L’Europe et l’Afrique à la croisée des chemins Aboulmajd Abdeljalil

Introduction                                                                                                    L’Afrique change, évolue, se modernise. Pour certains, ce continent est une caricature de la corruption au pouvoir, pour d’autres, il est le berceau de l’humanité et le continent du futur. Peu importe ce que l’on dit ou ce que l’on pense, l’Afrique et l’Europe sont des continents voisins. Seuls 14kms séparent les deux continents! Pour comprendre les dynamiques qui ont accompagné l’évolution des relations Europe–Afrique, il est important de commencer par un bref rappel historique. I) Afrique-Europe, une longue histoire Histoire oblige, l’origine des relations entre l’Afrique et l’Europe remonte à une époque lointaine. On sait qu’à partir du 15e siècle, commença la traite négrière qui prit fin au 18e siècle, et, au 19e siècle la conférence de Berlin procéda au partage de l’Afrique et à  la colonisation de l’Afrique par des puissances européennes. Une colonisation qui s’inscrit sur une période allant de 1850 à 1960. L’indépendance politique acquise par la plupart de ces pays en 1960 devait entraîner une évolution dans les relations entre l’Afrique et l’Europe. De fait, la création de la communauté économique européenne (CEE) en 1957 avait permis l’institution du Fond Européen de Développement (FED) au profit des anciennes colonies. Ce Fond fut intégré aux Conventions de Yaoundé (Cameroun) dont la première date de 1963. Mais l’élargissement de la CEE devait permettre le regroupement des anciennes colonies des puissances européennes et quelques autres pays africains avec des pays des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et la signature de la première Convention de Lomé(Togo) en 1975. La convention de Lomé expose les principes et les objectifs de la coopération de l’Union Européenne avec les pays ACP (Afrique, Caraïbe et Pacifique). Les caractéristiques principales sont : le principe de partenariat, la nature contractuelle des relations et une combinaison d’aide, de commerce, de politique ainsi qu’une perspective à long terme (5 ans pour Lomé I, II et III, et dix pour Lomé IV). Lomé I signé en 1975 et coïncidant avec le quatrième FED, la première Convention de Lomé avait pour objectif (après l’adhésion de la Grande-Bretagne à la Communauté) d’inclure certains pays du Commonwealth dans le programme de Coopération. En l’an 2000 l’accord de Cotonou (Bénin) succède à l’accord de Lomé de 1975.  Accord conclu pour vingt ans, l’accord de Cotonou a été prolongé, le temps d’être remplacé par un autre accord de partenariat, dit «post-Cotonou». Ce nouvel accord, pour les vingt prochaines années, a déjà été signé par les négociateurs en chef de l’UE et des États ACP le 15 avril 2021 Ces divers accords eurafricains sont caractérisés par une inégalité frappante dans les rapports de forces, principalement du fait de la dépendance des pays africains à l’Europe. L’ensemble des structures (financières, techniques et politiques…) maintiennent ou créent un rapport de dépendance structurelle sur le plan économique. Actuellement les choses commencent à évoluer. Désormais l’Afrique commence à changer, il suffit d’observer les contestations de la société civile. Les récentes prises de position engagées des intellectuels africains sur le franc CFA mais aussi des sentiments des jeunes anti-français pour s’en convaincre. L’Europe doit se rendre compte qu’elle a un partenaire africain de plus en plus «courtisé», instruit et conscient de ses responsabilités, qui demande plus de justice, d’équité et de concertation. II) Vers un nouveau partenariat entre l’Europe et l’Afrique Aujourd’hui, le partenariat Afrique-Europe est à la croisée des chemins, affaibli par ses défis internes et fortement affecté par les transformations rapides et profondes qui se produisent en Afrique, en Europe et dans le monde.  Ainsi, les relations économiques et diplomatiques eurafricaines ne peuvent reposer sur un principe de donateur-bénéficiaire.  De même, les solutions du passé ne sont pas à la hauteur des enjeux politiques, économiques et démographiques de notre époque. Aujourd’hui plus que jamais, les deux continents ont besoin que ce partenariat soit fort et égalitaire basé sur des relations saines et durables et non pas uniquement sur un jeu géopolitique entre les grandes puissances. Ainsi le partenariat UA-UE devrait être fondé sur l’égalité, l’inclusivité, la responsabilité mutuelle, les valeurs partagées et la prospérité. Une réinitialisation du partenariat est nécessaire de toute urgence. À cette fin: 1) L’UE et l’UA doivent s’efforcer de dépasser et abandonner le traditionnel cadre donateur-bénéficiaire, colonial et postcolonial Nord-Sud, sur lequel les relations ont jusqu’à présent été établies. Cela doit impliquer un examen approfondi des problèmes systémiques et structurels qui sous-tendent la relation actuellement déséquilibrée entre l’UA et l’UE – dans des domaines tels que les systèmes de santé, d’éducation, les relations commerciales, la dette, les flux financiers illicites – et qui exacerbent plutôt qu’ils n’améliorent l’équité de la gouvernance internationale. Dans ce cadre, par exemple, les pays européens pourraient prendre une initiative unilatérale en convertissant en investissements dédiés à la transition verte ou la transition numérique une partie de la dette publique africaine. 2) L’UE et l’UA doivent établir des mécanismes de gouvernance clairs au sein desquels la redéfinition du concept de partenariat, englobant une large approche multi-acteurs; une prise de décision conjointe via des processus transparents et participatifs; le partage d’informations accessible et disponible en amont; et des structures de mise en œuvre et de suivi. Le partenariat devrait renforcer le rôle des politiques publiques et réguler efficacement l’influence et les investissements du secteur privé. 3) Le partenariat UA-UE doit reconnaître et s’appuyer sur la diversité, les connaissances et les compétences des continents africain et européen. À cette fin, l’UA et l’UE, en dialogue avec les organisations de la société civile, les communautés économiques régionales et les autorités locales, devraient établir une feuille de route claire pour respecter et mettre en œuvre le programme de localisation, en garantissant un transfert de pouvoir et de ressources aux acteurs et actrices locaux qui sont directement impliqués, pour assurer le progrès politique, social et économique d’une nation, tout en respectant les limites écologiques planétaires.  En un mot un partenariat fondé sur les besoins réels des Africains Conclusion Aujourd’hui, l’Europe est fortement concurrencée en Afrique par des pays émergents comme la Chine, l’Inde, la Corée, les pays du Golf, la Turquie, mais aussi des puissances économiques

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L’Afrique face au défi démographique par Abdeljalil Aboulmajd

La question démographique a toujours été très sensible. De nombreux auteurs n’ont pas apprécié de rendre la démographie responsable du sous-développement, alors qu’à leurs yeux, le lien de causalité est l’inverse. Nous tenterons ici de répondre à quelques questions : Comment relever le défi de la démographie? Quels sont les impacts de la croissance démographique sur la jeunesse, notamment dans le domaine de l’éducation et de l’emploi ? Le développement tant attendu ne sera-t-il pas compromis par le poids de la démographique ? Le continent est en pleine transition démographique, ce qui fait que la population continue d’augmenter rapidement, entraînant l’exode rural. 1) Histoire démographique africaine : Il convient de souligner que l’Afrique a connu des périodes de croissance démographique différentes, à partir du XVIIIème siècle. 1)Au XVème et XVIème, l’Afrique est décrite par l’historienne Louise-Marie Diop Maes dans son  article  « Essai d’évaluation de la population d’Afrique Noire au XVème et XVIème siècle » comme un continent fort peuplé, au rythme démographique soutenu, mais interrompu par les débuts de la traite négrière, dont elle décrit aussi les effets et les pratiques de manière très évocatrice. 2) Du début du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle, l’Afrique marquée par de nombreuses guerres, par l’esclavage et par la colonisation, est généralement considérée comme une période de stagnation démographique pour le continent: sa population serait passée de 113 millions d’habitants en 1600 à 138 millions seulement en 1900. 3) De 138 millions d’habitants en 1900, la population de l’Afrique est passée à environ 275 millions dans les années 1950-1960, puis à 640 millions en 1990 et à 1,4 milliard en 2022 soit 18 % de la population mondiale. Le Nigeria incarne ce boom démographique pour le continent. Avec 211 millions d’habitants, il représente  aujourd’hui le septième pays le plus peuplé au monde. En 2050, il sera troisième directement après l’Inde et la Chine avec 410 millions d’habitants et devant les Etats-Unis. Si l’Afrique représente aujourd’hui 18 % des 8 milliards d’humains, le continent en représentera environ 26 % en 2050 et 40 % en 2100, selon les prévisions de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette vitalité démographique est liée, comme ailleurs par le passé, à la combinaison d’une mortalité en baisse et de taux de natalité encore élevé. Le recul de la natalité, amorcé dans les années 1960-70, ne s’est pas poursuivi au même rythme partout sur le continent, ce qui incite à se méfier des statistiques globales qui masquent la diversité des situations entre plusieurs Afrique démographiques. Ainsi,  l’explosion démographique ne concerne que l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est, notamment  la République Démocratique du Congo, l’Egypte, l’Ethiopie, le Nigéria et la Tanzanie. Par contre le Maghreb est sur le point d’achever sa transition démographique. En Algérie, au Maroc et en Tunisie le nombre d’enfants par femme est ainsi passé de 5 à moins de 3 en une vingtaine d’année. Dans ces pays, 60 à 70 % des femmes de 15 à 49 ans ont recours à des techniques de contraception, ce qui correspond à la moyenne mondiale. L’Afrique est aujourd’hui en face à des défis à relever demeurent à la taille de ce continent, dont la population est de plus en plus nombreuse  ce qui suppose des infrastructures adaptées, des logements, des hôpitaux. Or, cela nécessité des investissements que tous les Etats ne sont pas en mesure d’opérer. Cela se voit notamment dans les grandes villes africaines, qui ne peuvent planifier leur urbanisme. En conséquence, les bidonvilles s’étendent. II) Défis posés par la démographie en Afrique Soixante ans après les indépendances, l’Afrique est face à des défis considérables notamment en matière d’éducation et d’accès aux soins. L’éducation en Afrique est certainement l’élément le plus déterminant pour la construction d’un individu et la clé principale de son épanouissement présent et futur. Aussi, l’immense potentiel de la population africaine ne peut devenir un réel atout dans la compétition mondiale sans la formation et l’éducation de qualité. Certes,  l’Afrique a connu une amélioration substantielle dans l’augmentation de son capital humain, mais elle demeure malgré tout un continent à fort niveau d’inégalités en termes d’accès à une éducation de qualité. D’après l’UNESCO, 59 millions d’enfants ne sont aujourd’hui pas scolarisés et plus de la moitié vivent au sud du Sahara. En matière de santé, et malgré des avancées indéniables pour la santé des populations dans les dernières décennies, le continent continue de faire face à des défis sanitaires importants : des pandémies répétées et à un manque de sensibilisation aux gestes de prévention indispensables. Le coût élevé des soins représente quant à lui un frein majeur à la guérison. Certes,  des  pays africains sont avancés en matière de couverture sanitaire (Afrique du Sud, Tunisie, l’Algérie, l’Ethiopie…)  en comparaison avec d’autres pays mais malheureusement les soins médicaux sont souvent hors de portée, ce qui fait des millions de personnes basculent inutilement dans la pauvreté à cause des dépenses de santé coûteuses.     Conclusion Si quelques des pays d‘Afrique ont accompli des progrès considérables au cours de la dernière décennie, un certain nombre d‘obstacles restent à surmonter pour installer durablement la croissance et assurer un développement soutenable. Les défis sont importants : réduire les inégalités sociales et spatiales, améliorer la qualité de l’éducation et de la formation, structurer la protection sociale. L’urgence est là, et c’est aujourd’hui que les décisions majeures doivent être prises. Les décisions prises aujourd’hui en matière d’infrastructures, d’éducation et de la formation auront un impact réel sur les opportunités et les choix qui s’offriront aux africains et africaines dans un avenir lointain. Pour aller plus loin -Francis Gendreau «Démographies africaines»  Éditions ESTEM, Paris, 1996. -Louise-Marie Diop-Maes  «Essai d’évaluation de la population de l’Afrique Noire aux XVe et XVIe siècles» dans la revue Population en 1985. -Benoît Ferry  «L’Afrique face à ses défis démographiques Un avenir incertain» Coédition AFD – CEPED – KARTHALA, Paris  2007. -Peter Allen «Vers une nouvelle science des systèmes humains» RISS, no 119, fév. 1989.

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Quatre pays africains dans le top 20 mondial des pays disposant des plus importantes réserves de pétrole

L’Afrique compte un faible nombre de pays producteurs majeurs de pétrole. Pire, le déclin pétrolier des producteurs africains est manifeste. Le site financier Insider Monkey vient de dresser la liste des 20 pays disposant des plus importantes réserves de pétrole dans le monde. Parmi ceux-ci figurent quatre pays africains. Voici le montant, leur classement et le niveau de leurs réserves. Le site financier Insider Monkey a dressé l’estimation des réserves de prouvées de pétrole dans le monde. Celle-ci, établie à partir des données mises à jour de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et de l’Administration américaine de l’information sur l’énergie (EIA), montre que les réserves de pétrole prouvées du monde sont réparties inégalement dans le monde. Et une poignée de pays concentre l’essentiel des réserves mondiales de l’or noir prouvé. Le pétrole continue à être une source énergétique essentielle, en dépit de l’accent de plus en plus mis sur les énergies renouvelables. Ainsi, comme l’a souligné le site financier Insider Monkey, «la production de pétrole est l’une des statistiques les plus surveillées de l’économie mondiale, car elle est directement liée à la production économique mondiale». Et la crise énergétique de cette année, née de la guerre Russie-Ukraine qui a bouleversé les chaînes d’approvisionnement mondiales en hydrocarbures, a montré la dépendance vitale des économies mondiales à l’or noir. Et, les grands pays producteurs de pétrole ont largement tiré profit de la forte hausse des cours du baril de pétrole durant l’année 2022. Échaudés par la chute du prix en 2020, ces pays jouent désormais pleinement sur la variable de la baisse de l’offre pour réguler le cours et maintenir leurs recettes à des niveaux élevés. Reste que pour de nombreux pays la production pétrolière est en déclin continu depuis de nombreuses années, sous l’effet d’une conjonction de facteurs dont la faiblesse de nouveaux investissements dans l’exploration pétrolière, l’épuisement des puits exploités depuis des décennies, les problèmes liés à l’insécurité… Une situation qui touche particulièrement les pays africains. Ainsi, les réserves des grands producteurs du continent ne cessent de s’étioler en raison de divers facteurs alors que la demande mondiale n’en finit pas de croître sous l’effet des économies émergentes, notamment de la Chine et de l’Inde, deux des principales locomotives de l’économie mondiale qui absorbent plus de 21% de la consommation mondiale de pétrole. Seulement, les réserves mondiales de pétrole prouvées actuellement devraient s’épuiser d’ici 2070. Et bien avant cette date, de nombreux pays devraient cesser d’être producteurs, à moins de découvrir de nouvelles ressources, et cela concerne de nombreux pays africains producteurs de pétrole. Une résultante qui s’explique par le fait que les pays du continent sont loin de figurer parmi ceux abritant les plus importantes réserves. Ainsi, selon le classement des 20 pays disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde, on compte 4 pays africains dont 1 seul figure dans le top 10. Il s’agit de la Libye avec des réserves estimées à 48,36 milliards de barils. Elle devance le Nigéria, première puissance économique du continent, avec des réserves évaluées à 36,89 milliards de barils, le classant au 11e rang mondial. L’Algérie et l’Angola, avec respectivement 12,2 et 7,78 milliards de barils, se positionnent respectivement aux 16e et 19e rangs mondiaux en termes de réserves de pétrole. Les réserves de pétroles estimées des 4 pays africains du Top 20 mondial (en milliards de barils) Rang Afrique Pays Rang mondial Réserves estimées 1er Libye 9e 48,36 milliards de barils 2e Nigeria 11e 36,89 milliards de barils 3e Algérie 16e 12,20 milliards de barils 4e Angola 19e 7,78 milliards de barils Source: Insider Monkey À noter qu’au niveau mondial, les pays disposant des plus importantes réserves de pétrole sont le Venezuela avec des réserves estimées à 303,8 milliards de barils, devant l’Arabie saoudite (2e, 258,6 milliards de barils), l’Iran (3e, 208,6 milliards de barils), le Canada (4e, 170,3 milliards de barils), l’Irak (5e, 45 milliards de barils), la Russie (6e, 108 milliards de barils), le Koweit (7e, 101,1 milliards de barils), les Émirats arabes unis (8e, 97,8 milliards de dollars), la Libye (9e, 48,36 milliards de barils), les États-Unis (10e, 47,10 milliards de barils), le Nigéria (11e, 36,89 milliards de barils), le Kazakhstan (12e, 30 milliards de barils), la Chine (13e, 26,02 milliards de barils), le Qatar (14e, 25,24 milliards de barils), le Brésil (15e, 12,71 milliards de barils), l’Algérie (16e, 12,2 milliards de barils), l’Équateur (17e, 8,27 milliards de barils), la Norvège (18e, 8,12 milliards de barils) , l’Angola (19e, 7,78 milliards de barils) et l’Azerbaïdjan (20e, 7 milliards de barils).

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Industrialisation en Afrique: Le Maroc classé 2éme

Le sujet de l’industrialisation n’est pas nouveau, et une journée, le 20 novembre a même été instaurée par les Nations unies en 1989. C’est dans ce contexte que s’est tenu le double sommet de l’Union africaine. L’Afrique exporte presque tout sans fabriquer localement, or ces dernières années, les États africains ont pris conscience que la croissance africaine doit se faire à partir de secteurs diversifiés autres que les matières premières. Mais qu’en est-il concrètement de la situation aujourd’hui ? Que disent les chiffres ? L’Afrique du Sud a conservé un classement très élevé tout au long de la période 2010-2021, suivie de près par le Maroc, qui occupait la deuxième place en 2022. L’Égypte, la Tunisie, Maurice et Eswatini complètent le top six sur la période, selon un nouveau rapport sur l’Indice de l’industrialisation en Afrique (AII) publié par la Banque africaine de développement, l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Le rapport sur l’Indice de l’industrialisation en Afrique (AII) fournit une évaluation à l’échelle nationale des progrès réalisés par les 52 pays africains sur la base de 19 indicateurs clés.  Il s’agit de : Les performances manufacturières, le capital, la main-d’œuvre, l’environnement des affaires, les infrastructures et la stabilité macroéconomique. L’indice établit également un classement du niveau d’industrialisation des pays africains selon trois axes : les performances, les déterminants directs et indirects. Les déterminants directs comprennent les dotations en capital et en main-d’œuvre et la manière dont elles sont déployées pour stimuler le développement industriel. Les déterminants indirects comprennent les conditions environnementales favorables telles que la stabilité macroéconomique, des institutions et des infrastructures solides. La construction d’une industrie productive fera partie intégrante du développement de l’Afrique, offrant une voie vers une transformation structurelle accélérée, la création d’emplois formels à grande échelle et une croissance inclusive. Toutefois, la part de l’Afrique dans l’industrie manufacturière mondiale a diminué pour atteindre le niveau actuel de moins de 2 %. Des politiques industrielles plus proactives sont jugées essentielles pour inverser la tendance, mais elles nécessitent des connaissances approfondies et une compréhension détaillée des contraintes et des opportunités auxquelles chaque pays est confronté. Voici quelques-unes des autres conclusions clés du rapport : – Au cours de la période couverte, Djibouti, le Bénin, le Mozambique, le Sénégal, l’Éthiopie, la Guinée, le Rwanda, la Tanzanie, le Ghana et l’Ouganda ont tous progressé de cinq places ou plus dans le classement.  – Les pays les plus performants ne sont pas nécessairement ceux dont l’économie est la plus importante, mais ceux qui génèrent la plus forte valeur ajoutée manufacturière par habitant, avec une proportion importante de produits manufacturés destinés à l’exportation ; – L’Afrique du Nord reste la région africaine la plus avancée en matière de développement industriel, suivie par l’Afrique australe, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est. Il faut souligner que malgré les crises mondiales successives sur 54 pays, 7 pays africains concentrent plus de 65 % du PIB réel sur le continent, dont le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Algérie, le Maroc, le Kenya et l’Éthiopie.

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Explosion démographique en Afrique: Moteur du décollage économique de la région

Les politiques publiques et les interventions actuelles des autorités gouvernementales en Afrique peuvent augmenter les chances de voir se concrétiser les gains potentiels de la croissance démographique rapide de la région et accompagner son décollage économique, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale. Le rapport intitulé Africa’s Demographic Transition: Dividend or Disaster? conclut qu’avec des mesures appropriées, comme l’abaissement des taux de fécondité et l’amélioration de l’éducation et de la santé, en particulier pour les femmes et les filles, les État pourront ressentir les effets positifs de l’évolution démographique sur le développement de tout le pays. « L’explosion démographique africaine ne pourra contribuer à la croissance économique sans des investissements appropriés dans le capital humain », souligne Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour la région Afrique. «Les nouveaux venus sur le marché du travail devront avoir une éducation de qualité et accès à des soins de santé afin que l’Afrique puisse bénéficier du dividende démographique. »  Le rapport indique qu’en 2060, le continent africain comptera environ 2,8 milliards d’habitants sur une population mondiale de 10 milliards d’individus. Il propose aux pays d’Afrique la marche à suivre pour accroître leurs chances de tirer parti des retombées socioéconomiques potentielles de cette croissance de la population afin de créer un dividende démographique en Afrique subsaharienne. La région enregistre déjà un recul rapide de la mortalité infantile, une hausse du taux de scolarisation des filles, un soutien politique réaffirmé à haut niveau sur la nécessité de traiter la question démographique, et une croissance économique rapide. Dans des capitales comme celles de l’Éthiopie ou du Ghana, le taux de fécondité n’a jamais été aussi bas avec environ deux naissances par femme. En revanche, certains pays affichent des taux de fécondité atteignant 5,4 enfants par femme (2005–2010) – un niveau qui reste préoccupant. À titre de comparaison, la fécondité est beaucoup plus faible ailleurs dans le monde. En Asie de l’Est par exemple, elle est passée de 5,6 à 1,6 enfant entre 1950 et 2010. « Le rapport analyse les enseignements pouvant être tirés de l’expérience de l’Asie de l’Est, de l’Amérique latine et du Moyen-Orient. Toutefois, la démographie de l’Afrique subsaharienne présente deux spécificités. Tout d’abord, c’est la seule région du monde qui se trouve encore au tout début de la transition démographique », explique Abdo Yazbeck, économiste principal au pôle d’expertise mondial en Santé, nutrition et population de la Banque mondiale. « Deuxième spécificité, la région est hétérogène. Un petit nombre de pays d’Afrique sont très en avance avec des taux de fécondité inférieurs aux seuils de renouvellement, mais beaucoup d’autres se trouvent loin derrière. » Ces écarts importants plaident en faveur d’une différenciation des interventions dans chaque pays, ciblant des secteurs et des processus différents, relève le rapport. Le rapport Africa’s Demographic Transition: Dividend or Disaster? préconise des mesures et des changements stratégiques généraux susceptibles de favoriser une évolution rapide de la démographie pour générer un vaste dividende démographique dans toute l’Afrique. En premier lieu, les pays peuvent autonomiser les femmes et les filles en améliorant leur santé et leur instruction, en développant leurs compétences et en leur accordant davantage de pouvoir économique, social et de décision. Dans les pays où la fécondité est en recul et où le pourcentage de population en âge de travailler augmente, la priorité doit être de créer des emplois hautement productifs et d’encourager les investissements dans la santé et l’éducation des plus jeunes. Les économies plus avancées doivent insister sur la mobilisation de l’épargne nationale et la participation des femmes au marché de l’emploi en dehors du foyer. Des mesures doivent être prises pour constituer une épargne suffisante en vue de la retraite afin de faire face au problème du vieillissement de la population qui se posera à mesure que la fin de la transition démographique approchera. L’absence de sécurité peut rendre toute intervention plus difficile dans les États fragiles. Dans ces pays, l’accent doit être mis sur la santé de l’enfant, l’accès aux soins de santé et, si possible, la planification familiale, pour préparer les conditions préalables à un dividende démographique. Bien que ce rapport adopte une perspective régionale pour mettre en évidence les possibilités d’obtenir un dividende démographique et propose des recommandations générales, chaque pays doit adapter sa démarche à ses propres difficultés et opportunités.

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En Afrique, un immense défi démographique

Présenté  récemment à Johannesburg (Afrique du Sud), un rapport de l’UNICEF sur la démographie africaine souligne l’importance des défis auxquels le continent va être confronté au cours des prochaines décennies. Hausse exponentielle de sa population, urbanisation galopante : les tendances sont connues, mais l’actualisation des projections par l’agence des Nations unies pour l’enfance offre un nouvel éclairage. L’Afrique va vivre « une transition démographique d’une ampleur et d’une rapidité sans précédent », soulignent clairement les auteurs du rapport Afrique : génération 2030. Sa population va continuer à croître à un rythme soutenu jusqu’à la fin du XXIe siècle. En 1950, l’Afrique ne représentait que 9 % de la population mondiale. En 2050, un quart de l’humanité sera africain, puis 40 % d’ici à 2100. L’Afrique, qui a 1,2 milliard d’habitants aujourd’hui, en comptera 2,4 milliards en 2050, puis 4,2 milliards à la fin du siècle. Autre fait majeur : l’urbanisation observée ces dernières décennies va se poursuivre à un rythme effréné. En 1950, 14 % des Africains vivaient en ville ; ils sont aujourd’hui 40 % et devraient être près de 60 % en 2050. À la fin des années 2030, les urbains devraient pour la première fois être plus nombreux que les ruraux. La croissance de nombreuses villes s’annonce impressionnante. Au Nigeria, Lagos, aujourd’hui deuxième agglomération urbaine d’Afrique, verra sa population doubler en quinze ans pour atteindre 24 millions d’habitants en 2030. La population du Caire, en Égypte, passera de 19 à 25 millions d’habitants. « L’un des résultats les plus importants du rapport concerne le déplacement massif de la population des enfants vers l’Afrique », souligne l’UNICEF. D’ici à 2050, alors que le taux de natalité faiblira dans de nombreux pays développés, près de 2 milliards d’enfants naîtront en Afrique, soit 41 % des naissances mondiales. Des chiffres supérieurs aux précédentes projections. En 2012, l’agence de l’ONU prévoyait qu’en 2050 un enfant sur trois serait africain. Selon de nouveaux calculs, ce sont 40 % des enfants de moins de 5 ans qui vivront sur ce continent à cette date. Le nombre des moins de 18 ans passera de 547 millions en 2015 à près d’un milliard d’ici à 2050. I) Pauvreté élevée :  Le Nigeria, première économie du continent, « requiert une attention particulière », souligne l’UNICEF. Déjà doté de la plus forte natalité du continent, le pays « enregistrera à lui seul près d’une naissance mondiale sur dix ». Sa population sera multipliée par 2,5 en 35 ans (440 millions d’habitants en 2050). Devant une telle croissance démographique, alliée à un taux de pauvreté toujours très élevé (environ 60 % de la population d’Afrique subsaharienne vit avec moins de 2 $ par jour), l’UNICEF appelle à investir massivement dans les secteurs de la santé, de l’éducation, en particulier pour les filles. « Les bouleversements démographiques auxquels le continent est confronté sont un enjeu vital pour l’humanité », souligne le document. Les conditions de vie des plus jeunes sont un point majeur selon l’UNICEF. Si de nets progrès ont été réalisés sur le plan de la survie des enfants africains depuis les années 2000, « le continent enregistre encore la moitié de l’ensemble des décès d’enfants » dans le monde. II) Projections à actualiser Sans ces investissements, il sera impossible pour le continent de faire de cette hausse démographique un levier de développement, estime l’agence de l’ONU, et ce, malgré des taux de croissance économique élevés. Pour autant, les auteurs du document reconnaissent les limites d’un tel exercice : les projections ne sont pas gravées dans le marbre et les disparités entre pays et régions sont très importantes. Mais « ce rapport doit servir de catalyseur à un débat international, régional et national sur les enfants africains, a expliqué Leila Gharagozloo-Pakkala, directrice générale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. En investissant aujourd’hui dans les enfants — leur santé, leur éducation —, l’Afrique pourrait tirer des avantages économiques auparavant connus par d’autres régions et d’autres pays qui ont vécu des changements démographiques similaires. » – Rapport de l’UNICEF sur la démographie africaine

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Dans le Top 10 des pays africains les plus influents au monde : L’Egypte, le Maroc et la Tunisie

Le cabinet britannique «Brand Finance», spécialisé dans l’analyse des valeurs des marques, vient de publier récemment son rapport «Soft Power Index 2022. L’étude publiée annuellement se base sur une enquête d’opinion auprès des résidents de plus de 100 pays représentant tous les continents et régions du monde et l’avis des décideurs de gouvernements, institutions internationales, entreprises et ONG. D’après cette étude, l’Egypte est le pays qui a le soft power africain le plus influent au monde. La même étude constate que les pays africains gagnent en influence. Les 4 pays soft power les plus influents du continent ont progressé ces trois dernières années, même si jusque-là, aucune nation africaine n’a intégré le top 20 mondial des pays les plus influents. Forte de son histoire millénaire, de sa stabilité politique recouverte en dépit de l’instauration d’un régime très autoritaire depuis 2014, de son rayonnement culturel et attirant des millions de touristes par an, l’Egypte s’est imposée naturellement comme le pays africain le plus influent.  A la deuxième position, se trouve l’Afrique du Sud dont l’influence internationale est due  «en particulier aux secteurs des médias et de la communication, de l’éducation et des sciences, ainsi que celui des affaires», souligne l’étude du cabinet britannique Brand Finance.  Le Maroc, de son côté, s’est positionné à la 3e place grâce à d’importants efforts diplomatiques. En dépit de ses problèmes sécuritaires et politiques, le Nigeria, le géant africain, s’est hissé à la 4e place des pays africains les plus influents dans le monde grâce aux progrès des secteurs des industries créatives et culturelles, notamment à la musique et au cinéma. L’impact de ces deux sous-secteurs au Nigeria avait déjà été mis en avant par l’African Trade Report 2022 produit par Afreximbank. « L’industrie cinématographique nigériane, Nollywood, reconnue comme le deuxième plus grand producteur de films au monde, exporte des milliers de films chaque année et fait la promotion du riche patrimoine culturel africain dans le monde entier », avait relevé cette étude. L’Algérie est devancée par l’Egypte (1er du top 10 africain et 31ème à l’échelle mondiale), le Maroc (3ème du top 10 africain et 46ème mondial) et même le petit Rwanda arrivé au 7e rang africain grâce à sa campagne de Nation Branding « Visit Rwanda », son partenariat avec le Paris Saint-Germain et une communication publique maitrisée transformant ce petit pays africain ravagé par un génocide en 1994 en un pays séducteur et sympathique. Les autres pays africains de ce Top 10 sont Maurice (5ème du top 10 africain et 71ème mondial), le Rwanda (6ème du top 10 africain et 74ème mondial), le Ghana (9ème du top 10 africain et 86ème mondial) et Madagascar (10ème du top 10 africain et ème mondial). Pour ce qui est du Maroc, doit sa place à ses importants efforts diplomatiques. Le Nigeria, quant à lui, doit ses récents progrès aux secteurs des industries créatives et culturelles, notamment à la musique et au cinéma. Maurice pour sa part a fait de nombreux efforts de Nation Branding, notamment pour promouvoir ses destinations touristiques. Ces efforts du pays ont naturellement généré un soft power qui s’est hissé dans le top 75 mondial dès sa première apparition dans ce classement. A cet effet justement, la présence du Rwanda est loin d’être une surprise, car avec sa campagne de Nation Branding « Visit Rwanda », son partenariat avec le Paris Saint-Germain et une communication publique maitrisée, il est fort probable que ce pays fera partie dorénavant des soft power les plus importants du continent. Pour rappel le concept du soft power, créé par l’américain Joseph Nye,  est la capacité d’un État à influencer et à orienter les relations internationales en sa faveur par un ensemble de moyens, autres que la force ou toute autre contrainte. 

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Afrique: les 12 pays où l’espérance de vie est la plus forte et la plus faible

Une étude publiée par l’OMS le 4 août, estime que l’espérance de vie « en bonne santé » en Afrique a augmenté de neuf ans entre 2000 et 2019, passant de 47 à 56 ans – contre 64 ans de moyenne mondiale. Les progrès sont loin d’être uniformes, avec des contre-performances dans des pays relativement prospères. Le continent a le plus progressé dans le monde ces vingt dernières années dans l’espérance de vie « en bonne santé ». Autrement dit, le temps que les individus vivent sans maladies, un indicateur différent de l’espérance de vie globale. Principale explication du progrès réalisé : l’accès aux services de santé de base a doublé. Il est passé de 24 % en 2000 à 46 % en 2019 selon le « Suivi de la couverture sanitaire universelle dans la région africaine » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le rapport donne des chiffres par sous-régions, mais pas par pays. L’Afrique de l’Est et les huit pays de l’Igad ont le plus progressé, étant partis d’une espérance de vie en bonne santé de 43 et 45 ans en 2000 pour atteindre 58 et 57 ans en 2019. L’Afrique du Nord, elle, se rapproche de la moyenne mondiale avec 63 ans, tandis que trois sous-régions, Afrique centrale, australe et de l’Ouest restent à la traîne, avec respectivement 54, 55 et 56 ans d’espérance de vie en bonne santé. Deux explications sont avancées par le rapport : d’un côté, la performance des services de santé, qui dépend de l’investissement dans les dépenses de santé publique, et d’autre part, « les pays à revenu élevé ou à revenu intermédiaire de la tranche supérieure ont dans la plupart des cas un Indice de couverture de santé et une espérance de vie à la naissance beaucoup plus élevés que les pays à faible revenu ». La Centrafrique, record mondial de la plus faible espérance de vie. Les chiffres de la Banque mondiale confirment la nette longueur d’avance du Maghreb (voir tableau) en termes d’espérance de vie en général, que l’on vive malade ou pas. Les pays en conflit, pauvres et/ou qui n’investissent pas dans la santé restent sans surprise en queue de peloton, tels que la Centrafrique, le Nigeria, la Sierra Leone, le Tchad et le Lesotho. Au Nigeria, la situation est aggravée, comme dans d’autres pays pétroliers par les inégalités sociales, ainsi que par la fuite de cerveaux massive du personnel de santé, attiré par de meilleures conditions de travail à l’étranger. Le même fléau prévaut en Égypte, un pays où l’on vit pourtant jusqu’à 72 ans en moyenne, avec 1 médecin pour 1 240 habitants (contre 1 pour 5 000 habitants au Nigeria). L’explication tient au fait que l’Égypte, comme les autres pays d’Afrique du Nord, a achevé sa transition démographique, avec une baisse concomitante des taux de natalité et de mortalité, et des investissements faits dans la santé. Pourquoi, par ailleurs, vit-on plus dix ans de plus au Sénégal qu’en Côte d’Ivoire, où l’espérance de vie ne dépasse pas 57 ans, comme en Somalie et au Sud-Soudan ? Et ce, alors que les défaillances de l’hôpital public au Sénégal font les gros titres de la presse… « Il y a plus de médiatisation au Sénégal, mais des scandales réguliers surviennent en Côte d’Ivoire comme au Bénin, explique Gilles Yabi, le fondateur du West African Think Tank (WATHI). Le Sénégal a fait des progrès plus importants en termes de santé maternelle et néonatale qu’ailleurs dans la sous-région. Or, la santé des 0-5 ans influence beaucoup l’espérance de vie, en plus de facteurs sociaux difficiles à mesurer, tels que l’hygiène de vie, l’activité physique et l’alimentation ». La Côte d’Ivoire au même niveau que la Somalie. Les deux seuls pays d’Afrique à revenus élevés s’en tirent mieux, comme les Seychelles et Maurice, mais l’argent n’est pas toujours synonyme de longévité. « Le lien avec le PIB par habitant n’est pas forcément le plus déterminant, contrairement à l’investissement public dans la santé », estime Mabingué Ngom, conseiller spécial du Directeur exécutif du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et directeur du bureau de l’UNFPA auprès de l’Union africaine. La Guinée équatoriale, 1,4 million d’habitants, affiche une espérance de vie aussi faible que la Guinée-Bissau, alors que son revenu est dix fois supérieur. Autre curiosité notable : au Mali et au Cameroun, dont les PIB par tête vont quasiment du simple au double, on ne vit en moyenne pas plus de 59 ans. Au Gabon, où la prévention et la lutte contre le cancer sont moins négligées, l’espérance de vie dépasse de six ans celle des voisins congolais, qui plafonne à 60 ans à Kinshasa comme à Brazzaville. Quant à l’Afrique du Sud, elle se situait au même niveau que les Comores, le Liberia et le Ghana, 64 ans en 2019. Trois pays qui sont loin d’être industrialisés comme elle. L’ampleur prise par le virus du Sida a tout changé dans les années 2000, avec une part de 19 % des 15-49 ans séropositifs aujourd’hui. Selon Statistics SA, l’espérance de vie à la naissance sans le VIH/Sida, qui cause 23 % des décès, s’élevait à 69 ans en moyenne en 2019. Les ravages faits par le Covid-19 se sont ajoutés à ceux du Sida, et ont fait reculer de trois ans le temps que l’on peut espérer vivre en Afrique du Sud. Celui-ci est passé à 61 ans en 2021, comme au Burundi, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique.

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