Dans le Top 10 des pays africains les plus influents au monde : L’Egypte, le Maroc et la Tunisie

Le cabinet britannique «Brand Finance», spécialisé dans l’analyse des valeurs des marques, vient de publier récemment son rapport «Soft Power Index 2022. L’étude publiée annuellement se base sur une enquête d’opinion auprès des résidents de plus de 100 pays représentant tous les continents et régions du monde et l’avis des décideurs de gouvernements, institutions internationales, entreprises et ONG. D’après cette étude, l’Egypte est le pays qui a le soft power africain le plus influent au monde. La même étude constate que les pays africains gagnent en influence. Les 4 pays soft power les plus influents du continent ont progressé ces trois dernières années, même si jusque-là, aucune nation africaine n’a intégré le top 20 mondial des pays les plus influents. Forte de son histoire millénaire, de sa stabilité politique recouverte en dépit de l’instauration d’un régime très autoritaire depuis 2014, de son rayonnement culturel et attirant des millions de touristes par an, l’Egypte s’est imposée naturellement comme le pays africain le plus influent.  A la deuxième position, se trouve l’Afrique du Sud dont l’influence internationale est due  «en particulier aux secteurs des médias et de la communication, de l’éducation et des sciences, ainsi que celui des affaires», souligne l’étude du cabinet britannique Brand Finance.  Le Maroc, de son côté, s’est positionné à la 3e place grâce à d’importants efforts diplomatiques. En dépit de ses problèmes sécuritaires et politiques, le Nigeria, le géant africain, s’est hissé à la 4e place des pays africains les plus influents dans le monde grâce aux progrès des secteurs des industries créatives et culturelles, notamment à la musique et au cinéma. L’impact de ces deux sous-secteurs au Nigeria avait déjà été mis en avant par l’African Trade Report 2022 produit par Afreximbank. « L’industrie cinématographique nigériane, Nollywood, reconnue comme le deuxième plus grand producteur de films au monde, exporte des milliers de films chaque année et fait la promotion du riche patrimoine culturel africain dans le monde entier », avait relevé cette étude. L’Algérie est devancée par l’Egypte (1er du top 10 africain et 31ème à l’échelle mondiale), le Maroc (3ème du top 10 africain et 46ème mondial) et même le petit Rwanda arrivé au 7e rang africain grâce à sa campagne de Nation Branding « Visit Rwanda », son partenariat avec le Paris Saint-Germain et une communication publique maitrisée transformant ce petit pays africain ravagé par un génocide en 1994 en un pays séducteur et sympathique. Les autres pays africains de ce Top 10 sont Maurice (5ème du top 10 africain et 71ème mondial), le Rwanda (6ème du top 10 africain et 74ème mondial), le Ghana (9ème du top 10 africain et 86ème mondial) et Madagascar (10ème du top 10 africain et ème mondial). Pour ce qui est du Maroc, doit sa place à ses importants efforts diplomatiques. Le Nigeria, quant à lui, doit ses récents progrès aux secteurs des industries créatives et culturelles, notamment à la musique et au cinéma. Maurice pour sa part a fait de nombreux efforts de Nation Branding, notamment pour promouvoir ses destinations touristiques. Ces efforts du pays ont naturellement généré un soft power qui s’est hissé dans le top 75 mondial dès sa première apparition dans ce classement. A cet effet justement, la présence du Rwanda est loin d’être une surprise, car avec sa campagne de Nation Branding « Visit Rwanda », son partenariat avec le Paris Saint-Germain et une communication publique maitrisée, il est fort probable que ce pays fera partie dorénavant des soft power les plus importants du continent. Pour rappel le concept du soft power, créé par l’américain Joseph Nye,  est la capacité d’un État à influencer et à orienter les relations internationales en sa faveur par un ensemble de moyens, autres que la force ou toute autre contrainte. 

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Afrique: les 12 pays où l’espérance de vie est la plus forte et la plus faible

Une étude publiée par l’OMS le 4 août, estime que l’espérance de vie « en bonne santé » en Afrique a augmenté de neuf ans entre 2000 et 2019, passant de 47 à 56 ans – contre 64 ans de moyenne mondiale. Les progrès sont loin d’être uniformes, avec des contre-performances dans des pays relativement prospères. Le continent a le plus progressé dans le monde ces vingt dernières années dans l’espérance de vie « en bonne santé ». Autrement dit, le temps que les individus vivent sans maladies, un indicateur différent de l’espérance de vie globale. Principale explication du progrès réalisé : l’accès aux services de santé de base a doublé. Il est passé de 24 % en 2000 à 46 % en 2019 selon le « Suivi de la couverture sanitaire universelle dans la région africaine » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le rapport donne des chiffres par sous-régions, mais pas par pays. L’Afrique de l’Est et les huit pays de l’Igad ont le plus progressé, étant partis d’une espérance de vie en bonne santé de 43 et 45 ans en 2000 pour atteindre 58 et 57 ans en 2019. L’Afrique du Nord, elle, se rapproche de la moyenne mondiale avec 63 ans, tandis que trois sous-régions, Afrique centrale, australe et de l’Ouest restent à la traîne, avec respectivement 54, 55 et 56 ans d’espérance de vie en bonne santé. Deux explications sont avancées par le rapport : d’un côté, la performance des services de santé, qui dépend de l’investissement dans les dépenses de santé publique, et d’autre part, « les pays à revenu élevé ou à revenu intermédiaire de la tranche supérieure ont dans la plupart des cas un Indice de couverture de santé et une espérance de vie à la naissance beaucoup plus élevés que les pays à faible revenu ». La Centrafrique, record mondial de la plus faible espérance de vie. Les chiffres de la Banque mondiale confirment la nette longueur d’avance du Maghreb (voir tableau) en termes d’espérance de vie en général, que l’on vive malade ou pas. Les pays en conflit, pauvres et/ou qui n’investissent pas dans la santé restent sans surprise en queue de peloton, tels que la Centrafrique, le Nigeria, la Sierra Leone, le Tchad et le Lesotho. Au Nigeria, la situation est aggravée, comme dans d’autres pays pétroliers par les inégalités sociales, ainsi que par la fuite de cerveaux massive du personnel de santé, attiré par de meilleures conditions de travail à l’étranger. Le même fléau prévaut en Égypte, un pays où l’on vit pourtant jusqu’à 72 ans en moyenne, avec 1 médecin pour 1 240 habitants (contre 1 pour 5 000 habitants au Nigeria). L’explication tient au fait que l’Égypte, comme les autres pays d’Afrique du Nord, a achevé sa transition démographique, avec une baisse concomitante des taux de natalité et de mortalité, et des investissements faits dans la santé. Pourquoi, par ailleurs, vit-on plus dix ans de plus au Sénégal qu’en Côte d’Ivoire, où l’espérance de vie ne dépasse pas 57 ans, comme en Somalie et au Sud-Soudan ? Et ce, alors que les défaillances de l’hôpital public au Sénégal font les gros titres de la presse… « Il y a plus de médiatisation au Sénégal, mais des scandales réguliers surviennent en Côte d’Ivoire comme au Bénin, explique Gilles Yabi, le fondateur du West African Think Tank (WATHI). Le Sénégal a fait des progrès plus importants en termes de santé maternelle et néonatale qu’ailleurs dans la sous-région. Or, la santé des 0-5 ans influence beaucoup l’espérance de vie, en plus de facteurs sociaux difficiles à mesurer, tels que l’hygiène de vie, l’activité physique et l’alimentation ». La Côte d’Ivoire au même niveau que la Somalie. Les deux seuls pays d’Afrique à revenus élevés s’en tirent mieux, comme les Seychelles et Maurice, mais l’argent n’est pas toujours synonyme de longévité. « Le lien avec le PIB par habitant n’est pas forcément le plus déterminant, contrairement à l’investissement public dans la santé », estime Mabingué Ngom, conseiller spécial du Directeur exécutif du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et directeur du bureau de l’UNFPA auprès de l’Union africaine. La Guinée équatoriale, 1,4 million d’habitants, affiche une espérance de vie aussi faible que la Guinée-Bissau, alors que son revenu est dix fois supérieur. Autre curiosité notable : au Mali et au Cameroun, dont les PIB par tête vont quasiment du simple au double, on ne vit en moyenne pas plus de 59 ans. Au Gabon, où la prévention et la lutte contre le cancer sont moins négligées, l’espérance de vie dépasse de six ans celle des voisins congolais, qui plafonne à 60 ans à Kinshasa comme à Brazzaville. Quant à l’Afrique du Sud, elle se situait au même niveau que les Comores, le Liberia et le Ghana, 64 ans en 2019. Trois pays qui sont loin d’être industrialisés comme elle. L’ampleur prise par le virus du Sida a tout changé dans les années 2000, avec une part de 19 % des 15-49 ans séropositifs aujourd’hui. Selon Statistics SA, l’espérance de vie à la naissance sans le VIH/Sida, qui cause 23 % des décès, s’élevait à 69 ans en moyenne en 2019. Les ravages faits par le Covid-19 se sont ajoutés à ceux du Sida, et ont fait reculer de trois ans le temps que l’on peut espérer vivre en Afrique du Sud. Celui-ci est passé à 61 ans en 2021, comme au Burundi, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique.

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Pour un nouveau partenariat entre l’Afrique et l’Europe

Les relations entre les pays africains et l’Europe sont anciennes. Elles reposent sur un passé historique colonial lourd, des échanges culturels et commerciaux importants, et des liens économiques et politiques évidents. L’action extérieure de l’Europe cherche aujourd’hui encore ses marques dans la relation à établir avec les pays d’Afrique : le passé colonial de certains des membres de l’UE crée parfois une difficulté supplémentaire tandis qu’il peut être à l’origine de relations privilégiées. Les institutions européennes recherchent un équilibre entre leur volonté de transmission des valeurs démocratiques et l’expansion économique, non sans intérêt dès lors que l’Union représente 80% de l’aide publique destinée aux pays africains et qu’elle en est le principal partenaire commercial. Le dialogue politique eurafricain semble ainsi porter sur une négociation unilatérale se heurtant souvent aux intérêts nationaux africains. I) Vers une «nouvelle alliance» salutaire ? L’Europe et l’Afrique partagent de nombreux intérêts communs, qu’il s’agisse d’une économie et d’un climat des affaires favorables ou de questions sécuritaires. Jean-Claude Juncker, ancien président de la Commission européenne, a proposé une Alliance Afrique-Europe pour des investissements et des emplois durables qui vise à stimuler les investissements stratégiques européens et à rehausser les échanges commerciaux entre partenaires. Ces projets exploitent le potentiel que représenterait la création de la zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) et semblent d’apparence apporter de nouvelles logiques à cette relation. Pourtant, il conviendra de veiller attentivement à ce que ne s’opèrent des dérives et une réinvention néo-colonialistes de ces divers projets. Les différents objectifs rappellent effectivement étrangement les initiatives chinoises présentées dans la déclaration de Beijing. Cette «nouvelle alliance» trouvée entre l’Union européenne et les pays africains semble salutaire. Les Européens paraissent avoir compris certaines des erreurs passées, notamment en ce qui concerne des accords économiques déséquilibrés et des relations diplomatiques inégales. Ces engagements apparaissent cependant bien dérisoires face à l’image ternie de l’Europe dans certaines régions d’Afrique et au regard de la politique agressive des Chinois. II) Une architecture institutionnelle inadaptée  Le partenariat Afrique-UE repose sur un dialogue formel composé de réunions organisées entre homologues africains et européens. Les chefs d’État et de gouvernement se réunissent tous les trois ans lors de sommets Union Africaine-UE et durant lesquels sont discutées et définies les orientations politiques de la coopération. Des réunions ad hoc ainsi que des rencontres parlementaires existent, tout comme des dialogues thématiques spécifiques. Cependant, l’architecture institutionnelle des relations marque par la fréquence de ces réunions. Il s’agirait de permettre une régularité bien plus importante pour rapprocher les deux continents dans les différents enjeux qu’ils doivent affronter. III) La question migratoire : sujet de tensions Le contrôle des migrations en provenance des pays africains est un sujet brûlant dans les sociétés européennes. Les dirigeants européens et africains sont très divisés sur le sujet, et sur la manière d’aborder la politique migratoire. Les chefs d’État et de gouvernement européens souhaiteraient conclure des accords de retour des migrants avec les pays africains au sein des nouveaux accords de Cotonou dont les discussions ont déjà débuté. L’Union européenne a d’ores et déjà fait part de son intention de prioriser le contrôle des migrations dans les prochains accords en conditionnant l’aide et les futurs investissements financiers aux pays africains. Cette position paternaliste, voir même assujettissante, rappelle un néo-colonialisme brutal pour l’Afrique. Les accords eurafricains sont caractérisés par une inégalité frappante dans les rapports de forces, principalement du fait de la dépendance des pays africains face à l’Europe. L’ensemble des structures (financières, techniques et politiques…) maintiennent ou créent un rapport de dépendance structurelle sur le plan économique. Si la « nouvelle alliance » proposé par l’Union semble s’affranchir en partie de ce processus, le néo-colonialisme européen ne saura disparaître. Les Européens doivent se poser les bonnes questions. La présence en Afrique est-elle vraiment bénéfique ? Pour les européens, , évidemment ! Pour les peuples africains… ? En effet, l’unilatéralisme qui caractérise les accords eurafricains des dernières décennies conditionnent l’octroi des aides au développement à l’implantation d’entreprises européennes. Cette expansion économique des Européens ne profite toutefois pas à un développement économique durable en Afrique. De même, comment s’affranchir de l’Histoire commune en s’émancipant de ce néo-colonialisme ? La difficulté principale réside dans l’incapacité à imaginer un monde dépourvu de dominant et de dominé, entendu comme un rapport de contrainte. Il faudrait être probablement plus à l’écoute des peuples d’Afrique pour éviter la répétition des erreurs passées, qu’il s’agisse du néo-colonialisme ayant fait suite à la colonisation de certains États européens ou par exemple des difficultés quant au respect du principe de non-ingérence dans les pays africains. La prise de conscience européenne serait pourtant insuffisante à la réinvention du modèle des relations eurafricaines. Le concept de néo-colonialisme ne suffit pas à comprendre cette domination. Les pays africains doivent prendre conscience de leur responsabilité dans cette relation déséquilibrée dans laquelle ils acceptent volontairement les systèmes de valeurs, les schémas de pensées et les modèles économiques. Il est peut-être temps de  comprendre ensemble les intérêts européens  communs et que les élites intègrent aux relations eurafricaines une dimension psychologique, en ce qui concerne la perception mutuelle des populations des deux continents, et sociale par une prise de conscience du bien-être des peuples africains dans les relations économiques et diplomatiques eurafricaines.

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La jeunesse, moteur de changement social au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Original article published in the blog Un seul monde (Huffington Post) Ce billet du blogue Un seul monde, une initiative de l’AQOCI et du CIRDIS, a été écrit par Frédéric Hareau, directeur des programmes chez Equitas – Centre international d’éducation aux droits humains. Le projet Mosharka (2012-2016) a été réalisé grâce à l’appui de l’Union européenne, de l’Organisation internationale de la Francophonie et de l’Ambassade du Canada en Jordanie. La jeunesse du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MOAN) a fait l’objet de nombreuses études au cours des dernières années. Et si les images véhiculées sont souvent contradictoires, tout le monde s’entend pour reconnaître que la jeunesse est une force qui influence fortement la réalité de la région et qu’on ne peut négliger. Une force démographique tout d’abord: les jeunes âgés de 15 à 29 ans composent plus du quart de la population dans chacun des pays de la région MOAN. Une force politique ensuite: à la surprise du monde entier, les jeunes, femmes et hommes, ont constitué l’avant-garde des mouvements qui ont bouleversé la région depuis 2011. Ils ont démontré leur pouvoir de renverser des régimes qu’on pensait indéboulonnables. Après 2011, on a amplement loué cette jeunesse porteuse d’espoir, symbole du renouveau, de ce «printemps arabe» synonyme de progrès démocratique, économique et social. Cinq années plus tard, la région se trouve confrontée à des conflits dévastateurs, à des mouvements radicaux et violents, à des déplacements massifs de populations, à la résurgence d’États autocratiques et à de profondes crises économiques et sociales. L’image des jeunes a bien changé: une source de déstabilisation, encline à la radicalisation, ou prête à tout pour s’expatrier. Des jeunes confrontés à de multiples défis. Des millions de jeunes de la région MOAN sont directement affectés par les conflits et vivent dans des conditions d’extrême précarité. Mais c’est également l’immense majorité des jeunes de la région qui fait face à des défis de taille. D’un point de vue économique, le taux de chômage parmi les jeunes de la région reste le plus élevé du monde (atteignant par exemple 51% en Libye, dont 68% pour les jeunes filles) et la croissance ne bénéficie pas aux jeunes. Selon l’OCDE, «l’absence d’un cadre de croissance inclusif a laissé les jeunes hommes et femmes à la marge de la société, confrontés à un accès restreint à une sécurité sociale et à une mauvaise qualité des services publics». Cette exclusion économique est étroitement liée à une exclusion des processus de prise de décision, la voix des jeunes restent très largement ignorée. Toujours selon l’OCDE, il est nécessaire de réajuster les cadres de gouvernance afin que les jeunes aient un rôle plus important dans l’articulation des politiques. Leur absence des sphères de décision et de la société civile réduit leur sentiment d’appartenance à leur communauté, conduit à leur marginalisation et augmente les risques de radicalisation. Il convient toutefois d’éviter une généralisation qui voudrait que tous les jeunes se radicalisent. Comme mentionné par les jeunes de Young Arab Voices: «il y a 100 millions de jeunes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord qui ont résisté à l’attrait de devenir moudjahidin». Aujourd’hui, force est de constater que les espoirs et les revendications des mouvements de 2011 – dignité, liberté, justice sociale et emploi – restent à ce jour en grande partie lettre morte. Une jeunesse profondément engagée en dépit des obstacles. Les images projetées par les médias sont loin de refléter la complexe réalité des jeunes de la région et occultent les luttes quotidiennes d’innombrables jeunes femmes et hommes pour bâtir des sociétés plus justes. À cet égard, les 1 700 jeunes d’Égypte, de Jordanie, du Maroc, de Tunisie et du Yémen avec qui Equitas et ses partenaires ont collaboré pour le projet Mosharka n’ont ménagé aucun effort pour réduire les inégalités et trouver des solutions aux problèmes qui minent leurs communautés. Les leçons apprises du projet ont été publiées dans un recueil, Participation des jeunes à la vie communautaire – Réalisation de projets de droits humains au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, parmi celles-ci : L’engagement des jeunes doit être centré sur leurs motivations et leurs forces. La connaissance des droits et l’intériorisation des valeurs des droits humains facilitent leur implication dans le processus de changement social et légitiment leur action auprès des acteurs étatiques. Les jeunes leaders du projet Mosharka ont décidé de s’engager sur des enjeux tels que l’exclusion des jeunes filles, le mariage précoce, la participation politique des jeunes, l’inclusion des personnes vivant avec un handicap, et les conflits ethniques. Les projets utilisant la vidéo, les technologies de l’information et les médias sociaux, ou encore le théâtre de rue leur ont permis de participer efficacement au développement communautaire. Bâtir le leadership et la confiance des jeunes constitue la colonne vertébrale d’une intervention. Le développement de compétences clés telles que la confiance, la réflexion critique, l’analyse d’enjeux liés aux droits humains, la planification, la négociation, et la gestion financière s’avère essentiel à leur implication citoyenne. L’utilisation d’une approche participative basée sur les droits humains a permis aux organisations et aux jeunes intervenants d’engager les jeunes marginalisés, des jeunes dont les droits sont souvent bafoués. Cette stratégie se révèle très pertinente pour se rapprocher des jeunes exclus afin de bien comprendre leurs attentes, valoriser leur vécu, travailler efficacement avec eux et dépasser les divisions ethniques, religieuses, socioéconomiques ou fondées sur le genre en rassemblant des groupes divisés. Si l’engagement de nombreux jeunes est source d’espoir, un des défis majeurs dans la région MOAN reste de créer des espaces de dialogue entre les instances gouvernementales et les jeunes. La culture des droits humains et du dialogue, et les espaces dans lesquels celle-ci s’exprimera restent à bâtir. Il s’agit d’un des enjeux majeurs qui influencera l’avenir de la région. Unir les forces à ce niveau n’est pas seulement souhaitable, c’est impératif.

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L’Afrique, un continent en voie d’émergence

Alors que l’identification de pays africains réellement émergents s’avère complexe, l’Afrique dispose d’atouts pour décoller en tant que continent grâce, dans un premier temps, au développement d’un marché commercial, puis d’un marché financier. L’Afrique est aujourd’hui considérée comme une terre d’opportunités économiques et financières. Depuis 2000, ses bonnes performances économiques suscitent une vague d’optimisme de la part des investisseurs internationaux. Un sentiment qui pourrait être conforté par la résilience dont fait preuve l’activité économique africaine face à l’épidémie de Covid-19 (- 2,6 % en 2020), au regard de son impact à l’échelle mondiale (- 4,4 %). I) L’émergence, un concept mobilisé par les pays africains eux-mêmes Face à ce renouveau, les dirigeants africains ont adapté leurs discours pour évoquer les ambitions économiques de leurs pays respectifs. Les objectifs traditionnellement mis en avant de réduction de la pauvreté ou d’amélioration des indicateurs socioéconomiques ont progressivement laissé place à l’ambition d’«émergence» dans la plupart des plans nationaux de développement économique des pays du continent. Près de la moitié des économies africaines disposent d’un plan national visant à accéder à l’émergence à court, moyen ou long terme. À titre d’exemple, l’ambition du Plan «Sénégal émergent» est d’en faire un pays émergent à l’horizon 2035. Au Gabon (« Plan stratégique Gabon émergent »), cet objectif devrait être atteint dès 2030. Quant au Maroc, il ambitionne   l’émergence industrielle par une stratégie d’industrialisation entre 2009 et 2015 qui a été suivi par un plan d’Accélération Industrielle 2014-2020. Depuis 2015 et à l’initiative du président ivoirien Alassane Ouattara, une Conférence internationale biennale sur l’émergence de l’Afrique a même été instituée et vise à « soutenir le développement des capacités à préparer et mettre en œuvre les plans d’émergence » du continent. Mais peut-on réellement identifier des pays africains qui se démarquent dans leur trajectoire de développement au point de pouvoir être considérés comme émergents ou en voie d’émergence ? II) Une poignée de pays africains émergent… partiellement La notion d’émergence ne renvoie pas à une définition communément admise par l’ensemble des acteurs des sphères économiques et financières. Il est toutefois possible d’examiner l’Afrique à l’aune des critères communément admis comme étant partagés par les premiers pays émergents, notamment asiatiques. Ces économies se sont distinguées par une croissance économique soutenue sur une longue période, leur capacité d’intégration commerciale et financière, et la prise de relai d’un développement extraverti par une croissance endogène, reposant sur le développement d’un marché intérieur et d’une consommation interne dynamique. Or, si quelques pays africains enregistrent de très bonnes performances dans l’un de ces domaines, ils peinent à répondre à l’ensemble de ces critères. Prenons l’exemple du Nigeria, de l’Afrique du Sud et de l’Égypte, qui constituent les trois premières économies africaines en termes de produit intérieur brut (PIB). De par leur taille, ces économies sont les principales destinations africaines des investissements directs étrangers (IDE), après Maurice. Elles concentrent à elles seules 35 % des flux entrants en Afrique. Mais ces économies enregistrent des performances mitigées en matière d’indicateurs sociaux. Si l’on considère à présent les pays qui connaissent les plus forts taux de croissance, ils ne sont pas nécessairement pour autant ceux qui attirent le plus de capitaux ni ceux qui parviennent à faire bénéficier cette accumulation de richesse à leur population. L’Éthiopie, le Rwanda et la Tanzanie, dont les croissances économiques ont été durablement soutenues au cours de la dernière décennie, sont certes engagés dans une dynamique de rattrapage, mais ces pays demeurent des marchés de taille limitée : le PIB éthiopien ne représente en 2019 que 20 % du PIB nigérian, contre 15 % pour la Tanzanie et seulement 2 % pour le Rwanda. En outre, leurs résultats en matière d’indicateurs sociaux restent modestes en dépit d’une réduction de la pauvreté. Ces exemples soulignent tout l’enjeu du caractère inclusif du modèle de croissance des pays africains. III) Émergence : l’Afrique a son propre index On comprend alors pourquoi la grande majorité du continent (à l’exception de l’Afrique du Sud et, dans une moindre mesure, de l’Égypte et du Nigeria) était jusqu’aux années 2010 tenue à l’écart de la notion d’émergence proprement dite. Mais s’il apparaît que peu de pays africains peuvent être qualifiés d’émergents à ce stade, plusieurs économistes et chercheurs proposent des nouvelles définitions de l’émergence élargies à des critères sociaux, de gouvernance et de qualité des infrastructures. Ces définitions revisitées permettent d’identifier les prochains pays émergents en Afrique. Aux BRICS et autres classements élaborés par les agences de notation ou les banques d’affaires au cours des précédentes décennies viennent alors s’ajouter des acronymes qui laissent davantage de place aux pays africains (comme les BENIVM, dont l’Éthiopie et le Nigeria font partie), voire qui se concentrent sur ce continent à l’exemple des AKNEEM (l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria, l’Égypte, l’Éthiopie et le Maroc). Un index sur l’émergence en Afrique a également été élaboré. IV) L’émergence de l’Afrique précédera celle des pays africains Mais si les dynamiques à l’œuvre au sein de ces pays sont positives, leurs trajectoires ne peuvent être comparées à celles observées dans les grands pays émergents au cours des décennies 1990 et 2000. Elles ne laissent pas présager d’une émergence sous la forme d’un modèle aussi extraverti, amené à concurrencer ces grandes économies à court terme, tout du moins à l’échelle nationale. Ce n’est d’ailleurs pas l’ambition de la plupart des pays africains disposant d’un plan d’émergence, qui recherchent avant tout une plus grande prospérité. Au-delà de ces dynamiques nationales, l’Afrique dispose toutefois d’atouts pour émerger en tant que continent. Raisonner à cette échelle permet de lever les freins auxquels font face les pays africains pris individuellement, en élargissant la taille du marché, en offrant de nouvelles opportunités économiques et en multipliant la capacité d’insertion dans les échanges internationaux tant commerciaux que financiers. À terme, l’Afrique pourra en effet s’appuyer sur la perspective potentielle d’un dividende démographique, sur le dynamisme de la consommation intérieure, voire à terme sur la complémentarité de ses productions. Les institutions africaines se mettent progressivement en place pour accompagner cette émergence. Alors que les organisations régionales aspirent à se renforcer, le premier pas d’une intégration à l’échelle continentale a été franchi avec la mise en place de la zone de libre-échange continentale (ZLECA). Un marché financier viendra dans un

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La Méditerranée : un avenir en question

 Aboulmajd Abdeljalil « Qu’est-ce que la Méditerranée ? Mille choses à la fois, non pas un paysage, mais d’innombrables paysages, non pas une mer, mais une succession de mers, non pas une civilisation, mais des civilisations entassées les unes sur les autres. » Fernand Braudel (1902 -1985). La Méditerranée, berceau des civilisations et des religions monothéistes, a eu une forte influence dans le jeu mondial par le passé. Qu’en est-il aujourd’hui? La Méditerranée est-elle toujours un espace important de la géopolitique mondiale? Quels sont les différents enjeux économiques, géopolitiques et géostratégiques en Méditerranée ? Quels acteurs et quelles puissances se confrontent aujourd’hui ? Cet article n’a pas prétention à dresser un tableau exhaustif de la situation actuelle et passée d’une des régions les plus complexes du globe, mais il vise humblement à tracer les grandes étapes de l’histoire de la Méditerranée et les enjeux et les défis actuels de cette région. I) Aperçu historique : Etymologiquement, le terme « Méditerranée » est tiré du latin « mare mediterraneum », qui signifie « la mer au milieu des terres ». Cette expression est attribuée au géographe romain Solin (C.Julius Solinus), qui vécut au IIIe siècle après J.-C. L’histoire de la Méditerranée est, depuis l’Antiquité, une histoire commune. Elle est faite de relations complexes, de confrontations et d’échanges mêlant les influences de grandes civilisations. Au Moyen Âge, la Méditerranée est partagée entre trois grandes civilisations. Celles-ci se définissent par leur religion et par le pouvoir politique qui s’y exerce. Il s’agit de la chrétienté d’Orient, avec l’Empire byzantin, de la chrétienté d’Occident, avec les États d’Europe occidentale, et du monde musulman. Ces trois aires de civilisation connaissent des conflits, mais entretiennent également des rapports commerciaux et culturels. Ainsi la Méditerranée au Moyen Age est un espace partagé où se côtoient trois grandes civilisations qui vont entretenir entre elles des relations conflictuelles et intenses. Les XIIe et XIIIe siècles voient se développer des conflits pour la maîtrise de cet espace mais aussi et surtout des échanges commerciaux et culturels. Les XVe et XVIe siècles marquent la rupture entre le Moyen Âge et l’époque des temps modernes. Durant ces deux siècles, le monde méditerranéen connaît des mutations profondes, qui modifient durablement la carte politique de la Mer Intérieure. La Méditerranée orientale et centrale voit la spectaculaire expansion de l’Empire ottoman, aux XVe et XVIe siècles, au détriment de l’Empire byzantin, des possessions vénitiennes et de l’Égypte mamelouke. Au milieu du XVIè siècle, sous le règne du puissant sultan Soliman, l’Empire ottoman s’étend de la Mer noire à Alger, jusqu’à l’Europe orientale et à la Mer Rouge. Parallèlement, en Méditerranée occidentale, on assiste à la progressive affirmation de l’Espagne, à la faveur des guerres d’Italie (1494-1559): le Royaume de Naples, la Sardaigne et la Sicile sont sous la domination des Espagnols, qui comptent de nombreux États alliés dans la péninsule. L’Espagne se projette également en Afrique du nord. À l’époque contemporaine,  l’histoire semble s’accélérer en Méditerranée, produisant une fracture Nord-Sud, d’ordre démographique, économique, sociopolitique et culturelle. Les conflits se multiplient du fait de la colonisation et la décolonisation, du fait aussi des différends territoriaux dans les Balkans et dans le bassin oriental à cause de la discorde entre Grecs et Turcs, à propos de l’île de Chypre, et entre Israéliens et Palestiniens. Ils se multiplient également du fait de la confrontation d’idées, de croyances, de modes de vies et d’idéologies dans une Méditerranée entourée entièrement d’Etats depuis le milieu du XXe siècle. Aujourd’hui, la crise migratoire, les « printemps arabes », la crise financière en Europe ou l’avancée des djihadistes rebattent les cartes de la géopolitique méditerranéenne. Le phénomène de violence qui sévit en Méditerranée et dans les régions périphériques s’inscrit dans un cadre historique, géopolitique, idéologique. Ce phénomène participe à l’instabilité et à l’insécurité en Méditerranée. S’ajoutant aux trois « conflits froids » (israélo-palestinien, chypriote, Turc-Grec…et), des tensions islamistes qui courent partout en Méditerranée et ont en impact autant à l’Est (Syrie, Arabie, Liban, Turquie) à l’Ouest (Maroc) et au Sud (Egypte, Libye, Tunisie, Algérie) qu’au Nord (attentats en Europe).  II) Enjeux géostratégiques et géopolitiques : Au carrefour de trois continents, la Méditerranée est aujourd’hui un espace sous tension, qui a longtemps été investi d’enjeux stratégiques importants : confrontation entre Turcs, Arabes et Européens, rivalité entre puissances, colonisation, contrôle des détroits et du canal de Suez. Elle reste un espace de confrontation entre grandes puissances, on l’a vu avec la question syrienne : des puissances lointaines (États-Unis, Russie) continuent de s’y investir, y compris de nouveaux venus comme la Chine. La multiplicité des enjeux et des représentations contribue ainsi à faire de la Méditerranée un espace à part. C’est un axe de passage entre l’Orient et l’Occident, caractérisé par une fragmentation économique, sociale et politique majeure, facteur de crises, de déstabilisations régionales et de menaces transnationales (par une interpénétration des trafics mafieux comme la drogue, l’argent, les commerces illicites d’armements, le terrorisme). Dans ce contexte sécuritaire et géoéconomique tendu, les découvertes de ressources en gaz naturel en Méditerranée Orientale, et plus récemment celle du champ Zhor au large de l’Egypte, constituent un nouvel enjeu géopolitique et engendrent une recomposition des alliances entre les puissances régionales. La Grèce, Israël, l’Égypte et l’administration chypriote grecque, qui ont formé des alliances les unes avec les autres, concernant les ressources énergétiques de la Méditerranée orientale, ont poursuivi leur rapprochement, tentant d’isoler la Turquie dans la région. Les puissances de rang mondial qui interviennent dans la région le font via des États «clients», dont elles soutiennent la stabilité politique ou qu’elles assistent militairement. L’intervention franco-britannique en Libye en 2011 a par exemple été un puissant facteur de déstabilisation, mais l’affaire syrienne, dans sa confusion même, souligne plutôt un retour à la normale, avec des Russes qui tiennent solidement la ligne traditionnelle (le soutien sans faille à un client), des Américains qui ne s’engagent pas plus avant dans la confrontation, et des Européens (Français et Britanniques au premier chef) incapables de jouer un rôle de premier plan. Pour les Chinois la Méditerranée est un espace «ultra-périphérique» et pourtant en mai 2015 ils participent à des manœuvres militaires

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21st Century Competencies .

Summary Technological, economic and societal transformations that took place in recent years have shaken the models. Globalization, fierce competition, environmental concerns and the rapid growth of algorithms are already affecting deeply the world of work. To address these deep changes, it will be imperative henceforth to depend on the skills that make humans uniques :Creativity, Communication, Critical Thinking and Cooperation. These competencies allow the building of the future world intellectual elite that shall be both reliable and effective. Four of these competencies are fundamental to individual success. These are the famous 4Cs. These four cognitive competencies which can be taught and which allow the resolution of complex problems are: Creativity, Critical Thinking, Communication and Cooperation. By ignoring the subject, developing countries cause essential competitive advantage to fall behind: Human capital.The human capital of a nation is the stock of knowledge and competencies owned by individuals. The level of this stock determines straightforwardly economic performance. In the 21st century, in a society where  performance relies on the ability to access information, to structure it and to use it to solve new problems, the development of 4Cs  becomes fundamental along with the identification of individuals who master them. Such a change goes through several stages: knowing how to spot , measure and assess these competencies then tutoring instructors on how to teach and develop them, then instructing recruiters to make them part of their criteria and to develop them continuously in their companies. Competencies evaluation in the 21st century requires partly a different approach from the one  prevailing in the world. Critical thinking present today models of evaluation that have proven their worth for several decades and do not present any particular challenge in this regard. Creativity, which is also a cognitive competence has been increasingly evaluated for the last fifteen years which made it possible to develop a better understanding of the subject. By contrast, the sense of communication and the sprit of cooperation, which are interpersonal skills, fall outside the habitual  measurement models, and it can be tricky to measure them in the strict sense of the term. To remain competitive, it is important for governments in developing countries  to  review their education systems, and for companies to reconsider their criteria and methods of recruitment. This is about a whole system that needs to be developed both in relation to the education system and to the human resources in organizations. The journey shall be long and  resistances shall be numerous. Therefore the work shall start now. you might as well get started. Les compétences du 21ème siècle À l’ère de la culture numérique, de nouvelles exigences apparaissent dans le domaine de l’éducation et de l’emploi. Au cours des vingt dernières années, plusieurs termes ont été utilisés pour les désigner, tels que compétences de base, compétences essentielles, compétences clés, etc. Cependant, durant les dernières années plusieurs modèles internationaux ont été proposés afin de lister et catégoriser les compétences du 21ème siècle. La première initiative sur ce sujet a été lancée en 2002 sous le nom de Partenariat pour les Compétences du 21ème siècle, ou P21, avec l’appui de America Online (AOL), Cisco Systems, Microsoft et du Ministère de l’Education des Etats Unis. Une autre initiative importante, initié en 2008, est l’ATC21S, l’organisation pour l’évaluation et l’enseignement des compétences du 21ème siècle. L’OCDE s’y est associée pour faire évaluer les tests PISA, servant à évoluer le niveau des élèves de 15 ans dans les pays de l’OCDE. Plus largement, dans de nombreux pays développés, des groupements d’experts se sont intéressés au sujet, de l’UNESCO à l’Union Européenne. Aujourd’hui, plusieurs milliers d’organisations dans le monde travaillent sur les compétences du 21ème siècle. Quelles sont donc les Compétences clés  du 21ème Siècle ? Mais avant de répondre à cette question, il convient  tout d’abord de définir qu’est-ce que la compétence. Pour  le professeur Jacques Tardif « la compétence est un savoir agir prenant appui sur la mobilisation et la combinaison efficaces d’une variété de ressources internes (savoir, capacité cognitive, capacité métacognitive, savoir-faire relationnel, savoir-faire procédural, ressources physiologiques, ressources émotionnelles, …) et externes (réseaux, logiciels, banques de données, ressources documentaires, membres du collectif, moyens de l’environnement professionnel, …) à l’intérieur d’une situation dans un contexte donné. » (Jacques Tardif, l’évaluation des compétences). Les chercheurs néerlandais, Joke Voogt et Nathalie Pareja Roblin, ont investigué les grands référentiels dont l’objectif est de promouvoir les compétences qui doivent être enseignées dans les écoles du 21e siècle. Trois de ces référentiels proviennent d’organismes internationaux bien connus : l’UNESCO, l’OCDE et l’Union Européenne. Quant aux autres, un provient de l’Australie et trois des États-Unis et ils ont la particularité d’avoir reçu des appuis de grandes institutions privées. Une indication, affirment les chercheurs, d’un « fort intérêt de la société civile pour les compétences du 21e siècle. » La comparaison du contenu des référentiels permet de constater que, si la définition des compétences du 21e siècle n’est pas stabilisée, les  référentiels suivants font consensus : -collaboration, -communication, -compétences liées aux technologies de l’information et des communications (TIC), -habiletés sociales et culturelles, citoyenneté. Les compétences identifiées dans la majorité des référentiels : -créativité et innovation -pensée critique, -résolution de problèmes, -capacité de développer des produits de qualité et productivité. D’autres compétences sont mentionnées plus rarement, telles que la capacité d’apprendre, l’autonomie (self-direction), la capacité de planifier, la flexibilité, l’adaptabilité ou la résolution de conflits, etc. Privilégiées entre toutes, les compétences liées aux TIC sont au cœur de tous les référentiels. Dans la plupart, elles sont regroupées en trois catégories : L’« information literacy » réfère à la capacité (1) à accéder de manière efficace à de l’information pertinente, (2) à évaluer l’information avec une approche critique et (3) à l’utiliser avec justesse et créativité. L’ «ICT literacy» réfère aux connaissances techniques qui permettent d’utiliser les technologies de l’information et de la communication. Elles peuvent aussi être comprises dans le sens plus large de l’utilisation des technologies digitales, des outils de communication et/ou des réseaux pour accéder, gérer, intégrer, évaluer et créer de l’information utile dans la société du savoir. La «technological literacy»

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Le chômage des jeunes augmente dans le monde

La situation de l’emploi à travers le monde n’est guère rassurante. Les perspectives s’annoncent d’ailleurs difficiles, surtout dans la conjoncture économique et politique actuelle à travers différentes régions du globe. L’Organisation Internationale du Travail, dans son rapport annuel sur les 15-24 ans, montre l’augmentation du nombre de jeunes en situation de pauvreté extrême malgré le fait qu’ils travaillent. Dans les pays émergents essentiellement. C’est un très net retournement de tendance. L’Organisation Internationale du Travail estime que le chômage des jeunes repart à la hausse en 2016 et 2017. L’OIT qui travaille à la fois sur les données conjointes du FMI et les statistiques nationales, estime que le taux mondial du chômage des jeunes entre 15 et 24 ans devrait atteindre 13,1% en 2016 et 2017 (contre 12,9% en 2015). Une hausse de 500 000 jeunes chômeurs. Des jeunes précarisés malgré leur emploi : Mais le plus inquiétant pour l’OIT est la proportion de jeunes, principalement dans les pays émergents, qui vivent dans une pauvreté extrême malgré le fait qu’ils aient un emploi : ils sont 156 millions dans ce cas-là, soit 37,7 % des jeunes travailleurs. 11 points de plus que les travailleurs adultes qui ne sont « que » 26% dans ce cas. L’Afrique subsaharienne a ainsi les taux de pauvreté au travail des jeunes les plus élevés au monde, avec près de 70 %. C’est aussi l’une des raisons de l’immigration : la proportion de jeunes de 15 à 29 ans désireux de s’installer de manière permanente dans un autre pays était de 20% en 2015, mais les tendances les plus élevées se trouvent en Afrique subsaharienne (38%), en Amérique latine et en Europe de l’Est (37%). Des disparités accrues entre hommes et femmes : Cela confirme pour l’OIT que l’objectif des Nations Unies d’éradiquer la pauvreté dans le monde d’ici 2030 ne pourra pas être atteint dans les conditions actuelles de croissance et d’organisation du travail. Pour Steven Tobin, économiste principal à l’OIT et principal auteur du rapport, cette hausse du chômage ou de la pauvreté malgré le travail s’explique par « une récession plus profonde qu’attendue dans quelques grands pays émergents exportateurs de matières premières et par la stagnation de la croissance dans certains pays développés». L’augmentation des taux de chômage des jeunes est particulièrement marquée dans certains pays émergents : en  Amérique latine ou dans les Caraïbes, il devrait passer de 15,7 % en 2015 à 17,1 % en 2017 et de 16,6 à 17,5 % en Asie centrale et occidentale. Pour Deborah Greenfield, Directrice générale adjointe de l’OIT, l’étude révèle de fortes disparités entre jeunes femmes et jeunes hommes sur le marché du travail. Les écarts se creusent. Ainsi, cette année le taux d’activité des jeunes hommes est de 53,9% et celui des jeunes femmes de 37,3 %. L’Asie du Sud, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les plus inégalitaires, puisque l’écart entre jeunes hommes et jeunes femmes y est supérieur à 30 points. Difficultés dans les pays développés : Les économies développées ne sont pas épargnées en particulier en ce qui concerne la répartition par âge de la pauvreté : les jeunes se substituent aux personnes âgées en tant que catégorie courant le plus fort risque de pauvreté. Par exemple, en 2014, la proportion des jeunes travailleurs dans l’UE des 28 qualifiés de plus exposés au risque de pauvreté s’élevait à 12,9% contre 9,6% pour les travailleurs adultes. Le problème est particulièrement grave dans certains pays où le risque de pauvreté pour les jeunes travailleurs dépasse les 20%. Globalement, les données récoltées par l’organisation caractérisent les difficultés de longue date du marché du travail. «Ce qui montre que le mécontentement à l’égard de la situation sociale, économique ou politique est en hausse», résume le rapport. Aujourd’hui, la pandémie de coronavirus aggrave le chômage chez les jeunes,  notamment en Afrique du Nord où le taux est le plus élevé dans le monde. De ce fait,  cette sous-région sera confrontée à des problèmes majeurs dans les années qui viennent.

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