou à la Chine), etc : beaucoup de facteurs pouvaient laisser penser qu’elle restait en quelque sorte à l’écart de ces problèmes de pays « riches », de « développés », de « surpeuplés », d’« industrialisés ». Il n’en n’est rien. L’Afrique est tout à fait concernée par les problèmes d’environnement et de pollution. Les pays africains sont confrontés à un défi important : celui du développement. Nombre d’entre eux possèdent des ressources naturelles et minières qui pourraient les aider à se développer mais leur exploitation abusive provoque des catastrophes pour la nature. Ainsi, l’exploitation intensive des ressources et la dégradation de l’environnement constituent deux graves menaces pour l’Afrique

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L’Afrique un continent dévasté par les conflits. Par Abdeljalil Aboulmajd

L’Afrique fait face aujourd’hui à des défis considérables : les conflits interétatiques, la persistance de violence, les chocs économique et géopolitique et aussi le défi de la gouvernance et de la consolidation des Etats. Afin de mieux répondre aux conflits en Afrique, Il est primordial de comprendre ces causes. Les causes des guerres interafricaines Les conflits armés en Afrique sont principalement de nature intra-étatique et interétatique. Parmi les causes extérieures à l’Afrique figure le colonialisme, sous ses différentes formes. Quant aux causes spécifiquement africaines, elles sont essentiellement les suivantes : diversité des situations économiques, querelles de personnes et d’idéologie, tribalisme et l’extrémisme religieux, . Une des premières manifestations concrètes du colonialisme dans le domaine des relations internationales fut la signature du traité de Berlin en 1885. Pour nombre d’auteurs, le simple fait que 44% des frontières africaines suivent les méridiens ou les parallèles et que 30% constituent des lignes droites ou courbes témoigne de leur aspect arbitraire. Quinze États sont enclavés, nombre supérieur à toute autre région du globe, et pas moins de 177 groupes ethniques ou culturels ont été partagés. À l’inverse, certaines d’entre elles n’ont pour ainsi dire pas été démarquées du tout. Tel est le cas d’une majeure partie de la frontière commune au Nigeria et au Cameroun. Afin de faire face aux défis posés, les dirigeants d’États nouvellement indépendants ont pris un certain nombre de mesures politiques et juridiques : en premier lieu, la légitimation des frontières coloniales par l’OUA, qui imposa, dans la résolution signée au Caire en 1964, de «respecter les frontières existant au moment où les États ont accédé à l’Indépendance nationale». Le principe de l’intangibilité est ainsi érigé en dogme et sera ensuite repris par l’UA qui l’inscrit dans l’article 4 de son Acte constitutif. En effet, malgré l’inscription de la notion d’«intangibilité» dans les textes fondateurs de l’UA, l’idée selon laquelle une frontière est immuable est démentie par la réalité du monde, que ce soit en Afrique ou ailleurs. Les tracés actuels peuvent en revanche perdurer et sont appelés à rester tels qu’ils ont été définis par le passé ; les modifier serait une entreprise à l’issue incertaine, d’autant plus que les organisations intergouvernementales internationales, régionales et sous régionales resteront peu disposées à porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale des États. II) La guerre contre le développement Depuis l’indépendance de la plupart des pays d’Afrique de 1956 à 1975, le nombre de conflits qu’a connus le continent est presque impossible à déterminer. Un ensemble complexe de tensions, d’affrontements ouverts ou couverts semble marquer l’Afrique. Rien sans doute ne menace plus le développement du continent que ces conflits interétatiques. Plusieurs auteurs à travers des études pertinentes soutiennent cette affirmation confirmée par diverses sources. Pascal Chaigneau indique que «sur trente-quatre conflits recensés par les polémologues, près de la moitié ont pour théâtre l’Afrique sub-saharienne ». Kouassi Yao ne dit pas autre chose : « Depuis 1952, l’Afrique se présente comme une des zones les plus dynamiques en matière de conflictualité avec près de 80 conflits de toutes sortes ». Quant à Philippe Hugon, il précise qu’«en l’an 2003, 20% de la population africaine et quinze pays étaient concernés par la guerre ». Les dernières années Trois foyers de conflits sont particulièrement actifs en Afrique : l’un s’étend du Nigéria à la Corne de l’Afrique en passant par le Tchad et le Soudan ; l’autre se situe dans la région des Grands Lacs, couvrant la République démocratique du Congo, l’Ouganda et la République Centrafricaine. Au sein de ces zones, il est très difficile à un pays pris isolément de rompre ce cycle de violence sans une résolution plus large à l’échelle régionale. Enfin le Sahel est devenu la troisième zone de conflits aux confins de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb marqué par le conflit du Sahara occidental opposant le Maroc au Polisario. Au sein de ces zones, on peut différencier huit conflits ouverts : ceux de la RDC, du Soudan, et des pays voisins, Tchad, RCA et Ouganda, ceux de Somalie, celui entre l’Éthiopie et l’Érythrée et au Mali. Il faut y ajouter les crises nationales pouvant dégénérer en conflits ou tensions régionales (mouvements Touaregs et islamistes dans l’arc saharo-sahélien, MNED au Nigeria), les mouvements séparatistes (Polisario au Sahara, Flec à Cabinda, en Casamance) ; les tensions ethnico-religieuses pouvant resurgir (Burundi, Kikuyu et nilotiques au Kenya, Liberia, Sierra Leone, Peuls et Malinké en Guinée, Akan, Bété et Dioula ou Senoufo en Côte d’Ivoire…). Toutefois et malgré les progrès enregistrés ces dernières années notamment dans des pays comme l’Angola, la Sierra Leone et le Libéria, l’Afrique demeure l’une des régions les plus frappées par les conflits au monde, le nombre de conflits s’étant accru au cours des récentes années, bien qu’ils soient moins violents que dans le passé. Conclusion : De ce qui précède, il ressort que la paix, la sécurité, la démocratie, la bonne gouvernance ainsi que la bonne gestion économique sont les conditions nécessaires pour le développement de l’Afrique. Il faut donc aborder les problèmes créés par la guerre, les conflits et la prolifération d’armes en Afrique, ainsi que la promotion de la paix et de la stabilité sur le continent africain. Conflits, guerres, insécurité constituent des obstacles au développement et devaient être extirpés en vue d’un développement durable. Pour aller plus loin : -Déborah Guidez « La viabilité des frontières africaines au regard des revendications d’ordre identitaire » Institut Royal Supérieur de Défense, Centre d’Etudes de Sécurité et Défense Bruxelles 2015. -Hanspeter Strauch : l’O.U.A. et les conflits frontaliers dans Le mois en Afrique, n° 22 d’octobre 1967. -Lefebvre Camille, « L’Afrique n’est pas victime de ses frontières ! », Le Monde, 06/04/2015. -Pascal Chaigneau «Pour une typologie des conflits africains » in Des conflits en mutation? : De la guerre froide aux nouveaux conflits, Actes du colloque de Montpellier, 6-9juin 2001. -Philippe HUGON « Les conflits armés en Afrique : apports, mythes et limites de l’analyse économique » in revue Tiers Monde, t. XLIV, N° 176, octobre-décembre 2003.

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D’un monde bipolaire à un monde multipolaire Aboulmajd Abdeljalil

  « L’ancien monde a déjà disparu, le nouveau monde n’est pas encore là » aimait à dire Antonio Gramsci en se référant à la période de l’Europe dans l’entre-deux-guerres. Cette formule se prête à merveille à décrire l’époque actuelle issue des bouleversements internationaux des années 1989/1991 qui ont marqué la fin du monde de l’après-guerre et le clivage entre les deux blocs. Alors qu’on commençait à croire à une « fin de l’histoire » (Fukuyama), un nouvel ordre mondial ainsi que de nouveaux dangers apparaissent. I) Un monde unipolaire dominé par les États-Unis après la chute du mur de Berlin : La puissance d’un Etat est déterminée par sa capacité à tirer parti de la combinaison de différents facteurs (poids démographique, superficie, ressources naturelles, richesse économique, capacités militaires, poids dans les institutions internationales, rayonnement culturel, capacité d’innovation) pour imposer sa volonté aux autres Etats. [Joseph Nye, Raymond Aron au sujet de la puissance offensive, Max Weber]. Pendant, la guerre froide on pouvait distinguer deux superpuissances capables d’affirmer leur influence partout dans le monde. Au sortir de la guerre froide, les Etats unis pouvaient être tentés de s’affirmer comme une hyperpuissance, pour reprendre l’expression de l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, c’est à dire une puissance sans rivale, capable d’imposer son hégémonie, sa domination sans partage. Le 11 septembre 1990, Georges Bush père annonce l’instauration d’un nouvel ordre mondial ( » New World Order « ). Il désigne ainsi la mise en place d’un monde de paix et d’harmonie à l’issue de la guerre froide. Implicitement, les EU apparaissent dans ce discours comme les garants reconnus par tous les gouvernements et toutes les institutions de cette nouvelle ère. Il faut dire que le contexte semble alors lui donner raison. Pendant l’automne 1990, se forme une vaste coalition autour des USA. Elle est mandatée par l’ONU pour rétablir les droits du Koweït envahi par l’Irak en aout. C’est la guerre du golfe. La tentation d’une hégémonie est alors grande. Certains politologues développent alors la « théorie de l’empire global » selon laquelle l’ordre mondial pourrait être administré de façon unilatérale par une seule puissance : les Etats-Unis. II Après la tentation d’un monde unipolaire dominé par les États-Unis : La période des années 1990 marque la fin du monde de l’après-guerre et le clivage entre les deux blocs. Alors un nouvel ordre mondial se met en place avec la fin de la guerre froide, les États Unis n’ont    plus de rivaux et sont les seuls capables d’exercer une influence mondiale dans tous les domaines.  Toutefois, ce «nouvel ordre mondial» (formule utilisée par le président des États-Unis G. H. Bush en 1990) laisse émerger de nouvelles conflictualités, de nouvelles menaces et de nouveaux équilibres internationaux. La remise en question de l’hyperpuissance américaine, manifeste lors des attentats du 11 septembre 2001, l’affirmation d’un monde multipolaire et la multiplication des conflits et tensions, caractérisent le début du XXIe siècle. Ainsi, le contexte post-11 Septembre change quelque peu la donne. Malgré la suprématie militaire des Etats-Unis dans le monde et leur domination sur la structure de sécurité internationale, les interventions armées en Afghanistan et en Irak ont occasionné un cout économique, politique et militaire considérable pour la puissance américaine. III Vers un monde multipolaire : La disparition du système bipolaire a laissé un vide de pouvoir dans certaines régions du monde, donnant lieu à une série de conflits et de tensions. Les anciens états tampons entre l’Est et l’Ouest ont dû trouver leur propre voie, parfois en déclenchant des conflits internes ou en devenant des points de friction entre les nouvelles puissances émergentes. Dans certains cas, la fin de la Guerre Froide a ouvert la voie à des tensions ethniques ou politiques qui étaient auparavant réprimées par la structure du pouvoir bipolaire. Les conflits dans les Balkans dans les années 1990 sont un exemple frappant, où les tensions ethniques ont dégénéré en violence à grande échelle après la chute du communisme. En outre, dans certaines régions comme le Moyen-Orient, le vide de pouvoir a exacerbé les rivalités régionales et a conduit à une augmentation des conflits et de l’instabilité. En l’absence d’un équilibre clair du pouvoir, plusieurs pays ont cherché à étendre leur influence, souvent par des moyens militaires. Dans l’ensemble, la transition vers un monde multipolaire a apporté de nouvelles complexités et défis en termes de relations internationales, alors que les nations naviguent dans cette nouvelle dynamique de pouvoir.  Ainsi, la transition vers un monde multipolaire ne sera pas sans défis. Déjà de nombreux conflits régionaux ont éclaté, souvent en raison de rivalités de pouvoir ou de ressources. Par exemple, les guerres en Irak et en Afghanistan ont été en partie le résultat de la lutte pour le contrôle des ressources pétrolières et gazières. De même, les tensions entre les États-Unis et la Russie ont continué à se manifester, notamment en raison de désaccords sur des questions telles que l’expansion de l’OTAN et la question de la Crimée. Le passage à un monde multipolaire reste un processus en cours et l’avenir de ce nouveau système international est incertain. Les tensions entre les grandes puissances, les conflits régionaux, et les défis mondiaux comme le changement climatique et la prolifération nucléaire continueront à façonner l’équilibre du pouvoir mondial dans les années à venir. Conclusion Le monde au 21é siècle sera-t-il unipolaire ? Bipolaire ? Ou multipolaire ? Dans le domaine technologique, on voit un monde bipolaire sino-américain, sans guerre directe, mais dans le cadre d’une mondialisation négociée. C’est le grand retour des Etats-nations avec Beijing et Washington qui dominent l’Economique et le Politique. Ceci à court terme de 2020 à 2050. Mais à plus long terme, de 2050 à 2100, c’est un monde multipolaire qui pourrait émerger avec l’Inde et l’Afrique comme acteurs importants aux côtés de l’Europe, la Chine et des Etats-Unis. Bref, le monde change, nous devons changer avec. Le véritable atout de l’Afrique, c’est sa jeunesse qui doit être éduquée et formée. Pour aller plus loin –Thierry Garcin  «Un monde multipolaire, vraiment ? »  Diploweb.com le 4 janvier 2014. –  Sebastian Santander, Sylvain F. Turcotte, Mathieu Arès « L’émergence de nouvelles puissances : vers un système multipolaire » Editions-ellipses, Paris 2009. -Samir Amin « Pour un monde multipolaire » Editions Syllepse, Paris, 2005.

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La sécurité alimentaire est un enjeu de souveraineté pour l’Afrique Par Abdeljalil Aboulmajd

« L’homme qui a faim n’est pas un homme libre » Félix. Houphouët-Boigny. La crise sanitaire, suivie de la guerre en Ukraine, a durement impacté l’économie mondiale. La croissance a reculé et l’inflation a explosé. Les pays développés ont résisté à ces chocs alors que ceux de l’Afrique continuent d’en souffrir. Le fossé s’est ainsi creusé entre les pays riches et les pays pauvres. Dans ce contexte la sécurité alimentaire est mise à rude épreuve. Changement climatique, augmentation démographique et épuisement des ressources naturelles viennent faire vaciller les efforts mis en œuvre pour lutter contre l’insécurité alimentaire et les problèmes de nutrition. Les questions auxquelles nous essaieront de répondre sont les suivantes : Qu’est -ce que la sécurité alimentaire ? Qu’est-ce que la souveraineté alimentaire ? Pourquoi la sécurité alimentaire est un enjeu pour l’Afrique ? I) Qu’est-ce que la sécurité alimentaire ? Le droit à l’alimentation est reconnu par la charte universelle des droits de l’homme des Nations Unies de 1948. Il s’inscrit aujourd’hui dans le cadre plus précis de l’alimentation durable et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle définies par la FAO en 2010 et 2012. Ce droit se trouve implicitement présent dans la plupart des 17 objectifs de développement durable à l’horizon 2030 adoptés par l’Assemblée Générale des Nations Unies fin 2015. Telle que définie par le Comité de la Sécurité Alimentaire mondiale la sécurité existe lorsque « tous les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. ». Elle repose en ce sens sur quatre piliers : l’accessibilité, la disponibilité, la qualité et la stabilité, du pouvoir d’achat notamment. II) Qu’est-ce que la souveraineté alimentaire ? La question de souveraineté alimentaire est au cœur des préoccupations des pays africains. La pandémie liée à la Covid-19 et la guerre en Ukraine ont mis à nu les fragilités des Etats africains en la matière. Une problématique saillante est ainsi apparue : la dépendance vis-à-vis de l’étranger, particulièrement en ce qui concerne le blé. De façon générale, La souveraineté alimentaire peut se définir comme la faculté de déterminer librement pour un Etat ou un peuple ce qu’il doit produire sur le plan alimentaire. La notion établit un lien entre peuple souverain et production agricole. Le droit à l’alimentation peut se lire ainsi comme une manifestation du retour de l’État-nation souverain. Par contre, la sécurité alimentaire serait de l’ordre du court terme. Il faut satisfaire les besoins immédiats et nutritionnels des populations, manger au quotidien à sa faim, boire une eau saine et de qualité, et se soigner.  Mais en vérité, il n’y a pas de contradiction ou d’opposition entre les deux concepts, il y a plutôt une articulation voire une complémentarité entre les politiques de souveraineté et de sécurité alimentaire. On parlerait de sécurité/souveraineté alimentaire, pour monter qu’il ne peut y avoir l’une sans l’autre pour des soucis de cohérence d’une politique alimentaire et nutritionnelle globale. Ainsi, en Afrique nourrir une population toujours plus importante impliquera la multiplication par trois de la production agricole africaine d’ici 2050.  Le lien étroit entre sécurité alimentaire et hausse des températures, ainsi que la capacité à faire face à la dégradation des écosystèmes, constituent dans ce siècle l’un des enjeux majeurs en Afrique. Pour cela, il convient à la fois réduire les pertes et accroitre les rendements. Il est également essentiel de maintenir un mode d’agriculture à faible impact environnemental, non plus uniquement en limitant l’utilisation des pesticides ou des méthodes agricoles intensives, mais aussi grâce aux leviers que proposent dès aujourd’hui les nouvelles technologies. Des solutions existent pourtant. Ainsi, pour affermir l’agriculture africaine, il convient de renforcer le droit de propriété, protéger les filières locales, instaurer de nouveaux mécanismes de financement, et investir dans les infrastructures. Autant de points pour lesquels l’intégration régionale peut apporter une réponse décisive. III) La sécurité alimentaire : un enjeu stratégique La lutte contre l’insécurité alimentaire constitue une priorité affichée en termes de droits humains, pour le développement et la stabilité du monde. En Afrique malgré les progrès réalisés dans de nombreux pays, l’Afrique reste le continent le plus affecté par l’insécurité alimentaire en termes de proportion de la population concernée. A n’en pas douter, la sécurité alimentaire sera l’un des grands enjeux du continent tout en long de ce siècle. D’ailleurs, d’ici à 2050, 60 % de l’augmentation de la population mondiale se produira en Afrique, et le continent africain sera le seul dont la population rurale aura continué à croître (+ 35 %).   Le Nigeria pourrait compter 800 millions d’habitants à la fin du siècle. L’Afrique devra satisfaire une demande alimentaire qui sera supérieure de plus de 160 % à ce qu’elle est aujourd’hui. Avec l’augmentation de la population d’ici 2050, le défi est de taille, si l’on en croit les chiffres communiqués par la BAD. A l’échelle mondiale, 828 millions de personnes souffrent de la faim, dont 249 millions, soit un tiers, se trouvent en Afrique.  Bien qu’il dispose de 65% des terres arables restantes pour nourrir 9 milliards de personnes dans le monde d’ici 2050, le continent importe plus de 100 millions de tonnes métriques de nourriture pour un coût de 75 milliards de dollars par an. Pourtant, l’Afrique dispose d’un potentiel à la hauteur du défi. Elle importe jusqu’à 85 % de ses denrées, alors qu’elle dispose de plus de 700 millions d’hectares de terres arables non exploitées. Deux fois la superficie de la zone UEMOA… Elle a à sa disposition parmi les plus grands fleuves du monde (Nil, Congo), mais seulement 3 % de ses terres sont irriguées, contre plus de 20 % dans le monde. Son sous-sol regorge de très importants gisements de phosphates (Maroc, Sénégal, Togo, Algérie…), mais la consommation d’engrais y est dérisoire (13 kg par hectare, contre 190 kg en Asie de l’Est selon la FAO). L’Afrique est la seule région au monde où la production agricole par habitant a baissé ces deux dernières décennies, avec des rendements à l’hectare en moyenne

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La Norvège futur leader mondial des phosphates devant le Maroc ? Par Aboulmajd Abdeljalil

Récemment un énorme gisement souterrain de phosphorite de haute qualité vient d’être découvert en Norvège. Il est considéré comme le plus important au monde et suffirait à satisfaire la demande mondiale d’engrais, de panneaux solaires et de batteries de voitures électriques au cours des 100 prochaines années, selon l’entreprise qui exploite la ressource.  Le Maroc a donc un sérieux concurrent au niveau international. D’une quantité estimée à 70 milliards de tonnes au moins, le gisement pourrait répondre aux besoins mondiaux en phosphore. Selon un rapport publié début juillet sur Ecofin Pro, si le potentiel de ce projet se matérialisait, l’économie marocaine en serait négativement affectée. Et même si de nombreux analystes estiment que les ressources norvégiennes ne sont pas confirmées dans les proportions annoncées, il ne fait aucun doute que Norge Mining est sur un projet majeur capable de bousculer les hiérarchies mondiales. Par ailleurs, le fait que ce concurrent de l’OCP soit européen, avec un libre accès aux différents marchés de l’Union, pourrait également priver le Maroc d’un client important représenté par l’UE. Le royaume chérifien est le premier fournisseur de phosphate de la zone euro, loin devant la Russie (16%). Cela dit, il faudra du temps pour concrétiser ce potentiel, ce qui devrait être mis à profit par le Maroc pour réajuster leurs stratégies commerciales. Les phosphates constituent le principal produit de l’exploitation minière marocaine. Avec des réserves estimées à 50 milliards de tonnes, le Royaume a produit 38 millions de tonnes en 2021. Le Maroc, en effet, est actuellement le deuxième producteur mondial de phosphates, après la Chine. Les phosphates sont en effet le principal produit du secteur minier marocain, qui représentait en 2020 plus de 20% des exportations et environ 10% du PIB. Le Maroc est le pays qui dispose des plus grandes réserves de la matière première utilisée dans les engrais, mais aussi dans l’énergie (panneaux solaires) et l’automobile (pour les véhicules électriques). D’après l’United States Geological Survey (USGS) les réserves marocaines s’élevaient à 50 milliards de tonnes en 2022, soit plus de 70% des 71 milliards de tonnes de réserves mondiales connues à cette date. Dans le monde arabe le Maroc, occupe la première place dans le classement de l’Institut américain de géophysique « US Geological Suvery« , tandis que la Jordanie occupe la deuxième place avec une production de 10 millions de tonnes, l’Arabie saoudite la troisième avec 9 millions de tonnes, l’Égypte la quatrième avec 5 millions de tonnes , et la Tunisie au cinquième rang avec 4 millions de tonnes. En terme de production, le Maroc est le troisième producteur mondial derrière les États-Unis et la Chine. Bien que le Royaume exploite une grande variété de métaux et minéraux, c’est l’exploitation des phosphates qui prédomine le secteur minier au Maroc. Il faut savoir que l’exploitation du phosphate Maroc revient à l’Office chérifien des phosphates (OCP) qui occupe une place particulière dans l’histoire industrielle du Maroc.

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L’Algérie devient le pays le moins riche du Maghreb

Pour la première fois depuis son indépendance en 1962, et chose passé inaperçue, l’Algérie a affiché le PIB par habitant le plus faible en 2021 par rapport à ses voisins dans la région du Maghreb à savoir le Maroc et la Tunisie, a écrit dans son article Ilyes Zouari, Président du Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone, publié le 23 Mai 2023 dans le site d’information tunisien «Kapitalis». Malgré son importante manne pétrolière qui ne suffit plus à masquer la réalité économique du pays, l’Algérie reste «très en retard» par rapport à ses deux voisins, a précisé le site dans un article intitulé «L’Algérie devient le pays le moins riche du Maghreb». Citant les données de la Banque mondiale, le média précise que «le PIB par habitant de l’Algérie se situait à 3.691 dollars en 2021, dernière année pour laquelle les statistiques sont disponibles, contre 3.807 dollars pour la Tunisie et 3.795 dollars pour le Maroc». En dépassant l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont ainsi réalisé une remarquable performance, vu leurs faibles richesses naturelles en comparaison avec leur voisin, un des principaux producteurs mondiaux d’hydrocarbures, fait savoir «Kapitalis». Alors que l’économie algérienne demeure très fortement dépendante des hydrocarbures, le Maroc a réussi à constituer de nombreuses filières industrielles, ce qui lui a valu un leadership au niveau continental en matière d’industrialisation et d’environnement des affaires, d’après la même source. Selon le dernier classement publié par la Banque africaine de développement (BAD), en novembre 2022, le Maroc est classé deuxième des pays du continent en matière d’industrialisation, alors que l’Algérie arrivait à la 11e position, poursuit le site d’information, notant que le Maroc devrait d’ailleurs très prochainement accéder au premier rang du classement, en dépassant l’Afrique du Sud avec laquelle l’écart est désormais inférieur à 1 %. Quant à l’environnement des affaires, le Maroc se distingue, également, à la troisième place dans le dernier classement publié en la matière par la Banque mondiale, alors que l’Algérie n’occupait que la 33e position (et la 162e au niveau mondial), arrivant même très loin derrière de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne, précise l’auteur de l’article. Et de faire état d’un isolement économique de l’Algérie, qui est aujourd’hui «un des très rares pays au monde, hors minuscules Etats insulaires, à ne toujours pas être membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)». Par contre, le Maroc, relève-t-il, a véritablement décollé au cours des vingt dernières années, et s’illustre aujourd’hui en étant notamment le seul pays arabe à avoir une véritable industrie automobile et l’unique pays africain à être doté des trains à grande vitesse. Par ailleurs, le Maroc est également devenu un acteur incontournable sur la scène africaine, en se hissant au rang de deuxième investisseur africain sur le continent, disposant d’un réseau bancaire particulièrement développé dans plusieurs pays africains, a-t-il mis en exergue, notant que le dynamisme de l’économie marocaine se reflète également à travers le nombre d’entreprises nationales présentes parmi les plus grandes entreprises du continent. Il a rappelé que selon le dernier classement annuel publié par le magazine « Jeune Afrique », en mars dernier, le Maroc en comptait non moins de 56 parmi les 500 plus grandes entreprises africaines en 2021, contre seulement 12 pour l’Algérie. Il indiqué qu’alors que le Maroc a vu ses réserves de change augmenter régulièrement au cours des dernières années, pour atteindre un plus haut historique de 35,5 milliards de dollars fin mars 2023, la forte dépendance de l’Algérie aux hydrocarbures a entraîné un effondrement des réserves de change du pays, parallèlement à une explosion de son endettement. En effet, les réserves de change sont passées de 193 milliards de dollars début 2014 à 45,3 milliards fin 2021, soit une baisse annuelle de 18,5 milliards de dollars en moyenne sur cette période de huit années, précise la même source. Selon le site, à cause d’une diversification encore embryonnaire en comparaison avec les voisins du Maghreb, la situation économique du pays va continuer à s’aggraver, compte tenu du retour du prix des hydrocarbures à leurs niveaux d’avant la guerre en Ukraine et de la tendance durablement baissière de leur cours, du fait de la montée en puissance des énergies renouvelables. Avec des réserves de change atteignant 66,1 milliards de dollars fin mars 2023, et en supposant une baisse annuelle ramenée à seulement 10 milliards de dollars par année, contre 13,2 milliards sur la période 2018-2021, «l’Algérie ne devrait alors plus pouvoir couvrir que quatre mois d’importations mi-2028, soit le niveau à partir duquel un pays est considéré comme étant proche de la faillite», souligne l’auteur de l’article. Cette situation, qui paraît difficilement évitable, compte tenu de la modeste politique de diversification en cours, obligerait alors l’Algérie à «se tourner vers les institutions financières internationales et à mettre en œuvre de douloureuses réformes, afin d’éviter une faillite complète dès l’année suivante, et un scénario semblable à celui qu’avait connu le Venezuela, autre grand pays producteur d’hydrocarbures », conclut le site tunisien kapitalis.

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Zone de libre-échange en Afrique Enjeux et défis Par Abdeljalil Aboulmajd

De prime abord, il convient de préciser qu’une vraie zone de libre-échange est le grand espoir pour l’Afrique pour amorcer son développement. Partie d’un constat sur la faiblesse des relations commerciales entre pays africains, estimées à 17 % seulement contre environ 70 % avec l’Europe 55 % en Amérique du Nord, 45 % en Asie et 35 % en Amérique, la création d’une zone de libre-échange continentale africaine a germé et fait sa route au sein de l’Union africaine. Alors qu’est-ce que la ZLECAf et quels sont les enjeux et défis à relever pour garantir son succès? La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est un accord destiné à dynamiser le commerce intra-africain d’une part, et à accélérer une meilleure insertion de l’Afrique dans le commerce mondial d’autre part, la ZLECAf est la traduction d’une vision ambitieuse des Etats africains à matérialiser les efforts de convergence et d’intégration entrepris par les différentes Communautés économiques régionales.  Elle vise ainsi, non seulement à créer un marché unique continental des biens et services, mais aussi à établir une libre circulation des opérateurs économiques, avec dans l’orbite la mise place d’une union douanière en 2022 et d’une communauté économique africaine d’ici 2028. Autant dire que la ZLECAf constitue un projet d’espoir pour l’intégration africaine, puisque l’accord qui l’établit s’est montré attentif à l’articulation entre les déterminants matériels et immatériels de l’intégration continentale. Toutefois, cette initiative de l’Union africaine, qui semble porteuse d’espoir pour les économies locales présente, tout de même, de nombreux défis auxquels les pays africains doivent faire face. Ces défis sont, entre autres, d’ordre politique, économique, juridique et sécuritaire. 1) défis politiques Le manque de volonté politique semble être le principal obstacle pour renforcer l’intégration régionale et continentale. Bon nombre d’observateurs des institutions africaines et de plusieurs résolutions adoptées par celles-ci, déplorent l’absence d’une véritable volonté politique de développement et d’intégration en Afrique. Cette absence de volonté politique se manifeste notamment par l’existence de nombreuses résolutions adoptées mais le dysfonctionnement des institutions africaines créées à cause de la non-contribution et la non-adhésion des Etats membres, la lenteur ou le refus des Etats membres à fournir les informations nécessaires les concernant aux institutions africaines intéressées. L’exemple récent des résolutions prises dans le cadre de la communauté économique africaine (CEA) et qui ont du mal à être respectées et mises en œuvre par les Etats membres, marque bien cette réalité. Ainsi donc, beaucoup d’élans ont été freinés parce qu’ils n’ont pas été soutenus jusqu’à leur aboutissement par les décideurs africains que sont les chefs d’Etat et de Gouvernement. 2) défis économiques Les principaux défis à relever pour réussir la ZLECAF sont, entre autres, l’amélioration  des conditions de vie des Africains.   Il s’agit  notamment d’assurer aux citoyens africains l’accès à un certain nombre de droits fondamentaux, comme l’éducation, la santé, la qualité des infrastructures de transport et la résolution du problème de déficience des réseaux de distribution et de transport. Le continent fait face à d’énormes défis infrastructurels (énergie, voies de communications et transports, télécommunication, développement technologique) dont la résolution constitue un préalable incompressible à la réussite de l’intégration commerciale. A l’évidence, l’administration en ligne a le potentiel d’aider à soutenir la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et de ses 17 objectifs de développement durable. Il est quasiment impossible d’envisager le développement durable de milliards de personnes avec des ressources de plus en plus limitées, sans l’apport des technologies de l’information et de la communication. La transformation numérique de la société ne peut plus être perçue comme un luxe. Bien au contraire, la capture continue et en temps réel des données les plus élémentaires à la fois sur l’environnement et sur les populations, la bonne gouvernance et l’exploitation rapide de ces données dans le sens du développement durable, et la banalisation et la généralisation des moyens de communication constituent des ingrédients obligatoires pour faire face aux crises de plus en plus fréquentes et de plus en plus rudes que traverse l’humanité. Enfin, la transformation numérique de la société est le levier incontournable du développement durable en Afrique. 3) défis juridiques Sur les plans juridique et institutionnel, plusieurs défis majeurs et non exhaustifs peuvent être relevés. D’abord, le risque d’établissement des institutions et mécanismes qui s’inscrivent dans des stratégies de consolidation, voire de contrôle de l’environnement régional par les États membres les plus forts, avec pour conséquence de renforcer les rapports asymétriques qui existent déjà plutôt que de les remettre en question. Les pays tels que l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Egypte et le Kenya ont tendance à dominer les processus en rapport avec l’intégration commerciale du continent. Ensuite, l’application effective par les institutions nationales des décisions communautaires (insertion desdites décisions dans le corpus juridique interne des États membres) en vue de les rendre applicables par les agents des différents services publics à l’échelle nationale. Finalement, concernant le défi de la rationalisation des institutions, plusieurs cadres traitant des mêmes questions au sein des CER existent. Ils sont entretenus par des influences extérieures dans l’objectif de préserver les intérêts étrangers, avec comme conséquence d’importants coûts induits par la dispersion des ressources humaines et financières déjà assez rares sur le continent. 4) défis sécuritaires Enfin, L’Afrique est aussi ce continent qui connaît de graves crises sécuritaires, y compris la sécurité alimentaire, induites par les conflits dans toutes les régions. L’Afrique et l’Asie détiennent le triste record du nombre de conflits majeurs dans le monde. Ces guerres, principalement de type intra-étatique, détruisent des années d’efforts de développement, jettent sur les routes des millions de réfugiés et de personnes déplacées et provoquent des déstabilisations qui atteignent systématiquement tous les pays du continent. Répondre aux enjeux de sécurité en Afrique représente la première démarche de développement pour ce continent. A l’horizon 2030, plusieurs grands séismes risquent de secouer l’Afrique. D’une part sur le plan interne, avec la croissance démographique, la question environnementale ou les crises sécuritaires ; d’autre part sur le plan international avec la crise énergétique, les effets de la construction d’un monde multipolaire, le déplacement du centre de gravité

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Les Constitutions du Maghreb à l’épreuve de la pratique par Aboulmajd Abdeljalil

Il faut qu’une Constitution soit courte et obscure. Elle doit être faite de manière à ne pas gêner l’action du gouvernement.  Napoléon Bonaparte Le Maghreb, «du Soleil couchant» en langue arabe, regroupe historiquement trois pays, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, auxquels s’ajoutent aujourd’hui la Mauritanie à l’ouest et la Libye à l’est. Le Maghreb est une région méditerranéenne qui appartient géographiquement au nord de l’Afrique et culturellement au monde arabo-musulman. Les Constitutions objet de cette étude sont celles : de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie. La Libye et la Mauritanie sont écartées de notre analyse. En vue de cerner le sujet, il convient de se poser quelques questions : Comment ont évolué les différentes Constitutions dans les pays du Maghreb ? Quelles sont les principales dispositions constitutionnelles ? Peut-on parler de renouveau constitutionnel ? Quelle est la place de la religion dans le texte constitutionnel ? Comment les Constitutions sont-elles appréhendée dans ces pays ? Mots-clés : Constitution, Maghreb, histoire, démocratie, religion, identité, Algérie, Maroc, Tunisie. Introduction La Constitution est la base du fonctionnement d’un État, elle regroupe l’ensemble des règles de droit qui régissent les institutions, ainsi que des règles de droit qui régissent la vie des citoyens. Au Maghreb, les textes Constitutionnels diffèrent d’un Etat à l’autre, et ce essentiellement pour des raisons historiques. L’Algérie est une république présidentielle fondée sur un équilibre entre des contraintes autoritaires, nécessaires au maintien de l’ordre et des avancées démocratiques. Le Maroc est une monarchie constitutionnelle dont le Roi incarne à la fois l’autorité spirituelle et temporelle. La Tunisie, enfin, est une république héritière des traditions laïques et modernistes de Bourguiba, premier président de la Tunisie. I -L’évolution constitutionnelle des Etats du Maghreb Le Maghreb a connu un mouvement constitutionnel au sens moderne du terme à partir du milieu du XIXe siècle. Dès 1861, la Tunisie s’est dotée de la première Constitution dans le monde musulman. Ce mouvement s’est accru au début du XXe siècle et plusieurs Constitutions arabes ont été promulguées après celle de la Tunisie : l’Egypte en 1923, l’Iraq en 1925, le Liban en 1926. Ce mouvement constitutionnel s’achève après la décolonisation. A-Avant la colonisation Le mouvement constitutionnel dans les pays du Maghreb n’est pas récent : il date déjà du XIX siècle. La Tunisie est l’unique pays du Maghreb ayant adopté une Constitution moderne avant le colonialisme, sous la dénomination «Qanun al-dawla» qui prévoyait la création d’un «Conseil suprême» composé essentiellement par des notables détenant des fonctions législatives, administratives, fiscales et juridiques aux côtés du Bey (le chef de l’État), d’une organisation judiciaire fondée sur le principe de l’inamovibilité des magistrats, les ministres étant responsables et devant cette Assemblée et devant le chef de l’État (le Bey). Cette Constitution a transformé, en réalité, le beylicat d’une monarchie absolue en une monarchie constitutionnelle. Cependant, elle a eu une vie très courte : elle était suspendue à la suite d’une violente révolte antifiscale. Elle laissa pourtant des traces profondes dans la culture politique du pays et son impact sur les futures générations de Tunisiens a été indéniable, puisque le parti qui a joué un rôle important pour libérer la Tunisie du joug du protectorat se nomme le «Destour», «Constitution» en référence à la première Constitution de 1861. B-Après l’indépendance Les Constitutions des Etats du Maghreb, comme dans les autres ex-colonies françaises, sont construites sur le modèle de la Constitution française de 1958, le «Pré­sidentialisme exécutif».  Vu son histoire, la Tunisie est le premier Etat du Maghreb ayant adopté sa Constitution le 1er juin 1959, trois années après son indépendance. Inspiré par le modèle républicain français et par l’État laïc d’Atatürk, Le président Habib Bourguiba, le «père de la nation», instaure un régime présidentiel et impose un véritable culte de la personnalité, se faisant appeler le «combattant suprême». Le Maroc a fallu attendre six ans pour avoir sa première Constitution  du 7 juillet 1962, qui a fait du vieil Empire chérifien une monarchie constitutionnelle de type orléaniste. (Monarchie Constitutionnelle basée sur le consentement du peuple). Quant à l’Algérie, la première Constitution a vu le jour le 10 septembre 1963, un an après son indépendance. L’originalité de la première Constitution algérienne s’observe par l’instauration d’un régime présidentiel d’orientation «démocrate-socialiste». Ces Constitutions postindépendances ont subi depuis leur promulgation plusieurs réformes et révisions constitutionnelles, en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Surpris par la vague de contestations et d’agitation sociale qui a déferlé sur la majorité des pays arabes – communément désignée sous le nom de «printemps arabe»–, les régimes autoritaires du Maghreb ont élaborées, du fait des transitions politiques de nouvelles Constitutions, afin de donner  à ces  régimes politiques une image moderne acceptée par les nouvelles données nationales et internationales. II -La Religion et la question d’identité Après les soulèvements de 2011 au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le concept d’identité est revenu en force avec des discours fondés sur la thèse identitaire appelant à une reconnaissance culturelle, linguistique et religieuse. C’est ainsi que le discours amazighe est apparu en Libye et en Tunisie et s’est intensifié fortement au Maroc et en Algérie ; les coptes chrétiens, en Égypte, ont exigé la reconnaissance de leur identité et de leurs droits tandis que les mouvements islamiques ont réclamé la nécessité de fortifier l’identité islamique de l’Etat. Afin de saisir la portée de la relation Etat-Islam, il convient d’examiner la référence à l’Islam dans les textes constitutionnels des Etats du Maghreb. La référence à la religion musulmane n’est pas nouvelle dans les constitutions des pays arabo-musulmans. C’est un phénomène qui a toujours existé et qui n’est pas appelé à disparaitre vu le contexte sociologique de ces pays. Au Maroc, dans tous les textes constitutionnels, il est cité que l’Islam est la religion de l’État, qui garantit à tous le libre exercice des cultes. Le Roi en tant que Commandeur des croyants, veille au respect de l’Islam. Ce statut  de Commandeur des croyants, unique dans le monde islamique, le rend inviolable et sacré. En Tunisie, l’article 1er de la constitution de 2014 est le même que celui de 1959 consacre l’islam comme étant la religion de l’Etat : «La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion, l’arabe

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L’Europe et l’Afrique à la croisée des chemins Aboulmajd Abdeljalil

Introduction                                                                                                    L’Afrique change, évolue, se modernise. Pour certains, ce continent est une caricature de la corruption au pouvoir, pour d’autres, il est le berceau de l’humanité et le continent du futur. Peu importe ce que l’on dit ou ce que l’on pense, l’Afrique et l’Europe sont des continents voisins. Seuls 14kms séparent les deux continents! Pour comprendre les dynamiques qui ont accompagné l’évolution des relations Europe–Afrique, il est important de commencer par un bref rappel historique. I) Afrique-Europe, une longue histoire Histoire oblige, l’origine des relations entre l’Afrique et l’Europe remonte à une époque lointaine. On sait qu’à partir du 15e siècle, commença la traite négrière qui prit fin au 18e siècle, et, au 19e siècle la conférence de Berlin procéda au partage de l’Afrique et à  la colonisation de l’Afrique par des puissances européennes. Une colonisation qui s’inscrit sur une période allant de 1850 à 1960. L’indépendance politique acquise par la plupart de ces pays en 1960 devait entraîner une évolution dans les relations entre l’Afrique et l’Europe. De fait, la création de la communauté économique européenne (CEE) en 1957 avait permis l’institution du Fond Européen de Développement (FED) au profit des anciennes colonies. Ce Fond fut intégré aux Conventions de Yaoundé (Cameroun) dont la première date de 1963. Mais l’élargissement de la CEE devait permettre le regroupement des anciennes colonies des puissances européennes et quelques autres pays africains avec des pays des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et la signature de la première Convention de Lomé(Togo) en 1975. La convention de Lomé expose les principes et les objectifs de la coopération de l’Union Européenne avec les pays ACP (Afrique, Caraïbe et Pacifique). Les caractéristiques principales sont : le principe de partenariat, la nature contractuelle des relations et une combinaison d’aide, de commerce, de politique ainsi qu’une perspective à long terme (5 ans pour Lomé I, II et III, et dix pour Lomé IV). Lomé I signé en 1975 et coïncidant avec le quatrième FED, la première Convention de Lomé avait pour objectif (après l’adhésion de la Grande-Bretagne à la Communauté) d’inclure certains pays du Commonwealth dans le programme de Coopération. En l’an 2000 l’accord de Cotonou (Bénin) succède à l’accord de Lomé de 1975.  Accord conclu pour vingt ans, l’accord de Cotonou a été prolongé, le temps d’être remplacé par un autre accord de partenariat, dit «post-Cotonou». Ce nouvel accord, pour les vingt prochaines années, a déjà été signé par les négociateurs en chef de l’UE et des États ACP le 15 avril 2021 Ces divers accords eurafricains sont caractérisés par une inégalité frappante dans les rapports de forces, principalement du fait de la dépendance des pays africains à l’Europe. L’ensemble des structures (financières, techniques et politiques…) maintiennent ou créent un rapport de dépendance structurelle sur le plan économique. Actuellement les choses commencent à évoluer. Désormais l’Afrique commence à changer, il suffit d’observer les contestations de la société civile. Les récentes prises de position engagées des intellectuels africains sur le franc CFA mais aussi des sentiments des jeunes anti-français pour s’en convaincre. L’Europe doit se rendre compte qu’elle a un partenaire africain de plus en plus «courtisé», instruit et conscient de ses responsabilités, qui demande plus de justice, d’équité et de concertation. II) Vers un nouveau partenariat entre l’Europe et l’Afrique Aujourd’hui, le partenariat Afrique-Europe est à la croisée des chemins, affaibli par ses défis internes et fortement affecté par les transformations rapides et profondes qui se produisent en Afrique, en Europe et dans le monde.  Ainsi, les relations économiques et diplomatiques eurafricaines ne peuvent reposer sur un principe de donateur-bénéficiaire.  De même, les solutions du passé ne sont pas à la hauteur des enjeux politiques, économiques et démographiques de notre époque. Aujourd’hui plus que jamais, les deux continents ont besoin que ce partenariat soit fort et égalitaire basé sur des relations saines et durables et non pas uniquement sur un jeu géopolitique entre les grandes puissances. Ainsi le partenariat UA-UE devrait être fondé sur l’égalité, l’inclusivité, la responsabilité mutuelle, les valeurs partagées et la prospérité. Une réinitialisation du partenariat est nécessaire de toute urgence. À cette fin: 1) L’UE et l’UA doivent s’efforcer de dépasser et abandonner le traditionnel cadre donateur-bénéficiaire, colonial et postcolonial Nord-Sud, sur lequel les relations ont jusqu’à présent été établies. Cela doit impliquer un examen approfondi des problèmes systémiques et structurels qui sous-tendent la relation actuellement déséquilibrée entre l’UA et l’UE – dans des domaines tels que les systèmes de santé, d’éducation, les relations commerciales, la dette, les flux financiers illicites – et qui exacerbent plutôt qu’ils n’améliorent l’équité de la gouvernance internationale. Dans ce cadre, par exemple, les pays européens pourraient prendre une initiative unilatérale en convertissant en investissements dédiés à la transition verte ou la transition numérique une partie de la dette publique africaine. 2) L’UE et l’UA doivent établir des mécanismes de gouvernance clairs au sein desquels la redéfinition du concept de partenariat, englobant une large approche multi-acteurs; une prise de décision conjointe via des processus transparents et participatifs; le partage d’informations accessible et disponible en amont; et des structures de mise en œuvre et de suivi. Le partenariat devrait renforcer le rôle des politiques publiques et réguler efficacement l’influence et les investissements du secteur privé. 3) Le partenariat UA-UE doit reconnaître et s’appuyer sur la diversité, les connaissances et les compétences des continents africain et européen. À cette fin, l’UA et l’UE, en dialogue avec les organisations de la société civile, les communautés économiques régionales et les autorités locales, devraient établir une feuille de route claire pour respecter et mettre en œuvre le programme de localisation, en garantissant un transfert de pouvoir et de ressources aux acteurs et actrices locaux qui sont directement impliqués, pour assurer le progrès politique, social et économique d’une nation, tout en respectant les limites écologiques planétaires.  En un mot un partenariat fondé sur les besoins réels des Africains Conclusion Aujourd’hui, l’Europe est fortement concurrencée en Afrique par des pays émergents comme la Chine, l’Inde, la Corée, les pays du Golf, la Turquie, mais aussi des puissances économiques

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L’Afrique face au défi démographique par Abdeljalil Aboulmajd

La question démographique a toujours été très sensible. De nombreux auteurs n’ont pas apprécié de rendre la démographie responsable du sous-développement, alors qu’à leurs yeux, le lien de causalité est l’inverse. Nous tenterons ici de répondre à quelques questions : Comment relever le défi de la démographie? Quels sont les impacts de la croissance démographique sur la jeunesse, notamment dans le domaine de l’éducation et de l’emploi ? Le développement tant attendu ne sera-t-il pas compromis par le poids de la démographique ? Le continent est en pleine transition démographique, ce qui fait que la population continue d’augmenter rapidement, entraînant l’exode rural. 1) Histoire démographique africaine : Il convient de souligner que l’Afrique a connu des périodes de croissance démographique différentes, à partir du XVIIIème siècle. 1)Au XVème et XVIème, l’Afrique est décrite par l’historienne Louise-Marie Diop Maes dans son  article  « Essai d’évaluation de la population d’Afrique Noire au XVème et XVIème siècle » comme un continent fort peuplé, au rythme démographique soutenu, mais interrompu par les débuts de la traite négrière, dont elle décrit aussi les effets et les pratiques de manière très évocatrice. 2) Du début du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle, l’Afrique marquée par de nombreuses guerres, par l’esclavage et par la colonisation, est généralement considérée comme une période de stagnation démographique pour le continent: sa population serait passée de 113 millions d’habitants en 1600 à 138 millions seulement en 1900. 3) De 138 millions d’habitants en 1900, la population de l’Afrique est passée à environ 275 millions dans les années 1950-1960, puis à 640 millions en 1990 et à 1,4 milliard en 2022 soit 18 % de la population mondiale. Le Nigeria incarne ce boom démographique pour le continent. Avec 211 millions d’habitants, il représente  aujourd’hui le septième pays le plus peuplé au monde. En 2050, il sera troisième directement après l’Inde et la Chine avec 410 millions d’habitants et devant les Etats-Unis. Si l’Afrique représente aujourd’hui 18 % des 8 milliards d’humains, le continent en représentera environ 26 % en 2050 et 40 % en 2100, selon les prévisions de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette vitalité démographique est liée, comme ailleurs par le passé, à la combinaison d’une mortalité en baisse et de taux de natalité encore élevé. Le recul de la natalité, amorcé dans les années 1960-70, ne s’est pas poursuivi au même rythme partout sur le continent, ce qui incite à se méfier des statistiques globales qui masquent la diversité des situations entre plusieurs Afrique démographiques. Ainsi,  l’explosion démographique ne concerne que l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est, notamment  la République Démocratique du Congo, l’Egypte, l’Ethiopie, le Nigéria et la Tanzanie. Par contre le Maghreb est sur le point d’achever sa transition démographique. En Algérie, au Maroc et en Tunisie le nombre d’enfants par femme est ainsi passé de 5 à moins de 3 en une vingtaine d’année. Dans ces pays, 60 à 70 % des femmes de 15 à 49 ans ont recours à des techniques de contraception, ce qui correspond à la moyenne mondiale. L’Afrique est aujourd’hui en face à des défis à relever demeurent à la taille de ce continent, dont la population est de plus en plus nombreuse  ce qui suppose des infrastructures adaptées, des logements, des hôpitaux. Or, cela nécessité des investissements que tous les Etats ne sont pas en mesure d’opérer. Cela se voit notamment dans les grandes villes africaines, qui ne peuvent planifier leur urbanisme. En conséquence, les bidonvilles s’étendent. II) Défis posés par la démographie en Afrique Soixante ans après les indépendances, l’Afrique est face à des défis considérables notamment en matière d’éducation et d’accès aux soins. L’éducation en Afrique est certainement l’élément le plus déterminant pour la construction d’un individu et la clé principale de son épanouissement présent et futur. Aussi, l’immense potentiel de la population africaine ne peut devenir un réel atout dans la compétition mondiale sans la formation et l’éducation de qualité. Certes,  l’Afrique a connu une amélioration substantielle dans l’augmentation de son capital humain, mais elle demeure malgré tout un continent à fort niveau d’inégalités en termes d’accès à une éducation de qualité. D’après l’UNESCO, 59 millions d’enfants ne sont aujourd’hui pas scolarisés et plus de la moitié vivent au sud du Sahara. En matière de santé, et malgré des avancées indéniables pour la santé des populations dans les dernières décennies, le continent continue de faire face à des défis sanitaires importants : des pandémies répétées et à un manque de sensibilisation aux gestes de prévention indispensables. Le coût élevé des soins représente quant à lui un frein majeur à la guérison. Certes,  des  pays africains sont avancés en matière de couverture sanitaire (Afrique du Sud, Tunisie, l’Algérie, l’Ethiopie…)  en comparaison avec d’autres pays mais malheureusement les soins médicaux sont souvent hors de portée, ce qui fait des millions de personnes basculent inutilement dans la pauvreté à cause des dépenses de santé coûteuses.     Conclusion Si quelques des pays d‘Afrique ont accompli des progrès considérables au cours de la dernière décennie, un certain nombre d‘obstacles restent à surmonter pour installer durablement la croissance et assurer un développement soutenable. Les défis sont importants : réduire les inégalités sociales et spatiales, améliorer la qualité de l’éducation et de la formation, structurer la protection sociale. L’urgence est là, et c’est aujourd’hui que les décisions majeures doivent être prises. Les décisions prises aujourd’hui en matière d’infrastructures, d’éducation et de la formation auront un impact réel sur les opportunités et les choix qui s’offriront aux africains et africaines dans un avenir lointain. Pour aller plus loin -Francis Gendreau «Démographies africaines»  Éditions ESTEM, Paris, 1996. -Louise-Marie Diop-Maes  «Essai d’évaluation de la population de l’Afrique Noire aux XVe et XVIe siècles» dans la revue Population en 1985. -Benoît Ferry  «L’Afrique face à ses défis démographiques Un avenir incertain» Coédition AFD – CEPED – KARTHALA, Paris  2007. -Peter Allen «Vers une nouvelle science des systèmes humains» RISS, no 119, fév. 1989.

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Quatre pays africains dans le top 20 mondial des pays disposant des plus importantes réserves de pétrole

L’Afrique compte un faible nombre de pays producteurs majeurs de pétrole. Pire, le déclin pétrolier des producteurs africains est manifeste. Le site financier Insider Monkey vient de dresser la liste des 20 pays disposant des plus importantes réserves de pétrole dans le monde. Parmi ceux-ci figurent quatre pays africains. Voici le montant, leur classement et le niveau de leurs réserves. Le site financier Insider Monkey a dressé l’estimation des réserves de prouvées de pétrole dans le monde. Celle-ci, établie à partir des données mises à jour de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et de l’Administration américaine de l’information sur l’énergie (EIA), montre que les réserves de pétrole prouvées du monde sont réparties inégalement dans le monde. Et une poignée de pays concentre l’essentiel des réserves mondiales de l’or noir prouvé. Le pétrole continue à être une source énergétique essentielle, en dépit de l’accent de plus en plus mis sur les énergies renouvelables. Ainsi, comme l’a souligné le site financier Insider Monkey, «la production de pétrole est l’une des statistiques les plus surveillées de l’économie mondiale, car elle est directement liée à la production économique mondiale». Et la crise énergétique de cette année, née de la guerre Russie-Ukraine qui a bouleversé les chaînes d’approvisionnement mondiales en hydrocarbures, a montré la dépendance vitale des économies mondiales à l’or noir. Et, les grands pays producteurs de pétrole ont largement tiré profit de la forte hausse des cours du baril de pétrole durant l’année 2022. Échaudés par la chute du prix en 2020, ces pays jouent désormais pleinement sur la variable de la baisse de l’offre pour réguler le cours et maintenir leurs recettes à des niveaux élevés. Reste que pour de nombreux pays la production pétrolière est en déclin continu depuis de nombreuses années, sous l’effet d’une conjonction de facteurs dont la faiblesse de nouveaux investissements dans l’exploration pétrolière, l’épuisement des puits exploités depuis des décennies, les problèmes liés à l’insécurité… Une situation qui touche particulièrement les pays africains. Ainsi, les réserves des grands producteurs du continent ne cessent de s’étioler en raison de divers facteurs alors que la demande mondiale n’en finit pas de croître sous l’effet des économies émergentes, notamment de la Chine et de l’Inde, deux des principales locomotives de l’économie mondiale qui absorbent plus de 21% de la consommation mondiale de pétrole. Seulement, les réserves mondiales de pétrole prouvées actuellement devraient s’épuiser d’ici 2070. Et bien avant cette date, de nombreux pays devraient cesser d’être producteurs, à moins de découvrir de nouvelles ressources, et cela concerne de nombreux pays africains producteurs de pétrole. Une résultante qui s’explique par le fait que les pays du continent sont loin de figurer parmi ceux abritant les plus importantes réserves. Ainsi, selon le classement des 20 pays disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde, on compte 4 pays africains dont 1 seul figure dans le top 10. Il s’agit de la Libye avec des réserves estimées à 48,36 milliards de barils. Elle devance le Nigéria, première puissance économique du continent, avec des réserves évaluées à 36,89 milliards de barils, le classant au 11e rang mondial. L’Algérie et l’Angola, avec respectivement 12,2 et 7,78 milliards de barils, se positionnent respectivement aux 16e et 19e rangs mondiaux en termes de réserves de pétrole. Les réserves de pétroles estimées des 4 pays africains du Top 20 mondial (en milliards de barils) Rang Afrique Pays Rang mondial Réserves estimées 1er Libye 9e 48,36 milliards de barils 2e Nigeria 11e 36,89 milliards de barils 3e Algérie 16e 12,20 milliards de barils 4e Angola 19e 7,78 milliards de barils Source: Insider Monkey À noter qu’au niveau mondial, les pays disposant des plus importantes réserves de pétrole sont le Venezuela avec des réserves estimées à 303,8 milliards de barils, devant l’Arabie saoudite (2e, 258,6 milliards de barils), l’Iran (3e, 208,6 milliards de barils), le Canada (4e, 170,3 milliards de barils), l’Irak (5e, 45 milliards de barils), la Russie (6e, 108 milliards de barils), le Koweit (7e, 101,1 milliards de barils), les Émirats arabes unis (8e, 97,8 milliards de dollars), la Libye (9e, 48,36 milliards de barils), les États-Unis (10e, 47,10 milliards de barils), le Nigéria (11e, 36,89 milliards de barils), le Kazakhstan (12e, 30 milliards de barils), la Chine (13e, 26,02 milliards de barils), le Qatar (14e, 25,24 milliards de barils), le Brésil (15e, 12,71 milliards de barils), l’Algérie (16e, 12,2 milliards de barils), l’Équateur (17e, 8,27 milliards de barils), la Norvège (18e, 8,12 milliards de barils) , l’Angola (19e, 7,78 milliards de barils) et l’Azerbaïdjan (20e, 7 milliards de barils).

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Industrialisation en Afrique: Le Maroc classé 2éme

Le sujet de l’industrialisation n’est pas nouveau, et une journée, le 20 novembre a même été instaurée par les Nations unies en 1989. C’est dans ce contexte que s’est tenu le double sommet de l’Union africaine. L’Afrique exporte presque tout sans fabriquer localement, or ces dernières années, les États africains ont pris conscience que la croissance africaine doit se faire à partir de secteurs diversifiés autres que les matières premières. Mais qu’en est-il concrètement de la situation aujourd’hui ? Que disent les chiffres ? L’Afrique du Sud a conservé un classement très élevé tout au long de la période 2010-2021, suivie de près par le Maroc, qui occupait la deuxième place en 2022. L’Égypte, la Tunisie, Maurice et Eswatini complètent le top six sur la période, selon un nouveau rapport sur l’Indice de l’industrialisation en Afrique (AII) publié par la Banque africaine de développement, l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Le rapport sur l’Indice de l’industrialisation en Afrique (AII) fournit une évaluation à l’échelle nationale des progrès réalisés par les 52 pays africains sur la base de 19 indicateurs clés.  Il s’agit de : Les performances manufacturières, le capital, la main-d’œuvre, l’environnement des affaires, les infrastructures et la stabilité macroéconomique. L’indice établit également un classement du niveau d’industrialisation des pays africains selon trois axes : les performances, les déterminants directs et indirects. Les déterminants directs comprennent les dotations en capital et en main-d’œuvre et la manière dont elles sont déployées pour stimuler le développement industriel. Les déterminants indirects comprennent les conditions environnementales favorables telles que la stabilité macroéconomique, des institutions et des infrastructures solides. La construction d’une industrie productive fera partie intégrante du développement de l’Afrique, offrant une voie vers une transformation structurelle accélérée, la création d’emplois formels à grande échelle et une croissance inclusive. Toutefois, la part de l’Afrique dans l’industrie manufacturière mondiale a diminué pour atteindre le niveau actuel de moins de 2 %. Des politiques industrielles plus proactives sont jugées essentielles pour inverser la tendance, mais elles nécessitent des connaissances approfondies et une compréhension détaillée des contraintes et des opportunités auxquelles chaque pays est confronté. Voici quelques-unes des autres conclusions clés du rapport : – Au cours de la période couverte, Djibouti, le Bénin, le Mozambique, le Sénégal, l’Éthiopie, la Guinée, le Rwanda, la Tanzanie, le Ghana et l’Ouganda ont tous progressé de cinq places ou plus dans le classement.  – Les pays les plus performants ne sont pas nécessairement ceux dont l’économie est la plus importante, mais ceux qui génèrent la plus forte valeur ajoutée manufacturière par habitant, avec une proportion importante de produits manufacturés destinés à l’exportation ; – L’Afrique du Nord reste la région africaine la plus avancée en matière de développement industriel, suivie par l’Afrique australe, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est. Il faut souligner que malgré les crises mondiales successives sur 54 pays, 7 pays africains concentrent plus de 65 % du PIB réel sur le continent, dont le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Algérie, le Maroc, le Kenya et l’Éthiopie.

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Explosion démographique en Afrique: Moteur du décollage économique de la région

Les politiques publiques et les interventions actuelles des autorités gouvernementales en Afrique peuvent augmenter les chances de voir se concrétiser les gains potentiels de la croissance démographique rapide de la région et accompagner son décollage économique, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale. Le rapport intitulé Africa’s Demographic Transition: Dividend or Disaster? conclut qu’avec des mesures appropriées, comme l’abaissement des taux de fécondité et l’amélioration de l’éducation et de la santé, en particulier pour les femmes et les filles, les État pourront ressentir les effets positifs de l’évolution démographique sur le développement de tout le pays. « L’explosion démographique africaine ne pourra contribuer à la croissance économique sans des investissements appropriés dans le capital humain », souligne Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour la région Afrique. «Les nouveaux venus sur le marché du travail devront avoir une éducation de qualité et accès à des soins de santé afin que l’Afrique puisse bénéficier du dividende démographique. »  Le rapport indique qu’en 2060, le continent africain comptera environ 2,8 milliards d’habitants sur une population mondiale de 10 milliards d’individus. Il propose aux pays d’Afrique la marche à suivre pour accroître leurs chances de tirer parti des retombées socioéconomiques potentielles de cette croissance de la population afin de créer un dividende démographique en Afrique subsaharienne. La région enregistre déjà un recul rapide de la mortalité infantile, une hausse du taux de scolarisation des filles, un soutien politique réaffirmé à haut niveau sur la nécessité de traiter la question démographique, et une croissance économique rapide. Dans des capitales comme celles de l’Éthiopie ou du Ghana, le taux de fécondité n’a jamais été aussi bas avec environ deux naissances par femme. En revanche, certains pays affichent des taux de fécondité atteignant 5,4 enfants par femme (2005–2010) – un niveau qui reste préoccupant. À titre de comparaison, la fécondité est beaucoup plus faible ailleurs dans le monde. En Asie de l’Est par exemple, elle est passée de 5,6 à 1,6 enfant entre 1950 et 2010. « Le rapport analyse les enseignements pouvant être tirés de l’expérience de l’Asie de l’Est, de l’Amérique latine et du Moyen-Orient. Toutefois, la démographie de l’Afrique subsaharienne présente deux spécificités. Tout d’abord, c’est la seule région du monde qui se trouve encore au tout début de la transition démographique », explique Abdo Yazbeck, économiste principal au pôle d’expertise mondial en Santé, nutrition et population de la Banque mondiale. « Deuxième spécificité, la région est hétérogène. Un petit nombre de pays d’Afrique sont très en avance avec des taux de fécondité inférieurs aux seuils de renouvellement, mais beaucoup d’autres se trouvent loin derrière. » Ces écarts importants plaident en faveur d’une différenciation des interventions dans chaque pays, ciblant des secteurs et des processus différents, relève le rapport. Le rapport Africa’s Demographic Transition: Dividend or Disaster? préconise des mesures et des changements stratégiques généraux susceptibles de favoriser une évolution rapide de la démographie pour générer un vaste dividende démographique dans toute l’Afrique. En premier lieu, les pays peuvent autonomiser les femmes et les filles en améliorant leur santé et leur instruction, en développant leurs compétences et en leur accordant davantage de pouvoir économique, social et de décision. Dans les pays où la fécondité est en recul et où le pourcentage de population en âge de travailler augmente, la priorité doit être de créer des emplois hautement productifs et d’encourager les investissements dans la santé et l’éducation des plus jeunes. Les économies plus avancées doivent insister sur la mobilisation de l’épargne nationale et la participation des femmes au marché de l’emploi en dehors du foyer. Des mesures doivent être prises pour constituer une épargne suffisante en vue de la retraite afin de faire face au problème du vieillissement de la population qui se posera à mesure que la fin de la transition démographique approchera. L’absence de sécurité peut rendre toute intervention plus difficile dans les États fragiles. Dans ces pays, l’accent doit être mis sur la santé de l’enfant, l’accès aux soins de santé et, si possible, la planification familiale, pour préparer les conditions préalables à un dividende démographique. Bien que ce rapport adopte une perspective régionale pour mettre en évidence les possibilités d’obtenir un dividende démographique et propose des recommandations générales, chaque pays doit adapter sa démarche à ses propres difficultés et opportunités.

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En Afrique, un immense défi démographique

Présenté  récemment à Johannesburg (Afrique du Sud), un rapport de l’UNICEF sur la démographie africaine souligne l’importance des défis auxquels le continent va être confronté au cours des prochaines décennies. Hausse exponentielle de sa population, urbanisation galopante : les tendances sont connues, mais l’actualisation des projections par l’agence des Nations unies pour l’enfance offre un nouvel éclairage. L’Afrique va vivre « une transition démographique d’une ampleur et d’une rapidité sans précédent », soulignent clairement les auteurs du rapport Afrique : génération 2030. Sa population va continuer à croître à un rythme soutenu jusqu’à la fin du XXIe siècle. En 1950, l’Afrique ne représentait que 9 % de la population mondiale. En 2050, un quart de l’humanité sera africain, puis 40 % d’ici à 2100. L’Afrique, qui a 1,2 milliard d’habitants aujourd’hui, en comptera 2,4 milliards en 2050, puis 4,2 milliards à la fin du siècle. Autre fait majeur : l’urbanisation observée ces dernières décennies va se poursuivre à un rythme effréné. En 1950, 14 % des Africains vivaient en ville ; ils sont aujourd’hui 40 % et devraient être près de 60 % en 2050. À la fin des années 2030, les urbains devraient pour la première fois être plus nombreux que les ruraux. La croissance de nombreuses villes s’annonce impressionnante. Au Nigeria, Lagos, aujourd’hui deuxième agglomération urbaine d’Afrique, verra sa population doubler en quinze ans pour atteindre 24 millions d’habitants en 2030. La population du Caire, en Égypte, passera de 19 à 25 millions d’habitants. « L’un des résultats les plus importants du rapport concerne le déplacement massif de la population des enfants vers l’Afrique », souligne l’UNICEF. D’ici à 2050, alors que le taux de natalité faiblira dans de nombreux pays développés, près de 2 milliards d’enfants naîtront en Afrique, soit 41 % des naissances mondiales. Des chiffres supérieurs aux précédentes projections. En 2012, l’agence de l’ONU prévoyait qu’en 2050 un enfant sur trois serait africain. Selon de nouveaux calculs, ce sont 40 % des enfants de moins de 5 ans qui vivront sur ce continent à cette date. Le nombre des moins de 18 ans passera de 547 millions en 2015 à près d’un milliard d’ici à 2050. I) Pauvreté élevée :  Le Nigeria, première économie du continent, « requiert une attention particulière », souligne l’UNICEF. Déjà doté de la plus forte natalité du continent, le pays « enregistrera à lui seul près d’une naissance mondiale sur dix ». Sa population sera multipliée par 2,5 en 35 ans (440 millions d’habitants en 2050). Devant une telle croissance démographique, alliée à un taux de pauvreté toujours très élevé (environ 60 % de la population d’Afrique subsaharienne vit avec moins de 2 $ par jour), l’UNICEF appelle à investir massivement dans les secteurs de la santé, de l’éducation, en particulier pour les filles. « Les bouleversements démographiques auxquels le continent est confronté sont un enjeu vital pour l’humanité », souligne le document. Les conditions de vie des plus jeunes sont un point majeur selon l’UNICEF. Si de nets progrès ont été réalisés sur le plan de la survie des enfants africains depuis les années 2000, « le continent enregistre encore la moitié de l’ensemble des décès d’enfants » dans le monde. II) Projections à actualiser Sans ces investissements, il sera impossible pour le continent de faire de cette hausse démographique un levier de développement, estime l’agence de l’ONU, et ce, malgré des taux de croissance économique élevés. Pour autant, les auteurs du document reconnaissent les limites d’un tel exercice : les projections ne sont pas gravées dans le marbre et les disparités entre pays et régions sont très importantes. Mais « ce rapport doit servir de catalyseur à un débat international, régional et national sur les enfants africains, a expliqué Leila Gharagozloo-Pakkala, directrice générale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. En investissant aujourd’hui dans les enfants — leur santé, leur éducation —, l’Afrique pourrait tirer des avantages économiques auparavant connus par d’autres régions et d’autres pays qui ont vécu des changements démographiques similaires. » – Rapport de l’UNICEF sur la démographie africaine

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Dans le Top 10 des pays africains les plus influents au monde : L’Egypte, le Maroc et la Tunisie

Le cabinet britannique «Brand Finance», spécialisé dans l’analyse des valeurs des marques, vient de publier récemment son rapport «Soft Power Index 2022. L’étude publiée annuellement se base sur une enquête d’opinion auprès des résidents de plus de 100 pays représentant tous les continents et régions du monde et l’avis des décideurs de gouvernements, institutions internationales, entreprises et ONG. D’après cette étude, l’Egypte est le pays qui a le soft power africain le plus influent au monde. La même étude constate que les pays africains gagnent en influence. Les 4 pays soft power les plus influents du continent ont progressé ces trois dernières années, même si jusque-là, aucune nation africaine n’a intégré le top 20 mondial des pays les plus influents. Forte de son histoire millénaire, de sa stabilité politique recouverte en dépit de l’instauration d’un régime très autoritaire depuis 2014, de son rayonnement culturel et attirant des millions de touristes par an, l’Egypte s’est imposée naturellement comme le pays africain le plus influent.  A la deuxième position, se trouve l’Afrique du Sud dont l’influence internationale est due  «en particulier aux secteurs des médias et de la communication, de l’éducation et des sciences, ainsi que celui des affaires», souligne l’étude du cabinet britannique Brand Finance.  Le Maroc, de son côté, s’est positionné à la 3e place grâce à d’importants efforts diplomatiques. En dépit de ses problèmes sécuritaires et politiques, le Nigeria, le géant africain, s’est hissé à la 4e place des pays africains les plus influents dans le monde grâce aux progrès des secteurs des industries créatives et culturelles, notamment à la musique et au cinéma. L’impact de ces deux sous-secteurs au Nigeria avait déjà été mis en avant par l’African Trade Report 2022 produit par Afreximbank. « L’industrie cinématographique nigériane, Nollywood, reconnue comme le deuxième plus grand producteur de films au monde, exporte des milliers de films chaque année et fait la promotion du riche patrimoine culturel africain dans le monde entier », avait relevé cette étude. L’Algérie est devancée par l’Egypte (1er du top 10 africain et 31ème à l’échelle mondiale), le Maroc (3ème du top 10 africain et 46ème mondial) et même le petit Rwanda arrivé au 7e rang africain grâce à sa campagne de Nation Branding « Visit Rwanda », son partenariat avec le Paris Saint-Germain et une communication publique maitrisée transformant ce petit pays africain ravagé par un génocide en 1994 en un pays séducteur et sympathique. Les autres pays africains de ce Top 10 sont Maurice (5ème du top 10 africain et 71ème mondial), le Rwanda (6ème du top 10 africain et 74ème mondial), le Ghana (9ème du top 10 africain et 86ème mondial) et Madagascar (10ème du top 10 africain et ème mondial). Pour ce qui est du Maroc, doit sa place à ses importants efforts diplomatiques. Le Nigeria, quant à lui, doit ses récents progrès aux secteurs des industries créatives et culturelles, notamment à la musique et au cinéma. Maurice pour sa part a fait de nombreux efforts de Nation Branding, notamment pour promouvoir ses destinations touristiques. Ces efforts du pays ont naturellement généré un soft power qui s’est hissé dans le top 75 mondial dès sa première apparition dans ce classement. A cet effet justement, la présence du Rwanda est loin d’être une surprise, car avec sa campagne de Nation Branding « Visit Rwanda », son partenariat avec le Paris Saint-Germain et une communication publique maitrisée, il est fort probable que ce pays fera partie dorénavant des soft power les plus importants du continent. Pour rappel le concept du soft power, créé par l’américain Joseph Nye,  est la capacité d’un État à influencer et à orienter les relations internationales en sa faveur par un ensemble de moyens, autres que la force ou toute autre contrainte. 

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Afrique: les 12 pays où l’espérance de vie est la plus forte et la plus faible

Une étude publiée par l’OMS le 4 août, estime que l’espérance de vie « en bonne santé » en Afrique a augmenté de neuf ans entre 2000 et 2019, passant de 47 à 56 ans – contre 64 ans de moyenne mondiale. Les progrès sont loin d’être uniformes, avec des contre-performances dans des pays relativement prospères. Le continent a le plus progressé dans le monde ces vingt dernières années dans l’espérance de vie « en bonne santé ». Autrement dit, le temps que les individus vivent sans maladies, un indicateur différent de l’espérance de vie globale. Principale explication du progrès réalisé : l’accès aux services de santé de base a doublé. Il est passé de 24 % en 2000 à 46 % en 2019 selon le « Suivi de la couverture sanitaire universelle dans la région africaine » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le rapport donne des chiffres par sous-régions, mais pas par pays. L’Afrique de l’Est et les huit pays de l’Igad ont le plus progressé, étant partis d’une espérance de vie en bonne santé de 43 et 45 ans en 2000 pour atteindre 58 et 57 ans en 2019. L’Afrique du Nord, elle, se rapproche de la moyenne mondiale avec 63 ans, tandis que trois sous-régions, Afrique centrale, australe et de l’Ouest restent à la traîne, avec respectivement 54, 55 et 56 ans d’espérance de vie en bonne santé. Deux explications sont avancées par le rapport : d’un côté, la performance des services de santé, qui dépend de l’investissement dans les dépenses de santé publique, et d’autre part, « les pays à revenu élevé ou à revenu intermédiaire de la tranche supérieure ont dans la plupart des cas un Indice de couverture de santé et une espérance de vie à la naissance beaucoup plus élevés que les pays à faible revenu ». La Centrafrique, record mondial de la plus faible espérance de vie. Les chiffres de la Banque mondiale confirment la nette longueur d’avance du Maghreb (voir tableau) en termes d’espérance de vie en général, que l’on vive malade ou pas. Les pays en conflit, pauvres et/ou qui n’investissent pas dans la santé restent sans surprise en queue de peloton, tels que la Centrafrique, le Nigeria, la Sierra Leone, le Tchad et le Lesotho. Au Nigeria, la situation est aggravée, comme dans d’autres pays pétroliers par les inégalités sociales, ainsi que par la fuite de cerveaux massive du personnel de santé, attiré par de meilleures conditions de travail à l’étranger. Le même fléau prévaut en Égypte, un pays où l’on vit pourtant jusqu’à 72 ans en moyenne, avec 1 médecin pour 1 240 habitants (contre 1 pour 5 000 habitants au Nigeria). L’explication tient au fait que l’Égypte, comme les autres pays d’Afrique du Nord, a achevé sa transition démographique, avec une baisse concomitante des taux de natalité et de mortalité, et des investissements faits dans la santé. Pourquoi, par ailleurs, vit-on plus dix ans de plus au Sénégal qu’en Côte d’Ivoire, où l’espérance de vie ne dépasse pas 57 ans, comme en Somalie et au Sud-Soudan ? Et ce, alors que les défaillances de l’hôpital public au Sénégal font les gros titres de la presse… « Il y a plus de médiatisation au Sénégal, mais des scandales réguliers surviennent en Côte d’Ivoire comme au Bénin, explique Gilles Yabi, le fondateur du West African Think Tank (WATHI). Le Sénégal a fait des progrès plus importants en termes de santé maternelle et néonatale qu’ailleurs dans la sous-région. Or, la santé des 0-5 ans influence beaucoup l’espérance de vie, en plus de facteurs sociaux difficiles à mesurer, tels que l’hygiène de vie, l’activité physique et l’alimentation ». La Côte d’Ivoire au même niveau que la Somalie. Les deux seuls pays d’Afrique à revenus élevés s’en tirent mieux, comme les Seychelles et Maurice, mais l’argent n’est pas toujours synonyme de longévité. « Le lien avec le PIB par habitant n’est pas forcément le plus déterminant, contrairement à l’investissement public dans la santé », estime Mabingué Ngom, conseiller spécial du Directeur exécutif du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et directeur du bureau de l’UNFPA auprès de l’Union africaine. La Guinée équatoriale, 1,4 million d’habitants, affiche une espérance de vie aussi faible que la Guinée-Bissau, alors que son revenu est dix fois supérieur. Autre curiosité notable : au Mali et au Cameroun, dont les PIB par tête vont quasiment du simple au double, on ne vit en moyenne pas plus de 59 ans. Au Gabon, où la prévention et la lutte contre le cancer sont moins négligées, l’espérance de vie dépasse de six ans celle des voisins congolais, qui plafonne à 60 ans à Kinshasa comme à Brazzaville. Quant à l’Afrique du Sud, elle se situait au même niveau que les Comores, le Liberia et le Ghana, 64 ans en 2019. Trois pays qui sont loin d’être industrialisés comme elle. L’ampleur prise par le virus du Sida a tout changé dans les années 2000, avec une part de 19 % des 15-49 ans séropositifs aujourd’hui. Selon Statistics SA, l’espérance de vie à la naissance sans le VIH/Sida, qui cause 23 % des décès, s’élevait à 69 ans en moyenne en 2019. Les ravages faits par le Covid-19 se sont ajoutés à ceux du Sida, et ont fait reculer de trois ans le temps que l’on peut espérer vivre en Afrique du Sud. Celui-ci est passé à 61 ans en 2021, comme au Burundi, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique.

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Pour un nouveau partenariat entre l’Afrique et l’Europe

Les relations entre les pays africains et l’Europe sont anciennes. Elles reposent sur un passé historique colonial lourd, des échanges culturels et commerciaux importants, et des liens économiques et politiques évidents. L’action extérieure de l’Europe cherche aujourd’hui encore ses marques dans la relation à établir avec les pays d’Afrique : le passé colonial de certains des membres de l’UE crée parfois une difficulté supplémentaire tandis qu’il peut être à l’origine de relations privilégiées. Les institutions européennes recherchent un équilibre entre leur volonté de transmission des valeurs démocratiques et l’expansion économique, non sans intérêt dès lors que l’Union représente 80% de l’aide publique destinée aux pays africains et qu’elle en est le principal partenaire commercial. Le dialogue politique eurafricain semble ainsi porter sur une négociation unilatérale se heurtant souvent aux intérêts nationaux africains. I) Vers une «nouvelle alliance» salutaire ? L’Europe et l’Afrique partagent de nombreux intérêts communs, qu’il s’agisse d’une économie et d’un climat des affaires favorables ou de questions sécuritaires. Jean-Claude Juncker, ancien président de la Commission européenne, a proposé une Alliance Afrique-Europe pour des investissements et des emplois durables qui vise à stimuler les investissements stratégiques européens et à rehausser les échanges commerciaux entre partenaires. Ces projets exploitent le potentiel que représenterait la création de la zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) et semblent d’apparence apporter de nouvelles logiques à cette relation. Pourtant, il conviendra de veiller attentivement à ce que ne s’opèrent des dérives et une réinvention néo-colonialistes de ces divers projets. Les différents objectifs rappellent effectivement étrangement les initiatives chinoises présentées dans la déclaration de Beijing. Cette «nouvelle alliance» trouvée entre l’Union européenne et les pays africains semble salutaire. Les Européens paraissent avoir compris certaines des erreurs passées, notamment en ce qui concerne des accords économiques déséquilibrés et des relations diplomatiques inégales. Ces engagements apparaissent cependant bien dérisoires face à l’image ternie de l’Europe dans certaines régions d’Afrique et au regard de la politique agressive des Chinois. II) Une architecture institutionnelle inadaptée  Le partenariat Afrique-UE repose sur un dialogue formel composé de réunions organisées entre homologues africains et européens. Les chefs d’État et de gouvernement se réunissent tous les trois ans lors de sommets Union Africaine-UE et durant lesquels sont discutées et définies les orientations politiques de la coopération. Des réunions ad hoc ainsi que des rencontres parlementaires existent, tout comme des dialogues thématiques spécifiques. Cependant, l’architecture institutionnelle des relations marque par la fréquence de ces réunions. Il s’agirait de permettre une régularité bien plus importante pour rapprocher les deux continents dans les différents enjeux qu’ils doivent affronter. III) La question migratoire : sujet de tensions Le contrôle des migrations en provenance des pays africains est un sujet brûlant dans les sociétés européennes. Les dirigeants européens et africains sont très divisés sur le sujet, et sur la manière d’aborder la politique migratoire. Les chefs d’État et de gouvernement européens souhaiteraient conclure des accords de retour des migrants avec les pays africains au sein des nouveaux accords de Cotonou dont les discussions ont déjà débuté. L’Union européenne a d’ores et déjà fait part de son intention de prioriser le contrôle des migrations dans les prochains accords en conditionnant l’aide et les futurs investissements financiers aux pays africains. Cette position paternaliste, voir même assujettissante, rappelle un néo-colonialisme brutal pour l’Afrique. Les accords eurafricains sont caractérisés par une inégalité frappante dans les rapports de forces, principalement du fait de la dépendance des pays africains face à l’Europe. L’ensemble des structures (financières, techniques et politiques…) maintiennent ou créent un rapport de dépendance structurelle sur le plan économique. Si la « nouvelle alliance » proposé par l’Union semble s’affranchir en partie de ce processus, le néo-colonialisme européen ne saura disparaître. Les Européens doivent se poser les bonnes questions. La présence en Afrique est-elle vraiment bénéfique ? Pour les européens, , évidemment ! Pour les peuples africains… ? En effet, l’unilatéralisme qui caractérise les accords eurafricains des dernières décennies conditionnent l’octroi des aides au développement à l’implantation d’entreprises européennes. Cette expansion économique des Européens ne profite toutefois pas à un développement économique durable en Afrique. De même, comment s’affranchir de l’Histoire commune en s’émancipant de ce néo-colonialisme ? La difficulté principale réside dans l’incapacité à imaginer un monde dépourvu de dominant et de dominé, entendu comme un rapport de contrainte. Il faudrait être probablement plus à l’écoute des peuples d’Afrique pour éviter la répétition des erreurs passées, qu’il s’agisse du néo-colonialisme ayant fait suite à la colonisation de certains États européens ou par exemple des difficultés quant au respect du principe de non-ingérence dans les pays africains. La prise de conscience européenne serait pourtant insuffisante à la réinvention du modèle des relations eurafricaines. Le concept de néo-colonialisme ne suffit pas à comprendre cette domination. Les pays africains doivent prendre conscience de leur responsabilité dans cette relation déséquilibrée dans laquelle ils acceptent volontairement les systèmes de valeurs, les schémas de pensées et les modèles économiques. Il est peut-être temps de  comprendre ensemble les intérêts européens  communs et que les élites intègrent aux relations eurafricaines une dimension psychologique, en ce qui concerne la perception mutuelle des populations des deux continents, et sociale par une prise de conscience du bien-être des peuples africains dans les relations économiques et diplomatiques eurafricaines.

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La jeunesse africaine face au défi de l’emploi

«Chaque génération doit dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir» Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre. Quelques données pour commencer. En un siècle (1950–2050) la population de l’Afrique passera, en effet, de 228 millions d’habitants à 2,435 milliards selon les projections actuelles de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Cette évolution démographique, exceptionnelle par son ampleur et sa rapidité, représente un des défis majeurs pour le développement économique et social du continent. Alors devant ce fait, Qu’est-ce que la jeunesse ? Quels sont ses défis et ses opportunités en Afrique? I) Définition de jeunesse Définir la jeunesse est une condition préalable à l’analyse de la participation et de la représentation des jeunes dans la vie sociale et politique d’un État. Il convient d’observer qu’il n’existe pas de définition universelle de la notion de «jeune» généralement admise sur le début et la fin de la jeunesse. Pour l’ONU, est considéré de façon universelle et conventionnelle comme jeune, toute personne dont l’âge varie entre 15 et 24 ans, cette définition semble ne pas correspondre aux réalités sociales et sociologiques en Afrique. C’est la raison pour laquelle, la charte africaine de la jeunesse de l’Union Africaine (UA) définit la jeunesse, comme la frange de la population africaine dont l’âge est compris entre 15 et 35 ans. En Afrique, cette frange de la population est la plus importante au monde et celle qui augmente le plus rapidement. Plus de 20 % de la population africaine a entre 15 et 24 ans et puisque plus de 40 % de la population africaine a moins de 15 ans, on doit s’attendre à ce que ce chiffre augmente de façon notable dans les années à venir. Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), les jeunes peuvent représenter jusqu’à 36 % de la population totale en âge de travailler et 3 personnes au chômage sur 5 en Afrique sont des jeunes. C’est un enjeu de taille. Déjà, 60 % des jeunes Africains seraient sans emploi. Et chaque année, plus de 10 millions de jeunes actifs entreront sur le marché du travail. II) La jeunesse africaine, un acteur incontournable du développement L’Afrique est aujourd’hui un continent d’1,3 milliard d’habitants. Cette importante démographie africaine est source d’opportunités et de défis, notamment en ce qui concerne les services, l’éducation et l’intégration  des jeunes dans la vie économique et sociale. Elle constitue un atout considérable puisque la jeunesse est en mesure de fournir à l’économie une force de travail majeure au sommet de sa capacité productive. Ainsi, le premier défi est celui posé par l’arrivée sur le marché du travail de jeunes diplômés, dont seule une partie trouvera un emploi. On estime 200 millions de jeunes âgés de 18 à 25 ans qui sont en situation de chômage. En 2050, cette proportion sera de 42%. Et, chaque année, entre 12 et 15 millions rejoignent le marché du travail. Il en résulte un profond malaise parmi les jeunes, ayant souvent un emploi sous-qualifié par rapport à leur diplôme. Toutefois, il convient de  distinguer entre la région de l’Afrique du nord et de l’Afrique subsaharienne. En Afrique du nord, la prévalence du chômage des jeunes est très élevée, puisque plus d’un tiers de la jeunesse est sans emploi. En revanche, en Afrique subsaharienne, c’est la prévalence de la pauvreté qui atteint des sommets, car 70% des jeunes vivent avec moins de 3,1 dollars par jour Pour cette raison, beaucoup de jeunes africains, (exemple le Maghreb) veulent entrer dans la fonction publique, et les familles investissent en espérant qu’ils obtiendront de postes dans l’administration publique. Mais il y a de moins en moins d’emploi de fonctionnaires. L’absence de débouché produit une énorme déception. Autre conséquence, cela freine l’innovation. Toutefois, en Tunisie, la culture entrepreneuriale est relativement plus développée par  rapport aux autres pays de l’Afrique du Nord, les jeunes tunisiens de plus en plus s’en lancent dans l’entrepreneuriat. III) L’entreprenariat des jeunes est clé Dans le monde entier, et évidemment dans tous les pays africains, les emplois et les perspectives d’emploi des jeunes occupent toujours les premiers rangs des programmes de développement. En 2050, 29% de la population totale des jeunes du monde vivront en Afrique. Pour les pays africains, les jeunes représentent à la fois un défi mais aussi une énorme potentialité, surtout en ce moment où les populations des autres parties du monde sont vieillissantes. Bien qu’à la recherche d’emplois, les jeunes sont aussi essentiels à leur création. Dans ce contexte difficile, il est essentiel de mettre en œuvre en Afrique des stratégies visant à stimuler la créativité, de fournir aux jeunes une éducation de qualité orientée vers les besoins du marché mondial, de développer leurs compétences et d’inculquer aux jeunes la culture de l’entrepreneuriat. Dans son excellente étude «La jeunesse africaine face à l’entreprenariat : enjeux et défis», l’universitaire béninois Armand Akpa a réussi à démontrer que la solution pour juguler le problème du chômage des jeunes passe en très grande partie par l’entreprenariat. Sur la question, des avancées considérables ont été faites pour encourager l’entreprenariat des jeunes en Afrique mais ces derniers restent encore confrontés à de nombreux obstacles. Parmi ces obstacles, on peut citer : l’attitude de la société à l’égard de l’entrepreneuriat, le manque de compétences, l’insuffisance de la formation à l’esprit d’entreprise, le manque d’expérience professionnelle, l’absence de fonds propres, l’absence de contacts et barrières inhérentes au marché, les formalités plus lourdes et plus longues, le coût de démarrage, le capital minimum obligatoire et le manque d’accès aux informations particulièrement pertinentes pour les activités entrepreneuriales. Pour surmonter ces obstacles, Armand Akpa préconise pour réduire le chômage des jeunes, la promotion de l’entrepreneuriat, dont celle agricole moderne, qui peut être une source stable d’emploi dans les économies fortement dépendantes de l’agriculture à court et moyen terme. Ainsi, il  est primordial de mettre en place des politiques publiques pour renforcer davantage les activités entrepreneuriales des jeunes essentiellement dans les technologies de l’information. Aujourd’hui, l’avenir de la jeunesse africaine n’est ni de finir noyée dans le cimetière de la Méditerranée à

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La jeunesse, moteur de changement social au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Original article published in the blog Un seul monde (Huffington Post) Ce billet du blogue Un seul monde, une initiative de l’AQOCI et du CIRDIS, a été écrit par Frédéric Hareau, directeur des programmes chez Equitas – Centre international d’éducation aux droits humains. Le projet Mosharka (2012-2016) a été réalisé grâce à l’appui de l’Union européenne, de l’Organisation internationale de la Francophonie et de l’Ambassade du Canada en Jordanie. La jeunesse du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MOAN) a fait l’objet de nombreuses études au cours des dernières années. Et si les images véhiculées sont souvent contradictoires, tout le monde s’entend pour reconnaître que la jeunesse est une force qui influence fortement la réalité de la région et qu’on ne peut négliger. Une force démographique tout d’abord: les jeunes âgés de 15 à 29 ans composent plus du quart de la population dans chacun des pays de la région MOAN. Une force politique ensuite: à la surprise du monde entier, les jeunes, femmes et hommes, ont constitué l’avant-garde des mouvements qui ont bouleversé la région depuis 2011. Ils ont démontré leur pouvoir de renverser des régimes qu’on pensait indéboulonnables. Après 2011, on a amplement loué cette jeunesse porteuse d’espoir, symbole du renouveau, de ce «printemps arabe» synonyme de progrès démocratique, économique et social. Cinq années plus tard, la région se trouve confrontée à des conflits dévastateurs, à des mouvements radicaux et violents, à des déplacements massifs de populations, à la résurgence d’États autocratiques et à de profondes crises économiques et sociales. L’image des jeunes a bien changé: une source de déstabilisation, encline à la radicalisation, ou prête à tout pour s’expatrier. Des jeunes confrontés à de multiples défis. Des millions de jeunes de la région MOAN sont directement affectés par les conflits et vivent dans des conditions d’extrême précarité. Mais c’est également l’immense majorité des jeunes de la région qui fait face à des défis de taille. D’un point de vue économique, le taux de chômage parmi les jeunes de la région reste le plus élevé du monde (atteignant par exemple 51% en Libye, dont 68% pour les jeunes filles) et la croissance ne bénéficie pas aux jeunes. Selon l’OCDE, «l’absence d’un cadre de croissance inclusif a laissé les jeunes hommes et femmes à la marge de la société, confrontés à un accès restreint à une sécurité sociale et à une mauvaise qualité des services publics». Cette exclusion économique est étroitement liée à une exclusion des processus de prise de décision, la voix des jeunes restent très largement ignorée. Toujours selon l’OCDE, il est nécessaire de réajuster les cadres de gouvernance afin que les jeunes aient un rôle plus important dans l’articulation des politiques. Leur absence des sphères de décision et de la société civile réduit leur sentiment d’appartenance à leur communauté, conduit à leur marginalisation et augmente les risques de radicalisation. Il convient toutefois d’éviter une généralisation qui voudrait que tous les jeunes se radicalisent. Comme mentionné par les jeunes de Young Arab Voices: «il y a 100 millions de jeunes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord qui ont résisté à l’attrait de devenir moudjahidin». Aujourd’hui, force est de constater que les espoirs et les revendications des mouvements de 2011 – dignité, liberté, justice sociale et emploi – restent à ce jour en grande partie lettre morte. Une jeunesse profondément engagée en dépit des obstacles. Les images projetées par les médias sont loin de refléter la complexe réalité des jeunes de la région et occultent les luttes quotidiennes d’innombrables jeunes femmes et hommes pour bâtir des sociétés plus justes. À cet égard, les 1 700 jeunes d’Égypte, de Jordanie, du Maroc, de Tunisie et du Yémen avec qui Equitas et ses partenaires ont collaboré pour le projet Mosharka n’ont ménagé aucun effort pour réduire les inégalités et trouver des solutions aux problèmes qui minent leurs communautés. Les leçons apprises du projet ont été publiées dans un recueil, Participation des jeunes à la vie communautaire – Réalisation de projets de droits humains au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, parmi celles-ci : L’engagement des jeunes doit être centré sur leurs motivations et leurs forces. La connaissance des droits et l’intériorisation des valeurs des droits humains facilitent leur implication dans le processus de changement social et légitiment leur action auprès des acteurs étatiques. Les jeunes leaders du projet Mosharka ont décidé de s’engager sur des enjeux tels que l’exclusion des jeunes filles, le mariage précoce, la participation politique des jeunes, l’inclusion des personnes vivant avec un handicap, et les conflits ethniques. Les projets utilisant la vidéo, les technologies de l’information et les médias sociaux, ou encore le théâtre de rue leur ont permis de participer efficacement au développement communautaire. Bâtir le leadership et la confiance des jeunes constitue la colonne vertébrale d’une intervention. Le développement de compétences clés telles que la confiance, la réflexion critique, l’analyse d’enjeux liés aux droits humains, la planification, la négociation, et la gestion financière s’avère essentiel à leur implication citoyenne. L’utilisation d’une approche participative basée sur les droits humains a permis aux organisations et aux jeunes intervenants d’engager les jeunes marginalisés, des jeunes dont les droits sont souvent bafoués. Cette stratégie se révèle très pertinente pour se rapprocher des jeunes exclus afin de bien comprendre leurs attentes, valoriser leur vécu, travailler efficacement avec eux et dépasser les divisions ethniques, religieuses, socioéconomiques ou fondées sur le genre en rassemblant des groupes divisés. Si l’engagement de nombreux jeunes est source d’espoir, un des défis majeurs dans la région MOAN reste de créer des espaces de dialogue entre les instances gouvernementales et les jeunes. La culture des droits humains et du dialogue, et les espaces dans lesquels celle-ci s’exprimera restent à bâtir. Il s’agit d’un des enjeux majeurs qui influencera l’avenir de la région. Unir les forces à ce niveau n’est pas seulement souhaitable, c’est impératif.

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C’est quoi le développement durable?

Développement durable ou alternatif, post-développement ou alternative au développement. Le débat, à la faveur notamment du «tournant à gauche» latino-américain, est revenu sur le devant de la scène, et interroge les rapports entre marché, État, nature et acteurs sociaux. Le développement durable est la notion qui définit le besoin de transition et de changement dont a besoin notre planète et ses habitants pour vivre dans un monde plus équitable, en bonne santé et en respectant l’environnement. I)  Un modèle d’organisation de la société: Le développement durable vient du rapprochement de deux mots, qui mis bout à bout définissent un modèle d’organisation de la société. Par développement on entend l’amélioration des performances (économiques, sociales etc…) d’une société. Le terme durable caractérise une chose qui tient dans la durée, qui est stable et résistant. La combinaison des deux mots donne la définition du développement durable: l’amélioration des performances d’une société pour la rendre stable dans le temps. Le développement durable est un mode d’organisation de la société pour répondre le plus efficacement possible aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Aujourd’hui, cette transition vers un modèle plus durable est nécessaire pour vivre dans un monde plus équitable et préserver notre planète et ses ressources naturelles. Le modèle d’une société durable s’appuie sur des piliers et des principes fondamentaux. II) Les fondements du développement durable: Les trois piliers du développement durable: Le développement durable suppose un mode d’organisation basé sur 3 piliers essentiels: La qualité environnementale des activités humaines pour limiter les impacts environnementaux, préserver les écosystèmes et les ressources naturelles à long terme. L’équité sociale pour garantir à tous les membres de la société un accès aux ressources et services de base (éducation, santé, alimentation, logement…) pour satisfaire les besoins de l’humanité, réduire les inégalités et maintenir la cohésion sociale  L’efficacité économique en diminuant l’extrême pauvreté et en garantissant l’emploi du plus grand nombre dans une activité économique dignement rémunérée. L’économie durable est une gestion saine des activités humaines sans préjudices pour l’Homme ou pour l’environnement. Ces 3 piliers composent les enjeux du développement durable. Pour instaurer une société plus durable, ces piliers sont accompagnés de principes fondamentaux. III) Les principes fondamentaux du développement durable: Solidarité entre les pays, entre les peuples, entre les générations, et entre les membres d’une société. Par exemple : économiser les matières premières pour que le plus grand nombre en profite. Précaution dans les décisions afin de ne pas causer de catastrophes quand on sait qu’il existe des risques pour la santé ou l’environnement. Par exemple : limiter les émissions de CO2 pour freiner le changement climatique. Participation de chacun, quels que soient sa profession ou son statut social, afin d’assurer la réussite de projets durables. Par exemple : mettre en place des conseils d’enfants et de jeunes. Responsabilité de chacun, citoyen, industriel ou agriculteur. Pour que celui qui abîme, dégrade et pollue répare. Par exemple : faire payer une taxe aux industries qui polluent beaucoup. Ces principes sont parfois incompatibles avec la société de consommation dans laquelle nous vivons. C’est pourquoi, de nombreuses personnes (élus, associations, entreprises, particuliers, jeunes…) demandent que notre système économique soit repensé pour tendre vers une société plus durable afin de préserver la planète et ses ressources. Le développement durable est non seulement un besoin urgent, qui n’est pas une contrainte mais une réelle opportunité pour redessiner notre société. IV) Pourquoi le développement durable est essentiel aujourd’hui? En 1800, nous étions 900 millions d’êtres humains sur terre. En 2020, notre planète abrite 7,8 milliards d’habitants. Cette forte croissance de la population s’accompagne d’une augmentation de la demande de biens et de services et de modes de production qui entraînent des désordres environnementaux et sociaux. Dans les années 70, un grand nombre d’experts et de scientifiques tirent la sonnette d’alarme quant à l’impact de l’activité des hommes sur la planète. Depuis la révolution industrielle, la société a connu un développement sans précédent, mais sans véritablement en mesurer les conséquences de l’évolution de son mode de vie. À cela se sont ajoutés : l’accélération des échanges avec le reste du monde (la mondialisation) ; l’accroissement des inégalités entre pays riches et pays pauvres ; les prévisions de croissance démographiques qui visent à 10 milliards d’habitants sur la planète d’ici 2100. Aujourd’hui 80% des ressources naturelles sont consommées par 20% de la population mondiale. Cela engendre des zones de grande richesse et de grande pauvreté. Dans certaines zones du monde, les habitants n’ont pas accès à l’eau potable, aux soins, à l’éducation et à un emploi dignement rémunéré. Mais comment assurer demain un accès à l’alimentation et à l’eau potable, à la santé et à l’éducation pour tous ? Comment assurer la protection de la biodiversité et lutter contre le changement climatique ? C’est pourquoi il est urgent de trouver un nouveau modèle: le développement durable. Les sociétés humaines vont devoir entrer dans une transition et repenser l’ensemble de leurs activités. De nombreux acteurs sont déjà engagés dans cette transition vers un mode de fonctionnement plus respectueux de l’environnement et des êtres humains. Les sociétés humaines vont devoir entrer dans une transition et repenser l’ensemble de leurs activités. De nombreux acteurs sont déjà engagés dans cette transition vers un mode de fonctionnement plus respectueux de l’environnement et des êtres humains. V) Les acteurs du développement durable:  Tout le monde est concerné par cette transition vers un nouveau modèle de société plus durable. 

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Afrique : les quatre vraies crises migratoires

Alors que les Européens s’inquiètent de l’immigration africaine sur leur propre territoire, d’autres mouvements de population s’avèrent bien plus préoccupants pour la stabilité sociale et économique au sud de la Méditerranée. Les crises migratoires africaines ne sont pas forcément celles que l’on croit. Les quelque 70 000 Africains (1) arrivés irrégulièrement de janvier à novembre 2020 dans les ports européens de la Méditerranée et les îles Canaries ont beau faire la une en Europe, ils restent un épiphénomène, au vu des vrais enjeux migratoires de l’Afrique, aggravés par la pandémie de Covid-19. Aujourd’hui, quatre grandes crises touchent le continent, avec de lourdes conséquences. Pour la première fois depuis plus de dix ans, les transferts d’argent des 19 millions de migrants africains vivant hors du continent ont baissé l’an passé. D’après les dernières estimations de la Banque mondiale faites en octobre, elles ont chuté de 9 % en 2020 et baisseront encore de 6 % cette année. En Afrique subsaharienne, les transferts sont passés de 48 milliards de dollars (40 milliards d’euros) par an en 2018-2019 à 44 milliards en 2020, et l’estimation pour 2021 tombe à 41 milliards. Cet apport reste plus important que tous les investissements directs étrangers réunis (32 milliards de dollars en 2019) et légèrement inférieur à l’aide publique au développement. Cette chute affecte particulièrement le Soudan du Sud (dont 35,4 % du PIB dépend des transferts), le Zimbabwe (10,8 %) et le Sénégal (9,4 %), sans oublier le Nigeria, qui a reçu l’an dernier une manne de 21,7 milliards de dollars, soit 2 milliards de moins qu’en 2019. 1) Retours et exode : La pandémie a provoqué ou exacerbé des mouvements de retour de migrants vers leurs pays d’origine, avec de forts effets déstabilisateurs, comme en Ethiopie. Une première campagne de retour forcé de 163 000 Ethiopiens séjournant irrégulièrement en Arabie Saoudite avait été menée entre novembre 2013 et mars 2014. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 380 000 autres migrants sont rentrés depuis avril 2017, soit 10 000 par mois en moyenne jusqu’au début de la pandémie. Presque tous sont originaires des régions du Tigré, d’Amhara et d’Oromia, les plus instables ces dernières années. Même si le rythme du retour a baissé depuis avril, avec 34 000 retours jusqu’à novembre, les autorités s’attendent à 200 000 à 500 000 retours dans les prochains mois, en raison de la contraction de l’activité dans les pays du Golfe. L’impact de ces flux sur le marché de l’emploi, les services sociaux et la stabilité politique dans des régions où la guerre a entre-temps éclaté reste à étudier. La crise du Covid-19 rappelle aussi à quel point la fuite des cerveaux à grande échelle peut mettre à mal le secteur de la santé. C’est passé inaperçu, mais les Etats-Unis ont encouragé les professionnels de la santé à travers le monde, en particulier ceux travaillant sur le Covid-19, à solliciter un visa auprès du consulat américain le plus proche dans leur pays. Selon certaines sources, pas moins de 16 000 médecins égyptiens ont été admis aux Etats-Unis – alors que nombre de professionnels de la santé issus de ce pays exercent déjà dans les pays du Golfe. Selon le syndicat des médecins égyptiens, 110 000 praticiens, soit la moitié des médecins enregistrés en Egypte, exercent à l’étranger. Cet exode affecte depuis des décennies le Ghana, le Nigeria ou encore le Zimbabwe, dont les infirmières et les médecins travaillent en grand nombre au Royaume-Uni. Cela s’explique par les salaires très bas et les structures de santé défaillantes en Afrique, et représente une lourde perte pour le continent, qui continue d’afficher les ratios de médecins par millier d’habitants les plus bas au monde. 2) 7,3 millions de réfugiés : Plus connue et documentée, la crise des réfugiés reste brûlante – provoquée par les conflits au Sahel et les changements climatiques. En 2019, il y avait en Afrique 7,3 millions de réfugiés et demandeurs d’asile, soit deux fois plus qu’en 2000, venant pour la plupart du Soudan du Sud, de Somalie, de république démocratique du Congo, de Centrafrique et d’Erythrée. Ces chiffres, en hausse dans les pays du Sahel touchés à la fois par les attaques islamistes et le Covid-19, sont à mettre en rapport avec les 21 millions de migrants africains en Afrique, sans oublier les 18 millions de personnes déplacées à l’intérieur des frontières de leurs pays. Malgré toutes ces difficultés, 2020 a été une année de renforcement du cadre de gouvernance des migrations en Afrique. En effet, l’Union africaine a adopté un plan d’action triennal détaillé pour 2020-2022 afin d’assurer la mise en œuvre du «pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières». En parallèle, en février 2020, elle a adopté les statuts du nouvel Observatoire africain des migrations, dont le siège a été inauguré à Rabat. Les premiers jalons de l’agenda africain sur les migrations, lancé en janvier 2018, sont posés. Reste à mettre en œuvre le projet d’une zone continentale de libre circulation des personnes, pour en faire un vrai levier de développement et non une simple réponse tactique aux pressions ou engagements internationaux. (1)NB : La plupart des données présentées dans ce texte s’appuient sur le Rapport sur l’économie de l’Afrique produit par le Policy Center for the New South où l’auteur de ce texte est Iván Martín, économiste, senior fellow du Policy Center for the New South, chercheur associé au Groupe de recherche interdisciplinaire sur l’immigration (université Pompeu-Fabra de Barcelone)

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L’Afrique, un continent en voie d’émergence

Alors que l’identification de pays africains réellement émergents s’avère complexe, l’Afrique dispose d’atouts pour décoller en tant que continent grâce, dans un premier temps, au développement d’un marché commercial, puis d’un marché financier. L’Afrique est aujourd’hui considérée comme une terre d’opportunités économiques et financières. Depuis 2000, ses bonnes performances économiques suscitent une vague d’optimisme de la part des investisseurs internationaux. Un sentiment qui pourrait être conforté par la résilience dont fait preuve l’activité économique africaine face à l’épidémie de Covid-19 (- 2,6 % en 2020), au regard de son impact à l’échelle mondiale (- 4,4 %). I) L’émergence, un concept mobilisé par les pays africains eux-mêmes Face à ce renouveau, les dirigeants africains ont adapté leurs discours pour évoquer les ambitions économiques de leurs pays respectifs. Les objectifs traditionnellement mis en avant de réduction de la pauvreté ou d’amélioration des indicateurs socioéconomiques ont progressivement laissé place à l’ambition d’«émergence» dans la plupart des plans nationaux de développement économique des pays du continent. Près de la moitié des économies africaines disposent d’un plan national visant à accéder à l’émergence à court, moyen ou long terme. À titre d’exemple, l’ambition du Plan «Sénégal émergent» est d’en faire un pays émergent à l’horizon 2035. Au Gabon (« Plan stratégique Gabon émergent »), cet objectif devrait être atteint dès 2030. Quant au Maroc, il ambitionne   l’émergence industrielle par une stratégie d’industrialisation entre 2009 et 2015 qui a été suivi par un plan d’Accélération Industrielle 2014-2020. Depuis 2015 et à l’initiative du président ivoirien Alassane Ouattara, une Conférence internationale biennale sur l’émergence de l’Afrique a même été instituée et vise à « soutenir le développement des capacités à préparer et mettre en œuvre les plans d’émergence » du continent. Mais peut-on réellement identifier des pays africains qui se démarquent dans leur trajectoire de développement au point de pouvoir être considérés comme émergents ou en voie d’émergence ? II) Une poignée de pays africains émergent… partiellement La notion d’émergence ne renvoie pas à une définition communément admise par l’ensemble des acteurs des sphères économiques et financières. Il est toutefois possible d’examiner l’Afrique à l’aune des critères communément admis comme étant partagés par les premiers pays émergents, notamment asiatiques. Ces économies se sont distinguées par une croissance économique soutenue sur une longue période, leur capacité d’intégration commerciale et financière, et la prise de relai d’un développement extraverti par une croissance endogène, reposant sur le développement d’un marché intérieur et d’une consommation interne dynamique. Or, si quelques pays africains enregistrent de très bonnes performances dans l’un de ces domaines, ils peinent à répondre à l’ensemble de ces critères. Prenons l’exemple du Nigeria, de l’Afrique du Sud et de l’Égypte, qui constituent les trois premières économies africaines en termes de produit intérieur brut (PIB). De par leur taille, ces économies sont les principales destinations africaines des investissements directs étrangers (IDE), après Maurice. Elles concentrent à elles seules 35 % des flux entrants en Afrique. Mais ces économies enregistrent des performances mitigées en matière d’indicateurs sociaux. Si l’on considère à présent les pays qui connaissent les plus forts taux de croissance, ils ne sont pas nécessairement pour autant ceux qui attirent le plus de capitaux ni ceux qui parviennent à faire bénéficier cette accumulation de richesse à leur population. L’Éthiopie, le Rwanda et la Tanzanie, dont les croissances économiques ont été durablement soutenues au cours de la dernière décennie, sont certes engagés dans une dynamique de rattrapage, mais ces pays demeurent des marchés de taille limitée : le PIB éthiopien ne représente en 2019 que 20 % du PIB nigérian, contre 15 % pour la Tanzanie et seulement 2 % pour le Rwanda. En outre, leurs résultats en matière d’indicateurs sociaux restent modestes en dépit d’une réduction de la pauvreté. Ces exemples soulignent tout l’enjeu du caractère inclusif du modèle de croissance des pays africains. III) Émergence : l’Afrique a son propre index On comprend alors pourquoi la grande majorité du continent (à l’exception de l’Afrique du Sud et, dans une moindre mesure, de l’Égypte et du Nigeria) était jusqu’aux années 2010 tenue à l’écart de la notion d’émergence proprement dite. Mais s’il apparaît que peu de pays africains peuvent être qualifiés d’émergents à ce stade, plusieurs économistes et chercheurs proposent des nouvelles définitions de l’émergence élargies à des critères sociaux, de gouvernance et de qualité des infrastructures. Ces définitions revisitées permettent d’identifier les prochains pays émergents en Afrique. Aux BRICS et autres classements élaborés par les agences de notation ou les banques d’affaires au cours des précédentes décennies viennent alors s’ajouter des acronymes qui laissent davantage de place aux pays africains (comme les BENIVM, dont l’Éthiopie et le Nigeria font partie), voire qui se concentrent sur ce continent à l’exemple des AKNEEM (l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria, l’Égypte, l’Éthiopie et le Maroc). Un index sur l’émergence en Afrique a également été élaboré. IV) L’émergence de l’Afrique précédera celle des pays africains Mais si les dynamiques à l’œuvre au sein de ces pays sont positives, leurs trajectoires ne peuvent être comparées à celles observées dans les grands pays émergents au cours des décennies 1990 et 2000. Elles ne laissent pas présager d’une émergence sous la forme d’un modèle aussi extraverti, amené à concurrencer ces grandes économies à court terme, tout du moins à l’échelle nationale. Ce n’est d’ailleurs pas l’ambition de la plupart des pays africains disposant d’un plan d’émergence, qui recherchent avant tout une plus grande prospérité. Au-delà de ces dynamiques nationales, l’Afrique dispose toutefois d’atouts pour émerger en tant que continent. Raisonner à cette échelle permet de lever les freins auxquels font face les pays africains pris individuellement, en élargissant la taille du marché, en offrant de nouvelles opportunités économiques et en multipliant la capacité d’insertion dans les échanges internationaux tant commerciaux que financiers. À terme, l’Afrique pourra en effet s’appuyer sur la perspective potentielle d’un dividende démographique, sur le dynamisme de la consommation intérieure, voire à terme sur la complémentarité de ses productions. Les institutions africaines se mettent progressivement en place pour accompagner cette émergence. Alors que les organisations régionales aspirent à se renforcer, le premier pas d’une intégration à l’échelle continentale a été franchi avec la mise en place de la zone de libre-échange continentale (ZLECA). Un marché financier viendra dans un

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La déflation : définition, causes et conséquences

Que signifie exactement le terme « déflation » ? Quels événements peuvent provoquer le phénomène et quels sont ses effets économiques et sociétaux ? Quelles sont les principales occurrences historiques de déflation et qu’en est-il aujourd’hui ? I) La définition :  La déflation désigne une diminution de la moyenne de l’ensemble des prix dans une zone économique donnée, constatée sur une période durable (plusieurs trimestres consécutifs). Elle se caractérise donc par une hausse du pouvoir d’achat de la monnaie sur la période concernée. La déflation est l’opposé de l’inflation. À l’inverse de cette dernière, elle se caractérise en effet par une baisse durable et auto entretenue du niveau général des prix. À noter que la déflation peut être dite sectorielle, si elle ne touche qu’une partie de l’activité économique, ou généralisée. Il est aussi important de ne pas confondre déflation et désinflation compétitive. Cette dernière désigne une politique visant à favoriser le ralentissement du rythme de l’inflation pour améliorer la progression du pouvoir d’achat et gagner en compétitivité-prix. En pratique, dans le cas d’une désinflation, l’indice général des prix diminue mais reste positif. Dans le cas d’une déflation, aussi appelée inflation négative, l’indice général des prix passe sous le taux de 0%. II) Les différentes causes de la déflation: En économie de marché, la déflation résulte structurellement d’un déséquilibre durable de l’offre et de la demande, la première étant supérieure à la seconde. Il en découle mécaniquement une baisse des prix qui s’auto-entretient. Les causes principales de ce déséquilibre, souvent cumulées, peuvent être de diverses natures : surproduction de biens et d’offres de service, contraction des débouchés, diminution des coûts de production, contraction de la masse monétaire en circulation, surendettement et restriction du crédit, politiques d’austérité et de monnaie forte… Les exemples de déflation sont rares. Dans les pays développés, on n’en recense que deux exemples au cours des 100 dernières années : la déflation des années 1930, qui a touché les États-Unis puis l’Europe, et celle, plus récente, qui a atteint l’économie japonaise à la fin des années 1990. Dans les deux cas, la déflation s’est déclarée à la suite d’un choc financier (krach boursier aux États-Unis en 1929, krach boursier puis immobilier au Japon en 1990-1992) auquel les autorités monétaires ont apporté des réponses inadaptées ou trop tardives qui ont précipité l’économie dans une crise profonde. Aux États-Unis, la banque centrale (la FED) décide, face à la chute de la bourse en octobre 1929, d’augmenter ses taux d’intérêt. Il en résultera une contraction du crédit et de l’activité qui plongera l’économie dans la déflation. La leçon de cette erreur sera retenue. Ainsi, en 2008, la FED réagira en effet très rapidement au krach immobilier et boursier en injectant des liquidités et en abaissant ses taux directeurs. Au Japon, les krachs boursier et immobilier du début des années 1990 fragilisent les banques qui avaient accordé de nombreux prêts gagés sur la valeur des actifs immobiliers, et qui se retrouvent en difficulté. Pour y faire face, elles vendent massivement les actifs financiers qu’elles détiennent, actions et obligations, et réduisent la distribution de crédit. L’activité se contracte et les agents économiques cherchent à se désendetter plutôt que d’investir dans des actifs dont les prix baissent. Une spirale de type baisse des prix des actifs –> désendettement -> report des investissemenst -> baisse des prix des actifs se met en place et finit par peser sur l’activité via la baisse des investissements et l’absence de revalorisation des salaires. La Banque du Japon tarde à réagir. En effet, l’économie japonaise avait déjà basculé dans la déflation quand la politique du taux zéro et des mesures non conventionnelles d’achats d’actifs financiers ont été adoptées.  III) Les conséquences de la déflation: À première vue, la déflation est une bonne chose pour le consommateur, avec des prix de biens et de services qui baissent et des ménages qui voient alors leur pouvoir d’achat augmenter considérablement et durablement. Mais, en réalité, les conséquences de la déflation sont plus néfastes que positives pour l’économie : D’une part, la baisse régulière des prix incite les ménages à reporter leurs décisions d’achats dans l’attente de nouvelles chutes de prix. Ce comportement conduit à thésauriser la monnaie, baisser la consommation globale et à gonfler les stocks des entreprises qui n’arrivent plus à écouler leurs productions. En réaction, celles-ci réduisent leur production et leurs investissements. Les salaires baissent, les embauches se raréfient et le chômage progresse, ce qui finit par affecter le revenu des ménages. Il s’ensuit une nouvelle baisse de la consommation qui génère la formation d’un cercle vicieux car auto-entretenu. La Grèce a connu ainsi une période de déflation de 2013 à 2015. D’autre part, la déflation provoque une dégradation de la situation financière des particuliers et institutionnels qui ont recours à l’emprunt. En effet, le coût réel de la dette (c’est-à-dire une fois l’inflation prise en compte) augmente avec la baisse de l’indice général des prix car les remboursements des emprunts ne sont généralement pas indexés sur l’inflation. Il en résulte une moindre capacité à investir pour les entreprises et une moindre capacité à consommer pour les ménages endettés, ce qui renforce le cercle vicieux précédemment décrit. La déflation est donc un piège en ce sens où elle génère une spirale néfaste à l’économie toute entière. Elle est en outre très difficile à combattre par les autorités monétaires car elle se nourrit des anticipations auto-réalisatrices des agents économiques : tant que ceux-ci pensent que le phénomène de baisse des prix généralisée va se poursuivre, ils adopteront toujours le même comportement attentiste qui est à l’origine de l’apparition de la déflation. Le Japon a ainsi connu une phase prolongée de déflation depuis la fin des années 1990 que la politique monétaire n’a pas réussi à combattre efficacement. Les autorités monétaires japonaises ont en effet réagi trop tardivement alors que la déflation était déjà présente, si bien que ni les baisses de taux d’intérêt ni les politiques d’injection de liquidités dans le système financier n’ont réussi à endiguer la spirale de baisse des prix. Tout l’enjeu pour les autorités monétaires est donc d’agir préventivement afin d’éviter que l’économie ne tombe dans la déflation. En Europe les statistiques d’inflation

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L’Afrique a-t-elle besoin des syndicats?

Partout dans le monde, les syndicats jouent un rôle important dans la résolution  de conflits sociaux et la réduction de l’inégalité sociale, notamment dans les pays ayant créé un environnement favorable pour la liberté syndicale et développé une culture du dialogue social, le rôle des syndicats et des partenaires sociaux ne se limite plus à la défense des droits et des intérêts sociaux, économiques et professionnels de leurs adhérents, mais les syndicats contribuent aussi à la justice sociale. Qu’en est-il en Afrique ? En Afrique, les syndicats évoluent dans un contexte différent, marqué par des entorses à la démocratie et aux droits essentiels, ainsi que par le chômage et  la pauvreté, notamment des jeunes. Ces facteurs limitent la possibilité pour les syndicats d’obtenir des améliorations visibles pour les travailleurs et les travailleuses. En conséquence, les syndicats peinent à attirer davantage de membres, ce qui les maintient dans une situation de vulnérabilité. C’est un cercle vicieux qu’il faut casser. S’ajoute à cette situation une concurrence féroce, dans un paysage syndical parfois éclaté au point de comprendre plusieurs dizaines de syndicats. Ceci s’observe essentiellement dans les pays d’Afrique francophone, pour des raisons historiques et politiques. Certes,  le pluralisme syndical permet d’assurer la démocratie syndicale. Dans beaucoup de pays africain, ce principe a permis de libérer les travailleurs du joug d’un syndicat unique associé au parti unique alors au pouvoir autoritaire. Mais, ce principe ne peut pas servir à justifier une fragmentation excessive du mouvement syndical. Aujourd’hui, on constate une prolifération d’organisations syndicales dans plusieurs pays d’Afrique, principalement francophones. D’autres freins à l’organisation des travailleurs et à l’action syndicale sont notamment l’économie informelle, la violation des droits et des libertés syndicales, ainsi que la multiplication et la détérioration des conflits sur le continent. Les conséquences sont néfastes pour le mouvement syndical qui en ressort affaibli. Cela influence leur efficacité, leur représenta­tivité, leur crédibilité, leur légitimité et leur capacité à imposer un rapport de force favorable à la négociation. Face à cette situation, les syndicats se retrouvent donc dans une position délicate. Certes, les circonstances appellent plus que jamais à la défense des travailleurs. Cependant, l’évolution économique diminue fortement le pouvoir d’influence des syndicats et nécessite des réponses nouvelles. Leur marge de manœuvre est réduite entre un abandon de certains acquis sociaux et un conservatisme qui pourrait finalement se révéler néfaste pour les intérêts des travailleurs. Dans ce contexte difficile, il s’agit d’élaborer des revendications à la fois réalistes et innovantes, capables d’aboutir au compromis équitable dans l’immédiat mais également de poser les bases d’un développement à long terme. Bref, les syndicats sont la clé pour s’assurer que les gains de productivité se transforment en bénéfices pour tous et non seulement en profits pour quelques-uns. Enfin, Il est important de souligner que les relations de travail saines et dynamiques dans l’entreprise favorisent  la rentabilité et l’innovation, le développement économique et le maintien d’une classe moyenne forte, elle-même nécessaire au bon fonctionnement des systèmes. C’est tout cela qui est en jeu pour la prochaine génération de travailleurs et de travailleuses en Afrique. Voilà pourquoi l’Afrique a besoin des syndicats forts maintenant plus que jamais. Tant qu’il y aura des salariés, on aura besoin des syndicats.

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La Géopolitique de l’eau

Qu’elle soit naturelle ou produit de l’activité humaine, la désertification des sols pose des problèmes auxquels le mode devra faire face dans un futur proche. La Convention des Nations Unies définit la désertification comme la dégradation des terres dans les zones arides, semi arides et subhumide sèche, par suite de divers facteurs liés au climat ou à l’activité humaine. Le problème grandissant depuis plusieurs décennies déjà, a poussé l’ONU en 1992 à proposer une convention mondiale sur la lutte contre la désertification. Quels sont les enjeux géopolitiques de l’eau  et comment lutter contre le phénomène désertification? Le problème grandissant depuis plusieurs décennies, a poussé l’ONU en 1992 à proposer une convention mondiale sur la lutte contre la désertification. Quels sont les enjeux géopolitiques de l’eau ? Nous étudierons cela au cours de cet article en nous intéressant à une zone particulièrement touchée qui est le monde arabe, cette région qui se trouve au sud de la méditerrané. Si les pays arabes sont richement dotés en pétrole, en revanche  ils sont pauvres en eau : 5% de la population mondiale, mais seulement 1% des ressources, et encore sont-elles (comme le pétrole) très inégalement réparties. Seuls l’Irak, le Liban le Maroc et le Soudan se situent actuellement un peu au-dessus du seuil de 1000 mètres cubes/habitant/an qui est considéré comme nécessaire dans un contexte économique de développement normal. Les autres pays sont tous en dessous, même l’Égypte malgré le Nil, parce qu’en plus des éventuelles conséquences du barrage la renaissance l’Egypte est très peuplé. Et  la croissance démographique encore rapide d’un certain nombre de pays arabes devrait contribuer à aggraver la situation. Qui plus est, l’essentiel des ressources en eau du monde arabe lui vient d’autres régions : les grands fleuves des pays arabes : Euphrate et Tigre, ont leur source en Turquie (88% du débit de l’Euphrate, et 40% de celui du Tigre, et le Nil ou dans des pays africains non arabes (86 % des eaux du Nil et 95% de ses eaux de crue viennent d’Ethiopie. Enfin une partie de ces ressources est actuellement gaspillée, notamment par une agriculture archaïque et dont on n’arrive à faire évoluer que très lentement les méthodes. A un degré moindre que pour les bassins de Mésopotamie et du Nil, la question politique d’Israël est aussi une question liée à l’eau, l’Etat juif contrôlant depuis 1967 les sources du Jourdain, au détriment notamment de la Cisjordanie et de la Jordanie. Cette question passe un peu inaperçue seulement à cause de la gravité des autres. 2/3 des besoins en eau de l’Etat d’Israël sont pompés à partir de ressources qui lui sont extérieures (notamment la nappe phréatique de Cisjordanie). Les eaux des territoires occupés ont été déclarées « ressources stratégiques » et sont sous contrôle militaire de la puissance occupante. La conséquence directe du problème de l’eau est la dépendance alimentaire, quasiment irréversible à terme prévisible, du monde arabe. Si le monde arabe dispose de l’arme du pétrole, il se trouve donc inversement sous la menace d’une famine virtuelle. La demande alimentaire en est au rythme du doublement tous les 20 ans à cause à la fois de la croissance démographique et de la modification des habitudes alimentaires (qui incluent davantage de viande, laquelle demande plus de productions agricoles que l’alimentation simplement végétale). Irak et Égypte ne produisent que 5% de leur nourriture, l’Algérie seulement 40% : et encore s’agit-il des pays arabes qui ont le plus fort potentiel agricole du monde arabe ! La conséquence de cette dépendance alimentaire est une constante sortie de devises de ces pays, une obligation d’exporter pour se nourrir, une grande dépendance des gouvernements à la question des subsistances, qui est en elle-même porteuse d’instabilité politique. Or aucune politique d’autosuffisance alimentaire n’a pu être mise efficacement en place, sauf en Arabie saoudite où on produit du blé à prix d’or, grâce à une manne pétrolière qui est cependant en passe de devenir insuffisante et au pompage de nappes phréatiques non renouvelables (eau captive, comme le pétrole). Quant au phénomène  de la désertification, les scientifiques s’accordent à penser que la désertification est causée d’une part par le réchauffement climatique et d’autre part par l’activité humaine sur les zones concernées. Le changement climatique global que connaît notre planète est un cercle vicieux où de nombreux facteurs rentrent en jeu, concrètement l’augmentation de CO2 dû à l’activité humaine en parallèle avec une déforestation massive à pour effet d’intensifier l’effet de serre et donc d’augmenter la température moyenne de la Terre. Les conséquences sont des dérèglements climatiques et dans notre cas les sols sont exposés à des brulures dues aux UV solaires, à l’érosion provoquée par le vent et l’écoulement de pluies rares et violentes. La terre devient érodée et stérile et forme des plaques désertiques appelées «zipelés». L’activité humaine locale est une autre composante importante de la désertification. Il est intéressant de noter qu’il n’y a pas seulement des causes modernes. Des indices laissent à penser que les humains, depuis près de 3000 ans, participent à ce phénomène en coupant le bois des forêts et en exploitant les terres. L’aggravation est cependant beaucoup plus importante au cours des deux derniers siècles. En effet, la poussée démographique a eu pour conséquence une surexploitation des terres et du bois. Les terres sont surexploitées afin de produire plus de nourritures. La déforestation fragilise aussi les sols qui ne sont plus tenus par les racines des arbres et ceux-ci ne peuvent pas repousser car les ruminants mangent sans cesse les jeunes pousses. La désertification est donc un cycle qui «s’auto entretient» et qui est aggravé par l’activité humaine. La désertification est un grand défi qui touche environ deux milliards de personnes de nos jours, sans compter que les prévisions démographiques prévoient qu’il faudra nourrir neuf milliards d’êtres humains d’ici 2050. Il n’est pas difficile d’imaginer que la géopolitique de l’eau sera donc un enjeu principal de notre futur. Les régions les plus touchées se situent en Afrique, au Nord et au Sud du Sahara, une grande partie de l’Asie orientale et centrale

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La Ligue arabe et l’Organisation de la Conférence Islamique

I) Création et composition : La Ligue Arabe a été créée le 22 mars 1945 à Alexandrie. Dès la Seconde Guerre Mondiale, les Britanniques avancent l’idée d’une fédération des Etats arabes, cherchant ainsi à gagner la sympathie des pays arabes. En effet, en 1941, Anthony Eden, ministre des affaires étrangères de Winston Churchill, pour encourager une union des pays arabes du Moyen-Orient, déclare que :      «le gouvernement de sa majesté donnera l’appui le plus complet à tout plan qui recevrait une approbation générale».  Bien que les conditions de création de ces deux organisations soient différentes, leur création résulte dans les deux cas d’une prise de conscience face aux dangers que représentaient les mouvements sionistes. Il convient toutefois attendre la fin de la guerre pour que les  alliés des anglais hachémites d’Ammam et de Bagdad tentent  de mettre sur pied un Etat unifié du « Croissant fertile », regroupant la Palestine, la Syrie, l’Irak et  la Jordanie. L’Egypte, opposée à ce projet et craignant que l’ensemble soit susceptible de contrecarrer son influence, propose un contre-projet qui aboutit à la réunion d’Alexandrie où est créée la Ligue Arabe. C’est donc l’Egypte qui a été le moteur de l’organisation, par la volonté de Nasser de soutenir tous les mouvements de libération arabe, après qu’il ait libéré son pays de l’occupation britannique en 1956. La Ligue compte aujourd’hui 22 membres : L’Egypte, L’Irak, le Liban, l’Arabie saoudite, la Syrie, la Transjordanie et le Yémen nord sont ses membres fondateurs. A ceux ci se sont ajoutés la Libye (1953), le Soudan (1956), le Maroc et la Tunisie (1958), le Koweït (1961), l’Algérie (1962), le Yémen du Sud (1967), unifié depuis 1991 avec le Yémen du nord, le Bahreïn, le Qatar, les Emirats Arabes Unis et Oman (1971), la Mauritanie (1973), la Somalie (1974), Djibouti (1977) et les Comores (1993). L’Organisation de Libération de la Palestine a été admise en 1976. Trois ans après sa création, la Ligue Arabe est confrontée à ce qui deviendra l’un des motifs les plus importants de son unité et de sa division. La proclamation de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948 soude dans un premier temps les membres, dont les armées aident les palestiniens. Mais les intérêts des membres sont trop disparates. L’organisation oscille entre l’axe égypto-saoudien et l’axe hachémite (Irak, Jordanie). La nationalisation du canal de Suez en 1956 renforce l’Egypte et inaugure le reflux du courant hachémite. Une nouvelle fracture apparaît qui correspond à la division du monde liée à la guerre froide. L’Arabie saoudite tente de substituer au système arabe un système islamique. La création de l’OCI, englobant des pays plus nombreux et plus riches que ceux de la Ligue Arabe, en 1969, correspond au désir de suprématie du royaume wahhabite au profit des Etats-Unis. L’Egypte tente, elle, d’aligner la Ligue Arabe sur Moscou. L’Egypte et la Jordanie entrent en conflit, cette dernière acceptant mal la création de l’Organisation de Libération de la Palestine. Ammam boycotte les sommets de la Ligue en 1964 et 1966. De nouvelles tensions surgissent à partir de 1973, avec la guerre du Kippour et les deux chocs pétroliers. A partie des années 1980, la Ligue devient un peu un instrument entre les mains des pétromonarchies, qui achètent leur influence en finançant l’organisation. La cause palestinienne et le nationalisme deviennent secondaires. L’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) est une organisation intergouvernementale qui regroupe 57 Etats. Elle a été créée à Rabat le 25 septembre 1969 à l’occasion de la première réunion des leaders du monde islamique, suite à l’attentat perpétré le 21 août 1969 par des sionistes contre la Mosquée Al Aqsa dans Jérusalem occupée. Cet attentat constituait une «atteinte aux sanctuaires des musulmans, à leurs lieux de culte, à leur dignité et foi». C’est donc dans le but de défendre l’honneur, la dignité et la croyance des musulmans que les leaders du monde musulman ont profité de l’occasion que représentait le sommet à Rabat pour réfléchir à leur cause commune et poser les bases de cette nouvelle organisation rassemblant de très nombreux Etats, avec pour ambition de libérer Jérusalem et Al Aqsa de l’occupation sioniste. Six mois après cette réunion historique, la première conférence islamique des ministres des affaires étrangères à Jeddah (siège de l’organisation) crée un Secrétaire Général permanent. En février 1972, la conférence islamique des ministres des Affaires étrangères, lors de la troisième réunion, adopte une Charte de l’Organisation, dont le but est de renforcer la solidarité et la coopération entre les Etats islamiques dans les domaines politiques, économiques, culturels et scientifiques. II) Objectifs des deux Organisations : Les objectifs de la Ligue Arabe et de l’OCI présentent de nombreux points communs, notamment en ce que les deux organisations condamnent les violences israéliennes et affirment leur soutien au peuple palestinien. Selon sa Charte de 1945, l’objectif de la Ligue Arabe est de contrôler l’exécution des accords conclus entre Etats membres, de se réunir périodiquement pour renforcer les liens entre Etats, de coordonner leurs plans politiques, de protéger leur indépendance et souveraineté de toute agression par des moyens raisonnables et de contrôler les affaires et intérêts des pays arabes. Les décisions du Conseil sont juridiquement contraignantes dans le cas où un désaccord surviendrait entre des Etats membres.       Selon la Charte de l’OCI, l’Organisation a pour but : 1. De renforcer : -la solidarité islamique parmi les Etats membres -la coopération dans les domaines politiques, économiques, culturels et scientifiques -la lutte des peuples musulmans pour sauvegarder leur dignité, indépendance et droits nationaux 2. De coordonner une action pour : -protéger les lieux sacrés -soutenir la lutte du peuple palestinien 3. De travailler à -l’élimination de la discrimination raciale -la création d’une atmosphère favorable à la promotion de la coopération et compréhension entre les Etats membres et les autres pays. Par ailleurs, cette charte énumère des principes auxquels les membres de l’Organisation doivent se soumettre : -L’égalité absolue des Etats membres -le respect du droit à l’autodétermination et la non-ingérence dans les affaires internes des Etats membres. -le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale -le règlement de tout

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Le grand livre de l’Afrique-chaos ou émergence au sud du Sahara?

« Résume du livre de Nicolas Normand » 1. La pauvreté en Afrique subsaharienne est-elle une fatalité ? Il existe à ce sujet deux discours : pour l’un (plus « structuraliste » ou plus «de gauche»), cette pauvreté résulterait des injustices de l’histoire, des contraintes de la géographie et de la               «brutalité» de l’ordre économique mondial. Pour l’autre (plus culturaliste et plus « de droite »), il n’y aurait guère de déterminisme et les difficultés du continent seraient dues aux « choix » effectués par les Africains, individuellement et collectivement. Aucune de ces explications globales ne parait satisfaisante, même si certains éléments d’analyse sont justes dans les deux. Il y a bien des éléments de fatalité : géographiques (manque d’espèces domesticables, mouche tsé-tsé empêchant l’élevage et les animaux de trait, maladies parasitaires et autres non encore surmontées, et surtout enclavement avec 35% des populations vivant dans des pays enclavés) ; historiques, avec l’impact très déstructurant de l’esclavage arabo-islamique et atlantique (dissémination des armes, raids internes disloquant les Etats…) et le traumatisme encore plus sensible aujourd’hui de la colonisation ayant créé différents types de contre-acculturation. Ces éléments distinguent l’Afrique de l’Asie, sans traite esclavagiste marquée et où les structures et cultures locales ont été mieux respectées par les colonisateurs.  Il existe aussi deux catégories d’éléments ne résultant pas de la fatalité, les uns sujets à débat, les autres plus consensuels au niveau des sciences sociales. Parmi les premiers : l’exploitation par les puissances étrangères et les théories tiers-mondistes,  désormais désuètes après les émergences asiatiques, mais devenues altermondialistes, le néocolonialisme flirtant avec les théories complotistes. La notion de pillage est exacte à condition d’être précisée avec rigueur et circonscrite (elle explique la pauvreté de certains Etats). La corruption est une cause qui est sujet à débat (de nombreux pays corrompus se sont développés avec succès) : il faut distinguer les différents types de corruption, toxiques ou non. Les causes culturelles, bien étudiées par plusieurs auteurs africains, peuvent être soutenues à condition d’éviter une série d’écueils : l’essentialisme et aussi leur surévaluation. Elles relèvent de trois types . Les causes institutionnelles sont très importantes et mieux analysées depuis les travaux de Karl Popper et surtout de l’économiste Douglas North et ses suiveurs (Acemoglu et Robinson). Elles distinguent les institutions ouvertes et inclusives, favorables au développement à condition d’avoir aussi un contrôle de l’ensemble du territoire (centralisation), des stratégies appropriées et les institutions « extractives » et fermées à un clan, une classe ou à une élite autoproclamée. L’évolution vers les institutions ouvertes suppose en général des ruptures et une histoire plus longue que celle des Etats postcoloniaux. Enfin, les causes démographiques sont également importantes et distinguent aussi les pays restés pauvres des autres. De ce point de vue, la démographie d’une majorité des pays subsahariens, non encore entrée en transition, est défavorable au développement. Ceci est aggravé par l’inadaptation des systèmes éducatifs, parfois même en perdition (Sahel), bien que quelques pays africains (Kenya, Ghana…) aient surmonté ce défi. 2. La politique en Afrique n’est-elle qu’un business ou permet-elle de gérer l’intérêt collectif? L’Etat postcolonial importé fonctionne-t-il correctement ? Bertrand Badie soutient que la greffe est rejetée, sans d’ailleurs proposer d’alternative véritable. L’Etat-nation moderne est la synthèse d’une rationalité universelle et d’une expérience européenne spécifique, mais il ne faut pas oublier que ce modèle a de nombreux précédents non européens et africains. Cela étant, la situation actuelle majoritaire est encore celle d’Etats hybrides intégrant normes modernes et éléments de sociologie africaine : Etats encore fragiles souvent néo patrimoniaux et à réseaux clientélistes (la « politique du ventre »), créant un entre-deux propice à des dysfonctionnements. L’Afrique serait-elle en voie de confirmer (pour cette seule région) la théorie de la « fin de l’histoire » de Fukuyama ?  En effet, contrairement à une tendance récente constatée ailleurs, la démocratisation (et le libéralisme économique) ne cesse de progresser sur le continent, même si elle demeure en peau de léopard. Il ne s’agit pas d’une injonction externe mais d’un processus endogène de revendications et de contestation des régimes autoritaires. On peut aussi trouver des racines anciennes et locales de la démocratie. 3 Le « choc des civilisations » théorisé par Huntington affecte aussi le continent, mais au sein même des pays avec la survenue de l’islam radical et, plus généralement, avec une résurgence des sentiments identitaires et, chez certains intellectuels, du « principe d’indigénéité».  La construction des Etats de droit progresse néanmoins, tout en rencontrant de nombreuses limites et résistances. La citoyenneté avance aussi, mais bute sur un double obstacle : manque d’Etat pour de larges groupes sociaux (périphéries, cadets sociaux, migrants) et clôture des élites sur elles-mêmes.  Les liens entre démocratie, développement et bonne gouvernance ne sont pas aussi simples qu’on le prétend parfois, surtout avec la survenue des « néo despotismes éclairés » (Rwanda, Ethiopie) sur le modèle singapourien. Les injonctions de « bonne gouvernance » ont aussi perdu de leur crédibilité, comme l’a théorisé  le professeur Mustak Khan : ce n’est pas un moyen de développement, mais un résultat de ce dernier.  En revanche, la criminalité économique prospère et mine des régions entières (exploitations illégales des forêts, de la faune, des minerais, drogues, faux médicaments, piraterie, trafics humains, flux financiers illicites). Elle est un des symptômes de la fragilité des Etats pouvant aller jusqu’à la criminalisation de la politique et la politisation des crimes. Le concept d’ethnie est écartelé entre deux visions opposées et extrêmes : pure élaboration coloniale (Coquery-Vidrovitch notamment) ou principe fondamental (Lugan). Il souffre d’une paternité historico-raciste, d’une définition mouvante et n’est pas une donnée figée. Balandier a montré le caractère dynamique et évolutif des sociétés africaines interagissant avec les facteurs externes. Une analyse plus fine et rationnelle des rapports sociaux est donc nécessaire. Cela étant, l’Afrique est marquée par un fort multiculturalisme avec environ 2000 langues pour 48 Etats subsahariens, soit un tiers des langues de la planète pour moins d’un cinquième de la population mondiale et moins du quart des terres émergées. Dans chaque Etat, une culture nationale apparait nécessaire

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Le pétrole, une malédiction ou une chance ?

Il n’est pas possible d’écrire l’histoire du monde arabe sans parler de l’histoire du pétrole. C’est ce que permet ce livre pionnier de Jean-Pierre Sereni . On doit à un jeune universitaire français, qui utilise de nombreuses sources arabes et pas seulement occidentales, la première histoire arabe du pétrole. Drôle d’histoire à vrai dire. Partis parmi les derniers dans la course à l’or noir, un siècle ou presque après l’Amérique des trusts, la future Indonésie encore coloniale ou le Caucase russe, ils ont connu le mode traditionnel d’exploitation du brut. La concession donnait la propriété exclusive du gisement aux étrangers — surtout anglo-saxons —, et ne laissait aux pouvoirs locaux, le plus souvent dominés par les empires coloniaux, qu’un impôt modeste et nulle voix au chapitre. Sans aucun concurrent, le contrat portait en général sur la quasi-totalité du territoire. L’environnement supportait les dégâts d’une jeune et rudimentaire industrie qui salit, pollue et compromet plus souvent qu’à son tour le mode de vie des populations installées là depuis des centaines d’années, leurs jardins, leurs pâturages ou leurs espaces collectifs. La première réaction vint des travailleurs recrutés sur place, mal payés et surexploités. En 1953, l’Aramco, la compagnie américaine qui a le monopole des pétroles d’Arabie saoudite connait la première grande grève des « forçats de l’or noir ». Les syndicalistes sont relayés bientôt par les militants nationalistes qui combattent le colonialisme finissant au nom de l’autodétermination et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Premières grèves Parallèlement, à New York, Londres ou Paris, de jeunes intellectuels venus des cinq continents remettent en cause le statu quo pétrolier. Les Arabes y sont actifs, notamment un haut fonctionnaire saoudien, Abdallah Al-Tariki, qui s’insurge : comment 85 % de la production mondiale de brut peut-elle être raffinée en dehors des pays producteurs ? La lutte passe de la politique, où les objectifs sont bientôt atteints avec la fin des empires coloniaux, à l’économie où tout reste à faire. L’indépendance de l’Algérie en 1962, le coup d’état militaire de 1969 en Libye amènent au pouvoir des équipes vite convaincues que seule la récupération du pétrole sortira le monde arabe du sous-développement et permettra de rattraper un retard séculaire. Un cartel pétrolier voit le jour à la fin des années 1950 ; Africains, Arabes, Latino-Américains s’y retrouvent et dix ans plus tard il fait montre d’une détermination et d’une discipline inattendue pour imposer aux compagnies internationales, « les 7 sœurs », le relèvement des prix qui quadruplent en 1973. Des prix, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) passe à la propriété des gisements, emmenée par la Libye et l’Algérie qui les nationalisent en tout ou en partie. Pendant une bonne dizaine d’années, on peut croire que l’objectif est atteint et que l’argent du pétrole semé dans l’économie des pays pétroliers leur permettra de décoller. Patatras ! En 1981, l’Iran et l’Irak, second et troisième producteurs pétroliers s’engagent dans une guerre meurtrière qui durera près de dix ans, sans que l’OPEP puisse intervenir. Cinq ans après, c’est l’effondrement des prix, conséquence de la récession dans les pays consommateurs. L’Occident a réduit drastiquement sa consommation et diversifié son approvisionnement en énergie en développant le nucléaire et le gaz naturel ignorés par l’OPEP. Le déclin de l’OPEP Dès lors, l’opinion publique arabe abandonne son enthousiasme des débuts et devient critique des grandes sociétés nationales qui ont succédé aux compagnies occidentales sur le terrain. Deux facteurs y contribuent : d’abord, la nationalisation a laissé la place à une étatisation sans limite des richesses nationales qui profite d’abord aux États « rentiers » et à leurs forces de police plus qu’à la population ; ensuite la modernisation de l’industrie ne favorise pas l’emploi des nationaux (à peine 1 à 2 % de la population active travaille dans le secteur). Le désamour vis-à-vis de la compagnie nationale algérienne Sonatrach ou de la Saoudienne Armaco domine les esprits. Des minorités ne cachent pas leur rejet, le pétrole est un fléau plutôt qu’une aubaine comme le pensait la génération précédente. À partir des années 2000, le leadership échappe aux pays producteurs, ce sont les pays consommateurs qui déterminent les prix et les niveaux de production du pétrole. Quotas et plans d’ajustement deviennent le lot des producteurs, même dans le Golfe où il y a beaucoup de brut et peu de nationaux. L’auteur parle de « crise des États pétroliers » dont les économies sont « noyées dans le pétrole », et les acquis des années glorieuses remis en cause par des régimes en quête de privatisation et de réduction de l’État-providence mis en place ici ou là. Les anciens régimes « révolutionnaires » que sont l’Algérie, l’Irak, la Libye, le Venezuela ou l’Iran ne pèsent plus lourd face aux monarchies conservatrices du Golfe, et d’abord à l’Arabie saoudite qui impose sa volonté à l’OPEP et ailleurs. On pourra trouver les conclusions de l’auteur trop pessimistes. Le problème est aussi l’usage de l’argent du pétrole par des groupes sociaux inadaptés, qu’il s’agisse des princes du Golfe ou des héritiers des nationalistes d’antan aujourd’hui sans perspective. L’accumulation et le développement ne sont pas leur souci, ils privilégient le maintien de leur pouvoir et de leur fortune. Aujourd’hui comme hier, le pétrole façonne les pays arabes comme leurs relations avec le reste du monde. En bien comme en mal.

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La gouvernance en bref

La gouvernance, de l’anglais governance, désigne les modalités par lesquelles un pouvoir administre un objet (une entreprise ou un territoire). En géographie le terme a d’abord une dimension territoriale (la gouvernance regroupe alors les modalités d’administration d’un territoire par un pouvoir politique), et il est multiscalaire, de la gouvernance mondiale qui est celle des institutions internationales à la gouvernance locale qui relève des collectivités, en passant par la gouvernance des États. L’engouement récent pour le terme pourrait masquer des origines anciennes : on le relève au XVe siècle dans le livre d’un juriste anglais, intitulé The governance of England, dans un sens proche de l’actuel. La notion de gouvernance fait son apparition à la fin des années 1980 dans le champ des relations internationales. L’émergence du terme dans le vocabulaire de la science politique est concomitante de la reproduction par le pouvoir politique des mécanismes en vigueur dans la sphère économique, notamment le recours massif aux cabinets de conseil extérieurs. Le terme de « good governance » est employé par les institutions financières internationales pour définir les critères d’une bonne administration publique. La Banque mondiale définit la gouvernance comme l’ensemble des traditions et des institutions exerçant l’autorité sur un pays ce qui inclut : les processus par lesquels les gouvernements sont désignés, contrôlés et remplacés ; la capacité du gouvernement à formuler et à adopter des politiques de fond ; le respect des citoyens ; la capacité des institutions à piloter les interactions économiques et sociales. L’appropriation de la notion de gouvernance par différents acteurs fait que le terme revêt aujourd’hui de multiples significations. Certaines interprétations sont en effet divergentes. Dans le contexte du développement durable et à l’échelle mondiale, la gouvernance renvoie aux mécanismes de régulation internationale et à l’effacement des États confrontés à la mondialisation des questions environnementales. À des échelles régionales et locales, à l’échelle des territoires, les mécanismes régulateurs de gouvernance doivent prendre en compte différentes dimensions : les relations entre les dirigeants et les dirigés, notamment les relations entre l’État et la société civile ; le mode de coordination de diverses activités ou les relations entre acteurs ; le mode d’allocation des ressources entre les activités ou les acteurs ; la gestion des conflits (prévention, résolution). La « bonne » gouvernance implique : que la sécurité des citoyens soit assurée et que le respect de la loi soit garanti, notamment par l’indépendance des magistrats (l’État de droit) ; que les organismes publics gèrent de façon efficace et équitable les dépenses publiques (bonne administration) ; que les dirigeants politiques rendent compte de leurs actions devant la population –(la responsabilité et l’imputabilité ou accountability) ; que l’information soit disponible et facilement accessible à tous les citoyens (la transparence). La « bonne gouvernance » renvoie essentiellement à une « saine gestion des affaires publiques ». Elle veille à ce que les priorités politiques, sociales et économiques soient fondées sur un large consensus social et à ce que les voix des plus démunis puissent se faire entendre. La gouvernance des entreprises (corporate governance), bien qu’elle ne soit pas sans rapport avec la gouvernance des États, est davantage située dans le champ des préoccupations socio-économiques. C’est ainsi que les systèmes de notation des pays en fonction de leur bonne ou mauvaise gouvernance se sont multipliés prenant en compte des dimensions assez variées dans le champ du politique au sens large. Ils se fondent sur des méthodologies et des critères variés, parfois discutables et discutés, mais fournissent néanmoins des éléments comparatifs à ne pas négliger. Pour aller plus loin : Patrick Le Galès, « Gouvernance » in Jacques Lévy et Michel Lussault (dir.) – Dictionnaire de géographie et des sciences de l’espace social, Belin, 2003 [2013].

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La Chine et le droit international

Le droit international public régit principalement les relations entre États, sujets premiers et principaux de cet ordre juridique, afin notamment d’encadrer et de réguler ces rapports internationaux. Le droit international public impose en ce sens un certain nombre d’obligations, de droits, de principes juridiques en matière de reconnaissance (d’État et de gouvernement), d’immunités (des États, des organisations et de leurs agents respectifs) ou quant à la délimitation et au régime juridique applicable à certains espaces (maritime, aérien, extra-atmosphérique) et à certaines voies de circulations et/ou ressources naturelles (canaux, fleuves, lacs internationaux) par exemple. De même, l’interdiction du recours à la force, le principe du règlement pacifique des différends internationaux et la responsabilité internationale ont largement contribué à une pacification des relations entre États, mais le maintien de la paix et de la sécurité internationales a été, dans une large mesure, confié à l’Organisation des Nations Unies, donnant ainsi une place de premier plan dans les rapports internationaux à l’organisation universelle. En Chine la politique étrangère s’est transformée depuis l’ascension de Xi Jinping, d’abord comme secrétaire général du Parti communiste chinois, puis comme président de la République populaire de Chine. Le nouveau dirigeant chinois a décidé de mettre fin à une phase de discrétion ou de « profil bas », entamée par Deng Xiaoping  (1904 -1997) et qui a longtemps caractérisé son État. L’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2013 marque le début d’une nouvelle ère pour la Chine et, à n’en pas douter, pour l’ordre international lui-même. Après une période d’affirmation politique et économique, grâce à l’ancrage du parti communiste chinois et à la mise en place d’un capitalisme aux allures atypiques, le dirigeant chinois rêve dorénavant d’une Chine ambitieuse sur le plan international. La Chine est désormais conquérante. Et pour ce faire, les initiatives se multiplient. Celles-ci peuvent se prêter à différents regards : le regard de l’économiste, du politologue, mais aussi du juriste. Le présent volume de L’Observatoire des Nations Uniesse propose ainsi de mettre en évidence cette affirmation internationale de la Chine du point de vue du droit international. En tant qu’acteur majeur des relations internationales, la Chine cherche dorénavant à imprimer sa vision du monde sur l’ordre international et à s’imposer comme nouveau leader de la mondialisation. Pour cela, elle recourt constamment au droit international. Et en raison du réveil spectaculaire de sa politique étrangère, elle essaye de confirmer, d’ajuster ou de renverser l’ordre juridique établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Partant, le droit international se présente comme une boîte à outils essentielle pour l’affirmation de sa diplomatie de même qu’un instrument capital, lui permettant de se forger une place qu’elle veut importante dans l’ordre international. De ce point de vue, sa pensée sur le contenu et la direction du droit international, ainsi que les implications de celle-ci sur la gouvernance mondiale, visent manifestement à influencer divers domaines qui sous-tendent d’ailleurs ses implications multilatérales et bilatérales. Pourtant, dans le même temps, la Chine se heurte nécessairement à certains obstacles. Le droit international ne peut être considéré seulement comme un instrument de sa nouvelle politique. Il est aussi une contrainte pour la Chine. Le droit international, en tant que droit de la coexistence des souverainetés et de la coopération interétatique, opère comme un catalyseur des ambitions chinoises. Sur le plan du droit international économique, la Chine étant devenue une puissance économique majeure du XXIème siècle, plusieurs transformations sont à l’œuvre. À titre illustratif, elle a lancé, en 2013, depuis Astana au Kazakhstan, les nouvelles routes de la soie avec le slogan «One Belt, One Road». Ce programme de co-développement se concrétise par des investissements dans les infrastructures de transport et a pour objet initial de connecter l’économie chinoise aux continents européen et africain. Plus les années passent, plus le projet devient prolifique : de nombreux secteurs sont concernés et le flux d’investissement y est massif. Par ailleurs la Chine cherche également à développer son influence dans l’arène des institutions internationales économiques, notamment dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) où elle s’érige en garante potentielle du multilatéralisme. Et cela même si dans le cadre de la création de la Banque asiatique pour les investissements dans les infrastructures, elle n’a guère hésité à contourner sans scrupule les institutions existantes. Bref, la Chine investit pleinement le champ du droit international économique. Toutefois, elle se voit rattraper, à certains égards, par ses propres engagements. La Chine fait l’objet de contentieux importants à l’OMC par exemple. Et son actuel conflit avec les États-Unis s’avère menaçant pour le système commercial multilatéral dans son ensemble. En droit international des droits de l’homme, le particularisme chinois est manifeste. Outre le reproche qui lui est souvent adressé au sujet des violations systématiques des droits de l’homme, la Chine peine en général à redorer son image devant les organes de contrôle desdits droits. Au demeurant, il serait intéressant de chercher à comprendre l’approche chinoise du droit international des droits de l’homme ainsi que le cadre de dialogue qu’elle entretient avec les mécanismes internationaux de contrôle desdits droits. La Chine est également un acteur environnemental essentiel. Dans la mesure où elle est l’un des États les plus pollueurs de la planète, sa participation à la formation du droit international de l’environnement est décisive. Cela s’est particulièrement illustré par la prépondérance de son implication dans la signature de l’Accord de Paris sur le climat. Nonobstant cette volonté politique qui vise à placer la question environnementale au cœur de ses priorités, sa pratique semble toutefois jurer avec celle-ci. Et pour mieux saisir cette discordance, il serait intéressant de passer en revue la place marginale qu’elle réserve aux questions environnementales dans le cadre de ses différentes implications, notamment en matière d’investissement – et cela sans pour autant oublier le laxisme manifestement apparent qui guide sa politique interne à ce sujet, ne serait qu’à voir la dégradation continue de son environnement notamment par l’effet des déserts de poussière. Quant au maintien de la paix et de la sécurité internationale, la puissance chinoise s’impose ici

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La connaissance, enjeu politique et géopolitique

Conscients de l’importance des savoirs dans la mise en œuvre d’une politique de puissance, les États cherchent à mettre en place des politiques de développement de la recherche et de l’innovation pour accroître leur prospérité économique, asseoir leur supériorité militaire mais aussi étendre leur influence culturelle. Entre rivalités et coopération, la connaissance devient un enjeu fondamental pour les relations internationales. Quelles sont les relations entre savoir et pouvoir ? Pourquoi et comment les États se saisissent-ils de l’enjeu de la connaissance ? Comment l’économie de la connaissance influe-t-elle sur les relations internationales ? La connaissance au service de la décision A. Un pouvoir éclairé L’action politique est le fruit d’un processus de décision des détenteurs de l’autorité. Pour ce faire, les gouvernants s’entourent de conseillers et de savants dont les connaissances servent à éclairer leurs choix. Dans une démocratie, les débats agitent l’opinion, influencent le pouvoir et légitiment les décisions. À partir du XIXe siècle, dans le cadre des transformations industrielles, sciences et techniques construisent un modèle de développement lié aux progrès de la connaissance.  Dans les sociétés contemporaines, les démocraties sont entrées dans un processus de «scientifisation du politique» où le rôle des experts prend de plus en plus d’importance face à la complexité des problèmes de société. Par exemple, les questions environnementales actuelles offrent une large place à la consultation de scientifiques. B. Savoir et critique La connaissance peut être utilisée pour influencer l’opinion publique. À partir des années 1970, dans le cadre des débats autour de la résolution de la crise économique mondiale, des think tanks sont créés pour diffuser des idées néolibérales dans les pays industrialisés. Ils souhaitent remettre en cause les principes keynésiens qui dominaient le monde universitaire et politique depuis l’après-guerre. Des associations, des journalistes ou des lanceurs d’alerte sont également sources et vecteurs de nouveaux savoirs. En 1991, une journaliste révèle ainsi qu’en France, le Centre national de transfusion sanguine a distribué sciemment, entre 1984 et 1985, des produits sanguins contaminés par le virus du sida à des hémophiles. Une enquête s’ouvre et d’anciens ministres sont jugés en 1999. II- La connaissance, instrument de contrôle A. Des données pour l’action politique L’extension des fonctions de l’État au cours des XIXe et XXe siècles entraîne le développement de la bureaucratie. La mise en place de politiques sociales, fiscales ou monétaires exige une administration chargée entre autres de collecter des données précises pour mettre en œuvre des mesures efficaces. La collecte de données peut également répondre à des logiques de sécurité. Au début des années 2000, pour lutter contre le terrorisme, la NSA met au point l’opération Stellar Windqui permet d’avoir accès aux téléphones et ordinateurs portables des Américains. En 2013, l’informaticien de la NSA Edward Snowden révèle à la presse la réalité de cette surveillance de masse. B. Le contrôle des connaissances dans les régimes autoritaires Chaque régime autoritaire contrôle la production et la diffusion des connaissances par la censure. L’accès aux sources de connaissances est restreint : l’accès aux archives est sévèrement limité et l’usage libre d’Internet empêché, comme en Chine. Les scientifiques travaillent sous le contrôle étroit de l’État. Ils peuvent subir de fortes contraintes ou représailles s’ils manifestent leur désaccord avec le régime. L’État recueille les informations afin d’empêcher toute forme d’opposition au régime. En République démocratique allemande (1949-1990), la Stasi contrôle le courrier et les conversations téléphoniques ou pratique des filatures de milliers d’individus au quotidien. III- La connaissance au service du hard power A. La science, une arme de guerre Depuis l’avènement des guerres industrielles, la supériorité technique des armements est fondamentale. À partir de la Seconde Guerre mondiale, militaires et scientifiques collaborent activement. Les innovations trouvent leur application immédiate, tels le radar, le sonar ou encore le caoutchouc synthétique. L’arme nucléaire est conçue dans le cadre du «projet Manhattan» qui rassemble des scientifiques allemands réfugiés, des savants et l’État-major américains. L’innovation scientifique et technologique joue un rôle majeur au cœur des armées. Au cours des années 1990, ce que l’on appelle la «révolution des affaires militaires» a pour objectif de réduire l’implication directe des individus dans le combat grâce aux recours à la technologie. L’usage des nanotechnologies, de l’intelligence artificielle, de drones autonomes de combat s’est développé dans les armées. Ainsi, la maîtrise du savoir informatique est devenue un enjeu fondamental pour mener des cyberattaques. Les services de renseignement américains et israéliens ont ainsi lancé le virus informatique Stuxnet pour saboter le programme nucléaire iranien en 2010. B. Le rôle du renseignement Le renseignement assure une fonction essentielle pour la sécurité de l’État. Si le renseignement intérieur peut permettre de prévenir les actes criminels, le renseignement extérieur permet d’assurer la protection du territoire contre des actes venus des puissances étrangères, d’anticiper les décisions de celles-ci et d’adapter sa politique étrangère. Lors de la guerre froide, les services de renseignement des grandes puissances se sont montrés particulièrement actifs pour tenter de déstabiliser leur adversaire. Les services de renseignement peuvent aller jusqu’à produire une connaissance factice. L’opération Fortitude lors de la Seconde Guerre mondiale en est un exemple. Pour permettre le débarquement en Normandie, les Britanniques ont mené une vaste opération de falsification pour convaincre les nazis d’une attaque alliée dans le Pas-de-Calais. IV- Économie et connaissance A. Connaissance et croissance L’innovation est considérée comme un des moteurs de la croissance économique. Selon l’économiste Joseph Schumpeter (1883-1950), les cycles de croissances et de crises sont articulés autour des innovations selon le processus de destruction créatrice. Les vidéos sous format VHS ont ainsi disparu du marché pour être remplacées par les DVD puis par la VOD, qui modifie les objets et pratiques de consommation. La production de nouvelles technologies devient centrale dans le système économique. Pour le chercheur américain contemporain Paul M. Romer, ce ne sont plus les ressources naturelles ou la démographie qui génèrent la croissance mais la production et la diffusion de connaissances et de savoir-faire. B. L’économie de la connaissance Selon l’économiste autrichien Fritz Machlup (1902-1983), le système économique est désormais celui de l’économie de la connaissance.

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Démocratie en Afrique : quels défis ?

La démocratie est un idéal et un objectif, fondé sur des valeurs fondamentales et communes à tous les peuples de la planète, indépendamment des différences culturelles, politiques, sociales ou économiques. Parmi ces valeurs essentielles : l’inviolabilité de la dignité humaine, le respect des droits de l’homme, la justice sociale et la responsabilité individuelle des citoyens. Aujourd’hui, l’Afrique se trouve confrontée à de nombreux défis qui rendent son avenir compliqué, dont notamment la démocratie. Alors pourquoi la démocratie semble poser problème dans un bon nombre d’Etats africains ? La question de la démocratisation des pays africains génère des débats intenses depuis des décennies.  D’un côté, il y a les avocats indéfectibles de la démocratie, qui estiment que cette dernière n’est pas négociable. De l’autre, on  trouve les partisans des modèles de développement autoritaires à l’image de la trajectoire empruntée par Lee-Kuan Yew à Singapour, les nouveaux pays industrialisés (NPI) de l’Asie du sud-est, ainsi que certains d’Amérique latine comme le Chili, le Mexique et l’Argentine. En Afrique, le processus de démocratisation de l’Afrique est marqué depuis les années 90 par un élan de démocratisation traversant presque tout le continent. De nouvelles constitutions ont été adoptées consacrant le pluralisme politique, la proclamation des droits de l’homme et l’émergence d’une multitude d’associations appartenant à la société civile. Partout, cependant, un processus démocratique est à l’œuvre, qui s’incarne dans des mouvements, des associations, des intellectuels, plus que dans les institutions. Certains pays africains ont accompli des progrès significatifs sur la voie de la démocratisation, mais l’expérience est encore jeune et fragile, donc réversible. Les résistances rencontrées démontrent que les perspectives prometteuses que l’ouverture démocratique avait laissé entrevoir au début des années 1990 semblent être dans une impasse préoccupante. Certes, l’Afrique est devenue un vaste chantier constitutionnel depuis le début des années 1990. Mais l’apprentissage de la démocratie demande du temps et doit encore vaincre des résistances multiformes. L’État de droit est mis à mal dans certains pays par des velléités de retour à l’autoritarisme, les expériences sont fragilisées par la persistance de conflits armés et des coups d’États, ainsi que des élections mal préparées ou manipulées qui ont fait sombrer plus d’un pays dans la tourmente. Ainsi, l’Afrique se retrouve à un nouveau palier de son évolution politique. «La démocratisation par l’élection», principal acquis des mobilisations des forces pro-démocratiques au début des années 1990, a montré ses limites, avec notamment l’instrumentalisation des scrutins par les gouvernements en place. Pour l’analyste Vincent Hugeux «l’élection ne fait pas la démocratie. Laquelle suppose un système éducatif efficace, une justice indépendante, une administration impartiale, une presse libre, le respect du droit des minorités et un minimum de sécurité, physique comme alimentaire». De même, la démocratie électorale n’est donc pas synonyme de réussite économique. Au contraire, même : pour des États en construction, comme ceux d’Afrique, la démocratie électorale peut plutôt promouvoir la corruption, le clientélisme, voire la fragilisation de ces États. Il en résulte une mauvaise allocation des ressources vers les activités non productives, laquelle freine le développement économique. Dans  ce cadre, le sociologue Alain Touraine estime que  le développement n’est pas la cause, il est la conséquence de la démocratie. Ainsi, dans plusieurs pays africains, les gouvernements se sont révélés incapables de satisfaire les demandes des populations. L’euphorie a alors cédé la place à la désillusion et à la frustration. C’est dans ce contexte social que les coups d’État militaires font  de nouveau irruption un peu partout sur le continent africain. L’incapacité des gouvernements démocratiques à promouvoir le développement économique et à faire respecter l’ordre et la loi est le principal argument invoqué par les juntes militaires. Samuel Huntington avait pourtant averti dès 1991 que les problèmes qui affecteraient à l’avenir les rapports entre les gouvernements civils et l’armée dans les jeunes démocraties viendraient plus probablement des civils que des militaires. Au regard de ce qui précède l’Afrique a plusieurs défis à relever en matière de démocratisation. Dans son ouvrage  «Quelle Démocratie pour l’Afrique? »  Tshikala K. Biaya soulevait les défis suivants pour la réussite de la démocratie en Afrique : Les nouvelles constitutions des pays démocratiques sont rarement tournées vers l’avenir; elles sont dirigées contre le retour du dictateur sacrifiant ainsi les possibilités d’ériger un État de droit démocratique, qui relèvera les défis du siècle et défendra les conditions locales dans la globalisation ;  La question des minorités n’est jamais arrimée aux grandes questions de la démocratie : les Banyamulenge, les Peuls et Toubou (Niger), la Casamance (Sénégal), les Twa au Rwanda et Burundi, etc. Beaucoup de constitutions ne protègent pas les minorités, notamment les femmes et les enfants, et la situation est pire si ces derniers sont illettrées en langue officielle (français, anglais, arabe, espagnole ou portugais);  l’expérience du Parlement européen devrait nous aider à penser à des parlements régionaux et sous-régionaux, comme l’indiquent déjà les dernières initiatives de la CEDEAO et de l’UEMOA. Ce parlement se donnerait comme le lieu d’un exercice politique supranational pour nos «politiciens» méritants après leur mandat. Cette option si elle ne supprime point la «peur de la perte du pouvoir qui est une caractéristique des leaders africains» au moins elle aura aidé à établir un garde-fou et à recourir à l’expérience des «anciens» modernes pour consolider les institutions démocratiques. Cette pratique créera une classe de «personnalités éminentes» que l’UA pourrait utiliser dans son mécanisme de prévention, gestion et résolution des conflits au niveau continental. En guise de conclusion la base de la démocratie, ce qui la fait vivre, ce qui lui confère légitimité et efficacité, c’est le débat citoyen, la délibération. Dans son ouvrage,  l’analyste Hervé Kempf estime que «Le cœur de la démocratie n’est pas le vote, mais la délibération, par laquelle, nous apprenons les uns des autres». La délibération s’enrichit de la diversité, les échanges font partager des conceptions du bien commun différentes. La délibération favorise la rationalité avec des prises de position et décisions réfléchies. Bref, « Lorsque le débat est perdu, la calomnie devient l’outil du perdant.  » Socrate. Pour aller plus loin :    -Alain Touraine «Qu’est-ce que la démocratie» Editions Fayard, Paris, 1994. -BIAYA, T.K

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L’internationalisation des droits de l’homme

L’histoire des droits de l’homme est aussi ancienne que celle du droit, qu’il s’agisse de coutumes non écrites ou de codes gravés dans la pierre. Enracinés dans des convictions religieuses ou philosophiques, souvent obtenus à l’issue de combats politiques ou de luttes sociales, les droits de l’homme,  » droits humains  » ou « droits de la personne humaine » expriment la reconnaissance de la dignité inaliénable de la personne humaine. En ce sens, les droits de l’homme trouvent leur source dans toutes les cultures qui, sous des formes diverses, affirment le respect de la dignité de  l’homme. Le point de départ d’un long et fastidieux processus d’internationalisation de la notion de droits humains est la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée au lendemain de la seconde guerre mondiale, le 10 décembre 1948, par les Nations unies. Cette Déclaration universelle a été suivie de plusieurs  conventions et traités internationaux, dont l’important pacte international de 1966 relatif aux droits civils et politiques et celui relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Les nombreuses conventions internationales ont progressivement élargi la sphère des droits humains. En ce début de siècle, il convient de distinguer trois grands types de droits : La première génération des droits de l’homme concerne les droits civils et politiques. Ils sont les plus anciennement identifiés. Ce sont des droits permettant à l’individu de se défendre contre les abus étatiques. On cite entre autres : le droit à la vie, le droit de ne pas être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, le droit de ne pas être tenu en esclavage ni en servitude, ni d’être soumis aux travaux forcés, le droit à la liberté et à la sécurité de la personne, la liberté de circulation, le droit à un procès équitable, le droit à la vie privée, la liberté de pensée, de conscience et de religion, la liberté d’opinion et d’expression, le droit à l’égalité devant la loi et à la non-discrimination. La deuxième génération des droits de l’homme est relative aux domaines économiques, sociaux et culturels. Ils sont apparus en réaction à l’appauvrissement et à l’exploitation des populations au cours de l’industrialisation au XIXème siècle. On cite entre autres : le droit au travail, le droit à des conditions de travail justes et favorables, le droit de former des syndicats et de s’y affilier, le droit à la sécurité sociale, la protection de la famille, le droit à la santé, le droit à l’éducation. Enfin la troisième génération concerne le domaine des droits collectifs ou solidaires apparus dans les années 1970. On distingue : les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, au développement, à disposer librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles, à la paix, à un environnement sain, les droits des minorités nationales, ethniques, religieuses et linguistiques, les droits des populations autochtones. Certaines de ces conventions ont un caractère généraliste tandis que d’autres se concentrent sur des droits spécifiques ou sur certains groupes de personnes. La plupart de ces instruments ont été complétés par des protocoles facultatifs, qui détaillent de manière plus concrète les obligations des États. Des mécanismes internationaux de contrôle destinés à garantir le respect des droits humains sont fréquemment prévus. Par ailleurs, d’autres outils internationaux contrôlent le respect des conventions et protocoles. Tous ces mécanismes, composés d’experts indépendants, jouent un rôle fondamental dans la promotion et la protection des droits humains au niveau national. La Belgique, qui attache une grande importance à leur indépendance et à l’efficacité de leur fonctionnement, s’engage en faveur d’une coopération et d’un dialogue constructifs. Pour consolider ces droits, plusieurs régions du monde ont établi leurs propres systèmes, parallèlement à celui des Nations Unies. Ces systèmes complètent les mécanismes onusiens des droits de l’homme. Entre autres, on peut citer la Convention européenne des droits de l’homme (1951), la Déclaration américaine des droits et devoirs de l’homme (1948) et la Convention américaine des droits de l’homme (1969), la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (1981), la Charte arabe des droits de l’homme (2004). Conclusion La mondialisation et l’internationalisation des droits de l’homme sont des réalités. Elles pénètrent le domaine constitutionnel, ce qui a des conséquences permanentes pour l’interprétation et l’application du droit constitutionnel. En effet, le juge national dans un nombre d’Etats toujours croissant applique les dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, de la Convention Européenne, de la Convention Américaine, de la Charte Africaine directement ratio decidendi ou au moins à titre d’aide pour l’interprétation des dispositions constitutionnelles correspondantes. C’est la tâche des juristes et surtout de juges et d’experts en droit constitutionnel d’assurer que l’internationalisation des droits de l’homme soit accompagnée par une internalisation authentique. Ils doivent faire en sorte que la culture internationale des droits de l’homme devienne une expression nationale et reflète les besoins et l’identité nationale. Pour cela il faut renforcer l’indépendance des institutions nationales de défense des droits de l’homme de façon à combler l’écart entre la loi et la pratique et à accroître la confiance du public dans ces institutions. Les droits de l’homme et l’ignorance.  

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Le monde du travail après la pandémie

De nombreuses entreprises, mais également des particuliers s’interrogent sur l’avenir du monde du travail après la pandémie de covid-19. Quelles seront les répercussions sur les emplois ? Quelles nouvelles compétences seront nécessaires ? Comment les entreprises et les particuliers peuvent-ils se préparer à l’après Covid-19 ? Un scénario semble plus que probable : après la pandémie de covid-19, le monde du travail fera face à davantage de perturbations et à un plus grand besoin de requalification des travailleurs. En effet, selon un rapport du McKinsey Global Institute (MGI), intitulé «The fututre of word after COVID-19» (« L’avenir du travail après la covid-19 », NDLR), rien qu’aux États-Unis, près de 17 millions de travailleurs devront changer d’emploi d’ici 2030. Le rapport précise qu’il ne s’agit pas simplement de changer d’employeur. Ces 17 millions de travailleurs devront complètement changer de poste, ce qui demande généralement plus de temps, engendre plus de perturbations et est plus susceptible de nécessiter une requalification. Par rapport aux données antérieures à la pandémie de covid-19, le nombre de travailleurs concernés par un changement de profession a augmenté de 28 %. La pandémie a généralisé trois grandes tendances visibles auparavant. Tout d’abord, elle a permis un recours plus important au télétravail, avec notamment davantage de réunions virtuelles et moins de déplacements professionnels. Ensuite, la pandémie a favorisé le commerce en ligne et les transactions virtuelles (achat en ligne et retrait en magasin, livraison à domicile, épicerie en ligne, enseignement en ligne et téléconsultation). Enfin, la crise sanitaire a permis d’adopter à plus grande échelle l’automatisation, notamment des entrepôts ou des usines de fabrication. Les entreprisses sont ainsi en mesure de faire face à des volumes plus importants d’achats en ligne et d’accélérer la production d’articles à forte demande (par exemple, les produits alimentaires, les boissons, le matériel électronique grand public, les masques et autres équipements de protection individuelle). I) L’évolution de la nature même du travail Le télétravail a connu une évolution radicale. Il est désormais certain que le travail à distance sera encore plus privilégié après la pandémie. Selon de récents sondages, 72 % des dirigeants d’entreprises affirment vouloir adopter un modèle de télétravail permanent. Parallèlement, 70 % des employés déclarent que la possibilité de travailler depuis chez eux, au moins pendant une partie de la semaine, est un critère essentiel dans le choix de leur prochain emploi. Selon le rapport du MGI, même après la fin de la campagne de vaccination et le retour à la normalité sur les lieux de travail, 22 % des emplois aux États-Unis pourront être effectués à distance pendant 3 à 5 jours par semaine, tandis que 17 % des emplois pourront être effectués à distance pendant 1 à 3 jours par semaine, le tout sans aucune perte de productivité. Enfin, 61 % des emplois pourront être effectués à distance pendant une journée par semaine, ou moins. Le recours au télétravail dans de telles proportions aura également des répercussions sur les déplacements professionnels. Ces derniers enregistreraient une baisse de 20 % par rapport à la période antérieure à la pandémie de covid-19. En effet, de nombreuses réunions, conférences ou conventions sont annulées ou organisées à distance. Par conséquent, d’autres secteurs seront également touchés, car les déplacements professionnels leur permettent de générer des profits (par exemple, les compagnies aériennes, l’hôtellerie, les transports ou la restauration). En revanche, les voyages d’agrément devraient connaître un pic après la pandémie et atteindre des niveaux bien plus élevés qu’avant la crise sanitaire, car les familles et les amis qui ne se sont pas vus depuis plus d’un an se réuniront à nouveau. Par la suite, les voyages d’agrément devraient revenir à leur niveau d’avant la pandémie. En outre, afin de maintenir la distanciation sociale, remplacer les travailleurs malades et s’adapter à la hausse de la demande de produits manufacturés, les entreprises pourraient également favoriser l’automatisation pour la production et le stockage en intérieur. Concernant les activités de production et de maintenance en extérieur, il est peu probable que l’automatisation soit privilégiée. En effet, des activités comme l’aménagement paysager ne sont pas propices à l’automatisation. Selon un sondage réalisé dans le secteur manufacturier, 39 % des chefs d’entreprise interrogés ont déclaré mettre en œuvre davantage de solutions numériques en réponse à la crise. Tous ces changements seront probablement plus importants pour les professions à forte proximité physique. Il s’agit là de l’un des principaux effets de la pandémie de covid-19. Les travailleurs en première ligne, comme les vendeurs, les hôteliers, les restaurateurs ou les serveurs ont été fortement touchés par la crise sanitaire et ils continueront d’en ressentir les effets après la fin de la pandémie, à mesure que l’automatisation et la numérisation des interactions nouvellement mises en œuvre se maintiendront. Au cours de l’année écoulée, ces professions ont enregistré les taux les plus importants de diminution d’emploi. Ainsi, ces secteurs mettront probablement plus de temps à s’en remettre. II) La valorisation des compétences pour la reprise et l’équité Ces évolutions posent certaines questions, notamment en matière d’équité. Les secteurs les plus touchés par les pertes d’emploi à cause de la pandémie (la vente, l’hôtellerie et la restauration) emploient beaucoup de femmes et de personnes de couleur. C’est l’une des raisons pour lesquelles, bien que la reprise de l’emploi pourrait intervenir en 2023 pour la majeure partie de l’économie américaine, il faudra attendre deux années supplémentaires pour que les femmes et les personnes de couleur retrouvent leur niveau d’emploi d’avant la pandémie. Si l’on regarde plus dans le détail, les différences sont frappantes. Pour les femmes de couleur, la reprise de l’emploi pourrait prendre encore plus de temps (trois ou quatre années supplémentaires) et il en va de même pour les personnes de couleur sans diplômes universitaires. Certains secteurs pourraient connaître de fortes hausses de l’emploi dans les dix prochaines années (par exemple, les secteurs de la santé, des sciences, de l’ingénierie, des technologies ou encore des transports). À l’inverse, dans d’autres secteurs les emplois diminueront considérablement (par exemple, les services à la clientèle, la vente et les services alimentaires ou encore le soutien administratif en entreprise). Le monde du travail doit regarder au-delà de la pandémie pour pouvoir

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Religions en Afrique : déchiffrer un paysage en constante transformation

Le continent africain est marqué par la grande diversité de ses expressions religieuses. Cependant, dans le débat international, il est souvent réduit à un affrontement simpliste entre islam et christianisme. Dans l’ouvrage l’Afrique des religions, à l’épreuve des chiffres et des catégorisations , qui vient de paraître aux éditions Maisonneuve & Larose-Hémisphères, et qu’il a co-dirigé avec Nathalie Bernard-Maugiron, juriste et directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, et Aurélien Dasré, démographe et maître de conférences à l’Université Paris Nanterre, Marc-Antoine Pérouse de Montclos, politiste et directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, revient sur les histoires locales et les pratiques sociales qui ont forgé la pluralité religieuse du continent, en croisant anthropologie, démographie, droit et sciences politiques. Extrait de l’introduction. Terre de mission par excellence, l’Afrique intéresse le religieux à bien des égards. Du fait de sa vitalité démographique, d’abord, elle fait l’objet de vifs débats sur l’ampleur, la nature et la profondeur de son islamisation et de son évangélisation, alors que les communautés de croyances des deux plus grosses religions abrahamiques sont elles-mêmes travaillées de l’intérieur par des contestations salafistes et pentecôtistes. L’Afrique subsaharienne, qui plus est, a toujours été une aire d’étude privilégiée pour les anthropologues des religions dites « traditionnelles », « fétichistes », « naturistes » ou « endogènes ». Historiquement, enfin, le continent a joué un rôle important dans le développement de l’islam et de la chrétienté. Avant même l’hégire vers Médine du prophète Mohammed, l’Abyssinie copte a ainsi accueilli des musulmans persécutés par l’aristocratie mecquoise. Sur la péninsule arabique, le premier muezzin de l’islam, Bilal ben Rabah, était quant à lui un esclave noir éthiopien. De leur côté, les pères fondateurs de l’Église comprenaient d’illustres figures comme saint Cyprien de Carthage, le théologien tunisien Quintus Tertullien ou bien encore Augustin d’Hippone, évêque de Numidie, dans l’actuelle Algérie. Pendant plusieurs siècles, le patriarcat d’Alexandrie a par ailleurs compté le plus grand nombre de chrétiens de l’Empire byzantin avant d’être officiellement détrôné par la « nouvelle Rome », Constantinople, au concile de Chalcédoine qui, en 451, le relégua au troisième rang dans la hiérarchie ecclésiastique. De l’Abyssinie copte jusqu’au royaume du Kongo, n’oublions pas non plus que des christianismes africains ont pu se développer avant l’occupation coloniale, qui fut bien plus tardive qu’en Amérique du Sud ou en Asie. L’arrivée des Européens a alors eu pour particularité de transposer les questionnements sur le religieux dans le registre d’un projet civilisationnel. Bien que leurs relations avec les autorités coloniales aient parfois été tendues, les missionnaires chrétiens ont ainsi précédé puis accompagné la conquête de territoires perçus comme « sauvages » et « arriérés ». Une fois passé le temps des résistances et des révoltes, les clercs musulmans ont, de leur côté, collaboré avec des puissances impérialistes qui, en dépit de craintes fort anciennes sur l’islam, ont fini par adopter des positions pragmatiques en vue de se concilier les bonnes grâces d’alliés de circonstances, notamment au Sahel. Parallèlement, le développement d’administrations étatiques et d’économies marchandes a bouleversé les cultes dits traditionnels ou agraires. L’ère coloniale a en effet consacré le grand basculement des populations d’Afrique subsaharienne dans le monothéisme en favorisant des conversions massives à l’islam ou à la chrétienté. La période des indépendances a ensuite renouvelé les enjeux sociaux et politiques du religieux. Les catholiques et les anglicans, notamment, ont perdu leur position d’autorité face à la prolifération d’églises « indépendantes » puis « pentecôtistes » qui, pour certaines d’entre elles, existaient déjà depuis plusieurs décennies. En pleine guerre froide ont par ailleurs émergé de nouveaux acteurs du réveil islamique qui ont été qualifiés, tantôt de fondamentalistes, tantôt de réformistes. Dans un premier temps, les salafistes se sont surtout opposés aux traditionalistes soufis et n’ont guère inquiété les pays occidentaux du fait de leur profonde hostilité au bloc communiste et à l’athéisme marxiste. Mais la guerre « globale » contre le terrorisme et le djihadisme a bientôt remis en cause certains des paradigmes qui avaient jusqu’alors dominé les analyses du religieux en Afrique. À l’orée du XXIe siècle, on a en effet assisté à une floraison d’études sur le salafisme et la « radicalisation de l’islam ». Dans le même temps, les recherches sur l’Église catholique ou les protestants « orthodoxes » sont tombées en désuétude au profit d’un intérêt renouvelé pour des mouvements évangéliques, pentecôtistes et prophétiques parfois qualifiés de syncrétiques. Les termes du débat n’en ont pas moins continué d’être encadrés par des catégories d’analyse juridiques, démographiques et sociologiques qui dataient en grande partie de la période coloniale. Un débat scientifique en plein renouvellement Ce livre a pour ambition de revisiter les questions religieuses à l’épreuve des chiffres et des catégorisations, entendues ici comme des typologies dans les recensements et des listes de cultes reconnus sur le plan juridique. Dans le cadre d’une approche empirique et sans prétentions théoriques, l’objectif est notamment de confronter les catégories officielles des autorités étatiques avec les réalités du terrain et les diverses interprétations locales ou nationales des phénomènes qualifiés de religieux. Les chapitres constitutifs de l’ouvrage portent non seulement sur les musulmans et les chrétiens, mais aussi sur des ensembles hybrides et difficilement définissables au regard des récits dominants sur les appartenances confessionnelles à une échelle globale. C’est donc dans le rapport aux autres communautés de croyances et dans les contours de chacune d’entre elles que les études qui suivent visent à comprendre les transformations religieuses en Afrique. Résolument pluridisciplinaire et innovante, la démarche mobilise des spécialistes du droit, de la démographie, des sciences politiques, de l’anthropologie, de l’histoire et de la science des religions. Elle fait le pari qu’on peut effectivement comparer des systèmes de croyances. Dans le même temps, les auteurs de ce volume reconnaissent pleinement les spécificités des communautés qu’ils analysent. Ils ne cherchent nullement à soutenir que certains concepts d’ordre théologique seraient transposables d’une religion à l’autre. Ils n’ont pas non plus la prétention de produire une synthèse de nos connaissances à partir d’une littérature académique déjà très riche et fort abondante sur la définition des religions, des systèmes de croyances et des communautés de foi en Afrique et, d’une manière générale, dans le

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La sécurité et la défense africaines au défi du changement climatique

Bastien Alex, Alexandre Taithe, « La sécurité et la défense africaines au défi du changement climatique  » Revue n° 882 Été 2025 – p. 70-77. Le changement climatique affecte l’Afrique et a un impact direct sur la sécurité et la défense. Les vulnérabilités se sont accrues, fragilisant les populations et renforçant la compétition pour les ressources. Cela oblige à revoir les modèles d’armées pour augmenter leurs capacités à agir pour mieux répondre à ces nouveaux défis. L’environnement en Afrique se modifie sous l’action des changements climatiques, réalité à laquelle le continent africain n’échappe pas. L’augmentation de la température moyenne y atteint 0,86° C par rapport à 1990, les canicules, marines notamment, se multiplient, comme les épisodes pluviométriques extrêmes. Au-delà des évolutions elles-mêmes, d’ampleur aussi importantes que celles qui toucheront l’Europe, ce sont bien leurs conséquences sur les systèmes humains qui préoccupent aujourd’hui, leurs capacités de résilience demeurant limitées. Si le changement climatique fragilise les systèmes de gouvernance et accentue les inégalités de développement en Afrique, il risque également d’y amplifier les tensions à différentes échelles et leur dimension sécuritaire, faisant de ce continent l’un des plus vulnérables (1). De fortes contraintes opérationnelles pèsent déjà sur les forces de sécurité africaines (budgets restreints, sous-équipement, déficit de formation, corruption) (2). À ces difficultés chroniques s’ajoutent désormais les impacts du changement climatique qui en aggravent la portée. Dans ce contexte, l’analyse de risque et une préparation opérationnelle à la mesure des impacts seront déterminantes pour que les armées conservent ou développent des capacités d’action dans un environnement naturel de plus en plus contraint. Changement climatique et défis sécuritaires en Afrique Des tendances climatiques marquées Globalement, le climat africain va se réchauffer et voir la variabilité interannuelle et inter-décennale des précipitations augmenter, comme l’ampleur des phénomènes extrêmes, le tout dans un contexte de croissance démographique continue (près de 4 milliards d’habitants en 2100 contre 1,5 aujourd’hui). Au sein des cinq sous-régions identifiées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC ou IPCC), on distingue les tendances suivantes d’ici la fin du siècle (3) : • En Afrique du Nord, la température devrait augmenter de 1,5 °C comparé à 1994-2005 et le nombre de jours chauds s’accroître de 90 %, avec un recul des précipitations annuelles (ouest notamment) et une extension de la période de sécheresse de deux mois à quatre mois dans le scénario RCP8.5. • En Afrique de l’Ouest, les températures maximales augmenteront davantage que les moyennes et le nombre de jours de chaleur dangereuse (+ 40 °C) par an doublera (+ 150 jours), quand les précipitations devraient se réduire à l’ouest de la sous-région, accompagné d’un raccourcissement de la saison des pluies et d’une augmentation des pluies intenses.• En Afrique de l’Est, si les modèles donnent les mêmes tendances de température que pour l’Afrique de l’Ouest, aucun modèle (pattern) clair ne se dégage pour les précipitations, ce qui implique également de fortes variations d’une année sur l’autre. • En Afrique centrale, la hausse des températures sera comprise entre 2 et 4 °C d’ici la fin du siècle, avec une hausse des jours à plus de 35 °C (+ 30, soit une centaine au total). Le manque de données ne permet pas de conclure concernant l’évolution des précipitations. • L’Afrique australe connaîtra une hausse de la température moyenne de 1,2 à 3,1 °C en fonction de la trajectoire mondiale, ainsi que du nombre annuel de vagues de chaleur. Les précipitations devraient se réduire pendant la saison des pluies estivales. La zone de maximum d’intensité des cyclones se déplacera vers le sud dans l’océan Indien, dont le réchauffement favorisera la formation de ces phénomènes extrêmes.

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Les frontières africaines existaient avant la colonisation

Par Camille Lefebvre, historienne, directrice de recherche au CNRS, directrice d’études à l’EHESS, PI de l’ERC Langarchiv et membre de l’Institut des mondes africains. On dit souvent que les frontières africaines seraient artificielles parce qu’elles auraient été tracées par les colonisateurs. Mais, toutes les frontières du monde sont artificielles. Les frontières sont des artefacts, des constructions humaines. Ce sont toujours des pouvoirs politiques qui imposent depuis le centre des frontières à des régions éloignées. L’idée que les frontières africaines sont uniquement le résultat de la colonisation est d’ailleurs une idée coloniale. Le partage de l’Afrique, représentation d’une construction coloniale En 1884, a lieu la conférence de Berlin dont le but est de réglementer les prochaines implantations coloniales sur le continent africain. En marge de cette conférence, Européens et Ottomans produisent des discours mettant en scène les puissances impérialistes se distribuant le continent. Des gravures, des livres, des cartes sont publiés en français, en anglais, en espagnol et en turc, dans lesquels on glose sur le gâteau africain que l’on serait en train de se partager. Sur le continent, la réalité est tout autre, l’occupation coloniale n’est pas achevée, voire n’a pas commencé. Ce récit du partage de l’Afrique relève de la propagande coloniale et permet aux Européens et aux Ottomans d’affirmer leur supériorité en construisant l’idée d’un continent africain vide de pouvoir politique. -Des frontières tracées avant la colonisation Pourtant, lorsque les colonisateurs français, britanniques et autres arrivent en Afrique à la fin du 19è siècle et y tracent des frontières, contrairement à ce qu’ils disent, ils n’arrivent pas dans un espace vide, dans un no man’s land, ou dans une anarchie indifférenciée. Sur le terrain, ils font face à des souverains, souvent à des États. Ils utilisent des routes et traversent des frontières qui existent déjà. Prenons un exemple : la frontière du Niger et de l’Algérie, une frontière ligne droite souvent utilisée pour démontrer l’artificialité des frontières africaines. Bien avant la colonisation du Sahara par la France au début du 20è siècle, la zone était une étape sur la route des caravanes transsahariennes entre Tripoli et Kano, entre la Libye et le Nigéria d’aujourd’hui. Ce commerce caravanier de longue distance était soumis à des règles strictes et la sécurité des hommes et des marchandises y était garantie par les pouvoirs politiques. Loin de l’image d’Épinal d’un désert sans frontière, il existait là une limite entre deux souverains touaregs, le sultan de l’Aïr et l’aménokal des Kel Ahaggar. Pour entrer sur le territoire du sultan de l’Aïr, les caravanes et les voyageurs devaient d’abord s’arrêter à Assamaka et envoyer une lettre rédigée en arabe, la langue des chancelleries de la région, afin d’obtenir le droit de poursuivre leur route. Une fois autorisées à continuer, les caravanes devaient de nouveau s’arrêter à Iferouane où le représentant du sultan de l’Aïr percevait une taxe sur les marchandises, appelé fito. Le non-respect de ces règles du savoir voyager rendait votre séjour illégal et donc non protégé par les autorités politiques. Vous vous retrouviez à la merci des brigands. Lorsque les colonisateurs français ont voulu tracer une frontière dans cette région, ils ont repris les points clés de cette limite antérieure et les ont reliés par une ligne, reprenant ainsi la frontière existante. -Le rôle clé des sociétés africaines Les sociétés africaines et leurs États, par leur histoire, par des négociations ou par leurs résistances, ont joué un rôle clé dans le tracé des frontières du continent. Continuer à perpétuer l’idée que les frontières africaines ne sont que des cicatrices de la colonisation, c’est finalement reprendre les discours de la propagande coloniale qui niait aux sociétés africaines leur capacité d’agir.

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La rivalité Arabie saoudite-Émirats arabes unis dans la corne de l’Afrique

Le sommet de l’Union africaine assombri par la rivalité Arabie saoudite-Émirats arabes unis dans la Corne de l’Afrique. Une querelle opposant l’Arabie saoudite aux Émirats arabes unis dans la Corne de l’Afrique jette une ombre sur le sommet de l’Union africaine, même si la plupart des dirigeants du continent tenteront d’éviter de prendre parti, selon certains diplomates et experts interrogés. Ce qui avait commencé comme une rivalité au Yémen s’est propagé de l’autre côté de la mer Rouge, dans une région minée par les conflits : de la guerre en Somalie et au Soudan à la rivalité entre l’Éthiopie et l’Érythrée, sans oublier une Libye divisée. Ces dernières années, les Émirats arabes unis sont devenus un acteur influent dans la Corne — qui englobe principalement le Soudan, la Somalie, l’Éthiopie, l’Érythrée et Djibouti — grâce à des investissements de plusieurs milliards de dollars, une diplomatie active et un soutien militaire discret.  L’Arabie saoudite est restée plus discrète, mais des diplomates affirment que Riyad construit une alliance comprenant l’Égypte, la Turquie et le Qatar. « L’Arabie saoudite s’est réveillée et a réalisé qu’elle risquait de perdre la mer Rouge, » a confié un haut diplomate africain à Reuters. « Ils dormaient pendant que les Émirats menaient leur stratégie dans la Corne. » Initialement centrée sur la mer Rouge et le golfe d’Aden — deux routes maritimes stratégiques — la rivalité s’étend désormais plus loin dans les terres. 

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Au Maghreb : Le Maroc et l’Algérie un conflit qui perdure.

Par Abdeljalil Aboulmajd Apparemment, les deux grands pays du Maghreb Maroc et Algérie ont tout pour être deux peuples frères. Ils sont proches par de nombreux aspects : Une langue, une religion, et une identité arabo-amazigue communes, Ils se sont même entraidés par le passé. Actuellement, les relations entre les deux États sont à nouveau à un point de tension qui fait craindre une escalade. Alors d’où vient le problème ?   La réponse à cette question ne manque pas de complications politiques. I)Histoire du conflit   Pour mieux comprendre le conflit actuel, il faut revenir à l’histoire coloniale. Au début du XXe siècle, la France et l’Espagne se partagent le Maroc, vieux sultanat, qualifié parfois d’Empire Chérifien. La France fait de la majeure partie du Maroc son « protectorat ».  L’Espagne occupe quant à elle le Rif, la province du nord (sans Tanger, transformée en ville internationale). Elle s’installe aussi au sud du Maroc, là où le Sahara occidental rejoint l’Atlantique, dans une très longue bande de terre.  Après avoir acquis son indépendance en 1956, le Maroc a très vite revendiqué le Sahara occidental en s’appuyant sur des liens d’allégeance unissant des chefs de tribus sahraouis aux sultans du Maroc, mais aussi une culture et une langue sahraouies qu’on retrouve aussi dans le royaume. En 1963, la guerre des Sables avait démontré que l’héritage territorial de l’Algérie, tracée par la France du temps de la colonisation, était contesté par le Maroc. D’abord par les nationalistes qui appelaient à la restauration du « Grand Maroc », dessinée en 1956, puis par S.M le Roi Hassan II qui visait la décolonisation de son pays.  Ce premier conflit fut réglé grâce à une médiation africaine menée par l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié et le président malien Modibo Keïta, un accord intervient rapidement en marge de la conférence de Bamako (29 et 30 octobre 1963), et un cessez-le-feu entre en vigueur le 2 novembre. C’est une victoire de prestige pour l’Afrique décolonisée, qui tente de se fédérer au sein de l’Organisation de l’unité africaine OUA, aujourd’hui Union africaine UA.  Ce contentieux territorial entre l’Algérie et le Maroc avait trouvé une issue dans le Traité de fraternité et de bon voisinage signé à Ifrane le 15 janvier 1969 qui a fixé les règles de base de bon voisinage et de coopération économique. Il a été suivi de la rencontre de Tlemcen le 27 mai 1970 qui a mis l’accent sur la nécessité de mettre en œuvre tous les accords conclus entre les deux États. La coopération s’est concrétisée à travers l’accord du 15 juin 1972 signé à Rabat à propos de la délimitation des frontières.  En 1975, un Accord dénommé tripartite, signé le 14 novembre à Madrid par l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie, établissent les conditions du retrait espagnol du Sahara.  Ces accords font suite à la célèbre Marche verte. En s’appuyant sur l’avis consultatif de la Cour internationale de justice de la Haye le Roi Hassan II enclenche la grande marche verte (6 novembre 1975) : Le Roi Hassan II mobilise 350 000 personnes qui marchent pacifiquement sur le Sahara que les Espagnols viennent de quitter. Menée dans le but de récupérer le Sahara occidental, territoire considéré par les marocains comme une question existentielle. L’Algérie se retrouve confrontée à un dilemme : la reconnaissance du fait accompli ou la guerre. Le Président Houari Boumédiène choisit la guerre par procuration.  Ainsi, depuis le début du conflit le Polisario (Front populaire de libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro) est soutenu et armé par l’Algérie, il sera aidé aussi par la Libye de Kadhafi. Conséquence : une guerre éclate entre le Maroc et le Polisario, qui fera des milliers de morts. Un rapprochement s’était opéré entre l’Algérie et le Maroc après la création de l’Union du Maghreb Arabe en 1989, mais ce rapprochement a rapidement commencé à se dissiper à la suite des actes terroristes survenus à Marrakech en 1994, ce qui a amené le Maroc à imposer le visa aux Algériens et l’Algérie à riposter en fermant les frontières terrestres, toujours fermées. Le Maroc a appelé plusieurs fois les autorités algériennes à rouvrir cette frontière, mais Alger conditionne cette réouverture à un accord d’ensemble, qui inclurait le règlement du conflit sahraoui. Sans surprise, la tension entre l’Algérie et le Maroc a conduit à une course à l’armement assez coûteuse.  II)Perspectives de paix en Afrique du nord  Au cœur des convoitises géopolitiques régionales, le Sahara apparaît comme le principal facteur politique du blocage dans la construction d’une intégration régionale. Ce conflit oppose le Maroc, non seulement au Polisario, mais en fait à plusieurs belligérants surtout à l’Algérie qui instrumentalise ce dernier et le soutient par tous les moyens, militaires, diplomatiques, financiers, médiatiques, etc.   Des pontes de la diplomatie, un ex-président allemand, un ex-secrétaire d’État américain, se sont cassé les dents en tentant d’imposer une solution de l’ONU aux belligérants. Le conflit est à son plus haut depuis des années, les frontières entre les deux nations sont fermées et les liens diplomatiques rompus. Pour sortir de la spirale conflictuelle qui domine les relations entre le Maroc et l’Algérie, il est temps de profiter du contexte géopolitique actuel pour lancer un dialogue stratégique maroco-algérien et de construire un nouveau Maghreb en s’inspirant d’expériences étrangères réussies.  Dans ce cadre, le Conseil de sécurité a adopté par 11 voix pour et les abstentions de la Chine, de la Fédération de Russie et du Pakistan, une résolution (2797) déclarant que le plan d’autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine présenté par Rabat constituait la solution la plus réaliste pour mettre fin à un conflit de 50 ans dans ce territoire. Il ressort de ce qui précède que le moment est venu de régler un conflit vieux de 50 ans qui empoisonne la géopolitique du Maghreb, et qu’il serait souhaitable de négocier une sortie de crise et de construire un avenir commun. Cela passe d’abord par la reprise des relations diplomatiques, ensuite par la négociation, tout en œuvrant à la réconciliation de la mémoire collective afin d’ancrer l’esprit de solidarité, plutôt que l’hostilité et la méfiance.  Bref, la

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Innovation en Afrique : défis et opportunités Abdeljalil Aboulmajd

Avant d’aborder les défis et les enjeux de l’innovation en Afrique, il s’avère important de s’intéresser dans un premier temps au terme innovation en tant que tel. Alors qu’est-ce que l’innovation ? Et comment l’innovation en répondant aux besoins spécifiques de l’Afrique transformera ses défis en opportunités ? I)Définition de l’innovation Si l’innovation fait aujourd’hui consensus comme élément clé d’une stratégie de sortie de crise, la notion de l’innovation a évolué à travers le temps, elle a même changé de connotation et a élargi son champ d’application. Historiquement le mot latin innovatio veut dire renouvellement.  Dans son livre  « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » , l’économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883-1950) considérait le développement économique comme un processus de renouvellement permanent. La « destruction créatrice » est son idée centrale : les nouvelles technologies et les innovations supplantent les anciennes structures, ce qui stimule le progrès et la croissance. Schumpeter considérait les entrepreneurs et les innovations technologiques comme les principaux moteurs de l’économie. Il mettait toutefois en garde contre le fait que la bureaucratie, une réglementation excessive et une aversion pour le risque dans la société pouvaient freiner le processus d’innovation. De même, Joseph Schumpeter distingue l’invention et l’innovation dans ses recherches. Pour lui, l’invention est la découverte de nouvelles connaissances scientifiques et techniques. Alors que l’innovation est « la commercialisation de toute nouvelle combinaison issue de nouveaux matériaux et composants, l’introduction de nouveaux process, l’ouverture de nouveaux marchés ou l’introduction de nouvelle forme organisationnelle ». II) Défis et opportunités en Afrique Dans un contexte numérique global, l’innovation en Afrique fait face à des défis significatifs : – Infrastructures insuffisantes : De nombreuses régions manquent d’une connectivité adéquate, freinant le développement de services numériques. – Manque de formation : Le capital humain disponible est souvent insuffisamment formé pour tirer parti des nouvelles technologies, en particulier l’IA. – Inégalités d’accès : Une partie significative de la population demeure exclue des bénéfices de l’économie numérique, ce qui pose un défi majeur pour l’inclusion sociale et économique. Enfin, Comme Schumpeter l’a souligné, l’innovation n’est pas seulement une question d’invention, mais aussi d’appropriation et d’adaptation aux contextes locaux. Ainsi, le déficit de compétences techniques dans certaines régions limite la capacité d’innovation locale. Pour surmonter ces obstacles, une collaboration étroite entre les chercheurs, les gouvernements et le secteur privé est essentielle. De ce qui précède, il ressort que l’innovation se construit, elle ne s’apprend pas.  En d’autres termes, il est impossible d’innover sur commande.  Dans le secteur de la recherche, notamment, une innovation majeure est plus souvent le fruit du hasard que d’un objectif précis.  Les systèmes d’enseignement et les entreprises africaines doivent laisser aux innovateurs suffisamment d’espace pour qu’ils puissent s’ajuster aux éléments et trouver de nouvelles manières de relever les défis techniques.  La créativité qui pourra ainsi se mettre en place dans un tel espace pourra donner naissance à de nouvelles idées qui seront les déclencheurs de l’innovation, et c’est en fonction de ces derniers que devra s’établir le programme de l’innovation sur notre continent. Les pays d’Asie ont axé leurs efforts sur l’utilisation stratégique du système de propriété intellectuelle pour promouvoir leur croissance économique.  Il y a cinq ans, le PIB de la République de Corée était comparable à la moyenne de celui des économies africaines d’aujourd’hui.  La République de Corée s’est depuis transformée en puissance économique, et ce, en investissant dans le domaine technologique, en renforçant ses capacités et en accordant priorité à l’utilisation stratégique de la propriété intellectuelle.  Conclusion : Aujourd’hui l’innovation n’est plus un choix, elle est une nécessité. Ainsi au XXIe siècle, les nations et les pays seront jugés, non pas par rapport à leurs richesses naturelles ou à leurs ressources dans le sous-sol, mais à leur capacité d’innovation. L’essor de l’innovation locale ou encore les investissements dans les infrastructures numériques démontrent qu’en Afrique un avenir est à portée, à condition d’un engagement fort des États, du secteur privé et des partenaires internationaux.

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