La sécurité et la défense africaines au défi du changement climatique

Bastien Alex, Alexandre Taithe, « La sécurité et la défense africaines au défi du changement climatique  » Revue n° 882 Été 2025 – p. 70-77. Le changement climatique affecte l’Afrique et a un impact direct sur la sécurité et la défense. Les vulnérabilités se sont accrues, fragilisant les populations et renforçant la compétition pour les ressources. Cela oblige à revoir les modèles d’armées pour augmenter leurs capacités à agir pour mieux répondre à ces nouveaux défis. L’environnement en Afrique se modifie sous l’action des changements climatiques, réalité à laquelle le continent africain n’échappe pas. L’augmentation de la température moyenne y atteint 0,86° C par rapport à 1990, les canicules, marines notamment, se multiplient, comme les épisodes pluviométriques extrêmes. Au-delà des évolutions elles-mêmes, d’ampleur aussi importantes que celles qui toucheront l’Europe, ce sont bien leurs conséquences sur les systèmes humains qui préoccupent aujourd’hui, leurs capacités de résilience demeurant limitées. Si le changement climatique fragilise les systèmes de gouvernance et accentue les inégalités de développement en Afrique, il risque également d’y amplifier les tensions à différentes échelles et leur dimension sécuritaire, faisant de ce continent l’un des plus vulnérables (1). De fortes contraintes opérationnelles pèsent déjà sur les forces de sécurité africaines (budgets restreints, sous-équipement, déficit de formation, corruption) (2). À ces difficultés chroniques s’ajoutent désormais les impacts du changement climatique qui en aggravent la portée. Dans ce contexte, l’analyse de risque et une préparation opérationnelle à la mesure des impacts seront déterminantes pour que les armées conservent ou développent des capacités d’action dans un environnement naturel de plus en plus contraint. Changement climatique et défis sécuritaires en Afrique Des tendances climatiques marquées Globalement, le climat africain va se réchauffer et voir la variabilité interannuelle et inter-décennale des précipitations augmenter, comme l’ampleur des phénomènes extrêmes, le tout dans un contexte de croissance démographique continue (près de 4 milliards d’habitants en 2100 contre 1,5 aujourd’hui). Au sein des cinq sous-régions identifiées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC ou IPCC), on distingue les tendances suivantes d’ici la fin du siècle (3) : • En Afrique du Nord, la température devrait augmenter de 1,5 °C comparé à 1994-2005 et le nombre de jours chauds s’accroître de 90 %, avec un recul des précipitations annuelles (ouest notamment) et une extension de la période de sécheresse de deux mois à quatre mois dans le scénario RCP8.5. • En Afrique de l’Ouest, les températures maximales augmenteront davantage que les moyennes et le nombre de jours de chaleur dangereuse (+ 40 °C) par an doublera (+ 150 jours), quand les précipitations devraient se réduire à l’ouest de la sous-région, accompagné d’un raccourcissement de la saison des pluies et d’une augmentation des pluies intenses.• En Afrique de l’Est, si les modèles donnent les mêmes tendances de température que pour l’Afrique de l’Ouest, aucun modèle (pattern) clair ne se dégage pour les précipitations, ce qui implique également de fortes variations d’une année sur l’autre. • En Afrique centrale, la hausse des températures sera comprise entre 2 et 4 °C d’ici la fin du siècle, avec une hausse des jours à plus de 35 °C (+ 30, soit une centaine au total). Le manque de données ne permet pas de conclure concernant l’évolution des précipitations. • L’Afrique australe connaîtra une hausse de la température moyenne de 1,2 à 3,1 °C en fonction de la trajectoire mondiale, ainsi que du nombre annuel de vagues de chaleur. Les précipitations devraient se réduire pendant la saison des pluies estivales. La zone de maximum d’intensité des cyclones se déplacera vers le sud dans l’océan Indien, dont le réchauffement favorisera la formation de ces phénomènes extrêmes.

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Innovation en Afrique : défis et opportunités Abdeljalil Aboulmajd

Avant d’aborder les défis et les enjeux de l’innovation en Afrique, il s’avère important de s’intéresser dans un premier temps au terme innovation en tant que tel. Alors qu’est-ce que l’innovation ? Et comment l’innovation en répondant aux besoins spécifiques de l’Afrique transformera ses défis en opportunités ? I)Définition de l’innovation Si l’innovation fait aujourd’hui consensus comme élément clé d’une stratégie de sortie de crise, la notion de l’innovation a évolué à travers le temps, elle a même changé de connotation et a élargi son champ d’application. Historiquement le mot latin innovatio veut dire renouvellement.  Dans son livre  « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » , l’économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883-1950) considérait le développement économique comme un processus de renouvellement permanent. La « destruction créatrice » est son idée centrale : les nouvelles technologies et les innovations supplantent les anciennes structures, ce qui stimule le progrès et la croissance. Schumpeter considérait les entrepreneurs et les innovations technologiques comme les principaux moteurs de l’économie. Il mettait toutefois en garde contre le fait que la bureaucratie, une réglementation excessive et une aversion pour le risque dans la société pouvaient freiner le processus d’innovation. De même, Joseph Schumpeter distingue l’invention et l’innovation dans ses recherches. Pour lui, l’invention est la découverte de nouvelles connaissances scientifiques et techniques. Alors que l’innovation est « la commercialisation de toute nouvelle combinaison issue de nouveaux matériaux et composants, l’introduction de nouveaux process, l’ouverture de nouveaux marchés ou l’introduction de nouvelle forme organisationnelle ». II) Défis et opportunités en Afrique Dans un contexte numérique global, l’innovation en Afrique fait face à des défis significatifs : – Infrastructures insuffisantes : De nombreuses régions manquent d’une connectivité adéquate, freinant le développement de services numériques. – Manque de formation : Le capital humain disponible est souvent insuffisamment formé pour tirer parti des nouvelles technologies, en particulier l’IA. – Inégalités d’accès : Une partie significative de la population demeure exclue des bénéfices de l’économie numérique, ce qui pose un défi majeur pour l’inclusion sociale et économique. Enfin, Comme Schumpeter l’a souligné, l’innovation n’est pas seulement une question d’invention, mais aussi d’appropriation et d’adaptation aux contextes locaux. Ainsi, le déficit de compétences techniques dans certaines régions limite la capacité d’innovation locale. Pour surmonter ces obstacles, une collaboration étroite entre les chercheurs, les gouvernements et le secteur privé est essentielle. De ce qui précède, il ressort que l’innovation se construit, elle ne s’apprend pas.  En d’autres termes, il est impossible d’innover sur commande.  Dans le secteur de la recherche, notamment, une innovation majeure est plus souvent le fruit du hasard que d’un objectif précis.  Les systèmes d’enseignement et les entreprises africaines doivent laisser aux innovateurs suffisamment d’espace pour qu’ils puissent s’ajuster aux éléments et trouver de nouvelles manières de relever les défis techniques.  La créativité qui pourra ainsi se mettre en place dans un tel espace pourra donner naissance à de nouvelles idées qui seront les déclencheurs de l’innovation, et c’est en fonction de ces derniers que devra s’établir le programme de l’innovation sur notre continent. Les pays d’Asie ont axé leurs efforts sur l’utilisation stratégique du système de propriété intellectuelle pour promouvoir leur croissance économique.  Il y a cinq ans, le PIB de la République de Corée était comparable à la moyenne de celui des économies africaines d’aujourd’hui.  La République de Corée s’est depuis transformée en puissance économique, et ce, en investissant dans le domaine technologique, en renforçant ses capacités et en accordant priorité à l’utilisation stratégique de la propriété intellectuelle.  Conclusion : Aujourd’hui l’innovation n’est plus un choix, elle est une nécessité. Ainsi au XXIe siècle, les nations et les pays seront jugés, non pas par rapport à leurs richesses naturelles ou à leurs ressources dans le sous-sol, mais à leur capacité d’innovation. L’essor de l’innovation locale ou encore les investissements dans les infrastructures numériques démontrent qu’en Afrique un avenir est à portée, à condition d’un engagement fort des États, du secteur privé et des partenaires internationaux.

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L’Afrique face aux défis du XXIème siècle Par Aboulmajd Abdeljalil

L’Afrique, aujourd’hui encore, demeure bel et bien un continent en mal-développement. Pour autant, au désespoir qu’avaient fait naître le XXe siècle et sa période postcoloniale empêtrée dans la crise et les conflits, a succédé avec le XXIe siècle une ère d’espoir permise par la croissance économique et les réformes politiques engagée au début du XXIe siècle. Quels sont les principaux défis que le continent devra surmonter dans les prochaines décennies ? Quels sont les principaux défis que le continent devra surmonter dans les prochaines décennies ? Quelles opportunités pour l’Afrique ? I)Le défi de la paix et de la sécurité L’Afrique est le continent où le nombre de victimes du fait des conflits armés est le plus élevé dans le monde. Les facteurs qui alimentent ces conflits sont de plusieurs ordres. On cite entre autres : L’accès à la terre et aux ressources naturelles (pétroles et produits extractifs). L’accès au pouvoir et de la gestion de ce pouvoir. Le règlement de conflit et de fragilité en Afrique comprend deux aspects. Premièrement, il faut trouver des réponses politiques efficaces aux mutations économiques, sociales et environnementales qui causent le plus de perturbations en Afrique. Deuxièmement, il convient de créer des sociétés et des États résilients, capables de gérer ces pressions. Cela nécessite la mise en place d’institutions démocratiques et de partenariats interdépendants aux niveaux étatique, régional et continental. D’une manière générale, il ne sera pas possible d’assurer la paix et le développement durable sans un dialogue politique sur la bonne gouvernance et le développement démocratique des pays africains. II)Défi démographique Le deuxième défi d’avenir pour l’Afrique est démographique. De nombreux auteurs n’ont pas apprécié de rendre la démographie responsable du sous-développement, alors qu’à leurs yeux, le lien de causalité est l’inverse. Alors comment relever le défi de la démographie, notamment dans le domaine de l’éducation, de la santé et de l’emploi ?  Aujourd’hui, le taux de croissance démographique est très élevé et évolue plus rapidement que le taux de création d’emploi. La croissance rapide de la population active dépasse l’offre d’emplois et rend donc l’accès difficile à l’éducation, aux soins et à l’emploi. L’éducation est certainement l’élément le plus déterminant pour la construction d’un individu et la clé principale de son épanouissement présent et futur. Aussi, l’immense potentiel de la population africaine ne peut devenir un réel atout dans la compétition mondiale sans la formation et l’éducation de qualité. Certes, l’Afrique a connu une amélioration substantielle dans l’augmentation de son capital humain, mais elle demeure malgré tout un continent à fort niveau d’inégalités en termes d’accès à une éducation de qualité. D’après l’UNESCO, 59 millions d’enfants ne sont aujourd’hui pas scolarisés et plus de la moitié vivent au sud du Sahara. A titre d’exemple, au Niger, la moyenne d’âge de la population est inférieure à 15 ans. Ainsi, ce pays est donc confronté à des populations jeunes et non éduquées, 55 % des enfants ne vont pas à l’école primaire dans cette zone, et près de la moitié des 45 % restant en sortent analphabètes. Le système éducatif au Niger est en réel difficulté, avec en plus une jeunesse n’ayant pas de réelle perspective d’emploi. En matière de santé, et malgré des avancées indéniables pour la santé des populations dans les dernières décennies, le continent continue de faire face à des défis sanitaires importants : des pandémies répétées et à un manque de sensibilisation aux gestes de prévention indispensables. Le coût élevé des soins représente quant à lui un obstacle majeur à la guérison, ce qui fait des millions de personnes basculent inutilement dans la pauvreté à cause des dépenses de santé coûteuses.   Aujourd’hui, l’Afrique a tout intérêt, à réguler sa population par le planning familial, par l’espacement des naissances, par l’éducation des filles, par l’instauration de pensions de retraite pour les personnes âgées…     II) Le défi de gouvernance L’un des principaux obstacles qui empêchent les pays africains d’atteindre son développement réside dans la mauvaise gouvernance. La mauvaise gouvernance consiste dans le manque d’institutions fortes et dans des politiques publiques visant les intérêts d’un petit nombre d’individus, notamment les gouvernements et les sociétés multinationales, laissant peu de bénéfices aux populations locales. Partout en Afrique, la notion de bonne gouvernance prend des allures de slogan de campagne électorale ou de projet de société, très souvent vide de contenu et destinée à donner une bonne image du régime à la communauté internationale et aux bailleurs de fonds internationaux, qui font très souvent semblant d’y croire. Pour remédier à cette situation, il est essentiel de garantir la bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques, notamment en rendant publics les contrats d’exploitation et en renforçant les mécanismes de surveillance et de contrôle. Le remède de sous-développement se trouve donc dans les meilleures pratiques de gouvernance. Il est important de s’assurer que le plus grand nombre d’Africains bénéficie du développement économique actuel et futur. Ce souhait ne peut se réaliser que sous l’égide de politiciens compétents et honnêtes, des qualités qui sont loin d’être la règle en Afrique, plus particulièrement en Afrique francophone. La corruption ainsi que ses différentes déclinaisons (clientélisme, recrutement politique, favoritisme, népotisme, etc.) représentent un obstacle de taille devant l’instauration d’une véritable gouvernance, aussi bien institutionnelle qu’économique.      III)Le défi climatique Pendant longtemps, l’Afrique a semblé ne pas être concernée par les problèmes d’environnement et de pollution. L’immensité des espaces (contrairement à l’Europe), la faible densité de population (contrairement à l’Asie du Sud-Est), la très faible industrialisation (contrairement aux USA ou à la Chine), etc : beaucoup de facteurs pouvaient laisser penser qu’elle restait en quelque sorte à l’écart de ces problèmes de pays « riches », de « développés », de « surpeuplés », d’« industrialisés ». Il n’en n’est rien. L’Afrique est tout à fait concernée par les problèmes d’environnement et de pollution. Les pays africains sont confrontés à un défi important : celui du développement. Nombre d’entre eux possèdent des ressources naturelles et minières qui pourraient les aider à se développer mais leur exploitation abusive provoque des catastrophes pour la nature. Ainsi, l’exploitation intensive des ressources et la dégradation de l’environnement constituent deux graves menaces pour l’Afrique

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L’Afrique un continent dévasté par les conflits. Par Abdeljalil Aboulmajd

L’Afrique fait face aujourd’hui à des défis considérables : les conflits interétatiques, la persistance de violence, les chocs économique et géopolitique et aussi le défi de la gouvernance et de la consolidation des Etats. Afin de mieux répondre aux conflits en Afrique, Il est primordial de comprendre ces causes. Les causes des guerres interafricaines Les conflits armés en Afrique sont principalement de nature intra-étatique et interétatique. Parmi les causes extérieures à l’Afrique figure le colonialisme, sous ses différentes formes. Quant aux causes spécifiquement africaines, elles sont essentiellement les suivantes : diversité des situations économiques, querelles de personnes et d’idéologie, tribalisme et l’extrémisme religieux, . Une des premières manifestations concrètes du colonialisme dans le domaine des relations internationales fut la signature du traité de Berlin en 1885. Pour nombre d’auteurs, le simple fait que 44% des frontières africaines suivent les méridiens ou les parallèles et que 30% constituent des lignes droites ou courbes témoigne de leur aspect arbitraire. Quinze États sont enclavés, nombre supérieur à toute autre région du globe, et pas moins de 177 groupes ethniques ou culturels ont été partagés. À l’inverse, certaines d’entre elles n’ont pour ainsi dire pas été démarquées du tout. Tel est le cas d’une majeure partie de la frontière commune au Nigeria et au Cameroun. Afin de faire face aux défis posés, les dirigeants d’États nouvellement indépendants ont pris un certain nombre de mesures politiques et juridiques : en premier lieu, la légitimation des frontières coloniales par l’OUA, qui imposa, dans la résolution signée au Caire en 1964, de «respecter les frontières existant au moment où les États ont accédé à l’Indépendance nationale». Le principe de l’intangibilité est ainsi érigé en dogme et sera ensuite repris par l’UA qui l’inscrit dans l’article 4 de son Acte constitutif. En effet, malgré l’inscription de la notion d’«intangibilité» dans les textes fondateurs de l’UA, l’idée selon laquelle une frontière est immuable est démentie par la réalité du monde, que ce soit en Afrique ou ailleurs. Les tracés actuels peuvent en revanche perdurer et sont appelés à rester tels qu’ils ont été définis par le passé ; les modifier serait une entreprise à l’issue incertaine, d’autant plus que les organisations intergouvernementales internationales, régionales et sous régionales resteront peu disposées à porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale des États. II) La guerre contre le développement Depuis l’indépendance de la plupart des pays d’Afrique de 1956 à 1975, le nombre de conflits qu’a connus le continent est presque impossible à déterminer. Un ensemble complexe de tensions, d’affrontements ouverts ou couverts semble marquer l’Afrique. Rien sans doute ne menace plus le développement du continent que ces conflits interétatiques. Plusieurs auteurs à travers des études pertinentes soutiennent cette affirmation confirmée par diverses sources. Pascal Chaigneau indique que «sur trente-quatre conflits recensés par les polémologues, près de la moitié ont pour théâtre l’Afrique sub-saharienne ». Kouassi Yao ne dit pas autre chose : « Depuis 1952, l’Afrique se présente comme une des zones les plus dynamiques en matière de conflictualité avec près de 80 conflits de toutes sortes ». Quant à Philippe Hugon, il précise qu’«en l’an 2003, 20% de la population africaine et quinze pays étaient concernés par la guerre ». Les dernières années Trois foyers de conflits sont particulièrement actifs en Afrique : l’un s’étend du Nigéria à la Corne de l’Afrique en passant par le Tchad et le Soudan ; l’autre se situe dans la région des Grands Lacs, couvrant la République démocratique du Congo, l’Ouganda et la République Centrafricaine. Au sein de ces zones, il est très difficile à un pays pris isolément de rompre ce cycle de violence sans une résolution plus large à l’échelle régionale. Enfin le Sahel est devenu la troisième zone de conflits aux confins de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb marqué par le conflit du Sahara occidental opposant le Maroc au Polisario. Au sein de ces zones, on peut différencier huit conflits ouverts : ceux de la RDC, du Soudan, et des pays voisins, Tchad, RCA et Ouganda, ceux de Somalie, celui entre l’Éthiopie et l’Érythrée et au Mali. Il faut y ajouter les crises nationales pouvant dégénérer en conflits ou tensions régionales (mouvements Touaregs et islamistes dans l’arc saharo-sahélien, MNED au Nigeria), les mouvements séparatistes (Polisario au Sahara, Flec à Cabinda, en Casamance) ; les tensions ethnico-religieuses pouvant resurgir (Burundi, Kikuyu et nilotiques au Kenya, Liberia, Sierra Leone, Peuls et Malinké en Guinée, Akan, Bété et Dioula ou Senoufo en Côte d’Ivoire…). Toutefois et malgré les progrès enregistrés ces dernières années notamment dans des pays comme l’Angola, la Sierra Leone et le Libéria, l’Afrique demeure l’une des régions les plus frappées par les conflits au monde, le nombre de conflits s’étant accru au cours des récentes années, bien qu’ils soient moins violents que dans le passé. Conclusion : De ce qui précède, il ressort que la paix, la sécurité, la démocratie, la bonne gouvernance ainsi que la bonne gestion économique sont les conditions nécessaires pour le développement de l’Afrique. Il faut donc aborder les problèmes créés par la guerre, les conflits et la prolifération d’armes en Afrique, ainsi que la promotion de la paix et de la stabilité sur le continent africain. Conflits, guerres, insécurité constituent des obstacles au développement et devaient être extirpés en vue d’un développement durable. Pour aller plus loin : -Déborah Guidez « La viabilité des frontières africaines au regard des revendications d’ordre identitaire » Institut Royal Supérieur de Défense, Centre d’Etudes de Sécurité et Défense Bruxelles 2015. -Hanspeter Strauch : l’O.U.A. et les conflits frontaliers dans Le mois en Afrique, n° 22 d’octobre 1967. -Lefebvre Camille, « L’Afrique n’est pas victime de ses frontières ! », Le Monde, 06/04/2015. -Pascal Chaigneau «Pour une typologie des conflits africains » in Des conflits en mutation? : De la guerre froide aux nouveaux conflits, Actes du colloque de Montpellier, 6-9juin 2001. -Philippe HUGON « Les conflits armés en Afrique : apports, mythes et limites de l’analyse économique » in revue Tiers Monde, t. XLIV, N° 176, octobre-décembre 2003.

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La sécurité alimentaire est un enjeu de souveraineté pour l’Afrique Par Abdeljalil Aboulmajd

« L’homme qui a faim n’est pas un homme libre » Félix. Houphouët-Boigny. La crise sanitaire, suivie de la guerre en Ukraine, a durement impacté l’économie mondiale. La croissance a reculé et l’inflation a explosé. Les pays développés ont résisté à ces chocs alors que ceux de l’Afrique continuent d’en souffrir. Le fossé s’est ainsi creusé entre les pays riches et les pays pauvres. Dans ce contexte la sécurité alimentaire est mise à rude épreuve. Changement climatique, augmentation démographique et épuisement des ressources naturelles viennent faire vaciller les efforts mis en œuvre pour lutter contre l’insécurité alimentaire et les problèmes de nutrition. Les questions auxquelles nous essaieront de répondre sont les suivantes : Qu’est -ce que la sécurité alimentaire ? Qu’est-ce que la souveraineté alimentaire ? Pourquoi la sécurité alimentaire est un enjeu pour l’Afrique ? I) Qu’est-ce que la sécurité alimentaire ? Le droit à l’alimentation est reconnu par la charte universelle des droits de l’homme des Nations Unies de 1948. Il s’inscrit aujourd’hui dans le cadre plus précis de l’alimentation durable et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle définies par la FAO en 2010 et 2012. Ce droit se trouve implicitement présent dans la plupart des 17 objectifs de développement durable à l’horizon 2030 adoptés par l’Assemblée Générale des Nations Unies fin 2015. Telle que définie par le Comité de la Sécurité Alimentaire mondiale la sécurité existe lorsque « tous les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. ». Elle repose en ce sens sur quatre piliers : l’accessibilité, la disponibilité, la qualité et la stabilité, du pouvoir d’achat notamment. II) Qu’est-ce que la souveraineté alimentaire ? La question de souveraineté alimentaire est au cœur des préoccupations des pays africains. La pandémie liée à la Covid-19 et la guerre en Ukraine ont mis à nu les fragilités des Etats africains en la matière. Une problématique saillante est ainsi apparue : la dépendance vis-à-vis de l’étranger, particulièrement en ce qui concerne le blé. De façon générale, La souveraineté alimentaire peut se définir comme la faculté de déterminer librement pour un Etat ou un peuple ce qu’il doit produire sur le plan alimentaire. La notion établit un lien entre peuple souverain et production agricole. Le droit à l’alimentation peut se lire ainsi comme une manifestation du retour de l’État-nation souverain. Par contre, la sécurité alimentaire serait de l’ordre du court terme. Il faut satisfaire les besoins immédiats et nutritionnels des populations, manger au quotidien à sa faim, boire une eau saine et de qualité, et se soigner.  Mais en vérité, il n’y a pas de contradiction ou d’opposition entre les deux concepts, il y a plutôt une articulation voire une complémentarité entre les politiques de souveraineté et de sécurité alimentaire. On parlerait de sécurité/souveraineté alimentaire, pour monter qu’il ne peut y avoir l’une sans l’autre pour des soucis de cohérence d’une politique alimentaire et nutritionnelle globale. Ainsi, en Afrique nourrir une population toujours plus importante impliquera la multiplication par trois de la production agricole africaine d’ici 2050.  Le lien étroit entre sécurité alimentaire et hausse des températures, ainsi que la capacité à faire face à la dégradation des écosystèmes, constituent dans ce siècle l’un des enjeux majeurs en Afrique. Pour cela, il convient à la fois réduire les pertes et accroitre les rendements. Il est également essentiel de maintenir un mode d’agriculture à faible impact environnemental, non plus uniquement en limitant l’utilisation des pesticides ou des méthodes agricoles intensives, mais aussi grâce aux leviers que proposent dès aujourd’hui les nouvelles technologies. Des solutions existent pourtant. Ainsi, pour affermir l’agriculture africaine, il convient de renforcer le droit de propriété, protéger les filières locales, instaurer de nouveaux mécanismes de financement, et investir dans les infrastructures. Autant de points pour lesquels l’intégration régionale peut apporter une réponse décisive. III) La sécurité alimentaire : un enjeu stratégique La lutte contre l’insécurité alimentaire constitue une priorité affichée en termes de droits humains, pour le développement et la stabilité du monde. En Afrique malgré les progrès réalisés dans de nombreux pays, l’Afrique reste le continent le plus affecté par l’insécurité alimentaire en termes de proportion de la population concernée. A n’en pas douter, la sécurité alimentaire sera l’un des grands enjeux du continent tout en long de ce siècle. D’ailleurs, d’ici à 2050, 60 % de l’augmentation de la population mondiale se produira en Afrique, et le continent africain sera le seul dont la population rurale aura continué à croître (+ 35 %).   Le Nigeria pourrait compter 800 millions d’habitants à la fin du siècle. L’Afrique devra satisfaire une demande alimentaire qui sera supérieure de plus de 160 % à ce qu’elle est aujourd’hui. Avec l’augmentation de la population d’ici 2050, le défi est de taille, si l’on en croit les chiffres communiqués par la BAD. A l’échelle mondiale, 828 millions de personnes souffrent de la faim, dont 249 millions, soit un tiers, se trouvent en Afrique.  Bien qu’il dispose de 65% des terres arables restantes pour nourrir 9 milliards de personnes dans le monde d’ici 2050, le continent importe plus de 100 millions de tonnes métriques de nourriture pour un coût de 75 milliards de dollars par an. Pourtant, l’Afrique dispose d’un potentiel à la hauteur du défi. Elle importe jusqu’à 85 % de ses denrées, alors qu’elle dispose de plus de 700 millions d’hectares de terres arables non exploitées. Deux fois la superficie de la zone UEMOA… Elle a à sa disposition parmi les plus grands fleuves du monde (Nil, Congo), mais seulement 3 % de ses terres sont irriguées, contre plus de 20 % dans le monde. Son sous-sol regorge de très importants gisements de phosphates (Maroc, Sénégal, Togo, Algérie…), mais la consommation d’engrais y est dérisoire (13 kg par hectare, contre 190 kg en Asie de l’Est selon la FAO). L’Afrique est la seule région au monde où la production agricole par habitant a baissé ces deux dernières décennies, avec des rendements à l’hectare en moyenne

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L’Afrique face au défi démographique par Abdeljalil Aboulmajd

La question démographique a toujours été très sensible. De nombreux auteurs n’ont pas apprécié de rendre la démographie responsable du sous-développement, alors qu’à leurs yeux, le lien de causalité est l’inverse. Nous tenterons ici de répondre à quelques questions : Comment relever le défi de la démographie? Quels sont les impacts de la croissance démographique sur la jeunesse, notamment dans le domaine de l’éducation et de l’emploi ? Le développement tant attendu ne sera-t-il pas compromis par le poids de la démographique ? Le continent est en pleine transition démographique, ce qui fait que la population continue d’augmenter rapidement, entraînant l’exode rural. 1) Histoire démographique africaine : Il convient de souligner que l’Afrique a connu des périodes de croissance démographique différentes, à partir du XVIIIème siècle. 1)Au XVème et XVIème, l’Afrique est décrite par l’historienne Louise-Marie Diop Maes dans son  article  « Essai d’évaluation de la population d’Afrique Noire au XVème et XVIème siècle » comme un continent fort peuplé, au rythme démographique soutenu, mais interrompu par les débuts de la traite négrière, dont elle décrit aussi les effets et les pratiques de manière très évocatrice. 2) Du début du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle, l’Afrique marquée par de nombreuses guerres, par l’esclavage et par la colonisation, est généralement considérée comme une période de stagnation démographique pour le continent: sa population serait passée de 113 millions d’habitants en 1600 à 138 millions seulement en 1900. 3) De 138 millions d’habitants en 1900, la population de l’Afrique est passée à environ 275 millions dans les années 1950-1960, puis à 640 millions en 1990 et à 1,4 milliard en 2022 soit 18 % de la population mondiale. Le Nigeria incarne ce boom démographique pour le continent. Avec 211 millions d’habitants, il représente  aujourd’hui le septième pays le plus peuplé au monde. En 2050, il sera troisième directement après l’Inde et la Chine avec 410 millions d’habitants et devant les Etats-Unis. Si l’Afrique représente aujourd’hui 18 % des 8 milliards d’humains, le continent en représentera environ 26 % en 2050 et 40 % en 2100, selon les prévisions de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette vitalité démographique est liée, comme ailleurs par le passé, à la combinaison d’une mortalité en baisse et de taux de natalité encore élevé. Le recul de la natalité, amorcé dans les années 1960-70, ne s’est pas poursuivi au même rythme partout sur le continent, ce qui incite à se méfier des statistiques globales qui masquent la diversité des situations entre plusieurs Afrique démographiques. Ainsi,  l’explosion démographique ne concerne que l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est, notamment  la République Démocratique du Congo, l’Egypte, l’Ethiopie, le Nigéria et la Tanzanie. Par contre le Maghreb est sur le point d’achever sa transition démographique. En Algérie, au Maroc et en Tunisie le nombre d’enfants par femme est ainsi passé de 5 à moins de 3 en une vingtaine d’année. Dans ces pays, 60 à 70 % des femmes de 15 à 49 ans ont recours à des techniques de contraception, ce qui correspond à la moyenne mondiale. L’Afrique est aujourd’hui en face à des défis à relever demeurent à la taille de ce continent, dont la population est de plus en plus nombreuse  ce qui suppose des infrastructures adaptées, des logements, des hôpitaux. Or, cela nécessité des investissements que tous les Etats ne sont pas en mesure d’opérer. Cela se voit notamment dans les grandes villes africaines, qui ne peuvent planifier leur urbanisme. En conséquence, les bidonvilles s’étendent. II) Défis posés par la démographie en Afrique Soixante ans après les indépendances, l’Afrique est face à des défis considérables notamment en matière d’éducation et d’accès aux soins. L’éducation en Afrique est certainement l’élément le plus déterminant pour la construction d’un individu et la clé principale de son épanouissement présent et futur. Aussi, l’immense potentiel de la population africaine ne peut devenir un réel atout dans la compétition mondiale sans la formation et l’éducation de qualité. Certes,  l’Afrique a connu une amélioration substantielle dans l’augmentation de son capital humain, mais elle demeure malgré tout un continent à fort niveau d’inégalités en termes d’accès à une éducation de qualité. D’après l’UNESCO, 59 millions d’enfants ne sont aujourd’hui pas scolarisés et plus de la moitié vivent au sud du Sahara. En matière de santé, et malgré des avancées indéniables pour la santé des populations dans les dernières décennies, le continent continue de faire face à des défis sanitaires importants : des pandémies répétées et à un manque de sensibilisation aux gestes de prévention indispensables. Le coût élevé des soins représente quant à lui un frein majeur à la guérison. Certes,  des  pays africains sont avancés en matière de couverture sanitaire (Afrique du Sud, Tunisie, l’Algérie, l’Ethiopie…)  en comparaison avec d’autres pays mais malheureusement les soins médicaux sont souvent hors de portée, ce qui fait des millions de personnes basculent inutilement dans la pauvreté à cause des dépenses de santé coûteuses.     Conclusion Si quelques des pays d‘Afrique ont accompli des progrès considérables au cours de la dernière décennie, un certain nombre d‘obstacles restent à surmonter pour installer durablement la croissance et assurer un développement soutenable. Les défis sont importants : réduire les inégalités sociales et spatiales, améliorer la qualité de l’éducation et de la formation, structurer la protection sociale. L’urgence est là, et c’est aujourd’hui que les décisions majeures doivent être prises. Les décisions prises aujourd’hui en matière d’infrastructures, d’éducation et de la formation auront un impact réel sur les opportunités et les choix qui s’offriront aux africains et africaines dans un avenir lointain. Pour aller plus loin -Francis Gendreau «Démographies africaines»  Éditions ESTEM, Paris, 1996. -Louise-Marie Diop-Maes  «Essai d’évaluation de la population de l’Afrique Noire aux XVe et XVIe siècles» dans la revue Population en 1985. -Benoît Ferry  «L’Afrique face à ses défis démographiques Un avenir incertain» Coédition AFD – CEPED – KARTHALA, Paris  2007. -Peter Allen «Vers une nouvelle science des systèmes humains» RISS, no 119, fév. 1989.

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Pour un nouveau partenariat entre l’Afrique et l’Europe

Les relations entre les pays africains et l’Europe sont anciennes. Elles reposent sur un passé historique colonial lourd, des échanges culturels et commerciaux importants, et des liens économiques et politiques évidents. L’action extérieure de l’Europe cherche aujourd’hui encore ses marques dans la relation à établir avec les pays d’Afrique : le passé colonial de certains des membres de l’UE crée parfois une difficulté supplémentaire tandis qu’il peut être à l’origine de relations privilégiées. Les institutions européennes recherchent un équilibre entre leur volonté de transmission des valeurs démocratiques et l’expansion économique, non sans intérêt dès lors que l’Union représente 80% de l’aide publique destinée aux pays africains et qu’elle en est le principal partenaire commercial. Le dialogue politique eurafricain semble ainsi porter sur une négociation unilatérale se heurtant souvent aux intérêts nationaux africains. I) Vers une «nouvelle alliance» salutaire ? L’Europe et l’Afrique partagent de nombreux intérêts communs, qu’il s’agisse d’une économie et d’un climat des affaires favorables ou de questions sécuritaires. Jean-Claude Juncker, ancien président de la Commission européenne, a proposé une Alliance Afrique-Europe pour des investissements et des emplois durables qui vise à stimuler les investissements stratégiques européens et à rehausser les échanges commerciaux entre partenaires. Ces projets exploitent le potentiel que représenterait la création de la zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) et semblent d’apparence apporter de nouvelles logiques à cette relation. Pourtant, il conviendra de veiller attentivement à ce que ne s’opèrent des dérives et une réinvention néo-colonialistes de ces divers projets. Les différents objectifs rappellent effectivement étrangement les initiatives chinoises présentées dans la déclaration de Beijing. Cette «nouvelle alliance» trouvée entre l’Union européenne et les pays africains semble salutaire. Les Européens paraissent avoir compris certaines des erreurs passées, notamment en ce qui concerne des accords économiques déséquilibrés et des relations diplomatiques inégales. Ces engagements apparaissent cependant bien dérisoires face à l’image ternie de l’Europe dans certaines régions d’Afrique et au regard de la politique agressive des Chinois. II) Une architecture institutionnelle inadaptée  Le partenariat Afrique-UE repose sur un dialogue formel composé de réunions organisées entre homologues africains et européens. Les chefs d’État et de gouvernement se réunissent tous les trois ans lors de sommets Union Africaine-UE et durant lesquels sont discutées et définies les orientations politiques de la coopération. Des réunions ad hoc ainsi que des rencontres parlementaires existent, tout comme des dialogues thématiques spécifiques. Cependant, l’architecture institutionnelle des relations marque par la fréquence de ces réunions. Il s’agirait de permettre une régularité bien plus importante pour rapprocher les deux continents dans les différents enjeux qu’ils doivent affronter. III) La question migratoire : sujet de tensions Le contrôle des migrations en provenance des pays africains est un sujet brûlant dans les sociétés européennes. Les dirigeants européens et africains sont très divisés sur le sujet, et sur la manière d’aborder la politique migratoire. Les chefs d’État et de gouvernement européens souhaiteraient conclure des accords de retour des migrants avec les pays africains au sein des nouveaux accords de Cotonou dont les discussions ont déjà débuté. L’Union européenne a d’ores et déjà fait part de son intention de prioriser le contrôle des migrations dans les prochains accords en conditionnant l’aide et les futurs investissements financiers aux pays africains. Cette position paternaliste, voir même assujettissante, rappelle un néo-colonialisme brutal pour l’Afrique. Les accords eurafricains sont caractérisés par une inégalité frappante dans les rapports de forces, principalement du fait de la dépendance des pays africains face à l’Europe. L’ensemble des structures (financières, techniques et politiques…) maintiennent ou créent un rapport de dépendance structurelle sur le plan économique. Si la « nouvelle alliance » proposé par l’Union semble s’affranchir en partie de ce processus, le néo-colonialisme européen ne saura disparaître. Les Européens doivent se poser les bonnes questions. La présence en Afrique est-elle vraiment bénéfique ? Pour les européens, , évidemment ! Pour les peuples africains… ? En effet, l’unilatéralisme qui caractérise les accords eurafricains des dernières décennies conditionnent l’octroi des aides au développement à l’implantation d’entreprises européennes. Cette expansion économique des Européens ne profite toutefois pas à un développement économique durable en Afrique. De même, comment s’affranchir de l’Histoire commune en s’émancipant de ce néo-colonialisme ? La difficulté principale réside dans l’incapacité à imaginer un monde dépourvu de dominant et de dominé, entendu comme un rapport de contrainte. Il faudrait être probablement plus à l’écoute des peuples d’Afrique pour éviter la répétition des erreurs passées, qu’il s’agisse du néo-colonialisme ayant fait suite à la colonisation de certains États européens ou par exemple des difficultés quant au respect du principe de non-ingérence dans les pays africains. La prise de conscience européenne serait pourtant insuffisante à la réinvention du modèle des relations eurafricaines. Le concept de néo-colonialisme ne suffit pas à comprendre cette domination. Les pays africains doivent prendre conscience de leur responsabilité dans cette relation déséquilibrée dans laquelle ils acceptent volontairement les systèmes de valeurs, les schémas de pensées et les modèles économiques. Il est peut-être temps de  comprendre ensemble les intérêts européens  communs et que les élites intègrent aux relations eurafricaines une dimension psychologique, en ce qui concerne la perception mutuelle des populations des deux continents, et sociale par une prise de conscience du bien-être des peuples africains dans les relations économiques et diplomatiques eurafricaines.

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La Géopolitique de l’eau

Qu’elle soit naturelle ou produit de l’activité humaine, la désertification des sols pose des problèmes auxquels le mode devra faire face dans un futur proche. La Convention des Nations Unies définit la désertification comme la dégradation des terres dans les zones arides, semi arides et subhumide sèche, par suite de divers facteurs liés au climat ou à l’activité humaine. Le problème grandissant depuis plusieurs décennies déjà, a poussé l’ONU en 1992 à proposer une convention mondiale sur la lutte contre la désertification. Quels sont les enjeux géopolitiques de l’eau  et comment lutter contre le phénomène désertification? Le problème grandissant depuis plusieurs décennies, a poussé l’ONU en 1992 à proposer une convention mondiale sur la lutte contre la désertification. Quels sont les enjeux géopolitiques de l’eau ? Nous étudierons cela au cours de cet article en nous intéressant à une zone particulièrement touchée qui est le monde arabe, cette région qui se trouve au sud de la méditerrané. Si les pays arabes sont richement dotés en pétrole, en revanche  ils sont pauvres en eau : 5% de la population mondiale, mais seulement 1% des ressources, et encore sont-elles (comme le pétrole) très inégalement réparties. Seuls l’Irak, le Liban le Maroc et le Soudan se situent actuellement un peu au-dessus du seuil de 1000 mètres cubes/habitant/an qui est considéré comme nécessaire dans un contexte économique de développement normal. Les autres pays sont tous en dessous, même l’Égypte malgré le Nil, parce qu’en plus des éventuelles conséquences du barrage la renaissance l’Egypte est très peuplé. Et  la croissance démographique encore rapide d’un certain nombre de pays arabes devrait contribuer à aggraver la situation. Qui plus est, l’essentiel des ressources en eau du monde arabe lui vient d’autres régions : les grands fleuves des pays arabes : Euphrate et Tigre, ont leur source en Turquie (88% du débit de l’Euphrate, et 40% de celui du Tigre, et le Nil ou dans des pays africains non arabes (86 % des eaux du Nil et 95% de ses eaux de crue viennent d’Ethiopie. Enfin une partie de ces ressources est actuellement gaspillée, notamment par une agriculture archaïque et dont on n’arrive à faire évoluer que très lentement les méthodes. A un degré moindre que pour les bassins de Mésopotamie et du Nil, la question politique d’Israël est aussi une question liée à l’eau, l’Etat juif contrôlant depuis 1967 les sources du Jourdain, au détriment notamment de la Cisjordanie et de la Jordanie. Cette question passe un peu inaperçue seulement à cause de la gravité des autres. 2/3 des besoins en eau de l’Etat d’Israël sont pompés à partir de ressources qui lui sont extérieures (notamment la nappe phréatique de Cisjordanie). Les eaux des territoires occupés ont été déclarées « ressources stratégiques » et sont sous contrôle militaire de la puissance occupante. La conséquence directe du problème de l’eau est la dépendance alimentaire, quasiment irréversible à terme prévisible, du monde arabe. Si le monde arabe dispose de l’arme du pétrole, il se trouve donc inversement sous la menace d’une famine virtuelle. La demande alimentaire en est au rythme du doublement tous les 20 ans à cause à la fois de la croissance démographique et de la modification des habitudes alimentaires (qui incluent davantage de viande, laquelle demande plus de productions agricoles que l’alimentation simplement végétale). Irak et Égypte ne produisent que 5% de leur nourriture, l’Algérie seulement 40% : et encore s’agit-il des pays arabes qui ont le plus fort potentiel agricole du monde arabe ! La conséquence de cette dépendance alimentaire est une constante sortie de devises de ces pays, une obligation d’exporter pour se nourrir, une grande dépendance des gouvernements à la question des subsistances, qui est en elle-même porteuse d’instabilité politique. Or aucune politique d’autosuffisance alimentaire n’a pu être mise efficacement en place, sauf en Arabie saoudite où on produit du blé à prix d’or, grâce à une manne pétrolière qui est cependant en passe de devenir insuffisante et au pompage de nappes phréatiques non renouvelables (eau captive, comme le pétrole). Quant au phénomène  de la désertification, les scientifiques s’accordent à penser que la désertification est causée d’une part par le réchauffement climatique et d’autre part par l’activité humaine sur les zones concernées. Le changement climatique global que connaît notre planète est un cercle vicieux où de nombreux facteurs rentrent en jeu, concrètement l’augmentation de CO2 dû à l’activité humaine en parallèle avec une déforestation massive à pour effet d’intensifier l’effet de serre et donc d’augmenter la température moyenne de la Terre. Les conséquences sont des dérèglements climatiques et dans notre cas les sols sont exposés à des brulures dues aux UV solaires, à l’érosion provoquée par le vent et l’écoulement de pluies rares et violentes. La terre devient érodée et stérile et forme des plaques désertiques appelées «zipelés». L’activité humaine locale est une autre composante importante de la désertification. Il est intéressant de noter qu’il n’y a pas seulement des causes modernes. Des indices laissent à penser que les humains, depuis près de 3000 ans, participent à ce phénomène en coupant le bois des forêts et en exploitant les terres. L’aggravation est cependant beaucoup plus importante au cours des deux derniers siècles. En effet, la poussée démographique a eu pour conséquence une surexploitation des terres et du bois. Les terres sont surexploitées afin de produire plus de nourritures. La déforestation fragilise aussi les sols qui ne sont plus tenus par les racines des arbres et ceux-ci ne peuvent pas repousser car les ruminants mangent sans cesse les jeunes pousses. La désertification est donc un cycle qui «s’auto entretient» et qui est aggravé par l’activité humaine. La désertification est un grand défi qui touche environ deux milliards de personnes de nos jours, sans compter que les prévisions démographiques prévoient qu’il faudra nourrir neuf milliards d’êtres humains d’ici 2050. Il n’est pas difficile d’imaginer que la géopolitique de l’eau sera donc un enjeu principal de notre futur. Les régions les plus touchées se situent en Afrique, au Nord et au Sud du Sahara, une grande partie de l’Asie orientale et centrale

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