L’Algérie devient le pays le moins riche du Maghreb

Pour la première fois depuis son indépendance en 1962, et chose passé inaperçue, l’Algérie a affiché le PIB par habitant le plus faible en 2021 par rapport à ses voisins dans la région du Maghreb à savoir le Maroc et la Tunisie, a écrit dans son article Ilyes Zouari, Président du Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone, publié le 23 Mai 2023 dans le site d’information tunisien «Kapitalis». Malgré son importante manne pétrolière qui ne suffit plus à masquer la réalité économique du pays, l’Algérie reste «très en retard» par rapport à ses deux voisins, a précisé le site dans un article intitulé «L’Algérie devient le pays le moins riche du Maghreb». Citant les données de la Banque mondiale, le média précise que «le PIB par habitant de l’Algérie se situait à 3.691 dollars en 2021, dernière année pour laquelle les statistiques sont disponibles, contre 3.807 dollars pour la Tunisie et 3.795 dollars pour le Maroc». En dépassant l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont ainsi réalisé une remarquable performance, vu leurs faibles richesses naturelles en comparaison avec leur voisin, un des principaux producteurs mondiaux d’hydrocarbures, fait savoir «Kapitalis». Alors que l’économie algérienne demeure très fortement dépendante des hydrocarbures, le Maroc a réussi à constituer de nombreuses filières industrielles, ce qui lui a valu un leadership au niveau continental en matière d’industrialisation et d’environnement des affaires, d’après la même source. Selon le dernier classement publié par la Banque africaine de développement (BAD), en novembre 2022, le Maroc est classé deuxième des pays du continent en matière d’industrialisation, alors que l’Algérie arrivait à la 11e position, poursuit le site d’information, notant que le Maroc devrait d’ailleurs très prochainement accéder au premier rang du classement, en dépassant l’Afrique du Sud avec laquelle l’écart est désormais inférieur à 1 %. Quant à l’environnement des affaires, le Maroc se distingue, également, à la troisième place dans le dernier classement publié en la matière par la Banque mondiale, alors que l’Algérie n’occupait que la 33e position (et la 162e au niveau mondial), arrivant même très loin derrière de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne, précise l’auteur de l’article. Et de faire état d’un isolement économique de l’Algérie, qui est aujourd’hui «un des très rares pays au monde, hors minuscules Etats insulaires, à ne toujours pas être membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)». Par contre, le Maroc, relève-t-il, a véritablement décollé au cours des vingt dernières années, et s’illustre aujourd’hui en étant notamment le seul pays arabe à avoir une véritable industrie automobile et l’unique pays africain à être doté des trains à grande vitesse. Par ailleurs, le Maroc est également devenu un acteur incontournable sur la scène africaine, en se hissant au rang de deuxième investisseur africain sur le continent, disposant d’un réseau bancaire particulièrement développé dans plusieurs pays africains, a-t-il mis en exergue, notant que le dynamisme de l’économie marocaine se reflète également à travers le nombre d’entreprises nationales présentes parmi les plus grandes entreprises du continent. Il a rappelé que selon le dernier classement annuel publié par le magazine « Jeune Afrique », en mars dernier, le Maroc en comptait non moins de 56 parmi les 500 plus grandes entreprises africaines en 2021, contre seulement 12 pour l’Algérie. Il indiqué qu’alors que le Maroc a vu ses réserves de change augmenter régulièrement au cours des dernières années, pour atteindre un plus haut historique de 35,5 milliards de dollars fin mars 2023, la forte dépendance de l’Algérie aux hydrocarbures a entraîné un effondrement des réserves de change du pays, parallèlement à une explosion de son endettement. En effet, les réserves de change sont passées de 193 milliards de dollars début 2014 à 45,3 milliards fin 2021, soit une baisse annuelle de 18,5 milliards de dollars en moyenne sur cette période de huit années, précise la même source. Selon le site, à cause d’une diversification encore embryonnaire en comparaison avec les voisins du Maghreb, la situation économique du pays va continuer à s’aggraver, compte tenu du retour du prix des hydrocarbures à leurs niveaux d’avant la guerre en Ukraine et de la tendance durablement baissière de leur cours, du fait de la montée en puissance des énergies renouvelables. Avec des réserves de change atteignant 66,1 milliards de dollars fin mars 2023, et en supposant une baisse annuelle ramenée à seulement 10 milliards de dollars par année, contre 13,2 milliards sur la période 2018-2021, «l’Algérie ne devrait alors plus pouvoir couvrir que quatre mois d’importations mi-2028, soit le niveau à partir duquel un pays est considéré comme étant proche de la faillite», souligne l’auteur de l’article. Cette situation, qui paraît difficilement évitable, compte tenu de la modeste politique de diversification en cours, obligerait alors l’Algérie à «se tourner vers les institutions financières internationales et à mettre en œuvre de douloureuses réformes, afin d’éviter une faillite complète dès l’année suivante, et un scénario semblable à celui qu’avait connu le Venezuela, autre grand pays producteur d’hydrocarbures », conclut le site tunisien kapitalis.

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Zone de libre-échange en Afrique Enjeux et défis Par Abdeljalil Aboulmajd

De prime abord, il convient de préciser qu’une vraie zone de libre-échange est le grand espoir pour l’Afrique pour amorcer son développement. Partie d’un constat sur la faiblesse des relations commerciales entre pays africains, estimées à 17 % seulement contre environ 70 % avec l’Europe 55 % en Amérique du Nord, 45 % en Asie et 35 % en Amérique, la création d’une zone de libre-échange continentale africaine a germé et fait sa route au sein de l’Union africaine. Alors qu’est-ce que la ZLECAf et quels sont les enjeux et défis à relever pour garantir son succès? La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est un accord destiné à dynamiser le commerce intra-africain d’une part, et à accélérer une meilleure insertion de l’Afrique dans le commerce mondial d’autre part, la ZLECAf est la traduction d’une vision ambitieuse des Etats africains à matérialiser les efforts de convergence et d’intégration entrepris par les différentes Communautés économiques régionales.  Elle vise ainsi, non seulement à créer un marché unique continental des biens et services, mais aussi à établir une libre circulation des opérateurs économiques, avec dans l’orbite la mise place d’une union douanière en 2022 et d’une communauté économique africaine d’ici 2028. Autant dire que la ZLECAf constitue un projet d’espoir pour l’intégration africaine, puisque l’accord qui l’établit s’est montré attentif à l’articulation entre les déterminants matériels et immatériels de l’intégration continentale. Toutefois, cette initiative de l’Union africaine, qui semble porteuse d’espoir pour les économies locales présente, tout de même, de nombreux défis auxquels les pays africains doivent faire face. Ces défis sont, entre autres, d’ordre politique, économique, juridique et sécuritaire. 1) défis politiques Le manque de volonté politique semble être le principal obstacle pour renforcer l’intégration régionale et continentale. Bon nombre d’observateurs des institutions africaines et de plusieurs résolutions adoptées par celles-ci, déplorent l’absence d’une véritable volonté politique de développement et d’intégration en Afrique. Cette absence de volonté politique se manifeste notamment par l’existence de nombreuses résolutions adoptées mais le dysfonctionnement des institutions africaines créées à cause de la non-contribution et la non-adhésion des Etats membres, la lenteur ou le refus des Etats membres à fournir les informations nécessaires les concernant aux institutions africaines intéressées. L’exemple récent des résolutions prises dans le cadre de la communauté économique africaine (CEA) et qui ont du mal à être respectées et mises en œuvre par les Etats membres, marque bien cette réalité. Ainsi donc, beaucoup d’élans ont été freinés parce qu’ils n’ont pas été soutenus jusqu’à leur aboutissement par les décideurs africains que sont les chefs d’Etat et de Gouvernement. 2) défis économiques Les principaux défis à relever pour réussir la ZLECAF sont, entre autres, l’amélioration  des conditions de vie des Africains.   Il s’agit  notamment d’assurer aux citoyens africains l’accès à un certain nombre de droits fondamentaux, comme l’éducation, la santé, la qualité des infrastructures de transport et la résolution du problème de déficience des réseaux de distribution et de transport. Le continent fait face à d’énormes défis infrastructurels (énergie, voies de communications et transports, télécommunication, développement technologique) dont la résolution constitue un préalable incompressible à la réussite de l’intégration commerciale. A l’évidence, l’administration en ligne a le potentiel d’aider à soutenir la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et de ses 17 objectifs de développement durable. Il est quasiment impossible d’envisager le développement durable de milliards de personnes avec des ressources de plus en plus limitées, sans l’apport des technologies de l’information et de la communication. La transformation numérique de la société ne peut plus être perçue comme un luxe. Bien au contraire, la capture continue et en temps réel des données les plus élémentaires à la fois sur l’environnement et sur les populations, la bonne gouvernance et l’exploitation rapide de ces données dans le sens du développement durable, et la banalisation et la généralisation des moyens de communication constituent des ingrédients obligatoires pour faire face aux crises de plus en plus fréquentes et de plus en plus rudes que traverse l’humanité. Enfin, la transformation numérique de la société est le levier incontournable du développement durable en Afrique. 3) défis juridiques Sur les plans juridique et institutionnel, plusieurs défis majeurs et non exhaustifs peuvent être relevés. D’abord, le risque d’établissement des institutions et mécanismes qui s’inscrivent dans des stratégies de consolidation, voire de contrôle de l’environnement régional par les États membres les plus forts, avec pour conséquence de renforcer les rapports asymétriques qui existent déjà plutôt que de les remettre en question. Les pays tels que l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Egypte et le Kenya ont tendance à dominer les processus en rapport avec l’intégration commerciale du continent. Ensuite, l’application effective par les institutions nationales des décisions communautaires (insertion desdites décisions dans le corpus juridique interne des États membres) en vue de les rendre applicables par les agents des différents services publics à l’échelle nationale. Finalement, concernant le défi de la rationalisation des institutions, plusieurs cadres traitant des mêmes questions au sein des CER existent. Ils sont entretenus par des influences extérieures dans l’objectif de préserver les intérêts étrangers, avec comme conséquence d’importants coûts induits par la dispersion des ressources humaines et financières déjà assez rares sur le continent. 4) défis sécuritaires Enfin, L’Afrique est aussi ce continent qui connaît de graves crises sécuritaires, y compris la sécurité alimentaire, induites par les conflits dans toutes les régions. L’Afrique et l’Asie détiennent le triste record du nombre de conflits majeurs dans le monde. Ces guerres, principalement de type intra-étatique, détruisent des années d’efforts de développement, jettent sur les routes des millions de réfugiés et de personnes déplacées et provoquent des déstabilisations qui atteignent systématiquement tous les pays du continent. Répondre aux enjeux de sécurité en Afrique représente la première démarche de développement pour ce continent. A l’horizon 2030, plusieurs grands séismes risquent de secouer l’Afrique. D’une part sur le plan interne, avec la croissance démographique, la question environnementale ou les crises sécuritaires ; d’autre part sur le plan international avec la crise énergétique, les effets de la construction d’un monde multipolaire, le déplacement du centre de gravité

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Les Constitutions du Maghreb à l’épreuve de la pratique par Aboulmajd Abdeljalil

Il faut qu’une Constitution soit courte et obscure. Elle doit être faite de manière à ne pas gêner l’action du gouvernement.  Napoléon Bonaparte Le Maghreb, «du Soleil couchant» en langue arabe, regroupe historiquement trois pays, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, auxquels s’ajoutent aujourd’hui la Mauritanie à l’ouest et la Libye à l’est. Le Maghreb est une région méditerranéenne qui appartient géographiquement au nord de l’Afrique et culturellement au monde arabo-musulman. Les Constitutions objet de cette étude sont celles : de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie. La Libye et la Mauritanie sont écartées de notre analyse. En vue de cerner le sujet, il convient de se poser quelques questions : Comment ont évolué les différentes Constitutions dans les pays du Maghreb ? Quelles sont les principales dispositions constitutionnelles ? Peut-on parler de renouveau constitutionnel ? Quelle est la place de la religion dans le texte constitutionnel ? Comment les Constitutions sont-elles appréhendée dans ces pays ? Mots-clés : Constitution, Maghreb, histoire, démocratie, religion, identité, Algérie, Maroc, Tunisie. Introduction La Constitution est la base du fonctionnement d’un État, elle regroupe l’ensemble des règles de droit qui régissent les institutions, ainsi que des règles de droit qui régissent la vie des citoyens. Au Maghreb, les textes Constitutionnels diffèrent d’un Etat à l’autre, et ce essentiellement pour des raisons historiques. L’Algérie est une république présidentielle fondée sur un équilibre entre des contraintes autoritaires, nécessaires au maintien de l’ordre et des avancées démocratiques. Le Maroc est une monarchie constitutionnelle dont le Roi incarne à la fois l’autorité spirituelle et temporelle. La Tunisie, enfin, est une république héritière des traditions laïques et modernistes de Bourguiba, premier président de la Tunisie. I -L’évolution constitutionnelle des Etats du Maghreb Le Maghreb a connu un mouvement constitutionnel au sens moderne du terme à partir du milieu du XIXe siècle. Dès 1861, la Tunisie s’est dotée de la première Constitution dans le monde musulman. Ce mouvement s’est accru au début du XXe siècle et plusieurs Constitutions arabes ont été promulguées après celle de la Tunisie : l’Egypte en 1923, l’Iraq en 1925, le Liban en 1926. Ce mouvement constitutionnel s’achève après la décolonisation. A-Avant la colonisation Le mouvement constitutionnel dans les pays du Maghreb n’est pas récent : il date déjà du XIX siècle. La Tunisie est l’unique pays du Maghreb ayant adopté une Constitution moderne avant le colonialisme, sous la dénomination «Qanun al-dawla» qui prévoyait la création d’un «Conseil suprême» composé essentiellement par des notables détenant des fonctions législatives, administratives, fiscales et juridiques aux côtés du Bey (le chef de l’État), d’une organisation judiciaire fondée sur le principe de l’inamovibilité des magistrats, les ministres étant responsables et devant cette Assemblée et devant le chef de l’État (le Bey). Cette Constitution a transformé, en réalité, le beylicat d’une monarchie absolue en une monarchie constitutionnelle. Cependant, elle a eu une vie très courte : elle était suspendue à la suite d’une violente révolte antifiscale. Elle laissa pourtant des traces profondes dans la culture politique du pays et son impact sur les futures générations de Tunisiens a été indéniable, puisque le parti qui a joué un rôle important pour libérer la Tunisie du joug du protectorat se nomme le «Destour», «Constitution» en référence à la première Constitution de 1861. B-Après l’indépendance Les Constitutions des Etats du Maghreb, comme dans les autres ex-colonies françaises, sont construites sur le modèle de la Constitution française de 1958, le «Pré­sidentialisme exécutif».  Vu son histoire, la Tunisie est le premier Etat du Maghreb ayant adopté sa Constitution le 1er juin 1959, trois années après son indépendance. Inspiré par le modèle républicain français et par l’État laïc d’Atatürk, Le président Habib Bourguiba, le «père de la nation», instaure un régime présidentiel et impose un véritable culte de la personnalité, se faisant appeler le «combattant suprême». Le Maroc a fallu attendre six ans pour avoir sa première Constitution  du 7 juillet 1962, qui a fait du vieil Empire chérifien une monarchie constitutionnelle de type orléaniste. (Monarchie Constitutionnelle basée sur le consentement du peuple). Quant à l’Algérie, la première Constitution a vu le jour le 10 septembre 1963, un an après son indépendance. L’originalité de la première Constitution algérienne s’observe par l’instauration d’un régime présidentiel d’orientation «démocrate-socialiste». Ces Constitutions postindépendances ont subi depuis leur promulgation plusieurs réformes et révisions constitutionnelles, en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Surpris par la vague de contestations et d’agitation sociale qui a déferlé sur la majorité des pays arabes – communément désignée sous le nom de «printemps arabe»–, les régimes autoritaires du Maghreb ont élaborées, du fait des transitions politiques de nouvelles Constitutions, afin de donner  à ces  régimes politiques une image moderne acceptée par les nouvelles données nationales et internationales. II -La Religion et la question d’identité Après les soulèvements de 2011 au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le concept d’identité est revenu en force avec des discours fondés sur la thèse identitaire appelant à une reconnaissance culturelle, linguistique et religieuse. C’est ainsi que le discours amazighe est apparu en Libye et en Tunisie et s’est intensifié fortement au Maroc et en Algérie ; les coptes chrétiens, en Égypte, ont exigé la reconnaissance de leur identité et de leurs droits tandis que les mouvements islamiques ont réclamé la nécessité de fortifier l’identité islamique de l’Etat. Afin de saisir la portée de la relation Etat-Islam, il convient d’examiner la référence à l’Islam dans les textes constitutionnels des Etats du Maghreb. La référence à la religion musulmane n’est pas nouvelle dans les constitutions des pays arabo-musulmans. C’est un phénomène qui a toujours existé et qui n’est pas appelé à disparaitre vu le contexte sociologique de ces pays. Au Maroc, dans tous les textes constitutionnels, il est cité que l’Islam est la religion de l’État, qui garantit à tous le libre exercice des cultes. Le Roi en tant que Commandeur des croyants, veille au respect de l’Islam. Ce statut  de Commandeur des croyants, unique dans le monde islamique, le rend inviolable et sacré. En Tunisie, l’article 1er de la constitution de 2014 est le même que celui de 1959 consacre l’islam comme étant la religion de l’Etat : «La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion, l’arabe

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L’Afrique face au défi démographique par Abdeljalil Aboulmajd

La question démographique a toujours été très sensible. De nombreux auteurs n’ont pas apprécié de rendre la démographie responsable du sous-développement, alors qu’à leurs yeux, le lien de causalité est l’inverse. Nous tenterons ici de répondre à quelques questions : Comment relever le défi de la démographie? Quels sont les impacts de la croissance démographique sur la jeunesse, notamment dans le domaine de l’éducation et de l’emploi ? Le développement tant attendu ne sera-t-il pas compromis par le poids de la démographique ? Le continent est en pleine transition démographique, ce qui fait que la population continue d’augmenter rapidement, entraînant l’exode rural. 1) Histoire démographique africaine : Il convient de souligner que l’Afrique a connu des périodes de croissance démographique différentes, à partir du XVIIIème siècle. 1)Au XVème et XVIème, l’Afrique est décrite par l’historienne Louise-Marie Diop Maes dans son  article  « Essai d’évaluation de la population d’Afrique Noire au XVème et XVIème siècle » comme un continent fort peuplé, au rythme démographique soutenu, mais interrompu par les débuts de la traite négrière, dont elle décrit aussi les effets et les pratiques de manière très évocatrice. 2) Du début du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle, l’Afrique marquée par de nombreuses guerres, par l’esclavage et par la colonisation, est généralement considérée comme une période de stagnation démographique pour le continent: sa population serait passée de 113 millions d’habitants en 1600 à 138 millions seulement en 1900. 3) De 138 millions d’habitants en 1900, la population de l’Afrique est passée à environ 275 millions dans les années 1950-1960, puis à 640 millions en 1990 et à 1,4 milliard en 2022 soit 18 % de la population mondiale. Le Nigeria incarne ce boom démographique pour le continent. Avec 211 millions d’habitants, il représente  aujourd’hui le septième pays le plus peuplé au monde. En 2050, il sera troisième directement après l’Inde et la Chine avec 410 millions d’habitants et devant les Etats-Unis. Si l’Afrique représente aujourd’hui 18 % des 8 milliards d’humains, le continent en représentera environ 26 % en 2050 et 40 % en 2100, selon les prévisions de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette vitalité démographique est liée, comme ailleurs par le passé, à la combinaison d’une mortalité en baisse et de taux de natalité encore élevé. Le recul de la natalité, amorcé dans les années 1960-70, ne s’est pas poursuivi au même rythme partout sur le continent, ce qui incite à se méfier des statistiques globales qui masquent la diversité des situations entre plusieurs Afrique démographiques. Ainsi,  l’explosion démographique ne concerne que l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est, notamment  la République Démocratique du Congo, l’Egypte, l’Ethiopie, le Nigéria et la Tanzanie. Par contre le Maghreb est sur le point d’achever sa transition démographique. En Algérie, au Maroc et en Tunisie le nombre d’enfants par femme est ainsi passé de 5 à moins de 3 en une vingtaine d’année. Dans ces pays, 60 à 70 % des femmes de 15 à 49 ans ont recours à des techniques de contraception, ce qui correspond à la moyenne mondiale. L’Afrique est aujourd’hui en face à des défis à relever demeurent à la taille de ce continent, dont la population est de plus en plus nombreuse  ce qui suppose des infrastructures adaptées, des logements, des hôpitaux. Or, cela nécessité des investissements que tous les Etats ne sont pas en mesure d’opérer. Cela se voit notamment dans les grandes villes africaines, qui ne peuvent planifier leur urbanisme. En conséquence, les bidonvilles s’étendent. II) Défis posés par la démographie en Afrique Soixante ans après les indépendances, l’Afrique est face à des défis considérables notamment en matière d’éducation et d’accès aux soins. L’éducation en Afrique est certainement l’élément le plus déterminant pour la construction d’un individu et la clé principale de son épanouissement présent et futur. Aussi, l’immense potentiel de la population africaine ne peut devenir un réel atout dans la compétition mondiale sans la formation et l’éducation de qualité. Certes,  l’Afrique a connu une amélioration substantielle dans l’augmentation de son capital humain, mais elle demeure malgré tout un continent à fort niveau d’inégalités en termes d’accès à une éducation de qualité. D’après l’UNESCO, 59 millions d’enfants ne sont aujourd’hui pas scolarisés et plus de la moitié vivent au sud du Sahara. En matière de santé, et malgré des avancées indéniables pour la santé des populations dans les dernières décennies, le continent continue de faire face à des défis sanitaires importants : des pandémies répétées et à un manque de sensibilisation aux gestes de prévention indispensables. Le coût élevé des soins représente quant à lui un frein majeur à la guérison. Certes,  des  pays africains sont avancés en matière de couverture sanitaire (Afrique du Sud, Tunisie, l’Algérie, l’Ethiopie…)  en comparaison avec d’autres pays mais malheureusement les soins médicaux sont souvent hors de portée, ce qui fait des millions de personnes basculent inutilement dans la pauvreté à cause des dépenses de santé coûteuses.     Conclusion Si quelques des pays d‘Afrique ont accompli des progrès considérables au cours de la dernière décennie, un certain nombre d‘obstacles restent à surmonter pour installer durablement la croissance et assurer un développement soutenable. Les défis sont importants : réduire les inégalités sociales et spatiales, améliorer la qualité de l’éducation et de la formation, structurer la protection sociale. L’urgence est là, et c’est aujourd’hui que les décisions majeures doivent être prises. Les décisions prises aujourd’hui en matière d’infrastructures, d’éducation et de la formation auront un impact réel sur les opportunités et les choix qui s’offriront aux africains et africaines dans un avenir lointain. Pour aller plus loin -Francis Gendreau «Démographies africaines»  Éditions ESTEM, Paris, 1996. -Louise-Marie Diop-Maes  «Essai d’évaluation de la population de l’Afrique Noire aux XVe et XVIe siècles» dans la revue Population en 1985. -Benoît Ferry  «L’Afrique face à ses défis démographiques Un avenir incertain» Coédition AFD – CEPED – KARTHALA, Paris  2007. -Peter Allen «Vers une nouvelle science des systèmes humains» RISS, no 119, fév. 1989.

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Quatre pays africains dans le top 20 mondial des pays disposant des plus importantes réserves de pétrole

L’Afrique compte un faible nombre de pays producteurs majeurs de pétrole. Pire, le déclin pétrolier des producteurs africains est manifeste. Le site financier Insider Monkey vient de dresser la liste des 20 pays disposant des plus importantes réserves de pétrole dans le monde. Parmi ceux-ci figurent quatre pays africains. Voici le montant, leur classement et le niveau de leurs réserves. Le site financier Insider Monkey a dressé l’estimation des réserves de prouvées de pétrole dans le monde. Celle-ci, établie à partir des données mises à jour de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et de l’Administration américaine de l’information sur l’énergie (EIA), montre que les réserves de pétrole prouvées du monde sont réparties inégalement dans le monde. Et une poignée de pays concentre l’essentiel des réserves mondiales de l’or noir prouvé. Le pétrole continue à être une source énergétique essentielle, en dépit de l’accent de plus en plus mis sur les énergies renouvelables. Ainsi, comme l’a souligné le site financier Insider Monkey, «la production de pétrole est l’une des statistiques les plus surveillées de l’économie mondiale, car elle est directement liée à la production économique mondiale». Et la crise énergétique de cette année, née de la guerre Russie-Ukraine qui a bouleversé les chaînes d’approvisionnement mondiales en hydrocarbures, a montré la dépendance vitale des économies mondiales à l’or noir. Et, les grands pays producteurs de pétrole ont largement tiré profit de la forte hausse des cours du baril de pétrole durant l’année 2022. Échaudés par la chute du prix en 2020, ces pays jouent désormais pleinement sur la variable de la baisse de l’offre pour réguler le cours et maintenir leurs recettes à des niveaux élevés. Reste que pour de nombreux pays la production pétrolière est en déclin continu depuis de nombreuses années, sous l’effet d’une conjonction de facteurs dont la faiblesse de nouveaux investissements dans l’exploration pétrolière, l’épuisement des puits exploités depuis des décennies, les problèmes liés à l’insécurité… Une situation qui touche particulièrement les pays africains. Ainsi, les réserves des grands producteurs du continent ne cessent de s’étioler en raison de divers facteurs alors que la demande mondiale n’en finit pas de croître sous l’effet des économies émergentes, notamment de la Chine et de l’Inde, deux des principales locomotives de l’économie mondiale qui absorbent plus de 21% de la consommation mondiale de pétrole. Seulement, les réserves mondiales de pétrole prouvées actuellement devraient s’épuiser d’ici 2070. Et bien avant cette date, de nombreux pays devraient cesser d’être producteurs, à moins de découvrir de nouvelles ressources, et cela concerne de nombreux pays africains producteurs de pétrole. Une résultante qui s’explique par le fait que les pays du continent sont loin de figurer parmi ceux abritant les plus importantes réserves. Ainsi, selon le classement des 20 pays disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde, on compte 4 pays africains dont 1 seul figure dans le top 10. Il s’agit de la Libye avec des réserves estimées à 48,36 milliards de barils. Elle devance le Nigéria, première puissance économique du continent, avec des réserves évaluées à 36,89 milliards de barils, le classant au 11e rang mondial. L’Algérie et l’Angola, avec respectivement 12,2 et 7,78 milliards de barils, se positionnent respectivement aux 16e et 19e rangs mondiaux en termes de réserves de pétrole. Les réserves de pétroles estimées des 4 pays africains du Top 20 mondial (en milliards de barils) Rang Afrique Pays Rang mondial Réserves estimées 1er Libye 9e 48,36 milliards de barils 2e Nigeria 11e 36,89 milliards de barils 3e Algérie 16e 12,20 milliards de barils 4e Angola 19e 7,78 milliards de barils Source: Insider Monkey À noter qu’au niveau mondial, les pays disposant des plus importantes réserves de pétrole sont le Venezuela avec des réserves estimées à 303,8 milliards de barils, devant l’Arabie saoudite (2e, 258,6 milliards de barils), l’Iran (3e, 208,6 milliards de barils), le Canada (4e, 170,3 milliards de barils), l’Irak (5e, 45 milliards de barils), la Russie (6e, 108 milliards de barils), le Koweit (7e, 101,1 milliards de barils), les Émirats arabes unis (8e, 97,8 milliards de dollars), la Libye (9e, 48,36 milliards de barils), les États-Unis (10e, 47,10 milliards de barils), le Nigéria (11e, 36,89 milliards de barils), le Kazakhstan (12e, 30 milliards de barils), la Chine (13e, 26,02 milliards de barils), le Qatar (14e, 25,24 milliards de barils), le Brésil (15e, 12,71 milliards de barils), l’Algérie (16e, 12,2 milliards de barils), l’Équateur (17e, 8,27 milliards de barils), la Norvège (18e, 8,12 milliards de barils) , l’Angola (19e, 7,78 milliards de barils) et l’Azerbaïdjan (20e, 7 milliards de barils).

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Industrialisation en Afrique: Le Maroc classé 2éme

Le sujet de l’industrialisation n’est pas nouveau, et une journée, le 20 novembre a même été instaurée par les Nations unies en 1989. C’est dans ce contexte que s’est tenu le double sommet de l’Union africaine. L’Afrique exporte presque tout sans fabriquer localement, or ces dernières années, les États africains ont pris conscience que la croissance africaine doit se faire à partir de secteurs diversifiés autres que les matières premières. Mais qu’en est-il concrètement de la situation aujourd’hui ? Que disent les chiffres ? L’Afrique du Sud a conservé un classement très élevé tout au long de la période 2010-2021, suivie de près par le Maroc, qui occupait la deuxième place en 2022. L’Égypte, la Tunisie, Maurice et Eswatini complètent le top six sur la période, selon un nouveau rapport sur l’Indice de l’industrialisation en Afrique (AII) publié par la Banque africaine de développement, l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Le rapport sur l’Indice de l’industrialisation en Afrique (AII) fournit une évaluation à l’échelle nationale des progrès réalisés par les 52 pays africains sur la base de 19 indicateurs clés.  Il s’agit de : Les performances manufacturières, le capital, la main-d’œuvre, l’environnement des affaires, les infrastructures et la stabilité macroéconomique. L’indice établit également un classement du niveau d’industrialisation des pays africains selon trois axes : les performances, les déterminants directs et indirects. Les déterminants directs comprennent les dotations en capital et en main-d’œuvre et la manière dont elles sont déployées pour stimuler le développement industriel. Les déterminants indirects comprennent les conditions environnementales favorables telles que la stabilité macroéconomique, des institutions et des infrastructures solides. La construction d’une industrie productive fera partie intégrante du développement de l’Afrique, offrant une voie vers une transformation structurelle accélérée, la création d’emplois formels à grande échelle et une croissance inclusive. Toutefois, la part de l’Afrique dans l’industrie manufacturière mondiale a diminué pour atteindre le niveau actuel de moins de 2 %. Des politiques industrielles plus proactives sont jugées essentielles pour inverser la tendance, mais elles nécessitent des connaissances approfondies et une compréhension détaillée des contraintes et des opportunités auxquelles chaque pays est confronté. Voici quelques-unes des autres conclusions clés du rapport : – Au cours de la période couverte, Djibouti, le Bénin, le Mozambique, le Sénégal, l’Éthiopie, la Guinée, le Rwanda, la Tanzanie, le Ghana et l’Ouganda ont tous progressé de cinq places ou plus dans le classement.  – Les pays les plus performants ne sont pas nécessairement ceux dont l’économie est la plus importante, mais ceux qui génèrent la plus forte valeur ajoutée manufacturière par habitant, avec une proportion importante de produits manufacturés destinés à l’exportation ; – L’Afrique du Nord reste la région africaine la plus avancée en matière de développement industriel, suivie par l’Afrique australe, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est. Il faut souligner que malgré les crises mondiales successives sur 54 pays, 7 pays africains concentrent plus de 65 % du PIB réel sur le continent, dont le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Algérie, le Maroc, le Kenya et l’Éthiopie.

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Explosion démographique en Afrique: Moteur du décollage économique de la région

Les politiques publiques et les interventions actuelles des autorités gouvernementales en Afrique peuvent augmenter les chances de voir se concrétiser les gains potentiels de la croissance démographique rapide de la région et accompagner son décollage économique, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale. Le rapport intitulé Africa’s Demographic Transition: Dividend or Disaster? conclut qu’avec des mesures appropriées, comme l’abaissement des taux de fécondité et l’amélioration de l’éducation et de la santé, en particulier pour les femmes et les filles, les État pourront ressentir les effets positifs de l’évolution démographique sur le développement de tout le pays. « L’explosion démographique africaine ne pourra contribuer à la croissance économique sans des investissements appropriés dans le capital humain », souligne Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour la région Afrique. «Les nouveaux venus sur le marché du travail devront avoir une éducation de qualité et accès à des soins de santé afin que l’Afrique puisse bénéficier du dividende démographique. »  Le rapport indique qu’en 2060, le continent africain comptera environ 2,8 milliards d’habitants sur une population mondiale de 10 milliards d’individus. Il propose aux pays d’Afrique la marche à suivre pour accroître leurs chances de tirer parti des retombées socioéconomiques potentielles de cette croissance de la population afin de créer un dividende démographique en Afrique subsaharienne. La région enregistre déjà un recul rapide de la mortalité infantile, une hausse du taux de scolarisation des filles, un soutien politique réaffirmé à haut niveau sur la nécessité de traiter la question démographique, et une croissance économique rapide. Dans des capitales comme celles de l’Éthiopie ou du Ghana, le taux de fécondité n’a jamais été aussi bas avec environ deux naissances par femme. En revanche, certains pays affichent des taux de fécondité atteignant 5,4 enfants par femme (2005–2010) – un niveau qui reste préoccupant. À titre de comparaison, la fécondité est beaucoup plus faible ailleurs dans le monde. En Asie de l’Est par exemple, elle est passée de 5,6 à 1,6 enfant entre 1950 et 2010. « Le rapport analyse les enseignements pouvant être tirés de l’expérience de l’Asie de l’Est, de l’Amérique latine et du Moyen-Orient. Toutefois, la démographie de l’Afrique subsaharienne présente deux spécificités. Tout d’abord, c’est la seule région du monde qui se trouve encore au tout début de la transition démographique », explique Abdo Yazbeck, économiste principal au pôle d’expertise mondial en Santé, nutrition et population de la Banque mondiale. « Deuxième spécificité, la région est hétérogène. Un petit nombre de pays d’Afrique sont très en avance avec des taux de fécondité inférieurs aux seuils de renouvellement, mais beaucoup d’autres se trouvent loin derrière. » Ces écarts importants plaident en faveur d’une différenciation des interventions dans chaque pays, ciblant des secteurs et des processus différents, relève le rapport. Le rapport Africa’s Demographic Transition: Dividend or Disaster? préconise des mesures et des changements stratégiques généraux susceptibles de favoriser une évolution rapide de la démographie pour générer un vaste dividende démographique dans toute l’Afrique. En premier lieu, les pays peuvent autonomiser les femmes et les filles en améliorant leur santé et leur instruction, en développant leurs compétences et en leur accordant davantage de pouvoir économique, social et de décision. Dans les pays où la fécondité est en recul et où le pourcentage de population en âge de travailler augmente, la priorité doit être de créer des emplois hautement productifs et d’encourager les investissements dans la santé et l’éducation des plus jeunes. Les économies plus avancées doivent insister sur la mobilisation de l’épargne nationale et la participation des femmes au marché de l’emploi en dehors du foyer. Des mesures doivent être prises pour constituer une épargne suffisante en vue de la retraite afin de faire face au problème du vieillissement de la population qui se posera à mesure que la fin de la transition démographique approchera. L’absence de sécurité peut rendre toute intervention plus difficile dans les États fragiles. Dans ces pays, l’accent doit être mis sur la santé de l’enfant, l’accès aux soins de santé et, si possible, la planification familiale, pour préparer les conditions préalables à un dividende démographique. Bien que ce rapport adopte une perspective régionale pour mettre en évidence les possibilités d’obtenir un dividende démographique et propose des recommandations générales, chaque pays doit adapter sa démarche à ses propres difficultés et opportunités.

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En Afrique, un immense défi démographique

Présenté  récemment à Johannesburg (Afrique du Sud), un rapport de l’UNICEF sur la démographie africaine souligne l’importance des défis auxquels le continent va être confronté au cours des prochaines décennies. Hausse exponentielle de sa population, urbanisation galopante : les tendances sont connues, mais l’actualisation des projections par l’agence des Nations unies pour l’enfance offre un nouvel éclairage. L’Afrique va vivre « une transition démographique d’une ampleur et d’une rapidité sans précédent », soulignent clairement les auteurs du rapport Afrique : génération 2030. Sa population va continuer à croître à un rythme soutenu jusqu’à la fin du XXIe siècle. En 1950, l’Afrique ne représentait que 9 % de la population mondiale. En 2050, un quart de l’humanité sera africain, puis 40 % d’ici à 2100. L’Afrique, qui a 1,2 milliard d’habitants aujourd’hui, en comptera 2,4 milliards en 2050, puis 4,2 milliards à la fin du siècle. Autre fait majeur : l’urbanisation observée ces dernières décennies va se poursuivre à un rythme effréné. En 1950, 14 % des Africains vivaient en ville ; ils sont aujourd’hui 40 % et devraient être près de 60 % en 2050. À la fin des années 2030, les urbains devraient pour la première fois être plus nombreux que les ruraux. La croissance de nombreuses villes s’annonce impressionnante. Au Nigeria, Lagos, aujourd’hui deuxième agglomération urbaine d’Afrique, verra sa population doubler en quinze ans pour atteindre 24 millions d’habitants en 2030. La population du Caire, en Égypte, passera de 19 à 25 millions d’habitants. « L’un des résultats les plus importants du rapport concerne le déplacement massif de la population des enfants vers l’Afrique », souligne l’UNICEF. D’ici à 2050, alors que le taux de natalité faiblira dans de nombreux pays développés, près de 2 milliards d’enfants naîtront en Afrique, soit 41 % des naissances mondiales. Des chiffres supérieurs aux précédentes projections. En 2012, l’agence de l’ONU prévoyait qu’en 2050 un enfant sur trois serait africain. Selon de nouveaux calculs, ce sont 40 % des enfants de moins de 5 ans qui vivront sur ce continent à cette date. Le nombre des moins de 18 ans passera de 547 millions en 2015 à près d’un milliard d’ici à 2050. I) Pauvreté élevée :  Le Nigeria, première économie du continent, « requiert une attention particulière », souligne l’UNICEF. Déjà doté de la plus forte natalité du continent, le pays « enregistrera à lui seul près d’une naissance mondiale sur dix ». Sa population sera multipliée par 2,5 en 35 ans (440 millions d’habitants en 2050). Devant une telle croissance démographique, alliée à un taux de pauvreté toujours très élevé (environ 60 % de la population d’Afrique subsaharienne vit avec moins de 2 $ par jour), l’UNICEF appelle à investir massivement dans les secteurs de la santé, de l’éducation, en particulier pour les filles. « Les bouleversements démographiques auxquels le continent est confronté sont un enjeu vital pour l’humanité », souligne le document. Les conditions de vie des plus jeunes sont un point majeur selon l’UNICEF. Si de nets progrès ont été réalisés sur le plan de la survie des enfants africains depuis les années 2000, « le continent enregistre encore la moitié de l’ensemble des décès d’enfants » dans le monde. II) Projections à actualiser Sans ces investissements, il sera impossible pour le continent de faire de cette hausse démographique un levier de développement, estime l’agence de l’ONU, et ce, malgré des taux de croissance économique élevés. Pour autant, les auteurs du document reconnaissent les limites d’un tel exercice : les projections ne sont pas gravées dans le marbre et les disparités entre pays et régions sont très importantes. Mais « ce rapport doit servir de catalyseur à un débat international, régional et national sur les enfants africains, a expliqué Leila Gharagozloo-Pakkala, directrice générale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. En investissant aujourd’hui dans les enfants — leur santé, leur éducation —, l’Afrique pourrait tirer des avantages économiques auparavant connus par d’autres régions et d’autres pays qui ont vécu des changements démographiques similaires. » – Rapport de l’UNICEF sur la démographie africaine

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