Religions en Afrique : déchiffrer un paysage en constante transformation

Le continent africain est marqué par la grande diversité de ses expressions religieuses. Cependant, dans le débat international, il est souvent réduit à un affrontement simpliste entre islam et christianisme. Dans l’ouvrage l’Afrique des religions, à l’épreuve des chiffres et des catégorisations , qui vient de paraître aux éditions Maisonneuve & Larose-Hémisphères, et qu’il a co-dirigé avec Nathalie Bernard-Maugiron, juriste et directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, et Aurélien Dasré, démographe et maître de conférences à l’Université Paris Nanterre, Marc-Antoine Pérouse de Montclos, politiste et directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, revient sur les histoires locales et les pratiques sociales qui ont forgé la pluralité religieuse du continent, en croisant anthropologie, démographie, droit et sciences politiques. Extrait de l’introduction. Terre de mission par excellence, l’Afrique intéresse le religieux à bien des égards. Du fait de sa vitalité démographique, d’abord, elle fait l’objet de vifs débats sur l’ampleur, la nature et la profondeur de son islamisation et de son évangélisation, alors que les communautés de croyances des deux plus grosses religions abrahamiques sont elles-mêmes travaillées de l’intérieur par des contestations salafistes et pentecôtistes. L’Afrique subsaharienne, qui plus est, a toujours été une aire d’étude privilégiée pour les anthropologues des religions dites « traditionnelles », « fétichistes », « naturistes » ou « endogènes ». Historiquement, enfin, le continent a joué un rôle important dans le développement de l’islam et de la chrétienté. Avant même l’hégire vers Médine du prophète Mohammed, l’Abyssinie copte a ainsi accueilli des musulmans persécutés par l’aristocratie mecquoise. Sur la péninsule arabique, le premier muezzin de l’islam, Bilal ben Rabah, était quant à lui un esclave noir éthiopien. De leur côté, les pères fondateurs de l’Église comprenaient d’illustres figures comme saint Cyprien de Carthage, le théologien tunisien Quintus Tertullien ou bien encore Augustin d’Hippone, évêque de Numidie, dans l’actuelle Algérie. Pendant plusieurs siècles, le patriarcat d’Alexandrie a par ailleurs compté le plus grand nombre de chrétiens de l’Empire byzantin avant d’être officiellement détrôné par la « nouvelle Rome », Constantinople, au concile de Chalcédoine qui, en 451, le relégua au troisième rang dans la hiérarchie ecclésiastique. De l’Abyssinie copte jusqu’au royaume du Kongo, n’oublions pas non plus que des christianismes africains ont pu se développer avant l’occupation coloniale, qui fut bien plus tardive qu’en Amérique du Sud ou en Asie. L’arrivée des Européens a alors eu pour particularité de transposer les questionnements sur le religieux dans le registre d’un projet civilisationnel. Bien que leurs relations avec les autorités coloniales aient parfois été tendues, les missionnaires chrétiens ont ainsi précédé puis accompagné la conquête de territoires perçus comme « sauvages » et « arriérés ». Une fois passé le temps des résistances et des révoltes, les clercs musulmans ont, de leur côté, collaboré avec des puissances impérialistes qui, en dépit de craintes fort anciennes sur l’islam, ont fini par adopter des positions pragmatiques en vue de se concilier les bonnes grâces d’alliés de circonstances, notamment au Sahel. Parallèlement, le développement d’administrations étatiques et d’économies marchandes a bouleversé les cultes dits traditionnels ou agraires. L’ère coloniale a en effet consacré le grand basculement des populations d’Afrique subsaharienne dans le monothéisme en favorisant des conversions massives à l’islam ou à la chrétienté. La période des indépendances a ensuite renouvelé les enjeux sociaux et politiques du religieux. Les catholiques et les anglicans, notamment, ont perdu leur position d’autorité face à la prolifération d’églises « indépendantes » puis « pentecôtistes » qui, pour certaines d’entre elles, existaient déjà depuis plusieurs décennies. En pleine guerre froide ont par ailleurs émergé de nouveaux acteurs du réveil islamique qui ont été qualifiés, tantôt de fondamentalistes, tantôt de réformistes. Dans un premier temps, les salafistes se sont surtout opposés aux traditionalistes soufis et n’ont guère inquiété les pays occidentaux du fait de leur profonde hostilité au bloc communiste et à l’athéisme marxiste. Mais la guerre « globale » contre le terrorisme et le djihadisme a bientôt remis en cause certains des paradigmes qui avaient jusqu’alors dominé les analyses du religieux en Afrique. À l’orée du XXIe siècle, on a en effet assisté à une floraison d’études sur le salafisme et la « radicalisation de l’islam ». Dans le même temps, les recherches sur l’Église catholique ou les protestants « orthodoxes » sont tombées en désuétude au profit d’un intérêt renouvelé pour des mouvements évangéliques, pentecôtistes et prophétiques parfois qualifiés de syncrétiques. Les termes du débat n’en ont pas moins continué d’être encadrés par des catégories d’analyse juridiques, démographiques et sociologiques qui dataient en grande partie de la période coloniale. Un débat scientifique en plein renouvellement Ce livre a pour ambition de revisiter les questions religieuses à l’épreuve des chiffres et des catégorisations, entendues ici comme des typologies dans les recensements et des listes de cultes reconnus sur le plan juridique. Dans le cadre d’une approche empirique et sans prétentions théoriques, l’objectif est notamment de confronter les catégories officielles des autorités étatiques avec les réalités du terrain et les diverses interprétations locales ou nationales des phénomènes qualifiés de religieux. Les chapitres constitutifs de l’ouvrage portent non seulement sur les musulmans et les chrétiens, mais aussi sur des ensembles hybrides et difficilement définissables au regard des récits dominants sur les appartenances confessionnelles à une échelle globale. C’est donc dans le rapport aux autres communautés de croyances et dans les contours de chacune d’entre elles que les études qui suivent visent à comprendre les transformations religieuses en Afrique. Résolument pluridisciplinaire et innovante, la démarche mobilise des spécialistes du droit, de la démographie, des sciences politiques, de l’anthropologie, de l’histoire et de la science des religions. Elle fait le pari qu’on peut effectivement comparer des systèmes de croyances. Dans le même temps, les auteurs de ce volume reconnaissent pleinement les spécificités des communautés qu’ils analysent. Ils ne cherchent nullement à soutenir que certains concepts d’ordre théologique seraient transposables d’une religion à l’autre. Ils n’ont pas non plus la prétention de produire une synthèse de nos connaissances à partir d’une littérature académique déjà très riche et fort abondante sur la définition des religions, des systèmes de croyances et des communautés de foi en Afrique et, d’une manière générale, dans le

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La sécurité et la défense africaines au défi du changement climatique

Bastien Alex, Alexandre Taithe, « La sécurité et la défense africaines au défi du changement climatique  » Revue n° 882 Été 2025 – p. 70-77. Le changement climatique affecte l’Afrique et a un impact direct sur la sécurité et la défense. Les vulnérabilités se sont accrues, fragilisant les populations et renforçant la compétition pour les ressources. Cela oblige à revoir les modèles d’armées pour augmenter leurs capacités à agir pour mieux répondre à ces nouveaux défis. L’environnement en Afrique se modifie sous l’action des changements climatiques, réalité à laquelle le continent africain n’échappe pas. L’augmentation de la température moyenne y atteint 0,86° C par rapport à 1990, les canicules, marines notamment, se multiplient, comme les épisodes pluviométriques extrêmes. Au-delà des évolutions elles-mêmes, d’ampleur aussi importantes que celles qui toucheront l’Europe, ce sont bien leurs conséquences sur les systèmes humains qui préoccupent aujourd’hui, leurs capacités de résilience demeurant limitées. Si le changement climatique fragilise les systèmes de gouvernance et accentue les inégalités de développement en Afrique, il risque également d’y amplifier les tensions à différentes échelles et leur dimension sécuritaire, faisant de ce continent l’un des plus vulnérables (1). De fortes contraintes opérationnelles pèsent déjà sur les forces de sécurité africaines (budgets restreints, sous-équipement, déficit de formation, corruption) (2). À ces difficultés chroniques s’ajoutent désormais les impacts du changement climatique qui en aggravent la portée. Dans ce contexte, l’analyse de risque et une préparation opérationnelle à la mesure des impacts seront déterminantes pour que les armées conservent ou développent des capacités d’action dans un environnement naturel de plus en plus contraint. Changement climatique et défis sécuritaires en Afrique Des tendances climatiques marquées Globalement, le climat africain va se réchauffer et voir la variabilité interannuelle et inter-décennale des précipitations augmenter, comme l’ampleur des phénomènes extrêmes, le tout dans un contexte de croissance démographique continue (près de 4 milliards d’habitants en 2100 contre 1,5 aujourd’hui). Au sein des cinq sous-régions identifiées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC ou IPCC), on distingue les tendances suivantes d’ici la fin du siècle (3) : • En Afrique du Nord, la température devrait augmenter de 1,5 °C comparé à 1994-2005 et le nombre de jours chauds s’accroître de 90 %, avec un recul des précipitations annuelles (ouest notamment) et une extension de la période de sécheresse de deux mois à quatre mois dans le scénario RCP8.5. • En Afrique de l’Ouest, les températures maximales augmenteront davantage que les moyennes et le nombre de jours de chaleur dangereuse (+ 40 °C) par an doublera (+ 150 jours), quand les précipitations devraient se réduire à l’ouest de la sous-région, accompagné d’un raccourcissement de la saison des pluies et d’une augmentation des pluies intenses.• En Afrique de l’Est, si les modèles donnent les mêmes tendances de température que pour l’Afrique de l’Ouest, aucun modèle (pattern) clair ne se dégage pour les précipitations, ce qui implique également de fortes variations d’une année sur l’autre. • En Afrique centrale, la hausse des températures sera comprise entre 2 et 4 °C d’ici la fin du siècle, avec une hausse des jours à plus de 35 °C (+ 30, soit une centaine au total). Le manque de données ne permet pas de conclure concernant l’évolution des précipitations. • L’Afrique australe connaîtra une hausse de la température moyenne de 1,2 à 3,1 °C en fonction de la trajectoire mondiale, ainsi que du nombre annuel de vagues de chaleur. Les précipitations devraient se réduire pendant la saison des pluies estivales. La zone de maximum d’intensité des cyclones se déplacera vers le sud dans l’océan Indien, dont le réchauffement favorisera la formation de ces phénomènes extrêmes.

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Les frontières africaines existaient avant la colonisation

Par Camille Lefebvre, historienne, directrice de recherche au CNRS, directrice d’études à l’EHESS, PI de l’ERC Langarchiv et membre de l’Institut des mondes africains. On dit souvent que les frontières africaines seraient artificielles parce qu’elles auraient été tracées par les colonisateurs. Mais, toutes les frontières du monde sont artificielles. Les frontières sont des artefacts, des constructions humaines. Ce sont toujours des pouvoirs politiques qui imposent depuis le centre des frontières à des régions éloignées. L’idée que les frontières africaines sont uniquement le résultat de la colonisation est d’ailleurs une idée coloniale. Le partage de l’Afrique, représentation d’une construction coloniale En 1884, a lieu la conférence de Berlin dont le but est de réglementer les prochaines implantations coloniales sur le continent africain. En marge de cette conférence, Européens et Ottomans produisent des discours mettant en scène les puissances impérialistes se distribuant le continent. Des gravures, des livres, des cartes sont publiés en français, en anglais, en espagnol et en turc, dans lesquels on glose sur le gâteau africain que l’on serait en train de se partager. Sur le continent, la réalité est tout autre, l’occupation coloniale n’est pas achevée, voire n’a pas commencé. Ce récit du partage de l’Afrique relève de la propagande coloniale et permet aux Européens et aux Ottomans d’affirmer leur supériorité en construisant l’idée d’un continent africain vide de pouvoir politique. -Des frontières tracées avant la colonisation Pourtant, lorsque les colonisateurs français, britanniques et autres arrivent en Afrique à la fin du 19è siècle et y tracent des frontières, contrairement à ce qu’ils disent, ils n’arrivent pas dans un espace vide, dans un no man’s land, ou dans une anarchie indifférenciée. Sur le terrain, ils font face à des souverains, souvent à des États. Ils utilisent des routes et traversent des frontières qui existent déjà. Prenons un exemple : la frontière du Niger et de l’Algérie, une frontière ligne droite souvent utilisée pour démontrer l’artificialité des frontières africaines. Bien avant la colonisation du Sahara par la France au début du 20è siècle, la zone était une étape sur la route des caravanes transsahariennes entre Tripoli et Kano, entre la Libye et le Nigéria d’aujourd’hui. Ce commerce caravanier de longue distance était soumis à des règles strictes et la sécurité des hommes et des marchandises y était garantie par les pouvoirs politiques. Loin de l’image d’Épinal d’un désert sans frontière, il existait là une limite entre deux souverains touaregs, le sultan de l’Aïr et l’aménokal des Kel Ahaggar. Pour entrer sur le territoire du sultan de l’Aïr, les caravanes et les voyageurs devaient d’abord s’arrêter à Assamaka et envoyer une lettre rédigée en arabe, la langue des chancelleries de la région, afin d’obtenir le droit de poursuivre leur route. Une fois autorisées à continuer, les caravanes devaient de nouveau s’arrêter à Iferouane où le représentant du sultan de l’Aïr percevait une taxe sur les marchandises, appelé fito. Le non-respect de ces règles du savoir voyager rendait votre séjour illégal et donc non protégé par les autorités politiques. Vous vous retrouviez à la merci des brigands. Lorsque les colonisateurs français ont voulu tracer une frontière dans cette région, ils ont repris les points clés de cette limite antérieure et les ont reliés par une ligne, reprenant ainsi la frontière existante. -Le rôle clé des sociétés africaines Les sociétés africaines et leurs États, par leur histoire, par des négociations ou par leurs résistances, ont joué un rôle clé dans le tracé des frontières du continent. Continuer à perpétuer l’idée que les frontières africaines ne sont que des cicatrices de la colonisation, c’est finalement reprendre les discours de la propagande coloniale qui niait aux sociétés africaines leur capacité d’agir.

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Au Maghreb : Le Maroc et l’Algérie un conflit qui perdure.

Par Abdeljalil Aboulmajd Apparemment, les deux grands pays du Maghreb Maroc et Algérie ont tout pour être deux peuples frères. Ils sont proches par de nombreux aspects : Une langue, une religion, et une identité arabo-amazigue communes, Ils se sont même entraidés par le passé. Actuellement, les relations entre les deux États sont à nouveau à un point de tension qui fait craindre une escalade. Alors d’où vient le problème ?   La réponse à cette question ne manque pas de complications politiques. I)Histoire du conflit   Pour mieux comprendre le conflit actuel, il faut revenir à l’histoire coloniale. Au début du XXe siècle, la France et l’Espagne se partagent le Maroc, vieux sultanat, qualifié parfois d’Empire Chérifien. La France fait de la majeure partie du Maroc son « protectorat ».  L’Espagne occupe quant à elle le Rif, la province du nord (sans Tanger, transformée en ville internationale). Elle s’installe aussi au sud du Maroc, là où le Sahara occidental rejoint l’Atlantique, dans une très longue bande de terre.  Après avoir acquis son indépendance en 1956, le Maroc a très vite revendiqué le Sahara occidental en s’appuyant sur des liens d’allégeance unissant des chefs de tribus sahraouis aux sultans du Maroc, mais aussi une culture et une langue sahraouies qu’on retrouve aussi dans le royaume. En 1963, la guerre des Sables avait démontré que l’héritage territorial de l’Algérie, tracée par la France du temps de la colonisation, était contesté par le Maroc. D’abord par les nationalistes qui appelaient à la restauration du « Grand Maroc », dessinée en 1956, puis par S.M le Roi Hassan II qui visait la décolonisation de son pays.  Ce premier conflit fut réglé grâce à une médiation africaine menée par l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié et le président malien Modibo Keïta, un accord intervient rapidement en marge de la conférence de Bamako (29 et 30 octobre 1963), et un cessez-le-feu entre en vigueur le 2 novembre. C’est une victoire de prestige pour l’Afrique décolonisée, qui tente de se fédérer au sein de l’Organisation de l’unité africaine OUA, aujourd’hui Union africaine UA.  Ce contentieux territorial entre l’Algérie et le Maroc avait trouvé une issue dans le Traité de fraternité et de bon voisinage signé à Ifrane le 15 janvier 1969 qui a fixé les règles de base de bon voisinage et de coopération économique. Il a été suivi de la rencontre de Tlemcen le 27 mai 1970 qui a mis l’accent sur la nécessité de mettre en œuvre tous les accords conclus entre les deux États. La coopération s’est concrétisée à travers l’accord du 15 juin 1972 signé à Rabat à propos de la délimitation des frontières.  En 1975, un Accord dénommé tripartite, signé le 14 novembre à Madrid par l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie, établissent les conditions du retrait espagnol du Sahara.  Ces accords font suite à la célèbre Marche verte. En s’appuyant sur l’avis consultatif de la Cour internationale de justice de la Haye le Roi Hassan II enclenche la grande marche verte (6 novembre 1975) : Le Roi Hassan II mobilise 350 000 personnes qui marchent pacifiquement sur le Sahara que les Espagnols viennent de quitter. Menée dans le but de récupérer le Sahara occidental, territoire considéré par les marocains comme une question existentielle. L’Algérie se retrouve confrontée à un dilemme : la reconnaissance du fait accompli ou la guerre. Le Président Houari Boumédiène choisit la guerre par procuration.  Ainsi, depuis le début du conflit le Polisario (Front populaire de libération de la Saguia el Hamra et du Rio de Oro) est soutenu et armé par l’Algérie, il sera aidé aussi par la Libye de Kadhafi. Conséquence : une guerre éclate entre le Maroc et le Polisario, qui fera des milliers de morts. Un rapprochement s’était opéré entre l’Algérie et le Maroc après la création de l’Union du Maghreb Arabe en 1989, mais ce rapprochement a rapidement commencé à se dissiper à la suite des actes terroristes survenus à Marrakech en 1994, ce qui a amené le Maroc à imposer le visa aux Algériens et l’Algérie à riposter en fermant les frontières terrestres, toujours fermées. Le Maroc a appelé plusieurs fois les autorités algériennes à rouvrir cette frontière, mais Alger conditionne cette réouverture à un accord d’ensemble, qui inclurait le règlement du conflit sahraoui. Sans surprise, la tension entre l’Algérie et le Maroc a conduit à une course à l’armement assez coûteuse.  II)Perspectives de paix en Afrique du nord  Au cœur des convoitises géopolitiques régionales, le Sahara apparaît comme le principal facteur politique du blocage dans la construction d’une intégration régionale. Ce conflit oppose le Maroc, non seulement au Polisario, mais en fait à plusieurs belligérants surtout à l’Algérie qui instrumentalise ce dernier et le soutient par tous les moyens, militaires, diplomatiques, financiers, médiatiques, etc.   Des pontes de la diplomatie, un ex-président allemand, un ex-secrétaire d’État américain, se sont cassé les dents en tentant d’imposer une solution de l’ONU aux belligérants. Le conflit est à son plus haut depuis des années, les frontières entre les deux nations sont fermées et les liens diplomatiques rompus. Pour sortir de la spirale conflictuelle qui domine les relations entre le Maroc et l’Algérie, il est temps de profiter du contexte géopolitique actuel pour lancer un dialogue stratégique maroco-algérien et de construire un nouveau Maghreb en s’inspirant d’expériences étrangères réussies.  Dans ce cadre, le Conseil de sécurité a adopté par 11 voix pour et les abstentions de la Chine, de la Fédération de Russie et du Pakistan, une résolution (2797) déclarant que le plan d’autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine présenté par Rabat constituait la solution la plus réaliste pour mettre fin à un conflit de 50 ans dans ce territoire. Il ressort de ce qui précède que le moment est venu de régler un conflit vieux de 50 ans qui empoisonne la géopolitique du Maghreb, et qu’il serait souhaitable de négocier une sortie de crise et de construire un avenir commun. Cela passe d’abord par la reprise des relations diplomatiques, ensuite par la négociation, tout en œuvrant à la réconciliation de la mémoire collective afin d’ancrer l’esprit de solidarité, plutôt que l’hostilité et la méfiance.  Bref, la

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Innovation en Afrique : défis et opportunités Par Abdeljalil Aboulmajd

Avant d’aborder les défis et les enjeux de l’innovation en Afrique, il s’avère important de s’intéresser dans un premier temps au terme innovation en tant que tel. Alors qu’est-ce que l’innovation ? Et comment l’innovation en répondant aux besoins spécifiques de l’Afrique transformera ses défis en opportunités ? I)Définition de l’innovation Si l’innovation fait aujourd’hui consensus comme élément clé d’une stratégie de sortie de crise, la notion de l’innovation a évolué à travers le temps, elle a même changé de connotation et a élargi son champ d’application. Historiquement le mot latin innovatio veut dire renouvellement.  Dans son livre  « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » , l’économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883-1950) considérait le développement économique comme un processus de renouvellement permanent. La « destruction créatrice » est son idée centrale : les nouvelles technologies et les innovations supplantent les anciennes structures, ce qui stimule le progrès et la croissance. Schumpeter considérait les entrepreneurs et les innovations technologiques comme les principaux moteurs de l’économie. Il mettait toutefois en garde contre le fait que la bureaucratie, une réglementation excessive et une aversion pour le risque dans la société pouvaient freiner le processus d’innovation. De même, Joseph Schumpeter distingue l’invention et l’innovation dans ses recherches. Pour lui, l’invention est la découverte de nouvelles connaissances scientifiques et techniques. Alors que l’innovation est « la commercialisation de toute nouvelle combinaison issue de nouveaux matériaux et composants, l’introduction de nouveaux process, l’ouverture de nouveaux marchés ou l’introduction de nouvelle forme organisationnelle ». II) Défis et opportunités en Afrique Dans un contexte numérique global, l’innovation en Afrique fait face à des défis significatifs : – Infrastructures insuffisantes : De nombreuses régions manquent d’une connectivité adéquate, freinant le développement de services numériques. – Manque de formation : Le capital humain disponible est souvent insuffisamment formé pour tirer parti des nouvelles technologies, en particulier l’IA. – Inégalités d’accès : Une partie significative de la population demeure exclue des bénéfices de l’économie numérique, ce qui pose un défi majeur pour l’inclusion sociale et économique. Enfin, Comme Schumpeter l’a souligné, l’innovation n’est pas seulement une question d’invention, mais aussi d’appropriation et d’adaptation aux contextes locaux. Ainsi, le déficit de compétences techniques dans certaines régions limite la capacité d’innovation locale. Pour surmonter ces obstacles, une collaboration étroite entre les chercheurs, les gouvernements et le secteur privé est essentielle. De ce qui précède, il ressort que l’innovation se construit, elle ne s’apprend pas.  En d’autres termes, il est impossible d’innover sur commande.  Dans le secteur de la recherche, notamment, une innovation majeure est plus souvent le fruit du hasard que d’un objectif précis.  Les systèmes d’enseignement et les entreprises africaines doivent laisser aux innovateurs suffisamment d’espace pour qu’ils puissent s’ajuster aux éléments et trouver de nouvelles manières de relever les défis techniques.  La créativité qui pourra ainsi se mettre en place dans un tel espace pourra donner naissance à de nouvelles idées qui seront les déclencheurs de l’innovation, et c’est en fonction de ces derniers que devra s’établir le programme de l’innovation sur notre continent. Les pays d’Asie ont axé leurs efforts sur l’utilisation stratégique du système de propriété intellectuelle pour promouvoir leur croissance économique.  Il y a cinq ans, le PIB de la République de Corée était comparable à la moyenne de celui des économies africaines d’aujourd’hui.  La République de Corée s’est depuis transformée en puissance économique, et ce, en investissant dans le domaine technologique, en renforçant ses capacités et en accordant priorité à l’utilisation stratégique de la propriété intellectuelle.  Conclusion : Aujourd’hui l’innovation n’est plus un choix, elle est une nécessité. Ainsi au XXIe siècle, les nations et les pays seront jugés, non pas par rapport à leurs richesses naturelles ou à leurs ressources dans le sous-sol, mais à leur capacité d’innovation. L’essor de l’innovation locale ou encore les investissements dans les infrastructures numériques démontrent qu’en Afrique un avenir est à portée, à condition d’un engagement fort des États, du secteur privé et des partenaires internationaux.

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Innovation en Afrique : défis et opportunités Abdeljalil Aboulmajd

Avant d’aborder les défis et les enjeux de l’innovation en Afrique, il s’avère important de s’intéresser dans un premier temps au terme innovation en tant que tel. Alors qu’est-ce que l’innovation ? Et comment l’innovation en répondant aux besoins spécifiques de l’Afrique transformera ses défis en opportunités ? I)Définition de l’innovation Si l’innovation fait aujourd’hui consensus comme élément clé d’une stratégie de sortie de crise, la notion de l’innovation a évolué à travers le temps, elle a même changé de connotation et a élargi son champ d’application. Historiquement le mot latin innovatio veut dire renouvellement.  Dans son livre  « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » , l’économiste autrichien Joseph Schumpeter (1883-1950) considérait le développement économique comme un processus de renouvellement permanent. La « destruction créatrice » est son idée centrale : les nouvelles technologies et les innovations supplantent les anciennes structures, ce qui stimule le progrès et la croissance. Schumpeter considérait les entrepreneurs et les innovations technologiques comme les principaux moteurs de l’économie. Il mettait toutefois en garde contre le fait que la bureaucratie, une réglementation excessive et une aversion pour le risque dans la société pouvaient freiner le processus d’innovation. De même, Joseph Schumpeter distingue l’invention et l’innovation dans ses recherches. Pour lui, l’invention est la découverte de nouvelles connaissances scientifiques et techniques. Alors que l’innovation est « la commercialisation de toute nouvelle combinaison issue de nouveaux matériaux et composants, l’introduction de nouveaux process, l’ouverture de nouveaux marchés ou l’introduction de nouvelle forme organisationnelle ». II) Défis et opportunités en Afrique Dans un contexte numérique global, l’innovation en Afrique fait face à des défis significatifs : – Infrastructures insuffisantes : De nombreuses régions manquent d’une connectivité adéquate, freinant le développement de services numériques. – Manque de formation : Le capital humain disponible est souvent insuffisamment formé pour tirer parti des nouvelles technologies, en particulier l’IA. – Inégalités d’accès : Une partie significative de la population demeure exclue des bénéfices de l’économie numérique, ce qui pose un défi majeur pour l’inclusion sociale et économique. Enfin, Comme Schumpeter l’a souligné, l’innovation n’est pas seulement une question d’invention, mais aussi d’appropriation et d’adaptation aux contextes locaux. Ainsi, le déficit de compétences techniques dans certaines régions limite la capacité d’innovation locale. Pour surmonter ces obstacles, une collaboration étroite entre les chercheurs, les gouvernements et le secteur privé est essentielle. De ce qui précède, il ressort que l’innovation se construit, elle ne s’apprend pas.  En d’autres termes, il est impossible d’innover sur commande.  Dans le secteur de la recherche, notamment, une innovation majeure est plus souvent le fruit du hasard que d’un objectif précis.  Les systèmes d’enseignement et les entreprises africaines doivent laisser aux innovateurs suffisamment d’espace pour qu’ils puissent s’ajuster aux éléments et trouver de nouvelles manières de relever les défis techniques.  La créativité qui pourra ainsi se mettre en place dans un tel espace pourra donner naissance à de nouvelles idées qui seront les déclencheurs de l’innovation, et c’est en fonction de ces derniers que devra s’établir le programme de l’innovation sur notre continent. Les pays d’Asie ont axé leurs efforts sur l’utilisation stratégique du système de propriété intellectuelle pour promouvoir leur croissance économique.  Il y a cinq ans, le PIB de la République de Corée était comparable à la moyenne de celui des économies africaines d’aujourd’hui.  La République de Corée s’est depuis transformée en puissance économique, et ce, en investissant dans le domaine technologique, en renforçant ses capacités et en accordant priorité à l’utilisation stratégique de la propriété intellectuelle.  Conclusion : Aujourd’hui l’innovation n’est plus un choix, elle est une nécessité. Ainsi au XXIe siècle, les nations et les pays seront jugés, non pas par rapport à leurs richesses naturelles ou à leurs ressources dans le sous-sol, mais à leur capacité d’innovation. L’essor de l’innovation locale ou encore les investissements dans les infrastructures numériques démontrent qu’en Afrique un avenir est à portée, à condition d’un engagement fort des États, du secteur privé et des partenaires internationaux.

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Améliorer la nutrition en Afrique

La meilleure façon de lutter contre la malnutrition dans les pays en développement ne consiste pas à augmenter la diversité des espèces cultivées par les petites exploitations, mais à améliorer l’accès aux marchés. Telle est la conclusion d’une étude récente menée par l’Institut MwAPATA au Malawi et l’Université de Bonn en Allemagne. En revanche, une diversification accrue de la production animale a des effets positifs. Non seulement une alimentation insuffisante, mais aussi un régime alimentaire trop unilatéral peuvent avoir de graves conséquences sur la santé. Une alimentation variée est donc un moyen important de prévenir la malnutrition. C’est pourquoi les chercheurs plaident souvent en faveur d’une diversification des cultures pratiquées par les petits exploitants africains, que la malnutrition affecte plus particulièrement. Comme ces exploitations produisent en grande partie pour leur propre consommation, une plus grande variété dans les champs devrait avoir un impact positif sur la nutrition. À ce jour, cependant, les effets réels d’une plus grande diversification des exploitations agricoles n’ont fait l’objet que de recherches limitées et restreintes au niveau régional. Dans leur étude, qui a été publiée dans la revue « Lancet Planetary Health » en mai, les chercheurs de l’Institut MwAPATA, et de l’Université de Bonn se sont appuyés sur des données beaucoup plus complètes : ils ont évalué des enquêtes menées par les instituts nationaux de statistiques d’Éthiopie, du Malawi, de Tanzanie et d’Ouganda qui ont, à plusieurs reprises et pendant plusieurs années, visité et interrogé les mêmes ménages de petits exploitants. Les données font état du nombre de cultures pratiquées et des races animales élevées. Elles livrent également des informations sur l’âge, le poids et la taille des enfants vivant au sein des exploitations familiales, ce qui permet de calculer différents indicateurs de leur état nutritionnel. 1)La croissance de 50 000 enfants et adolescents évaluée  « Au total, nous avons analysé les données de plus de 50 000 enfants et adolescents issus de plus de 20 000 exploitations sélectionnées de façon aléatoire », explique le Dr Makaiko Khonje, chercheur à l’Institut MwAPATA. « Nous avons relié ces mesures à la diversité de la production agricole des exploitations ». Les chercheurs ont mis en lumière trois résultats importants : premièrement, le nombre de cultures avait peu d’effet sur la croissance des enfants, et donc sur leur état nutritionnel. En revanche, une plus grande variété d’espèces animales élevées dans l’exploitation produisait des effets positifs. L’élevage de chèvres ou d’une vache, en plus de volailles et d’autres espèces animales, peut donc améliorer le statut nutritionnel. C’est là le deuxième message. Le troisième résultat important concerne les marchés locaux. « L’amélioration de l’accès au marché a un impact particulièrement positif sur l’état nutritionnel », explique Khonje. En effet, ceux qui peuvent vendre leurs produits sur le marché et qui peuvent, à leur tour, acheter les aliments qui leur font défaut ont ainsi un régime alimentaire plus diversifié. En de nombreux endroits, cependant, les infrastructures appropriées font défaut. Les routes menant au marché sont souvent si mauvaises que le transport prend beaucoup de temps et que certains produits se gâtent ou sont endommagés en cours de route. « Si vous ne pouvez pas vendre la moitié de la marchandise et que vous devez finalement la jeter, l’effort n’en vaut évidemment pas la peine », explique le professeur Dr Matin Qaim du Centre de recherche sur le développement (ZEF) de l’Université de Bonn, qui a également participé à l’étude. 2)La spécialisation peut être utile, mais pas les monocultures Les chercheurs recommandent de ne pas se concentrer uniquement sur une plus grande variété culturale dans les champs, car dans de nombreux cas, un meilleur accès au marché serait plus efficace. Une trop grande diversification est également contre-productive, disent-ils, car chaque plante a ses propres exigences et nécessite donc un savoir-faire particulier. « De plus, les sols ne conviennent pas tous à toutes les cultures », explique M. Khonje. « Il vaut mieux se concentrer sur les espèces qui réussissent particulièrement bien localement et vendre le surplus. » Mais, il n’est pas non plus conseillé de trop se spécialiser, soulignent les chercheurs. « Une certaine variété est également judicieuse d’un point de vue environnemental et pour réduire les risques pour les petits exploitants », explique Qaim, qui est également membre du domaine de recherche transdisciplinaire « Avenir durable » et du pôle d’excellence « PhenoRob ». « Les monocultures pures ne sont certainement pas la solution ». (ZEF/wi) Publication (en libre accès) : Makaiko G. Khonje, Jacob Ricker-Gilbert, Milu Muyanga, Matin Qaim: Farm-level production diversity and child and adolescent nutrition in rural sub-Saharan Africa: a multicountry, longitudinal study; Lancet Planetary Health, DOI: https://doi.org/10.1016/S2542-5196(22)00071-7.

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Avenir écologique de l’Afrique

L’Afrique a le potentiel nécessaire pour produire des énergies renouvelables et bon nombre de pays sautent carrément l’ère des combustibles fossiles. La chute des coûts de production et la décentralisation des systèmes énergétiques rendent possible une expansion majeure des énergies renouvelables sur le continent. En janvier 2023, des chercheurs de l’université de Tübingen, de la Société Senckenberg pour la recherche sur la nature et de l’université d’Osnabrück, toutes situées en Allemagne, ainsi que de l’université du Rwanda, ont déclaré que c’est d’abord en Afrique que le problème de la dépendance au charbon et au gaz pouvait être résolu. Selon leurs travaux, 80 pour cent de l’énergie nécessaire en Afrique pourraient provenir de sources renouvelables d’ici à 2040 – à condition de pleinement exploiter les capacités des centrales existantes et que toutes celles qui sont actuellement à l’étude soient construites.  « Il y a suffisamment de soleil, de vent et d’eau sur le continent, et de nombreux pays africains pourraient sauter l’ère des combustibles fossiles, mais il faut bien sûr pour cela que certaines conditions soient remplies, » déclare Rebecca Peters, chercheuse doctorante au département Géosciences de l’université de Tübingen.  La forte baisse des coûts de production de l’énergie solaire et éolienne permet une expansion majeure des énergies renouvelables en Afrique. Toutefois, les besoins du continent en énergie devraient considérablement augmenter au cours des décennies à venir. Les deux tiers de la population n’ont actuellement pas accès à l’électricité et l’actuel taux de croissance démographique (2,6 pour cent) est supérieur à ce qu’il est dans d’autres parties du monde.  Les centrales solaires et éoliennes peuvent fonctionner de manière décentralisée et sur des réseaux locaux sans être raccordées à des lignes électriques aériennes. Pour les auteurs, c’est là un des avantages des sources d’énergie renouvelable. Selon leur analyse, il serait coûteux et inutile d’effectuer une expansion à grande échelle du réseau électrique dans les zones rurales. Sans compter qu’il est également possible de disposer de plus d’énergie en Afrique grâce au bon fonctionnement des centrales existantes, à la réduction des pertes d’énergie lors du transport de l’électricité, et à une combinaison appropriée de différentes formes d’énergie pour compenser les fluctuations de la production d’énergie solaire et éolienne. « Nous sommes toutefois sceptiques quant à l’expansion non contrôlée de le production d’hydroélectricité, » explique le professeur Klement Tockner, directeur général de la Société Senckenberg pour la recherche sur la nature. « Bien que l’Afrique soit le continent dont les réserves mondiales de ce type d’énergie sont les moins exploitées du monde et que l’hydroélectricité représente actuellement 63 pour cent de la production d’énergie renouvelable, la multiplication des barrages et des lacs modifierait de façon irréversible le libre écoulement actuel des cours d’eau et obligerait de nombreux résidents à déménager, » déclare le professeur Tockner. Le scénario durable d’accès universel à l’énergie durable en Afrique veut que les pays très dépendants du charbon (tels que l’Afrique du Sud) ou du gaz (tels que l’Algérie, la Tunisie et la Lybie) renoncent à accroître les capacités de production des centrales thermiques au charbon ou au gaz et qu’ils passent à la production d’énergie propre. « Ce changement structurel n’est possible qu’en doublant les investissements actuels d’ici 2030 et en investissant 30 milliards de dollars supplémentaires par an pour garantir l’accès à l’électricité à tous, » précise le docteur Jürgen Berlekamp, de l’Institut de recherche sur les systèmes environnementaux, université d’Osnabrück. Qui ajoute que des investissements étrangers seraient nécessaires. Depuis les années 2000, la Chine joue un rôle de plus en plus important, aux côtés des États-Unis et des pays européens. (Université de Tübingen/ile)

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