La rivalité Arabie saoudite-Émirats arabes unis dans la corne de l’Afrique

Le sommet de l’Union africaine assombri par la rivalité Arabie saoudite-Émirats arabes unis dans la Corne de l’Afrique. Une querelle opposant l’Arabie saoudite aux Émirats arabes unis dans la Corne de l’Afrique jette une ombre sur le sommet de l’Union africaine, même si la plupart des dirigeants du continent tenteront d’éviter de prendre parti, selon certains diplomates et experts interrogés. Ce qui avait commencé comme une rivalité au Yémen s’est propagé de l’autre côté de la mer Rouge, dans une région minée par les conflits : de la guerre en Somalie et au Soudan à la rivalité entre l’Éthiopie et l’Érythrée, sans oublier une Libye divisée. Ces dernières années, les Émirats arabes unis sont devenus un acteur influent dans la Corne — qui englobe principalement le Soudan, la Somalie, l’Éthiopie, l’Érythrée et Djibouti — grâce à des investissements de plusieurs milliards de dollars, une diplomatie active et un soutien militaire discret.  L’Arabie saoudite est restée plus discrète, mais des diplomates affirment que Riyad construit une alliance comprenant l’Égypte, la Turquie et le Qatar. « L’Arabie saoudite s’est réveillée et a réalisé qu’elle risquait de perdre la mer Rouge, » a confié un haut diplomate africain à Reuters. « Ils dormaient pendant que les Émirats menaient leur stratégie dans la Corne. » Initialement centrée sur la mer Rouge et le golfe d’Aden — deux routes maritimes stratégiques — la rivalité s’étend désormais plus loin dans les terres. 

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Innovation en Afrique : défis et opportunités Par Abdeljalil Aboulmajd

Avant d’aborder les défis et les enjeux de l’innovation en Afrique, il s’avère important de s’intéresser dans un premier temps au terme innovation en tant que tel. Alors qu’est-ce que l’innovation ? Et comment l’innovation en répondant aux besoins spécifiques de l’Afrique transformera ses défis en opportunités ? I)Définition de l’innovation Si l’innovation fait aujourd’hui consensus comme élément clé d’une stratégie de sortie de crise, la notion de l’innovation a évolué à travers le temps, elle a même changé de connotation et a élargi son champ d’application. Historiquement le mot latin innovatio veut dire renouvellement.  Dans son livre  « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » , l’économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883-1950) considérait le développement économique comme un processus de renouvellement permanent. La « destruction créatrice » est son idée centrale : les nouvelles technologies et les innovations supplantent les anciennes structures, ce qui stimule le progrès et la croissance. Schumpeter considérait les entrepreneurs et les innovations technologiques comme les principaux moteurs de l’économie. Il mettait toutefois en garde contre le fait que la bureaucratie, une réglementation excessive et une aversion pour le risque dans la société pouvaient freiner le processus d’innovation. De même, Joseph Schumpeter distingue l’invention et l’innovation dans ses recherches. Pour lui, l’invention est la découverte de nouvelles connaissances scientifiques et techniques. Alors que l’innovation est « la commercialisation de toute nouvelle combinaison issue de nouveaux matériaux et composants, l’introduction de nouveaux process, l’ouverture de nouveaux marchés ou l’introduction de nouvelle forme organisationnelle ». II) Défis et opportunités en Afrique Dans un contexte numérique global, l’innovation en Afrique fait face à des défis significatifs : – Infrastructures insuffisantes : De nombreuses régions manquent d’une connectivité adéquate, freinant le développement de services numériques. – Manque de formation : Le capital humain disponible est souvent insuffisamment formé pour tirer parti des nouvelles technologies, en particulier l’IA. – Inégalités d’accès : Une partie significative de la population demeure exclue des bénéfices de l’économie numérique, ce qui pose un défi majeur pour l’inclusion sociale et économique. Enfin, Comme Schumpeter l’a souligné, l’innovation n’est pas seulement une question d’invention, mais aussi d’appropriation et d’adaptation aux contextes locaux. Ainsi, le déficit de compétences techniques dans certaines régions limite la capacité d’innovation locale. Pour surmonter ces obstacles, une collaboration étroite entre les chercheurs, les gouvernements et le secteur privé est essentielle. De ce qui précède, il ressort que l’innovation se construit, elle ne s’apprend pas.  En d’autres termes, il est impossible d’innover sur commande.  Dans le secteur de la recherche, notamment, une innovation majeure est plus souvent le fruit du hasard que d’un objectif précis.  Les systèmes d’enseignement et les entreprises africaines doivent laisser aux innovateurs suffisamment d’espace pour qu’ils puissent s’ajuster aux éléments et trouver de nouvelles manières de relever les défis techniques.  La créativité qui pourra ainsi se mettre en place dans un tel espace pourra donner naissance à de nouvelles idées qui seront les déclencheurs de l’innovation, et c’est en fonction de ces derniers que devra s’établir le programme de l’innovation sur notre continent. Les pays d’Asie ont axé leurs efforts sur l’utilisation stratégique du système de propriété intellectuelle pour promouvoir leur croissance économique.  Il y a cinq ans, le PIB de la République de Corée était comparable à la moyenne de celui des économies africaines d’aujourd’hui.  La République de Corée s’est depuis transformée en puissance économique, et ce, en investissant dans le domaine technologique, en renforçant ses capacités et en accordant priorité à l’utilisation stratégique de la propriété intellectuelle.  Conclusion : Aujourd’hui l’innovation n’est plus un choix, elle est une nécessité. Ainsi au XXIe siècle, les nations et les pays seront jugés, non pas par rapport à leurs richesses naturelles ou à leurs ressources dans le sous-sol, mais à leur capacité d’innovation. L’essor de l’innovation locale ou encore les investissements dans les infrastructures numériques démontrent qu’en Afrique un avenir est à portée, à condition d’un engagement fort des États, du secteur privé et des partenaires internationaux.

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Rapport sur l’avenir de l’emploi 2025 rédigé par le forum économique mondial

L’avenir du travail se joue aujourd’hui, à l’intersection des avancées technologiques, des impératifs écologiques et des bouleversements économiques mondiaux. Alors que l’intelligence artificielle et les transitions vertes transforment en profondeur les marchés, un constat s’impose : la capacité à s’adapter, à apprendre et à évoluer – autrement dit, l’agilité – est désormais au cœur des priorités. Le rapport Future of Jobs 2025 du Forum Économique Mondial en témoigne avec force : l’agilité n’est plus une qualité annexe, mais bien une compétence essentielle dans un monde en perpétuelle mutation. Le Forum Économique Mondial, dans son rapport intitulé « Future of Jobs 2025 », a mis en lumière les transformations profondes et rapides attendues sur le marché du travail mondial. Ce rapport analyse les évolutions des secteurs d’activité, les professions en croissance et celles en déclin, ainsi que les compétences nécessaires pour naviguer dans ce futur incertain. L’impact de l’automatisation, des technologies numériques, ainsi que des enjeux environnementaux, est au cœur de ces mutations. Voici une analyse détaillée, avec des données clés sur les métiers qui seront fortement influencés. I) Professions en Croissance : La Technologie comme Moteur Principal Les métiers liés à la technologie, à la gestion des données et à la durabilité constituent le noyau des professions qui connaîtront une forte demande d’ici 2025 et au-delà. Selon le rapport, les secteurs suivants afficheront des croissances significatives : 1. Spécialistes en Big Data L’analyse des données massives (Big Data) est au cœur de la transformation des entreprises. Le rapport indique que 37% des entreprises prévoient une augmentation de leurs investissements dans le Big Data d’ici 2025. Cette technologie permet aux entreprises de mieux comprendre les besoins de leurs clients et d’optimiser leurs processus. Les rôles liés à l’analyse des données, à la gestion des données et à l’intelligence artificielle connaissent une forte demande. Le marché du travail attend plus de 1 million de nouveaux spécialistes en Big Data d’ici 2025. 2. Ingénieurs en FinTech Les innovations dans le domaine des technologies financières, ou FinTech, connaissent une adoption croissante. Des 23% des entreprises interrogées dans le rapport ont indiqué que l’automatisation des services financiers et des paiements deviendrait une priorité, augmentant ainsi la demande d’ingénieurs spécialisés dans les technologies de paiement, les crypto-monnaies, et la blockchain. 3. Experts en Intelligence Artificielle et Machine Learning L’intelligence artificielle (IA) et le machine learning sont des catalyseurs importants de la croissance professionnelle. Le rapport souligne que la demande pour ces experts continuera de croître à un rythme soutenu. Selon les projections, les emplois dans l’IA devraient augmenter de 35% d’ici 2025, propulsés par l’automatisation des tâches dans divers secteurs comme la santé, le commerce et la gestion des données. 4. Développeurs de Logiciels et d’Applications Avec la digitalisation croissante des entreprises, les développeurs de logiciels et d’applications restent au sommet des professions les plus recherchées. Selon les prévisions, le nombre d’emplois pour les développeurs devrait augmenter de 30% au cours des 5 prochaines années. La montée en puissance des technologies mobiles, des applications cloud et de l’Internet des objets (IoT) génère une demande constante pour ces professionnels. 5. Ingénieurs en Énergies Renouvelables Les préoccupations environnementales et la transition vers des énergies plus durables stimulent la demande pour des métiers dans le domaine des énergies renouvelables. Le rapport indique que les emplois dans les énergies renouvelables augmenteront de 25% dans les 5 prochaines années, soutenus par les investissements dans l’énergie solaire, l’éolien, et les technologies de stockage d’énergie. II)Professions en Déclin : L’Automatisation au Cœur des Réductions À l’opposé, l’automatisation et l’évolution des modèles économiques conduisent à une réduction des besoins dans certains secteurs. Plusieurs professions traditionnelles sont particulièrement vulnérables aux effets de ces changements technologiques. 1. Employés de la Poste Le secteur des services postaux subira une contraction importante de ses effectifs dans les prochaines années. D’ici 2025, la demande pour les employés de la poste devrait diminuer de 25%. Cette réduction est principalement due à l’automatisation des processus de tri et de livraison des courriers et colis. Les services numériques, comme les notifications électroniques et les services bancaires en ligne, remplacent progressivement les tâches traditionnellement effectuées par le personnel postal. 2. Caissiers et Agents de Guichet La réduction du nombre de caissiers et d’agents de guichet est un autre phénomène observé. Le rapport estime que la demande pour ces métiers pourrait baisser de 30% d’ici 2025, à mesure que les technologies de paiement sans contact et les caisses automatiques deviennent plus populaires. Les agents de guichet dans les banques et autres institutions financières subissent également cette pression, avec l’augmentation des services bancaires mobiles et des applications de gestion financière. 3. Opérateurs de Saisie de Données Les opérateurs de saisie de données sont également voués à une réduction de leurs effectifs. La croissance de l’IA et de l’automatisation des processus de traitement de données entraîne une diminution significative de la nécessité d’entrer manuellement des données. Le rapport prévoit que 40% des emplois dans ce domaine disparaîtront dans les 5 prochaines années. 4. Assistants Administratifs Les assistants administratifs, qui effectuent des tâches telles que la gestion des agendas, la prise de rendez-vous, et la coordination des tâches administratives, sont également menacés par l’automatisation. Des systèmes intelligents de gestion d’agenda et des outils de communication automatisés remplacent ces fonctions. Le rapport indique que les emplois d’assistants administratifs pourraient chuter de 20% dans les prochaines années. III)Les Défis et Opportunités pour la Maroc Le Maroc, comme beaucoup d’autres pays, doit naviguer dans un contexte mondial de mutations rapides. Cependant, elle possède aussi des opportunités uniques pour adapter son marché du travail aux évolutions technologiques. 1. Investir dans les Compétences Numériques Le Maroc dispose d’une population jeune et qualifiée, ce qui la positionne favorablement pour devenir un hub technologique régional. Le développement des compétences en IA, en Big Data, et en cybersécurité devrait être une priorité pour les autorités marocaines Des programmes de formation et de certification peuvent permettre de préparer cette main-d’œuvre aux défis numériques à venir. 2.Soutenir les Startups Technologiques Le Maroc connaît un dynamisme entrepreneurial, notamment dans les

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Améliorer la nutrition en Afrique

La meilleure façon de lutter contre la malnutrition dans les pays en développement ne consiste pas à augmenter la diversité des espèces cultivées par les petites exploitations, mais à améliorer l’accès aux marchés. Telle est la conclusion d’une étude récente menée par l’Institut MwAPATA au Malawi et l’Université de Bonn en Allemagne. En revanche, une diversification accrue de la production animale a des effets positifs. Non seulement une alimentation insuffisante, mais aussi un régime alimentaire trop unilatéral peuvent avoir de graves conséquences sur la santé. Une alimentation variée est donc un moyen important de prévenir la malnutrition. C’est pourquoi les chercheurs plaident souvent en faveur d’une diversification des cultures pratiquées par les petits exploitants africains, que la malnutrition affecte plus particulièrement. Comme ces exploitations produisent en grande partie pour leur propre consommation, une plus grande variété dans les champs devrait avoir un impact positif sur la nutrition. À ce jour, cependant, les effets réels d’une plus grande diversification des exploitations agricoles n’ont fait l’objet que de recherches limitées et restreintes au niveau régional. Dans leur étude, qui a été publiée dans la revue « Lancet Planetary Health » en mai, les chercheurs de l’Institut MwAPATA, et de l’Université de Bonn se sont appuyés sur des données beaucoup plus complètes : ils ont évalué des enquêtes menées par les instituts nationaux de statistiques d’Éthiopie, du Malawi, de Tanzanie et d’Ouganda qui ont, à plusieurs reprises et pendant plusieurs années, visité et interrogé les mêmes ménages de petits exploitants. Les données font état du nombre de cultures pratiquées et des races animales élevées. Elles livrent également des informations sur l’âge, le poids et la taille des enfants vivant au sein des exploitations familiales, ce qui permet de calculer différents indicateurs de leur état nutritionnel. 1)La croissance de 50 000 enfants et adolescents évaluée  « Au total, nous avons analysé les données de plus de 50 000 enfants et adolescents issus de plus de 20 000 exploitations sélectionnées de façon aléatoire », explique le Dr Makaiko Khonje, chercheur à l’Institut MwAPATA. « Nous avons relié ces mesures à la diversité de la production agricole des exploitations ». Les chercheurs ont mis en lumière trois résultats importants : premièrement, le nombre de cultures avait peu d’effet sur la croissance des enfants, et donc sur leur état nutritionnel. En revanche, une plus grande variété d’espèces animales élevées dans l’exploitation produisait des effets positifs. L’élevage de chèvres ou d’une vache, en plus de volailles et d’autres espèces animales, peut donc améliorer le statut nutritionnel. C’est là le deuxième message. Le troisième résultat important concerne les marchés locaux. « L’amélioration de l’accès au marché a un impact particulièrement positif sur l’état nutritionnel », explique Khonje. En effet, ceux qui peuvent vendre leurs produits sur le marché et qui peuvent, à leur tour, acheter les aliments qui leur font défaut ont ainsi un régime alimentaire plus diversifié. En de nombreux endroits, cependant, les infrastructures appropriées font défaut. Les routes menant au marché sont souvent si mauvaises que le transport prend beaucoup de temps et que certains produits se gâtent ou sont endommagés en cours de route. « Si vous ne pouvez pas vendre la moitié de la marchandise et que vous devez finalement la jeter, l’effort n’en vaut évidemment pas la peine », explique le professeur Dr Matin Qaim du Centre de recherche sur le développement (ZEF) de l’Université de Bonn, qui a également participé à l’étude. 2)La spécialisation peut être utile, mais pas les monocultures Les chercheurs recommandent de ne pas se concentrer uniquement sur une plus grande variété culturale dans les champs, car dans de nombreux cas, un meilleur accès au marché serait plus efficace. Une trop grande diversification est également contre-productive, disent-ils, car chaque plante a ses propres exigences et nécessite donc un savoir-faire particulier. « De plus, les sols ne conviennent pas tous à toutes les cultures », explique M. Khonje. « Il vaut mieux se concentrer sur les espèces qui réussissent particulièrement bien localement et vendre le surplus. » Mais, il n’est pas non plus conseillé de trop se spécialiser, soulignent les chercheurs. « Une certaine variété est également judicieuse d’un point de vue environnemental et pour réduire les risques pour les petits exploitants », explique Qaim, qui est également membre du domaine de recherche transdisciplinaire « Avenir durable » et du pôle d’excellence « PhenoRob ». « Les monocultures pures ne sont certainement pas la solution ». (ZEF/wi) Publication (en libre accès) : Makaiko G. Khonje, Jacob Ricker-Gilbert, Milu Muyanga, Matin Qaim: Farm-level production diversity and child and adolescent nutrition in rural sub-Saharan Africa: a multicountry, longitudinal study; Lancet Planetary Health, DOI: https://doi.org/10.1016/S2542-5196(22)00071-7.

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Avenir écologique de l’Afrique

L’Afrique a le potentiel nécessaire pour produire des énergies renouvelables et bon nombre de pays sautent carrément l’ère des combustibles fossiles. La chute des coûts de production et la décentralisation des systèmes énergétiques rendent possible une expansion majeure des énergies renouvelables sur le continent. En janvier 2023, des chercheurs de l’université de Tübingen, de la Société Senckenberg pour la recherche sur la nature et de l’université d’Osnabrück, toutes situées en Allemagne, ainsi que de l’université du Rwanda, ont déclaré que c’est d’abord en Afrique que le problème de la dépendance au charbon et au gaz pouvait être résolu. Selon leurs travaux, 80 pour cent de l’énergie nécessaire en Afrique pourraient provenir de sources renouvelables d’ici à 2040 – à condition de pleinement exploiter les capacités des centrales existantes et que toutes celles qui sont actuellement à l’étude soient construites.  « Il y a suffisamment de soleil, de vent et d’eau sur le continent, et de nombreux pays africains pourraient sauter l’ère des combustibles fossiles, mais il faut bien sûr pour cela que certaines conditions soient remplies, » déclare Rebecca Peters, chercheuse doctorante au département Géosciences de l’université de Tübingen.  La forte baisse des coûts de production de l’énergie solaire et éolienne permet une expansion majeure des énergies renouvelables en Afrique. Toutefois, les besoins du continent en énergie devraient considérablement augmenter au cours des décennies à venir. Les deux tiers de la population n’ont actuellement pas accès à l’électricité et l’actuel taux de croissance démographique (2,6 pour cent) est supérieur à ce qu’il est dans d’autres parties du monde.  Les centrales solaires et éoliennes peuvent fonctionner de manière décentralisée et sur des réseaux locaux sans être raccordées à des lignes électriques aériennes. Pour les auteurs, c’est là un des avantages des sources d’énergie renouvelable. Selon leur analyse, il serait coûteux et inutile d’effectuer une expansion à grande échelle du réseau électrique dans les zones rurales. Sans compter qu’il est également possible de disposer de plus d’énergie en Afrique grâce au bon fonctionnement des centrales existantes, à la réduction des pertes d’énergie lors du transport de l’électricité, et à une combinaison appropriée de différentes formes d’énergie pour compenser les fluctuations de la production d’énergie solaire et éolienne. « Nous sommes toutefois sceptiques quant à l’expansion non contrôlée de le production d’hydroélectricité, » explique le professeur Klement Tockner, directeur général de la Société Senckenberg pour la recherche sur la nature. « Bien que l’Afrique soit le continent dont les réserves mondiales de ce type d’énergie sont les moins exploitées du monde et que l’hydroélectricité représente actuellement 63 pour cent de la production d’énergie renouvelable, la multiplication des barrages et des lacs modifierait de façon irréversible le libre écoulement actuel des cours d’eau et obligerait de nombreux résidents à déménager, » déclare le professeur Tockner. Le scénario durable d’accès universel à l’énergie durable en Afrique veut que les pays très dépendants du charbon (tels que l’Afrique du Sud) ou du gaz (tels que l’Algérie, la Tunisie et la Lybie) renoncent à accroître les capacités de production des centrales thermiques au charbon ou au gaz et qu’ils passent à la production d’énergie propre. « Ce changement structurel n’est possible qu’en doublant les investissements actuels d’ici 2030 et en investissant 30 milliards de dollars supplémentaires par an pour garantir l’accès à l’électricité à tous, » précise le docteur Jürgen Berlekamp, de l’Institut de recherche sur les systèmes environnementaux, université d’Osnabrück. Qui ajoute que des investissements étrangers seraient nécessaires. Depuis les années 2000, la Chine joue un rôle de plus en plus important, aux côtés des États-Unis et des pays européens. (Université de Tübingen/ile)

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Rapport mondial sur la protection sociale 2024-2026

La protection sociale joue un rôle clé dans la lutte contre l’impact du changement climatique, mais les pays les plus touchés par la crise climatique sont les moins bien préparés. Les gouvernements doivent faire davantage pour utiliser la protection sociale universelle selon le Rapport mondial sur la protection sociale 2024-2026 : Protection sociale universelle pour l’action climatique et une transition juste publié par l’Organisation internationale du travail (OIT) en septembre 2024. Le rapport constate également que les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique ont souvent les niveaux de protection sociale les plus bas. Pour la première fois, plus de la moitié de la population mondiale (52,4 pour cent) bénéficie d’une forme ou d’une autre de couverture sociale. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 42,8 pour cent enregistrés en 2015, année d’adoption des objectifs de développement durable. Toutefois, dans les 20 pays les plus vulnérables à la crise climatique, 91,3 pour cent des personnes (364 millions) ne bénéficient toujours d’aucune forme de protection sociale. Plus largement, dans les 50 pays les plus vulnérables au climat, 75 pour cent de la population (2,1 milliards de personnes) ne bénéficient d’aucune protection sociale. Au niveau mondial, la plupart des enfants (76,1 pour cent) ne bénéficient toujours pas d’une protection sociale efficace. Il existe également un écart important entre les sexes, la couverture effective des femmes étant inférieure à celle des hommes (50,1 pour cent et 54,6 pour cent, respectivement). Ces écarts sont particulièrement importants, étant donné le rôle potentiel de la protection sociale pour atténuer l’impact du changement climatique, aider les personnes et les sociétés à s’adapter à une nouvelle réalité climatiquement volatile et faciliter une transition juste vers un avenir durable. La protection sociale peut aider les gens à s’adapter et à faire face aux chocs liés au climat en fournissant des prestations de protection sociale, telles que la sécurité des revenus et l’accès aux soins de santé. En outre, la protection sociale peut protéger les familles, les travailleurs et les entreprises pendant la transition verte et permettre des pratiques économiques plus durables. Il s’agit notamment d’aider les travailleurs à se former et à se perfectionner afin qu’ils disposent des connaissances et des compétences nécessaires pour travailler dans des secteurs verts et à faibles émissions de carbone. La protection sociale garantit également que tous les emplois sont décents et assortis d’une protection et d’avantages adéquats. Pourtant, malgré son rôle de catalyseur et de facilitateur d’une action climatique positive, les gouvernements ne parviennent pas à tirer le meilleur parti du potentiel de la protection sociale, en grande partie à cause de lacunes persistantes en matière de couverture et d’un sous-investissement important. En moyenne, les pays consacrent 12,9 pour cent de leur produit intérieur brut (PIB) à la protection sociale (hors santé). Toutefois, alors que les pays à revenu élevé y consacrent en moyenne 16,2 pour cent, les pays à faible revenu n’allouent que 0,8 pour cent de leur PIB à la protection sociale. Les pays à faible revenu – qui comprennent les États les plus vulnérables aux effets du changement climatique – ont besoin de 308,5 milliards de dollars supplémentaires par an (52,3 pour cent de leur PIB) pour garantir au moins une protection sociale de base, et un soutien international sera nécessaire pour atteindre cet objectif. Le rapport appelle à une action politique décisive et intégrée pour combler les lacunes en matière de protection, estimant qu’« il est temps de passer à la vitesse supérieure » et d’investir de manière significative dans la protection sociale. Le rapport propose d’importantes recommandations pour orienter les politiques et garantir des résultats efficaces et durables : Se préparer à la fois aux risques « habituels » du cycle de vie et aux chocs liés au climat en mettant en place des systèmes de protection sociale ex ante et en veillant à ce que chacun bénéficie d’une protection sociale adéquate. Utiliser la protection sociale pour soutenir les efforts d’atténuation et d’adaptation au changement climatique et s’assurer de l’acceptation de ces mesures par le public.  Donner la priorité à l’investissement dans la protection sociale, y compris le soutien extérieur pour les pays dont la marge de manœuvre budgétaire est limitée.

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Dynamiques du développement en Afrique : Compétences, emplois et productivité

Compétences, emplois et productivité au cœur des défis de demain. Alors que la croissance économique projetée en Afrique avoisine 4% en 2025, l’adéquation entre compétences et marché du travail devient l’enjeu central de la transformation du continent. Selon ce rapport, d’ici 2050, 85 pour cent de l’augmentation de la population mondiale en âge de travailler se produira en Afrique. Bien que les niveaux d’éducation soient en hausse, les défis du marché de l’emploi demeurent. Le rapport recommande des politiques stratégiques pour renforcer les compétences et la productivité. Selon la dernière édition du rapport « Dynamiques du développement en Afrique », intitulée « Compétences, emplois et productivité » et publiée en juillet 2024 par l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), améliorer la qualité et l’accès au développement des compétences permettra à l’Afrique de tirer pleinement parti du potentiel de croissance de sa jeune main-d’œuvre, en plein essor et de plus en plus qualifiée. L’augmentation totale attendue de la population mondiale d’âge actif à l’horizon 2050 se produira pour 85 pour cent en Afrique. La population d’âge actif (15-64 ans) aura alors quasiment doublé en Afrique, passant de 849 millions en 2024 à 1,56 milliard en 2050. Ces ouveaux entrants sur le marché du travail seront plus instruits que les générations précédentes, le nombre total de jeunes Africains diplômés de l’enseignement secondaire ou supérieur ayant plus que doublé, pour passer de 103 millions en 2020 à 240 millions en 2040. Ces jeunes seront à la recherche d’un emploi dans des économies dynamiques ; la croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique devrait augmenter de 3,2 pour cent en 2023 à 3,5 pour cent en 2024 pour atteindre un taux annuel de 4 pour cent en moyenne en 2025, dépassant celle de l’Amérique latine et des Caraïbes (2,5 pour cent) et talonnant celle des pays en développement d’Asie (4,.8 pour cent), contre un taux de 3,2 pour cent à l’échelle mondiale.  Selon le rapport, de nombreuses économies africaines sont confrontées à un double défi : les travailleurs ne possèdent pas l’éventail de compétences spécifiques que requièrent les emplois existants et, parallèlement, les emplois de qualité ne sont pas assez nombreux pour inciter les travailleurs à renforcer leurs compétences. Plus de 80 pour cent des jeunes Africains scolarisés aspirent à occuper des emplois hautement qualifiés, mais seuls 8 pour cent d’entre eux en trouvent. Les pénuries de compétences, notamment dans des secteurs comme l’agroalimentaire, les énergies renouvelables et l’exploitation minière, freinent l’investissement privé. En fin de compte, les économies restent essentiellement informelles sous l’effet d’une offre insuffisante de travailleurs qualifiés, associée à une faible demande pour les compétences requises par les nouveaux emplois. D’après les estimations, 82 pour cent des travailleurs en Afrique sont employés dans le secteur informel et occupent des emplois pour la plupart faiblement rémunérés, de qualité médiocre et peu protégés ,contre 56 pour cent en Amérique latine et dans les Caraïbes et 73 pour cent dans les pays en développement d’Asie. Les Dynamiques du développement en Afrique 2024 révèlent que l’instruction en Afrique reste faible, en termes de qualité et de quantité, en comparaison à d’autres régions du monde. En 2021, en moyenne les gouvernements africains ont alloué 3,7 pour cent de leur PIB à l’éducation, soit 14,5 pour cent de leurs dépenses publiques totales. Ces chiffres sont légèrement inférieurs aux seuils de référence internationaux, fixés à au moins 4 pour cent du PIB et 15 pour cent des dépenses publiques totales. Seize des 42 pays africains pour lesquels des données sont disponibles pour la période 2020-23 n’atteignent pas ces seuils. Le renforcement des compétences, conjugué à des emplois de meilleure qualité, augmentera la productivité de millions de travailleurs. Le rapport indique que chaque année supplémentaire d’instruction peut accroître jusqu’à 11.4 pour cent les revenus des apprenants africains, soit le rendement de l’éducation le plus élevé par rapport à toute autre région. Les Dynamiques du développement en Afrique 2024 proposent plusieurs recommandations de politique publique pouvant aider à combler les déficits de l’Afrique en matière d’éducation et de compétences. Le rapport examine également les domaines stratégiques dans lesquels les cinq régions d’Afrique pourraient accroître le plus leur productivité grâce à une main-d’œuvre plus qualifiée : l’exploitation minière en Afrique centrale et australe, le numérique en Afrique de l’Est, les énergies renouvelables en Afrique du Nord et l’agroalimentaire en Afrique de l’Ouest.

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Top 5 des pays africains les plus endettés : un fardeau financier en quête de solutions

Cinq pays africains figurent dans le top 10 mondial des principaux bénéficiaires du Fonds monétaire international (FMI). Une dette qui pèse lourd sur leurs économies et leur souveraineté. Alors que la dette publique pèse sur les économies africaines, certains pays se démarquent par l’ampleur de leur endettement. Entre défis structurels et espoirs de redressement, découvrez la situation des cinq nations les plus endettées du continent et les pistes d’évolution envisagées. L’endettement des pays africains reste une problématique majeure, influencée par des facteurs historiques, structurels et conjoncturels. Selon le rapport « African Debt Outlook: A Ray of Optimism » publié par Afreximbank en février 2025, cinq pays du continent se distinguent par le poids préoccupant de leur dette publique. Voici un état des lieux détaillé de ces nations et leurs perspectives d’évolution. 1. Afrique du Sud : 14 % de la dette extérieure africaine L’Afrique du Sud domine ce classement peu enviable, représentant à elle seule 14 % de la dette extérieure du continent. L’économie sud-africaine fait face à un triple défi : une croissance anémique, un chômage structurellement élevé et des tensions sociopolitiques persistantes qui dissuadent les investisseurs. Le gouvernement recourt régulièrement à l’émission d’euro-obligations pour financer ses déficits budgétaires croissants, alourdissant mécaniquement la charge de sa dette. Cette spirale inquiète les agences de notation qui maintiennent une perspective prudente sur le pays, compliquant davantage ses conditions d’emprunt sur les marchés internationaux. 2. Égypte : 13 % de la dette extérieure africaine Deuxième pays le plus endetté d’Afrique, l’Égypte supporte une dette publique particulièrement préoccupante, représentant 13 % de l’endettement extérieur total du continent. Le pays a considérablement intensifié son recours aux emprunts internationaux pour financer d’ambitieux mégaprojets d’infrastructure, tout en faisant face à une pression constante sur sa balance des paiements. La situation est d’autant plus délicate que la dévaluation récente de la livre égyptienne et l’inflation galopante compliquent le service de la dette. Néanmoins, le gouvernement s’efforce activement de restructurer certaines échéances pour alléger cette pression financière. 3. Nigeria : 8 % de la dette extérieure africaine Malgré son statut de première puissance économique d’Afrique de l’Ouest, le Nigeria reste confronté à un endettement croissant, représentant 8 % de la dette extérieure africaine. Cette accumulation s’explique largement par la dépendance excessive du pays aux revenus pétroliers, dont la volatilité expose dangereusement son économie aux chocs extérieurs. Face aux déficits budgétaires récurrents, le gouvernement nigérian a multiplié les emprunts, notamment via des émissions d’euro-obligations. Un espoir se dessine toutefois : la diversification économique amorcée ces dernières années pourrait, à terme, offrir une perspective d’allègement de la dette si elle est poursuivie avec constance. 4. Maroc : 6 % de la dette extérieure africaine Avec 6 % de la dette extérieure africaine, le Maroc figure parmi les nations les plus endettées du continent. En valeur absolu, cela représente 45,65 milliards de dollars. Le royaume chérifien recourt largement aux emprunts internationaux pour financer ses ambitieux projets d’infrastructures et accélérer sa transition énergétique. Son attractivité économique croissante lui confère cependant une marge de manœuvre pour maintenir sa dette sous contrôle. 5. Mozambique : 6 % de la dette extérieure africaine Le Mozambique représente également 6 % de la dette extérieure africaine, une situation considérablement aggravée par les scandales retentissants de « dette cachée » qui ont ébranlé le pays ces dernières années. La révélation d’emprunts massifs contractés sans l’approbation du Parlement a sévèrement entamé la crédibilité financière du pays sur les marchés internationaux. Une lueur d’espoir apparaît néanmoins avec les perspectives prometteuses d’exploitation des gigantesques réserves de gaz naturel offshore, qui pourraient contribuer à redresser progressivement les finances publiques mozambicaines. Une tendance à surveiller de près Si ces cinq pays concentrent une part significative de l’endettement africain, d’autres nations comme l’Angola, le Kenya ou le Ghana affichent également des niveaux de dette préoccupants. L’inflation mondiale persistante, la remontée des taux d’intérêt et l’appréciation du dollar américain alourdissent considérablement le coût du service de la dette pour de nombreux États africains. Néanmoins, le rapport d’Afreximbank met en lumière plusieurs raisons d’espérer : de nombreux pays africains amorcent désormais des réformes sérieuses de gestion budgétaire, diversifient activement leurs sources de revenus et bénéficient d’un accès progressivement facilité aux marchés financiers internationaux. Si ces tendances positives se confirment dans les prochaines années, l’Afrique pourrait progressivement stabiliser sa dette et transformer ce qui apparaît aujourd’hui comme un fardeau en un véritable levier de croissance durable. Source : African Debt Outlook: A Ray of Optimism, Afreximbank, février 2025.

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