L’Afrique face aux défis du XXIème siècle Par Aboulmajd Abdeljalil

L’Afrique, aujourd’hui encore, demeure bel et bien un continent en mal-développement. Pour autant, au désespoir qu’avaient fait naître le XXe siècle et sa période postcoloniale empêtrée dans la crise et les conflits, a succédé avec le XXIe siècle une ère d’espoir permise par la croissance économique et les réformes politiques engagée au début du XXIe siècle. Quels sont les principaux défis que le continent devra surmonter dans les prochaines décennies ? Quels sont les principaux défis que le continent devra surmonter dans les prochaines décennies ? Quelles opportunités pour l’Afrique ? I)Le défi de la paix et de la sécurité L’Afrique est le continent où le nombre de victimes du fait des conflits armés est le plus élevé dans le monde. Les facteurs qui alimentent ces conflits sont de plusieurs ordres. On cite entre autres : L’accès à la terre et aux ressources naturelles (pétroles et produits extractifs). L’accès au pouvoir et de la gestion de ce pouvoir. Le règlement de conflit et de fragilité en Afrique comprend deux aspects. Premièrement, il faut trouver des réponses politiques efficaces aux mutations économiques, sociales et environnementales qui causent le plus de perturbations en Afrique. Deuxièmement, il convient de créer des sociétés et des États résilients, capables de gérer ces pressions. Cela nécessite la mise en place d’institutions démocratiques et de partenariats interdépendants aux niveaux étatique, régional et continental. D’une manière générale, il ne sera pas possible d’assurer la paix et le développement durable sans un dialogue politique sur la bonne gouvernance et le développement démocratique des pays africains. II)Défi démographique Le deuxième défi d’avenir pour l’Afrique est démographique. De nombreux auteurs n’ont pas apprécié de rendre la démographie responsable du sous-développement, alors qu’à leurs yeux, le lien de causalité est l’inverse. Alors comment relever le défi de la démographie, notamment dans le domaine de l’éducation, de la santé et de l’emploi ?  Aujourd’hui, le taux de croissance démographique est très élevé et évolue plus rapidement que le taux de création d’emploi. La croissance rapide de la population active dépasse l’offre d’emplois et rend donc l’accès difficile à l’éducation, aux soins et à l’emploi. L’éducation est certainement l’élément le plus déterminant pour la construction d’un individu et la clé principale de son épanouissement présent et futur. Aussi, l’immense potentiel de la population africaine ne peut devenir un réel atout dans la compétition mondiale sans la formation et l’éducation de qualité. Certes, l’Afrique a connu une amélioration substantielle dans l’augmentation de son capital humain, mais elle demeure malgré tout un continent à fort niveau d’inégalités en termes d’accès à une éducation de qualité. D’après l’UNESCO, 59 millions d’enfants ne sont aujourd’hui pas scolarisés et plus de la moitié vivent au sud du Sahara. A titre d’exemple, au Niger, la moyenne d’âge de la population est inférieure à 15 ans. Ainsi, ce pays est donc confronté à des populations jeunes et non éduquées, 55 % des enfants ne vont pas à l’école primaire dans cette zone, et près de la moitié des 45 % restant en sortent analphabètes. Le système éducatif au Niger est en réel difficulté, avec en plus une jeunesse n’ayant pas de réelle perspective d’emploi. En matière de santé, et malgré des avancées indéniables pour la santé des populations dans les dernières décennies, le continent continue de faire face à des défis sanitaires importants : des pandémies répétées et à un manque de sensibilisation aux gestes de prévention indispensables. Le coût élevé des soins représente quant à lui un obstacle majeur à la guérison, ce qui fait des millions de personnes basculent inutilement dans la pauvreté à cause des dépenses de santé coûteuses.   Aujourd’hui, l’Afrique a tout intérêt, à réguler sa population par le planning familial, par l’espacement des naissances, par l’éducation des filles, par l’instauration de pensions de retraite pour les personnes âgées…     II) Le défi de gouvernance L’un des principaux obstacles qui empêchent les pays africains d’atteindre son développement réside dans la mauvaise gouvernance. La mauvaise gouvernance consiste dans le manque d’institutions fortes et dans des politiques publiques visant les intérêts d’un petit nombre d’individus, notamment les gouvernements et les sociétés multinationales, laissant peu de bénéfices aux populations locales. Partout en Afrique, la notion de bonne gouvernance prend des allures de slogan de campagne électorale ou de projet de société, très souvent vide de contenu et destinée à donner une bonne image du régime à la communauté internationale et aux bailleurs de fonds internationaux, qui font très souvent semblant d’y croire. Pour remédier à cette situation, il est essentiel de garantir la bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques, notamment en rendant publics les contrats d’exploitation et en renforçant les mécanismes de surveillance et de contrôle. Le remède de sous-développement se trouve donc dans les meilleures pratiques de gouvernance. Il est important de s’assurer que le plus grand nombre d’Africains bénéficie du développement économique actuel et futur. Ce souhait ne peut se réaliser que sous l’égide de politiciens compétents et honnêtes, des qualités qui sont loin d’être la règle en Afrique, plus particulièrement en Afrique francophone. La corruption ainsi que ses différentes déclinaisons (clientélisme, recrutement politique, favoritisme, népotisme, etc.) représentent un obstacle de taille devant l’instauration d’une véritable gouvernance, aussi bien institutionnelle qu’économique.      III)Le défi climatique Pendant longtemps, l’Afrique a semblé ne pas être concernée par les problèmes d’environnement et de pollution. L’immensité des espaces (contrairement à l’Europe), la faible densité de population (contrairement à l’Asie du Sud-Est), la très faible industrialisation (contrairement aux USA ou à la Chine), etc : beaucoup de facteurs pouvaient laisser penser qu’elle restait en quelque sorte à l’écart de ces problèmes de pays « riches », de « développés », de « surpeuplés », d’« industrialisés ». Il n’en n’est rien. L’Afrique est tout à fait concernée par les problèmes d’environnement et de pollution. Les pays africains sont confrontés à un défi important : celui du développement. Nombre d’entre eux possèdent des ressources naturelles et minières qui pourraient les aider à se développer mais leur exploitation abusive provoque des catastrophes pour la nature. Ainsi, l’exploitation intensive des ressources et la dégradation de l’environnement constituent deux graves menaces pour l’Afrique

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L’Afrique un continent dévasté par les conflits. Par Abdeljalil Aboulmajd

L’Afrique fait face aujourd’hui à des défis considérables : les conflits interétatiques, la persistance de violence, les chocs économique et géopolitique et aussi le défi de la gouvernance et de la consolidation des Etats. Afin de mieux répondre aux conflits en Afrique, Il est primordial de comprendre ces causes. Les causes des guerres interafricaines Les conflits armés en Afrique sont principalement de nature intra-étatique et interétatique. Parmi les causes extérieures à l’Afrique figure le colonialisme, sous ses différentes formes. Quant aux causes spécifiquement africaines, elles sont essentiellement les suivantes : diversité des situations économiques, querelles de personnes et d’idéologie, tribalisme et l’extrémisme religieux, . Une des premières manifestations concrètes du colonialisme dans le domaine des relations internationales fut la signature du traité de Berlin en 1885. Pour nombre d’auteurs, le simple fait que 44% des frontières africaines suivent les méridiens ou les parallèles et que 30% constituent des lignes droites ou courbes témoigne de leur aspect arbitraire. Quinze États sont enclavés, nombre supérieur à toute autre région du globe, et pas moins de 177 groupes ethniques ou culturels ont été partagés. À l’inverse, certaines d’entre elles n’ont pour ainsi dire pas été démarquées du tout. Tel est le cas d’une majeure partie de la frontière commune au Nigeria et au Cameroun. Afin de faire face aux défis posés, les dirigeants d’États nouvellement indépendants ont pris un certain nombre de mesures politiques et juridiques : en premier lieu, la légitimation des frontières coloniales par l’OUA, qui imposa, dans la résolution signée au Caire en 1964, de «respecter les frontières existant au moment où les États ont accédé à l’Indépendance nationale». Le principe de l’intangibilité est ainsi érigé en dogme et sera ensuite repris par l’UA qui l’inscrit dans l’article 4 de son Acte constitutif. En effet, malgré l’inscription de la notion d’«intangibilité» dans les textes fondateurs de l’UA, l’idée selon laquelle une frontière est immuable est démentie par la réalité du monde, que ce soit en Afrique ou ailleurs. Les tracés actuels peuvent en revanche perdurer et sont appelés à rester tels qu’ils ont été définis par le passé ; les modifier serait une entreprise à l’issue incertaine, d’autant plus que les organisations intergouvernementales internationales, régionales et sous régionales resteront peu disposées à porter atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale des États. II) La guerre contre le développement Depuis l’indépendance de la plupart des pays d’Afrique de 1956 à 1975, le nombre de conflits qu’a connus le continent est presque impossible à déterminer. Un ensemble complexe de tensions, d’affrontements ouverts ou couverts semble marquer l’Afrique. Rien sans doute ne menace plus le développement du continent que ces conflits interétatiques. Plusieurs auteurs à travers des études pertinentes soutiennent cette affirmation confirmée par diverses sources. Pascal Chaigneau indique que «sur trente-quatre conflits recensés par les polémologues, près de la moitié ont pour théâtre l’Afrique sub-saharienne ». Kouassi Yao ne dit pas autre chose : « Depuis 1952, l’Afrique se présente comme une des zones les plus dynamiques en matière de conflictualité avec près de 80 conflits de toutes sortes ». Quant à Philippe Hugon, il précise qu’«en l’an 2003, 20% de la population africaine et quinze pays étaient concernés par la guerre ». Les dernières années Trois foyers de conflits sont particulièrement actifs en Afrique : l’un s’étend du Nigéria à la Corne de l’Afrique en passant par le Tchad et le Soudan ; l’autre se situe dans la région des Grands Lacs, couvrant la République démocratique du Congo, l’Ouganda et la République Centrafricaine. Au sein de ces zones, il est très difficile à un pays pris isolément de rompre ce cycle de violence sans une résolution plus large à l’échelle régionale. Enfin le Sahel est devenu la troisième zone de conflits aux confins de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb marqué par le conflit du Sahara occidental opposant le Maroc au Polisario. Au sein de ces zones, on peut différencier huit conflits ouverts : ceux de la RDC, du Soudan, et des pays voisins, Tchad, RCA et Ouganda, ceux de Somalie, celui entre l’Éthiopie et l’Érythrée et au Mali. Il faut y ajouter les crises nationales pouvant dégénérer en conflits ou tensions régionales (mouvements Touaregs et islamistes dans l’arc saharo-sahélien, MNED au Nigeria), les mouvements séparatistes (Polisario au Sahara, Flec à Cabinda, en Casamance) ; les tensions ethnico-religieuses pouvant resurgir (Burundi, Kikuyu et nilotiques au Kenya, Liberia, Sierra Leone, Peuls et Malinké en Guinée, Akan, Bété et Dioula ou Senoufo en Côte d’Ivoire…). Toutefois et malgré les progrès enregistrés ces dernières années notamment dans des pays comme l’Angola, la Sierra Leone et le Libéria, l’Afrique demeure l’une des régions les plus frappées par les conflits au monde, le nombre de conflits s’étant accru au cours des récentes années, bien qu’ils soient moins violents que dans le passé. Conclusion : De ce qui précède, il ressort que la paix, la sécurité, la démocratie, la bonne gouvernance ainsi que la bonne gestion économique sont les conditions nécessaires pour le développement de l’Afrique. Il faut donc aborder les problèmes créés par la guerre, les conflits et la prolifération d’armes en Afrique, ainsi que la promotion de la paix et de la stabilité sur le continent africain. Conflits, guerres, insécurité constituent des obstacles au développement et devaient être extirpés en vue d’un développement durable. Pour aller plus loin : -Déborah Guidez « La viabilité des frontières africaines au regard des revendications d’ordre identitaire » Institut Royal Supérieur de Défense, Centre d’Etudes de Sécurité et Défense Bruxelles 2015. -Hanspeter Strauch : l’O.U.A. et les conflits frontaliers dans Le mois en Afrique, n° 22 d’octobre 1967. -Lefebvre Camille, « L’Afrique n’est pas victime de ses frontières ! », Le Monde, 06/04/2015. -Pascal Chaigneau «Pour une typologie des conflits africains » in Des conflits en mutation? : De la guerre froide aux nouveaux conflits, Actes du colloque de Montpellier, 6-9juin 2001. -Philippe HUGON « Les conflits armés en Afrique : apports, mythes et limites de l’analyse économique » in revue Tiers Monde, t. XLIV, N° 176, octobre-décembre 2003.

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D’un monde bipolaire à un monde multipolaire Aboulmajd Abdeljalil

  « L’ancien monde a déjà disparu, le nouveau monde n’est pas encore là » aimait à dire Antonio Gramsci en se référant à la période de l’Europe dans l’entre-deux-guerres. Cette formule se prête à merveille à décrire l’époque actuelle issue des bouleversements internationaux des années 1989/1991 qui ont marqué la fin du monde de l’après-guerre et le clivage entre les deux blocs. Alors qu’on commençait à croire à une « fin de l’histoire » (Fukuyama), un nouvel ordre mondial ainsi que de nouveaux dangers apparaissent. I) Un monde unipolaire dominé par les États-Unis après la chute du mur de Berlin : La puissance d’un Etat est déterminée par sa capacité à tirer parti de la combinaison de différents facteurs (poids démographique, superficie, ressources naturelles, richesse économique, capacités militaires, poids dans les institutions internationales, rayonnement culturel, capacité d’innovation) pour imposer sa volonté aux autres Etats. [Joseph Nye, Raymond Aron au sujet de la puissance offensive, Max Weber]. Pendant, la guerre froide on pouvait distinguer deux superpuissances capables d’affirmer leur influence partout dans le monde. Au sortir de la guerre froide, les Etats unis pouvaient être tentés de s’affirmer comme une hyperpuissance, pour reprendre l’expression de l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, c’est à dire une puissance sans rivale, capable d’imposer son hégémonie, sa domination sans partage. Le 11 septembre 1990, Georges Bush père annonce l’instauration d’un nouvel ordre mondial ( » New World Order « ). Il désigne ainsi la mise en place d’un monde de paix et d’harmonie à l’issue de la guerre froide. Implicitement, les EU apparaissent dans ce discours comme les garants reconnus par tous les gouvernements et toutes les institutions de cette nouvelle ère. Il faut dire que le contexte semble alors lui donner raison. Pendant l’automne 1990, se forme une vaste coalition autour des USA. Elle est mandatée par l’ONU pour rétablir les droits du Koweït envahi par l’Irak en aout. C’est la guerre du golfe. La tentation d’une hégémonie est alors grande. Certains politologues développent alors la « théorie de l’empire global » selon laquelle l’ordre mondial pourrait être administré de façon unilatérale par une seule puissance : les Etats-Unis. II Après la tentation d’un monde unipolaire dominé par les États-Unis : La période des années 1990 marque la fin du monde de l’après-guerre et le clivage entre les deux blocs. Alors un nouvel ordre mondial se met en place avec la fin de la guerre froide, les États Unis n’ont    plus de rivaux et sont les seuls capables d’exercer une influence mondiale dans tous les domaines.  Toutefois, ce «nouvel ordre mondial» (formule utilisée par le président des États-Unis G. H. Bush en 1990) laisse émerger de nouvelles conflictualités, de nouvelles menaces et de nouveaux équilibres internationaux. La remise en question de l’hyperpuissance américaine, manifeste lors des attentats du 11 septembre 2001, l’affirmation d’un monde multipolaire et la multiplication des conflits et tensions, caractérisent le début du XXIe siècle. Ainsi, le contexte post-11 Septembre change quelque peu la donne. Malgré la suprématie militaire des Etats-Unis dans le monde et leur domination sur la structure de sécurité internationale, les interventions armées en Afghanistan et en Irak ont occasionné un cout économique, politique et militaire considérable pour la puissance américaine. III Vers un monde multipolaire : La disparition du système bipolaire a laissé un vide de pouvoir dans certaines régions du monde, donnant lieu à une série de conflits et de tensions. Les anciens états tampons entre l’Est et l’Ouest ont dû trouver leur propre voie, parfois en déclenchant des conflits internes ou en devenant des points de friction entre les nouvelles puissances émergentes. Dans certains cas, la fin de la Guerre Froide a ouvert la voie à des tensions ethniques ou politiques qui étaient auparavant réprimées par la structure du pouvoir bipolaire. Les conflits dans les Balkans dans les années 1990 sont un exemple frappant, où les tensions ethniques ont dégénéré en violence à grande échelle après la chute du communisme. En outre, dans certaines régions comme le Moyen-Orient, le vide de pouvoir a exacerbé les rivalités régionales et a conduit à une augmentation des conflits et de l’instabilité. En l’absence d’un équilibre clair du pouvoir, plusieurs pays ont cherché à étendre leur influence, souvent par des moyens militaires. Dans l’ensemble, la transition vers un monde multipolaire a apporté de nouvelles complexités et défis en termes de relations internationales, alors que les nations naviguent dans cette nouvelle dynamique de pouvoir.  Ainsi, la transition vers un monde multipolaire ne sera pas sans défis. Déjà de nombreux conflits régionaux ont éclaté, souvent en raison de rivalités de pouvoir ou de ressources. Par exemple, les guerres en Irak et en Afghanistan ont été en partie le résultat de la lutte pour le contrôle des ressources pétrolières et gazières. De même, les tensions entre les États-Unis et la Russie ont continué à se manifester, notamment en raison de désaccords sur des questions telles que l’expansion de l’OTAN et la question de la Crimée. Le passage à un monde multipolaire reste un processus en cours et l’avenir de ce nouveau système international est incertain. Les tensions entre les grandes puissances, les conflits régionaux, et les défis mondiaux comme le changement climatique et la prolifération nucléaire continueront à façonner l’équilibre du pouvoir mondial dans les années à venir. Conclusion Le monde au 21é siècle sera-t-il unipolaire ? Bipolaire ? Ou multipolaire ? Dans le domaine technologique, on voit un monde bipolaire sino-américain, sans guerre directe, mais dans le cadre d’une mondialisation négociée. C’est le grand retour des Etats-nations avec Beijing et Washington qui dominent l’Economique et le Politique. Ceci à court terme de 2020 à 2050. Mais à plus long terme, de 2050 à 2100, c’est un monde multipolaire qui pourrait émerger avec l’Inde et l’Afrique comme acteurs importants aux côtés de l’Europe, la Chine et des Etats-Unis. Bref, le monde change, nous devons changer avec. Le véritable atout de l’Afrique, c’est sa jeunesse qui doit être éduquée et formée. Pour aller plus loin –Thierry Garcin  «Un monde multipolaire, vraiment ? »  Diploweb.com le 4 janvier 2014. –  Sebastian Santander, Sylvain F. Turcotte, Mathieu Arès « L’émergence de nouvelles puissances : vers un système multipolaire » Editions-ellipses, Paris 2009. -Samir Amin « Pour un monde multipolaire » Editions Syllepse, Paris, 2005.

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La sécurité alimentaire est un enjeu de souveraineté pour l’Afrique Par Abdeljalil Aboulmajd

« L’homme qui a faim n’est pas un homme libre » Félix. Houphouët-Boigny. La crise sanitaire, suivie de la guerre en Ukraine, a durement impacté l’économie mondiale. La croissance a reculé et l’inflation a explosé. Les pays développés ont résisté à ces chocs alors que ceux de l’Afrique continuent d’en souffrir. Le fossé s’est ainsi creusé entre les pays riches et les pays pauvres. Dans ce contexte la sécurité alimentaire est mise à rude épreuve. Changement climatique, augmentation démographique et épuisement des ressources naturelles viennent faire vaciller les efforts mis en œuvre pour lutter contre l’insécurité alimentaire et les problèmes de nutrition. Les questions auxquelles nous essaieront de répondre sont les suivantes : Qu’est -ce que la sécurité alimentaire ? Qu’est-ce que la souveraineté alimentaire ? Pourquoi la sécurité alimentaire est un enjeu pour l’Afrique ? I) Qu’est-ce que la sécurité alimentaire ? Le droit à l’alimentation est reconnu par la charte universelle des droits de l’homme des Nations Unies de 1948. Il s’inscrit aujourd’hui dans le cadre plus précis de l’alimentation durable et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle définies par la FAO en 2010 et 2012. Ce droit se trouve implicitement présent dans la plupart des 17 objectifs de développement durable à l’horizon 2030 adoptés par l’Assemblée Générale des Nations Unies fin 2015. Telle que définie par le Comité de la Sécurité Alimentaire mondiale la sécurité existe lorsque « tous les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. ». Elle repose en ce sens sur quatre piliers : l’accessibilité, la disponibilité, la qualité et la stabilité, du pouvoir d’achat notamment. II) Qu’est-ce que la souveraineté alimentaire ? La question de souveraineté alimentaire est au cœur des préoccupations des pays africains. La pandémie liée à la Covid-19 et la guerre en Ukraine ont mis à nu les fragilités des Etats africains en la matière. Une problématique saillante est ainsi apparue : la dépendance vis-à-vis de l’étranger, particulièrement en ce qui concerne le blé. De façon générale, La souveraineté alimentaire peut se définir comme la faculté de déterminer librement pour un Etat ou un peuple ce qu’il doit produire sur le plan alimentaire. La notion établit un lien entre peuple souverain et production agricole. Le droit à l’alimentation peut se lire ainsi comme une manifestation du retour de l’État-nation souverain. Par contre, la sécurité alimentaire serait de l’ordre du court terme. Il faut satisfaire les besoins immédiats et nutritionnels des populations, manger au quotidien à sa faim, boire une eau saine et de qualité, et se soigner.  Mais en vérité, il n’y a pas de contradiction ou d’opposition entre les deux concepts, il y a plutôt une articulation voire une complémentarité entre les politiques de souveraineté et de sécurité alimentaire. On parlerait de sécurité/souveraineté alimentaire, pour monter qu’il ne peut y avoir l’une sans l’autre pour des soucis de cohérence d’une politique alimentaire et nutritionnelle globale. Ainsi, en Afrique nourrir une population toujours plus importante impliquera la multiplication par trois de la production agricole africaine d’ici 2050.  Le lien étroit entre sécurité alimentaire et hausse des températures, ainsi que la capacité à faire face à la dégradation des écosystèmes, constituent dans ce siècle l’un des enjeux majeurs en Afrique. Pour cela, il convient à la fois réduire les pertes et accroitre les rendements. Il est également essentiel de maintenir un mode d’agriculture à faible impact environnemental, non plus uniquement en limitant l’utilisation des pesticides ou des méthodes agricoles intensives, mais aussi grâce aux leviers que proposent dès aujourd’hui les nouvelles technologies. Des solutions existent pourtant. Ainsi, pour affermir l’agriculture africaine, il convient de renforcer le droit de propriété, protéger les filières locales, instaurer de nouveaux mécanismes de financement, et investir dans les infrastructures. Autant de points pour lesquels l’intégration régionale peut apporter une réponse décisive. III) La sécurité alimentaire : un enjeu stratégique La lutte contre l’insécurité alimentaire constitue une priorité affichée en termes de droits humains, pour le développement et la stabilité du monde. En Afrique malgré les progrès réalisés dans de nombreux pays, l’Afrique reste le continent le plus affecté par l’insécurité alimentaire en termes de proportion de la population concernée. A n’en pas douter, la sécurité alimentaire sera l’un des grands enjeux du continent tout en long de ce siècle. D’ailleurs, d’ici à 2050, 60 % de l’augmentation de la population mondiale se produira en Afrique, et le continent africain sera le seul dont la population rurale aura continué à croître (+ 35 %).   Le Nigeria pourrait compter 800 millions d’habitants à la fin du siècle. L’Afrique devra satisfaire une demande alimentaire qui sera supérieure de plus de 160 % à ce qu’elle est aujourd’hui. Avec l’augmentation de la population d’ici 2050, le défi est de taille, si l’on en croit les chiffres communiqués par la BAD. A l’échelle mondiale, 828 millions de personnes souffrent de la faim, dont 249 millions, soit un tiers, se trouvent en Afrique.  Bien qu’il dispose de 65% des terres arables restantes pour nourrir 9 milliards de personnes dans le monde d’ici 2050, le continent importe plus de 100 millions de tonnes métriques de nourriture pour un coût de 75 milliards de dollars par an. Pourtant, l’Afrique dispose d’un potentiel à la hauteur du défi. Elle importe jusqu’à 85 % de ses denrées, alors qu’elle dispose de plus de 700 millions d’hectares de terres arables non exploitées. Deux fois la superficie de la zone UEMOA… Elle a à sa disposition parmi les plus grands fleuves du monde (Nil, Congo), mais seulement 3 % de ses terres sont irriguées, contre plus de 20 % dans le monde. Son sous-sol regorge de très importants gisements de phosphates (Maroc, Sénégal, Togo, Algérie…), mais la consommation d’engrais y est dérisoire (13 kg par hectare, contre 190 kg en Asie de l’Est selon la FAO). L’Afrique est la seule région au monde où la production agricole par habitant a baissé ces deux dernières décennies, avec des rendements à l’hectare en moyenne

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La Norvège futur leader mondial des phosphates devant le Maroc ? Par Aboulmajd Abdeljalil

Récemment un énorme gisement souterrain de phosphorite de haute qualité vient d’être découvert en Norvège. Il est considéré comme le plus important au monde et suffirait à satisfaire la demande mondiale d’engrais, de panneaux solaires et de batteries de voitures électriques au cours des 100 prochaines années, selon l’entreprise qui exploite la ressource.  Le Maroc a donc un sérieux concurrent au niveau international. D’une quantité estimée à 70 milliards de tonnes au moins, le gisement pourrait répondre aux besoins mondiaux en phosphore. Selon un rapport publié début juillet sur Ecofin Pro, si le potentiel de ce projet se matérialisait, l’économie marocaine en serait négativement affectée. Et même si de nombreux analystes estiment que les ressources norvégiennes ne sont pas confirmées dans les proportions annoncées, il ne fait aucun doute que Norge Mining est sur un projet majeur capable de bousculer les hiérarchies mondiales. Par ailleurs, le fait que ce concurrent de l’OCP soit européen, avec un libre accès aux différents marchés de l’Union, pourrait également priver le Maroc d’un client important représenté par l’UE. Le royaume chérifien est le premier fournisseur de phosphate de la zone euro, loin devant la Russie (16%). Cela dit, il faudra du temps pour concrétiser ce potentiel, ce qui devrait être mis à profit par le Maroc pour réajuster leurs stratégies commerciales. Les phosphates constituent le principal produit de l’exploitation minière marocaine. Avec des réserves estimées à 50 milliards de tonnes, le Royaume a produit 38 millions de tonnes en 2021. Le Maroc, en effet, est actuellement le deuxième producteur mondial de phosphates, après la Chine. Les phosphates sont en effet le principal produit du secteur minier marocain, qui représentait en 2020 plus de 20% des exportations et environ 10% du PIB. Le Maroc est le pays qui dispose des plus grandes réserves de la matière première utilisée dans les engrais, mais aussi dans l’énergie (panneaux solaires) et l’automobile (pour les véhicules électriques). D’après l’United States Geological Survey (USGS) les réserves marocaines s’élevaient à 50 milliards de tonnes en 2022, soit plus de 70% des 71 milliards de tonnes de réserves mondiales connues à cette date. Dans le monde arabe le Maroc, occupe la première place dans le classement de l’Institut américain de géophysique « US Geological Suvery« , tandis que la Jordanie occupe la deuxième place avec une production de 10 millions de tonnes, l’Arabie saoudite la troisième avec 9 millions de tonnes, l’Égypte la quatrième avec 5 millions de tonnes , et la Tunisie au cinquième rang avec 4 millions de tonnes. En terme de production, le Maroc est le troisième producteur mondial derrière les États-Unis et la Chine. Bien que le Royaume exploite une grande variété de métaux et minéraux, c’est l’exploitation des phosphates qui prédomine le secteur minier au Maroc. Il faut savoir que l’exploitation du phosphate Maroc revient à l’Office chérifien des phosphates (OCP) qui occupe une place particulière dans l’histoire industrielle du Maroc.

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L’Algérie devient le pays le moins riche du Maghreb

Pour la première fois depuis son indépendance en 1962, et chose passé inaperçue, l’Algérie a affiché le PIB par habitant le plus faible en 2021 par rapport à ses voisins dans la région du Maghreb à savoir le Maroc et la Tunisie, a écrit dans son article Ilyes Zouari, Président du Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone, publié le 23 Mai 2023 dans le site d’information tunisien «Kapitalis». Malgré son importante manne pétrolière qui ne suffit plus à masquer la réalité économique du pays, l’Algérie reste «très en retard» par rapport à ses deux voisins, a précisé le site dans un article intitulé «L’Algérie devient le pays le moins riche du Maghreb». Citant les données de la Banque mondiale, le média précise que «le PIB par habitant de l’Algérie se situait à 3.691 dollars en 2021, dernière année pour laquelle les statistiques sont disponibles, contre 3.807 dollars pour la Tunisie et 3.795 dollars pour le Maroc». En dépassant l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont ainsi réalisé une remarquable performance, vu leurs faibles richesses naturelles en comparaison avec leur voisin, un des principaux producteurs mondiaux d’hydrocarbures, fait savoir «Kapitalis». Alors que l’économie algérienne demeure très fortement dépendante des hydrocarbures, le Maroc a réussi à constituer de nombreuses filières industrielles, ce qui lui a valu un leadership au niveau continental en matière d’industrialisation et d’environnement des affaires, d’après la même source. Selon le dernier classement publié par la Banque africaine de développement (BAD), en novembre 2022, le Maroc est classé deuxième des pays du continent en matière d’industrialisation, alors que l’Algérie arrivait à la 11e position, poursuit le site d’information, notant que le Maroc devrait d’ailleurs très prochainement accéder au premier rang du classement, en dépassant l’Afrique du Sud avec laquelle l’écart est désormais inférieur à 1 %. Quant à l’environnement des affaires, le Maroc se distingue, également, à la troisième place dans le dernier classement publié en la matière par la Banque mondiale, alors que l’Algérie n’occupait que la 33e position (et la 162e au niveau mondial), arrivant même très loin derrière de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne, précise l’auteur de l’article. Et de faire état d’un isolement économique de l’Algérie, qui est aujourd’hui «un des très rares pays au monde, hors minuscules Etats insulaires, à ne toujours pas être membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)». Par contre, le Maroc, relève-t-il, a véritablement décollé au cours des vingt dernières années, et s’illustre aujourd’hui en étant notamment le seul pays arabe à avoir une véritable industrie automobile et l’unique pays africain à être doté des trains à grande vitesse. Par ailleurs, le Maroc est également devenu un acteur incontournable sur la scène africaine, en se hissant au rang de deuxième investisseur africain sur le continent, disposant d’un réseau bancaire particulièrement développé dans plusieurs pays africains, a-t-il mis en exergue, notant que le dynamisme de l’économie marocaine se reflète également à travers le nombre d’entreprises nationales présentes parmi les plus grandes entreprises du continent. Il a rappelé que selon le dernier classement annuel publié par le magazine « Jeune Afrique », en mars dernier, le Maroc en comptait non moins de 56 parmi les 500 plus grandes entreprises africaines en 2021, contre seulement 12 pour l’Algérie. Il indiqué qu’alors que le Maroc a vu ses réserves de change augmenter régulièrement au cours des dernières années, pour atteindre un plus haut historique de 35,5 milliards de dollars fin mars 2023, la forte dépendance de l’Algérie aux hydrocarbures a entraîné un effondrement des réserves de change du pays, parallèlement à une explosion de son endettement. En effet, les réserves de change sont passées de 193 milliards de dollars début 2014 à 45,3 milliards fin 2021, soit une baisse annuelle de 18,5 milliards de dollars en moyenne sur cette période de huit années, précise la même source. Selon le site, à cause d’une diversification encore embryonnaire en comparaison avec les voisins du Maghreb, la situation économique du pays va continuer à s’aggraver, compte tenu du retour du prix des hydrocarbures à leurs niveaux d’avant la guerre en Ukraine et de la tendance durablement baissière de leur cours, du fait de la montée en puissance des énergies renouvelables. Avec des réserves de change atteignant 66,1 milliards de dollars fin mars 2023, et en supposant une baisse annuelle ramenée à seulement 10 milliards de dollars par année, contre 13,2 milliards sur la période 2018-2021, «l’Algérie ne devrait alors plus pouvoir couvrir que quatre mois d’importations mi-2028, soit le niveau à partir duquel un pays est considéré comme étant proche de la faillite», souligne l’auteur de l’article. Cette situation, qui paraît difficilement évitable, compte tenu de la modeste politique de diversification en cours, obligerait alors l’Algérie à «se tourner vers les institutions financières internationales et à mettre en œuvre de douloureuses réformes, afin d’éviter une faillite complète dès l’année suivante, et un scénario semblable à celui qu’avait connu le Venezuela, autre grand pays producteur d’hydrocarbures », conclut le site tunisien kapitalis.

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Zone de libre-échange en Afrique Enjeux et défis Par Abdeljalil Aboulmajd

De prime abord, il convient de préciser qu’une vraie zone de libre-échange est le grand espoir pour l’Afrique pour amorcer son développement. Partie d’un constat sur la faiblesse des relations commerciales entre pays africains, estimées à 17 % seulement contre environ 70 % avec l’Europe 55 % en Amérique du Nord, 45 % en Asie et 35 % en Amérique, la création d’une zone de libre-échange continentale africaine a germé et fait sa route au sein de l’Union africaine. Alors qu’est-ce que la ZLECAf et quels sont les enjeux et défis à relever pour garantir son succès? La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est un accord destiné à dynamiser le commerce intra-africain d’une part, et à accélérer une meilleure insertion de l’Afrique dans le commerce mondial d’autre part, la ZLECAf est la traduction d’une vision ambitieuse des Etats africains à matérialiser les efforts de convergence et d’intégration entrepris par les différentes Communautés économiques régionales.  Elle vise ainsi, non seulement à créer un marché unique continental des biens et services, mais aussi à établir une libre circulation des opérateurs économiques, avec dans l’orbite la mise place d’une union douanière en 2022 et d’une communauté économique africaine d’ici 2028. Autant dire que la ZLECAf constitue un projet d’espoir pour l’intégration africaine, puisque l’accord qui l’établit s’est montré attentif à l’articulation entre les déterminants matériels et immatériels de l’intégration continentale. Toutefois, cette initiative de l’Union africaine, qui semble porteuse d’espoir pour les économies locales présente, tout de même, de nombreux défis auxquels les pays africains doivent faire face. Ces défis sont, entre autres, d’ordre politique, économique, juridique et sécuritaire. 1) défis politiques Le manque de volonté politique semble être le principal obstacle pour renforcer l’intégration régionale et continentale. Bon nombre d’observateurs des institutions africaines et de plusieurs résolutions adoptées par celles-ci, déplorent l’absence d’une véritable volonté politique de développement et d’intégration en Afrique. Cette absence de volonté politique se manifeste notamment par l’existence de nombreuses résolutions adoptées mais le dysfonctionnement des institutions africaines créées à cause de la non-contribution et la non-adhésion des Etats membres, la lenteur ou le refus des Etats membres à fournir les informations nécessaires les concernant aux institutions africaines intéressées. L’exemple récent des résolutions prises dans le cadre de la communauté économique africaine (CEA) et qui ont du mal à être respectées et mises en œuvre par les Etats membres, marque bien cette réalité. Ainsi donc, beaucoup d’élans ont été freinés parce qu’ils n’ont pas été soutenus jusqu’à leur aboutissement par les décideurs africains que sont les chefs d’Etat et de Gouvernement. 2) défis économiques Les principaux défis à relever pour réussir la ZLECAF sont, entre autres, l’amélioration  des conditions de vie des Africains.   Il s’agit  notamment d’assurer aux citoyens africains l’accès à un certain nombre de droits fondamentaux, comme l’éducation, la santé, la qualité des infrastructures de transport et la résolution du problème de déficience des réseaux de distribution et de transport. Le continent fait face à d’énormes défis infrastructurels (énergie, voies de communications et transports, télécommunication, développement technologique) dont la résolution constitue un préalable incompressible à la réussite de l’intégration commerciale. A l’évidence, l’administration en ligne a le potentiel d’aider à soutenir la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et de ses 17 objectifs de développement durable. Il est quasiment impossible d’envisager le développement durable de milliards de personnes avec des ressources de plus en plus limitées, sans l’apport des technologies de l’information et de la communication. La transformation numérique de la société ne peut plus être perçue comme un luxe. Bien au contraire, la capture continue et en temps réel des données les plus élémentaires à la fois sur l’environnement et sur les populations, la bonne gouvernance et l’exploitation rapide de ces données dans le sens du développement durable, et la banalisation et la généralisation des moyens de communication constituent des ingrédients obligatoires pour faire face aux crises de plus en plus fréquentes et de plus en plus rudes que traverse l’humanité. Enfin, la transformation numérique de la société est le levier incontournable du développement durable en Afrique. 3) défis juridiques Sur les plans juridique et institutionnel, plusieurs défis majeurs et non exhaustifs peuvent être relevés. D’abord, le risque d’établissement des institutions et mécanismes qui s’inscrivent dans des stratégies de consolidation, voire de contrôle de l’environnement régional par les États membres les plus forts, avec pour conséquence de renforcer les rapports asymétriques qui existent déjà plutôt que de les remettre en question. Les pays tels que l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Egypte et le Kenya ont tendance à dominer les processus en rapport avec l’intégration commerciale du continent. Ensuite, l’application effective par les institutions nationales des décisions communautaires (insertion desdites décisions dans le corpus juridique interne des États membres) en vue de les rendre applicables par les agents des différents services publics à l’échelle nationale. Finalement, concernant le défi de la rationalisation des institutions, plusieurs cadres traitant des mêmes questions au sein des CER existent. Ils sont entretenus par des influences extérieures dans l’objectif de préserver les intérêts étrangers, avec comme conséquence d’importants coûts induits par la dispersion des ressources humaines et financières déjà assez rares sur le continent. 4) défis sécuritaires Enfin, L’Afrique est aussi ce continent qui connaît de graves crises sécuritaires, y compris la sécurité alimentaire, induites par les conflits dans toutes les régions. L’Afrique et l’Asie détiennent le triste record du nombre de conflits majeurs dans le monde. Ces guerres, principalement de type intra-étatique, détruisent des années d’efforts de développement, jettent sur les routes des millions de réfugiés et de personnes déplacées et provoquent des déstabilisations qui atteignent systématiquement tous les pays du continent. Répondre aux enjeux de sécurité en Afrique représente la première démarche de développement pour ce continent. A l’horizon 2030, plusieurs grands séismes risquent de secouer l’Afrique. D’une part sur le plan interne, avec la croissance démographique, la question environnementale ou les crises sécuritaires ; d’autre part sur le plan international avec la crise énergétique, les effets de la construction d’un monde multipolaire, le déplacement du centre de gravité

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Les Constitutions du Maghreb à l’épreuve de la pratique par Aboulmajd Abdeljalil

Il faut qu’une Constitution soit courte et obscure. Elle doit être faite de manière à ne pas gêner l’action du gouvernement.  Napoléon Bonaparte Le Maghreb, «du Soleil couchant» en langue arabe, regroupe historiquement trois pays, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, auxquels s’ajoutent aujourd’hui la Mauritanie à l’ouest et la Libye à l’est. Le Maghreb est une région méditerranéenne qui appartient géographiquement au nord de l’Afrique et culturellement au monde arabo-musulman. Les Constitutions objet de cette étude sont celles : de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie. La Libye et la Mauritanie sont écartées de notre analyse. En vue de cerner le sujet, il convient de se poser quelques questions : Comment ont évolué les différentes Constitutions dans les pays du Maghreb ? Quelles sont les principales dispositions constitutionnelles ? Peut-on parler de renouveau constitutionnel ? Quelle est la place de la religion dans le texte constitutionnel ? Comment les Constitutions sont-elles appréhendée dans ces pays ? Mots-clés : Constitution, Maghreb, histoire, démocratie, religion, identité, Algérie, Maroc, Tunisie. Introduction La Constitution est la base du fonctionnement d’un État, elle regroupe l’ensemble des règles de droit qui régissent les institutions, ainsi que des règles de droit qui régissent la vie des citoyens. Au Maghreb, les textes Constitutionnels diffèrent d’un Etat à l’autre, et ce essentiellement pour des raisons historiques. L’Algérie est une république présidentielle fondée sur un équilibre entre des contraintes autoritaires, nécessaires au maintien de l’ordre et des avancées démocratiques. Le Maroc est une monarchie constitutionnelle dont le Roi incarne à la fois l’autorité spirituelle et temporelle. La Tunisie, enfin, est une république héritière des traditions laïques et modernistes de Bourguiba, premier président de la Tunisie. I -L’évolution constitutionnelle des Etats du Maghreb Le Maghreb a connu un mouvement constitutionnel au sens moderne du terme à partir du milieu du XIXe siècle. Dès 1861, la Tunisie s’est dotée de la première Constitution dans le monde musulman. Ce mouvement s’est accru au début du XXe siècle et plusieurs Constitutions arabes ont été promulguées après celle de la Tunisie : l’Egypte en 1923, l’Iraq en 1925, le Liban en 1926. Ce mouvement constitutionnel s’achève après la décolonisation. A-Avant la colonisation Le mouvement constitutionnel dans les pays du Maghreb n’est pas récent : il date déjà du XIX siècle. La Tunisie est l’unique pays du Maghreb ayant adopté une Constitution moderne avant le colonialisme, sous la dénomination «Qanun al-dawla» qui prévoyait la création d’un «Conseil suprême» composé essentiellement par des notables détenant des fonctions législatives, administratives, fiscales et juridiques aux côtés du Bey (le chef de l’État), d’une organisation judiciaire fondée sur le principe de l’inamovibilité des magistrats, les ministres étant responsables et devant cette Assemblée et devant le chef de l’État (le Bey). Cette Constitution a transformé, en réalité, le beylicat d’une monarchie absolue en une monarchie constitutionnelle. Cependant, elle a eu une vie très courte : elle était suspendue à la suite d’une violente révolte antifiscale. Elle laissa pourtant des traces profondes dans la culture politique du pays et son impact sur les futures générations de Tunisiens a été indéniable, puisque le parti qui a joué un rôle important pour libérer la Tunisie du joug du protectorat se nomme le «Destour», «Constitution» en référence à la première Constitution de 1861. B-Après l’indépendance Les Constitutions des Etats du Maghreb, comme dans les autres ex-colonies françaises, sont construites sur le modèle de la Constitution française de 1958, le «Pré­sidentialisme exécutif».  Vu son histoire, la Tunisie est le premier Etat du Maghreb ayant adopté sa Constitution le 1er juin 1959, trois années après son indépendance. Inspiré par le modèle républicain français et par l’État laïc d’Atatürk, Le président Habib Bourguiba, le «père de la nation», instaure un régime présidentiel et impose un véritable culte de la personnalité, se faisant appeler le «combattant suprême». Le Maroc a fallu attendre six ans pour avoir sa première Constitution  du 7 juillet 1962, qui a fait du vieil Empire chérifien une monarchie constitutionnelle de type orléaniste. (Monarchie Constitutionnelle basée sur le consentement du peuple). Quant à l’Algérie, la première Constitution a vu le jour le 10 septembre 1963, un an après son indépendance. L’originalité de la première Constitution algérienne s’observe par l’instauration d’un régime présidentiel d’orientation «démocrate-socialiste». Ces Constitutions postindépendances ont subi depuis leur promulgation plusieurs réformes et révisions constitutionnelles, en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Surpris par la vague de contestations et d’agitation sociale qui a déferlé sur la majorité des pays arabes – communément désignée sous le nom de «printemps arabe»–, les régimes autoritaires du Maghreb ont élaborées, du fait des transitions politiques de nouvelles Constitutions, afin de donner  à ces  régimes politiques une image moderne acceptée par les nouvelles données nationales et internationales. II -La Religion et la question d’identité Après les soulèvements de 2011 au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le concept d’identité est revenu en force avec des discours fondés sur la thèse identitaire appelant à une reconnaissance culturelle, linguistique et religieuse. C’est ainsi que le discours amazighe est apparu en Libye et en Tunisie et s’est intensifié fortement au Maroc et en Algérie ; les coptes chrétiens, en Égypte, ont exigé la reconnaissance de leur identité et de leurs droits tandis que les mouvements islamiques ont réclamé la nécessité de fortifier l’identité islamique de l’Etat. Afin de saisir la portée de la relation Etat-Islam, il convient d’examiner la référence à l’Islam dans les textes constitutionnels des Etats du Maghreb. La référence à la religion musulmane n’est pas nouvelle dans les constitutions des pays arabo-musulmans. C’est un phénomène qui a toujours existé et qui n’est pas appelé à disparaitre vu le contexte sociologique de ces pays. Au Maroc, dans tous les textes constitutionnels, il est cité que l’Islam est la religion de l’État, qui garantit à tous le libre exercice des cultes. Le Roi en tant que Commandeur des croyants, veille au respect de l’Islam. Ce statut  de Commandeur des croyants, unique dans le monde islamique, le rend inviolable et sacré. En Tunisie, l’article 1er de la constitution de 2014 est le même que celui de 1959 consacre l’islam comme étant la religion de l’Etat : «La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion, l’arabe

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