Rapport sur l’avenir de l’emploi 2025 rédigé par le forum économique mondial

L’avenir du travail se joue aujourd’hui, à l’intersection des avancées technologiques, des impératifs écologiques et des bouleversements économiques mondiaux. Alors que l’intelligence artificielle et les transitions vertes transforment en profondeur les marchés, un constat s’impose : la capacité à s’adapter, à apprendre et à évoluer – autrement dit, l’agilité – est désormais au cœur des priorités. Le rapport Future of Jobs 2025 du Forum Économique Mondial en témoigne avec force : l’agilité n’est plus une qualité annexe, mais bien une compétence essentielle dans un monde en perpétuelle mutation. Le Forum Économique Mondial, dans son rapport intitulé « Future of Jobs 2025 », a mis en lumière les transformations profondes et rapides attendues sur le marché du travail mondial. Ce rapport analyse les évolutions des secteurs d’activité, les professions en croissance et celles en déclin, ainsi que les compétences nécessaires pour naviguer dans ce futur incertain. L’impact de l’automatisation, des technologies numériques, ainsi que des enjeux environnementaux, est au cœur de ces mutations. Voici une analyse détaillée, avec des données clés sur les métiers qui seront fortement influencés. I) Professions en Croissance : La Technologie comme Moteur Principal Les métiers liés à la technologie, à la gestion des données et à la durabilité constituent le noyau des professions qui connaîtront une forte demande d’ici 2025 et au-delà. Selon le rapport, les secteurs suivants afficheront des croissances significatives : 1. Spécialistes en Big Data L’analyse des données massives (Big Data) est au cœur de la transformation des entreprises. Le rapport indique que 37% des entreprises prévoient une augmentation de leurs investissements dans le Big Data d’ici 2025. Cette technologie permet aux entreprises de mieux comprendre les besoins de leurs clients et d’optimiser leurs processus. Les rôles liés à l’analyse des données, à la gestion des données et à l’intelligence artificielle connaissent une forte demande. Le marché du travail attend plus de 1 million de nouveaux spécialistes en Big Data d’ici 2025. 2. Ingénieurs en FinTech Les innovations dans le domaine des technologies financières, ou FinTech, connaissent une adoption croissante. Des 23% des entreprises interrogées dans le rapport ont indiqué que l’automatisation des services financiers et des paiements deviendrait une priorité, augmentant ainsi la demande d’ingénieurs spécialisés dans les technologies de paiement, les crypto-monnaies, et la blockchain. 3. Experts en Intelligence Artificielle et Machine Learning L’intelligence artificielle (IA) et le machine learning sont des catalyseurs importants de la croissance professionnelle. Le rapport souligne que la demande pour ces experts continuera de croître à un rythme soutenu. Selon les projections, les emplois dans l’IA devraient augmenter de 35% d’ici 2025, propulsés par l’automatisation des tâches dans divers secteurs comme la santé, le commerce et la gestion des données. 4. Développeurs de Logiciels et d’Applications Avec la digitalisation croissante des entreprises, les développeurs de logiciels et d’applications restent au sommet des professions les plus recherchées. Selon les prévisions, le nombre d’emplois pour les développeurs devrait augmenter de 30% au cours des 5 prochaines années. La montée en puissance des technologies mobiles, des applications cloud et de l’Internet des objets (IoT) génère une demande constante pour ces professionnels. 5. Ingénieurs en Énergies Renouvelables Les préoccupations environnementales et la transition vers des énergies plus durables stimulent la demande pour des métiers dans le domaine des énergies renouvelables. Le rapport indique que les emplois dans les énergies renouvelables augmenteront de 25% dans les 5 prochaines années, soutenus par les investissements dans l’énergie solaire, l’éolien, et les technologies de stockage d’énergie. II)Professions en Déclin : L’Automatisation au Cœur des Réductions À l’opposé, l’automatisation et l’évolution des modèles économiques conduisent à une réduction des besoins dans certains secteurs. Plusieurs professions traditionnelles sont particulièrement vulnérables aux effets de ces changements technologiques. 1. Employés de la Poste Le secteur des services postaux subira une contraction importante de ses effectifs dans les prochaines années. D’ici 2025, la demande pour les employés de la poste devrait diminuer de 25%. Cette réduction est principalement due à l’automatisation des processus de tri et de livraison des courriers et colis. Les services numériques, comme les notifications électroniques et les services bancaires en ligne, remplacent progressivement les tâches traditionnellement effectuées par le personnel postal. 2. Caissiers et Agents de Guichet La réduction du nombre de caissiers et d’agents de guichet est un autre phénomène observé. Le rapport estime que la demande pour ces métiers pourrait baisser de 30% d’ici 2025, à mesure que les technologies de paiement sans contact et les caisses automatiques deviennent plus populaires. Les agents de guichet dans les banques et autres institutions financières subissent également cette pression, avec l’augmentation des services bancaires mobiles et des applications de gestion financière. 3. Opérateurs de Saisie de Données Les opérateurs de saisie de données sont également voués à une réduction de leurs effectifs. La croissance de l’IA et de l’automatisation des processus de traitement de données entraîne une diminution significative de la nécessité d’entrer manuellement des données. Le rapport prévoit que 40% des emplois dans ce domaine disparaîtront dans les 5 prochaines années. 4. Assistants Administratifs Les assistants administratifs, qui effectuent des tâches telles que la gestion des agendas, la prise de rendez-vous, et la coordination des tâches administratives, sont également menacés par l’automatisation. Des systèmes intelligents de gestion d’agenda et des outils de communication automatisés remplacent ces fonctions. Le rapport indique que les emplois d’assistants administratifs pourraient chuter de 20% dans les prochaines années. III)Les Défis et Opportunités pour la Maroc Le Maroc, comme beaucoup d’autres pays, doit naviguer dans un contexte mondial de mutations rapides. Cependant, elle possède aussi des opportunités uniques pour adapter son marché du travail aux évolutions technologiques. 1. Investir dans les Compétences Numériques Le Maroc dispose d’une population jeune et qualifiée, ce qui la positionne favorablement pour devenir un hub technologique régional. Le développement des compétences en IA, en Big Data, et en cybersécurité devrait être une priorité pour les autorités marocaines Des programmes de formation et de certification peuvent permettre de préparer cette main-d’œuvre aux défis numériques à venir. 2.Soutenir les Startups Technologiques Le Maroc connaît un dynamisme entrepreneurial, notamment dans les

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Rapport mondial sur la protection sociale 2024-2026

La protection sociale joue un rôle clé dans la lutte contre l’impact du changement climatique, mais les pays les plus touchés par la crise climatique sont les moins bien préparés. Les gouvernements doivent faire davantage pour utiliser la protection sociale universelle selon le Rapport mondial sur la protection sociale 2024-2026 : Protection sociale universelle pour l’action climatique et une transition juste publié par l’Organisation internationale du travail (OIT) en septembre 2024. Le rapport constate également que les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique ont souvent les niveaux de protection sociale les plus bas. Pour la première fois, plus de la moitié de la population mondiale (52,4 pour cent) bénéficie d’une forme ou d’une autre de couverture sociale. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 42,8 pour cent enregistrés en 2015, année d’adoption des objectifs de développement durable. Toutefois, dans les 20 pays les plus vulnérables à la crise climatique, 91,3 pour cent des personnes (364 millions) ne bénéficient toujours d’aucune forme de protection sociale. Plus largement, dans les 50 pays les plus vulnérables au climat, 75 pour cent de la population (2,1 milliards de personnes) ne bénéficient d’aucune protection sociale. Au niveau mondial, la plupart des enfants (76,1 pour cent) ne bénéficient toujours pas d’une protection sociale efficace. Il existe également un écart important entre les sexes, la couverture effective des femmes étant inférieure à celle des hommes (50,1 pour cent et 54,6 pour cent, respectivement). Ces écarts sont particulièrement importants, étant donné le rôle potentiel de la protection sociale pour atténuer l’impact du changement climatique, aider les personnes et les sociétés à s’adapter à une nouvelle réalité climatiquement volatile et faciliter une transition juste vers un avenir durable. La protection sociale peut aider les gens à s’adapter et à faire face aux chocs liés au climat en fournissant des prestations de protection sociale, telles que la sécurité des revenus et l’accès aux soins de santé. En outre, la protection sociale peut protéger les familles, les travailleurs et les entreprises pendant la transition verte et permettre des pratiques économiques plus durables. Il s’agit notamment d’aider les travailleurs à se former et à se perfectionner afin qu’ils disposent des connaissances et des compétences nécessaires pour travailler dans des secteurs verts et à faibles émissions de carbone. La protection sociale garantit également que tous les emplois sont décents et assortis d’une protection et d’avantages adéquats. Pourtant, malgré son rôle de catalyseur et de facilitateur d’une action climatique positive, les gouvernements ne parviennent pas à tirer le meilleur parti du potentiel de la protection sociale, en grande partie à cause de lacunes persistantes en matière de couverture et d’un sous-investissement important. En moyenne, les pays consacrent 12,9 pour cent de leur produit intérieur brut (PIB) à la protection sociale (hors santé). Toutefois, alors que les pays à revenu élevé y consacrent en moyenne 16,2 pour cent, les pays à faible revenu n’allouent que 0,8 pour cent de leur PIB à la protection sociale. Les pays à faible revenu – qui comprennent les États les plus vulnérables aux effets du changement climatique – ont besoin de 308,5 milliards de dollars supplémentaires par an (52,3 pour cent de leur PIB) pour garantir au moins une protection sociale de base, et un soutien international sera nécessaire pour atteindre cet objectif. Le rapport appelle à une action politique décisive et intégrée pour combler les lacunes en matière de protection, estimant qu’« il est temps de passer à la vitesse supérieure » et d’investir de manière significative dans la protection sociale. Le rapport propose d’importantes recommandations pour orienter les politiques et garantir des résultats efficaces et durables : Se préparer à la fois aux risques « habituels » du cycle de vie et aux chocs liés au climat en mettant en place des systèmes de protection sociale ex ante et en veillant à ce que chacun bénéficie d’une protection sociale adéquate. Utiliser la protection sociale pour soutenir les efforts d’atténuation et d’adaptation au changement climatique et s’assurer de l’acceptation de ces mesures par le public.  Donner la priorité à l’investissement dans la protection sociale, y compris le soutien extérieur pour les pays dont la marge de manœuvre budgétaire est limitée.

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Dynamiques du développement en Afrique : Compétences, emplois et productivité

Compétences, emplois et productivité au cœur des défis de demain. Alors que la croissance économique projetée en Afrique avoisine 4% en 2025, l’adéquation entre compétences et marché du travail devient l’enjeu central de la transformation du continent. Selon ce rapport, d’ici 2050, 85 pour cent de l’augmentation de la population mondiale en âge de travailler se produira en Afrique. Bien que les niveaux d’éducation soient en hausse, les défis du marché de l’emploi demeurent. Le rapport recommande des politiques stratégiques pour renforcer les compétences et la productivité. Selon la dernière édition du rapport « Dynamiques du développement en Afrique », intitulée « Compétences, emplois et productivité » et publiée en juillet 2024 par l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), améliorer la qualité et l’accès au développement des compétences permettra à l’Afrique de tirer pleinement parti du potentiel de croissance de sa jeune main-d’œuvre, en plein essor et de plus en plus qualifiée. L’augmentation totale attendue de la population mondiale d’âge actif à l’horizon 2050 se produira pour 85 pour cent en Afrique. La population d’âge actif (15-64 ans) aura alors quasiment doublé en Afrique, passant de 849 millions en 2024 à 1,56 milliard en 2050. Ces ouveaux entrants sur le marché du travail seront plus instruits que les générations précédentes, le nombre total de jeunes Africains diplômés de l’enseignement secondaire ou supérieur ayant plus que doublé, pour passer de 103 millions en 2020 à 240 millions en 2040. Ces jeunes seront à la recherche d’un emploi dans des économies dynamiques ; la croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique devrait augmenter de 3,2 pour cent en 2023 à 3,5 pour cent en 2024 pour atteindre un taux annuel de 4 pour cent en moyenne en 2025, dépassant celle de l’Amérique latine et des Caraïbes (2,5 pour cent) et talonnant celle des pays en développement d’Asie (4,.8 pour cent), contre un taux de 3,2 pour cent à l’échelle mondiale.  Selon le rapport, de nombreuses économies africaines sont confrontées à un double défi : les travailleurs ne possèdent pas l’éventail de compétences spécifiques que requièrent les emplois existants et, parallèlement, les emplois de qualité ne sont pas assez nombreux pour inciter les travailleurs à renforcer leurs compétences. Plus de 80 pour cent des jeunes Africains scolarisés aspirent à occuper des emplois hautement qualifiés, mais seuls 8 pour cent d’entre eux en trouvent. Les pénuries de compétences, notamment dans des secteurs comme l’agroalimentaire, les énergies renouvelables et l’exploitation minière, freinent l’investissement privé. En fin de compte, les économies restent essentiellement informelles sous l’effet d’une offre insuffisante de travailleurs qualifiés, associée à une faible demande pour les compétences requises par les nouveaux emplois. D’après les estimations, 82 pour cent des travailleurs en Afrique sont employés dans le secteur informel et occupent des emplois pour la plupart faiblement rémunérés, de qualité médiocre et peu protégés ,contre 56 pour cent en Amérique latine et dans les Caraïbes et 73 pour cent dans les pays en développement d’Asie. Les Dynamiques du développement en Afrique 2024 révèlent que l’instruction en Afrique reste faible, en termes de qualité et de quantité, en comparaison à d’autres régions du monde. En 2021, en moyenne les gouvernements africains ont alloué 3,7 pour cent de leur PIB à l’éducation, soit 14,5 pour cent de leurs dépenses publiques totales. Ces chiffres sont légèrement inférieurs aux seuils de référence internationaux, fixés à au moins 4 pour cent du PIB et 15 pour cent des dépenses publiques totales. Seize des 42 pays africains pour lesquels des données sont disponibles pour la période 2020-23 n’atteignent pas ces seuils. Le renforcement des compétences, conjugué à des emplois de meilleure qualité, augmentera la productivité de millions de travailleurs. Le rapport indique que chaque année supplémentaire d’instruction peut accroître jusqu’à 11.4 pour cent les revenus des apprenants africains, soit le rendement de l’éducation le plus élevé par rapport à toute autre région. Les Dynamiques du développement en Afrique 2024 proposent plusieurs recommandations de politique publique pouvant aider à combler les déficits de l’Afrique en matière d’éducation et de compétences. Le rapport examine également les domaines stratégiques dans lesquels les cinq régions d’Afrique pourraient accroître le plus leur productivité grâce à une main-d’œuvre plus qualifiée : l’exploitation minière en Afrique centrale et australe, le numérique en Afrique de l’Est, les énergies renouvelables en Afrique du Nord et l’agroalimentaire en Afrique de l’Ouest.

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Rapport de la Fondation Mo Ibrahim sur les besoins financiers de l’Afrique

Le nouveau rapport de la Fondation Mo Ibrahim, Intitulé « Les besoins financiers de l’Afrique : où sont les moyens ? »,  offre une analyse complète des besoins financiers nécessaires pour atteindre tant les objectifs de développement que les objectifs climatiques s’agissant de l’Afrique, ainsi que des ressources actuellement disponibles pour y répondre. Le rapport met en évidence le fait qu’en réalité́ les ressources existent, mais ne sont pas mises en œuvre ou à profit de façon adéquate en particulier s’agissant des ressources domestiques. Le rapport, élaboré par un groupe d’experts, dresse une cartographie des besoins financiers qui, si satisfaits, permettraient à l’Afrique de réaliser tant ses objectifs de développement que ceux liés au climat. Dans le même temps, le document fait le point des ressources actuellement disponibles pour répondre à ce double défi, non sans fournir des recommandations pour atteindre des résultats escomptés. À l’analyse, l’ampleur des besoins financiers de l’Afrique se mesure à l’aune des défis du moment. Des défis non seulement liés à la pandémie de Covid-19 mais aussi à l’environnement politique, sécuritaire et climatique, qui, selon le rapport Mo Ibrahim, « ont considérablement érodé des décennies de progrès économiques et sociaux en Afrique, contribuant ainsi à l’aggravation des inégalités sur tout le continent ». Des données de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) indiquent, par exemple, que la pandémie a plongé 55 millions d’Africains dans l’extrême pauvreté en 2020, affectant des secteurs essentiels aux économies des pays. Pour les experts, les objectifs climatiques et ceux du développement sont loin d’être atteints. En matière de développement, le rapport de la Fondation Mo Ibrahim note que « la réalisation des objectifs du développement durable (ODD) des Nations unies et ceux de l’agenda 2063 de l’Union africaine s’avèrent aujourd’hui « hors d’atteinte dans les délais impartis ». Concernant l’agenda 2030 (Nations unies), « la totalité des 54 pays du continent africain présente des lacunes majeures ou significatives » tant pour l’ODD2 (faim zéro) que pour l’ODD3 (bonne santé et bien-être). S’agissant de l’agenda 2063 (Union africaine), seulement cinq pays ont réussi à atteindre un taux de réalisation des objectifs d’au moins 60 % à la fin du premier plan décennal (2014-2023) », analyse le rapport. S’agissant des impacts climatiques, il faut dire que, même si l’Afrique contribue de manière infime (2,8 %) aux émissions mondiales de carbone, le continent est parmi ceux qui paient le plus lourd tribut du changement climatique, impacté notamment par l’élévation du niveau de la mer, la sécheresse, la dégradation des terres et la déforestation. S’appuyant sur un récent rapport du Groupe de la Banque mondiale, le rapport Mo Ibrahim alerte : « Sans des politiques d’adaptation au changement climatique, plus de 86 millions de personnes seraient contraintes de quitter l’Afrique d’ici à 2050. » De même, la perte du PIB continental pourrait atteindre 50 milliards de dollars par an d’ici à 2030. Une aggravation par rapport au niveau actuel des pertes estimées à entre 7 et 15 milliards de dollars par an, selon la BAD (2022). Encore plus alarmant, l’OCDE (2023) estime que les effets macroéconomiques combinés du changement climatique pourraient réduire le PIB du continent jusqu’à 3 % d’ici à 2050, tandis que la réduction de la croissance du PIB par habitant pourrait atteindre 15 % l’année. Sur un autre plan, les importations alimentaires annuelles des pays africains devraient tripler, en partie à cause de l’aggravation des effets du changement climatique, soit en passant de 35 milliards de dollars à 110 milliards de dollars d’ici à 2025. À tout cela il faut ajouter une question non moins préoccupante, celle de l’emploi des jeunes du continent. Car, chaque mois, environ 2 millions de jeunes entrent sur le marché du travail et ce nombre pourrait atteindre 3 millions d’ici à 2050, soit 30 millions de nouveaux demandeurs d’emploi par an. Sans oublier les défis liés à la sécurité alimentaire, à la sécurité énergétique, au déficit de logements et d’infrastructures qui « rendent les populations plus vulnérables et moins résilientes aux conséquences de la crise climatique ». Le rapport Mo Ibrahim l’admet : l’Afrique a besoin de ressources astronomiques pour l’atteinte de ses objectifs. Pour répondre aux défis climatiques, le continent, dont les 54 États sont parties prenantes de l’accord de Paris, aurait besoin de jusqu’à 2 800 milliards de dollars pour remplir ses contributions déterminées au niveau national (CDN) entre 2020 et 2030. Rappelons que ces CDN décrivent les étapes et les besoins financiers pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris qui vise une réduction de 50 % des émissions d’ici à 2030 et l’atteinte de zéro émission nette d’ici à 2050. « Ces besoins restent largement sous-estimés en raison d’un débat global qui reste conduit par les pays déjà développés et donc dominé par le sujet atténuation, fait remarquer le rapport. De ce fait, les besoins d’adaptation, prioritaire pour un continent dont la moitié de la population n’a toujours pas accès à l’énergie, restent minoritaires dans l’enveloppe définie par les CDN. Et, même dans ce cas, pour la seule mise en œuvre des CDN d’ici à 2030, les besoins pour le continent sont estimés à 280 milliards de dollars par an en moyenne », ajoute le document. Et de souligner qu’en l’état actuel la finance climatique affectée au continent africain couvre à peine 11 % de ces besoins. Côté développement, les montants sont tout aussi « stratosphériques ». En effet, entre 870 et 1 300 milliards de dollars par an (soit 43 % du PIB du continent en fourchette haute) seront nécessaires à l’Afrique pour atteindre les ODD tandis que le besoin de financement net est évalué à entre 195 et 470 milliards de dollars par an en moyenne, soit près de 16 % du PIB du continent en fourchette haute. Où trouver toutes ces ressources ? Le rapport répond à cette question cruciale de la disponibilité des moyens. « L’argent est là  », estiment les chercheurs, mais ce qu’il faut, c’est plutôt « changer radicalement de paradigme ». Pour Mo Ibrahim, fondateur et président de la fondation éponyme, « il ne s’agit ni pour l’Afrique de tendre encore la sébile ni pour ses partenaires de considérer quel montant supplémentaire ils pourraient encore mettre sur la table. Le vrai sujet n’est pas “encore plus de moyens”, mais simplement des moyens mieux adaptés. Car […] le système qui perdure et prévaut actuellement ne permet pas leur utilisation optimale ». Que faut-il faire concrètement ? Des pistes de financements qui, jusque-là, ne seraient pas suffisamment exploitées sont suggérées. Pour les

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