Améliorer la nutrition en Afrique

La meilleure façon de lutter contre la malnutrition dans les pays en développement ne consiste pas à augmenter la diversité des espèces cultivées par les petites exploitations, mais à améliorer l’accès aux marchés. Telle est la conclusion d’une étude récente menée par l’Institut MwAPATA au Malawi et l’Université de Bonn en Allemagne. En revanche, une diversification accrue de la production animale a des effets positifs. Non seulement une alimentation insuffisante, mais aussi un régime alimentaire trop unilatéral peuvent avoir de graves conséquences sur la santé. Une alimentation variée est donc un moyen important de prévenir la malnutrition. C’est pourquoi les chercheurs plaident souvent en faveur d’une diversification des cultures pratiquées par les petits exploitants africains, que la malnutrition affecte plus particulièrement. Comme ces exploitations produisent en grande partie pour leur propre consommation, une plus grande variété dans les champs devrait avoir un impact positif sur la nutrition. À ce jour, cependant, les effets réels d’une plus grande diversification des exploitations agricoles n’ont fait l’objet que de recherches limitées et restreintes au niveau régional. Dans leur étude, qui a été publiée dans la revue « Lancet Planetary Health » en mai, les chercheurs de l’Institut MwAPATA, et de l’Université de Bonn se sont appuyés sur des données beaucoup plus complètes : ils ont évalué des enquêtes menées par les instituts nationaux de statistiques d’Éthiopie, du Malawi, de Tanzanie et d’Ouganda qui ont, à plusieurs reprises et pendant plusieurs années, visité et interrogé les mêmes ménages de petits exploitants. Les données font état du nombre de cultures pratiquées et des races animales élevées. Elles livrent également des informations sur l’âge, le poids et la taille des enfants vivant au sein des exploitations familiales, ce qui permet de calculer différents indicateurs de leur état nutritionnel. 1)La croissance de 50 000 enfants et adolescents évaluée  « Au total, nous avons analysé les données de plus de 50 000 enfants et adolescents issus de plus de 20 000 exploitations sélectionnées de façon aléatoire », explique le Dr Makaiko Khonje, chercheur à l’Institut MwAPATA. « Nous avons relié ces mesures à la diversité de la production agricole des exploitations ». Les chercheurs ont mis en lumière trois résultats importants : premièrement, le nombre de cultures avait peu d’effet sur la croissance des enfants, et donc sur leur état nutritionnel. En revanche, une plus grande variété d’espèces animales élevées dans l’exploitation produisait des effets positifs. L’élevage de chèvres ou d’une vache, en plus de volailles et d’autres espèces animales, peut donc améliorer le statut nutritionnel. C’est là le deuxième message. Le troisième résultat important concerne les marchés locaux. « L’amélioration de l’accès au marché a un impact particulièrement positif sur l’état nutritionnel », explique Khonje. En effet, ceux qui peuvent vendre leurs produits sur le marché et qui peuvent, à leur tour, acheter les aliments qui leur font défaut ont ainsi un régime alimentaire plus diversifié. En de nombreux endroits, cependant, les infrastructures appropriées font défaut. Les routes menant au marché sont souvent si mauvaises que le transport prend beaucoup de temps et que certains produits se gâtent ou sont endommagés en cours de route. « Si vous ne pouvez pas vendre la moitié de la marchandise et que vous devez finalement la jeter, l’effort n’en vaut évidemment pas la peine », explique le professeur Dr Matin Qaim du Centre de recherche sur le développement (ZEF) de l’Université de Bonn, qui a également participé à l’étude. 2)La spécialisation peut être utile, mais pas les monocultures Les chercheurs recommandent de ne pas se concentrer uniquement sur une plus grande variété culturale dans les champs, car dans de nombreux cas, un meilleur accès au marché serait plus efficace. Une trop grande diversification est également contre-productive, disent-ils, car chaque plante a ses propres exigences et nécessite donc un savoir-faire particulier. « De plus, les sols ne conviennent pas tous à toutes les cultures », explique M. Khonje. « Il vaut mieux se concentrer sur les espèces qui réussissent particulièrement bien localement et vendre le surplus. » Mais, il n’est pas non plus conseillé de trop se spécialiser, soulignent les chercheurs. « Une certaine variété est également judicieuse d’un point de vue environnemental et pour réduire les risques pour les petits exploitants », explique Qaim, qui est également membre du domaine de recherche transdisciplinaire « Avenir durable » et du pôle d’excellence « PhenoRob ». « Les monocultures pures ne sont certainement pas la solution ». (ZEF/wi) Publication (en libre accès) : Makaiko G. Khonje, Jacob Ricker-Gilbert, Milu Muyanga, Matin Qaim: Farm-level production diversity and child and adolescent nutrition in rural sub-Saharan Africa: a multicountry, longitudinal study; Lancet Planetary Health, DOI: https://doi.org/10.1016/S2542-5196(22)00071-7.

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Avenir écologique de l’Afrique

L’Afrique a le potentiel nécessaire pour produire des énergies renouvelables et bon nombre de pays sautent carrément l’ère des combustibles fossiles. La chute des coûts de production et la décentralisation des systèmes énergétiques rendent possible une expansion majeure des énergies renouvelables sur le continent. En janvier 2023, des chercheurs de l’université de Tübingen, de la Société Senckenberg pour la recherche sur la nature et de l’université d’Osnabrück, toutes situées en Allemagne, ainsi que de l’université du Rwanda, ont déclaré que c’est d’abord en Afrique que le problème de la dépendance au charbon et au gaz pouvait être résolu. Selon leurs travaux, 80 pour cent de l’énergie nécessaire en Afrique pourraient provenir de sources renouvelables d’ici à 2040 – à condition de pleinement exploiter les capacités des centrales existantes et que toutes celles qui sont actuellement à l’étude soient construites.  « Il y a suffisamment de soleil, de vent et d’eau sur le continent, et de nombreux pays africains pourraient sauter l’ère des combustibles fossiles, mais il faut bien sûr pour cela que certaines conditions soient remplies, » déclare Rebecca Peters, chercheuse doctorante au département Géosciences de l’université de Tübingen.  La forte baisse des coûts de production de l’énergie solaire et éolienne permet une expansion majeure des énergies renouvelables en Afrique. Toutefois, les besoins du continent en énergie devraient considérablement augmenter au cours des décennies à venir. Les deux tiers de la population n’ont actuellement pas accès à l’électricité et l’actuel taux de croissance démographique (2,6 pour cent) est supérieur à ce qu’il est dans d’autres parties du monde.  Les centrales solaires et éoliennes peuvent fonctionner de manière décentralisée et sur des réseaux locaux sans être raccordées à des lignes électriques aériennes. Pour les auteurs, c’est là un des avantages des sources d’énergie renouvelable. Selon leur analyse, il serait coûteux et inutile d’effectuer une expansion à grande échelle du réseau électrique dans les zones rurales. Sans compter qu’il est également possible de disposer de plus d’énergie en Afrique grâce au bon fonctionnement des centrales existantes, à la réduction des pertes d’énergie lors du transport de l’électricité, et à une combinaison appropriée de différentes formes d’énergie pour compenser les fluctuations de la production d’énergie solaire et éolienne. « Nous sommes toutefois sceptiques quant à l’expansion non contrôlée de le production d’hydroélectricité, » explique le professeur Klement Tockner, directeur général de la Société Senckenberg pour la recherche sur la nature. « Bien que l’Afrique soit le continent dont les réserves mondiales de ce type d’énergie sont les moins exploitées du monde et que l’hydroélectricité représente actuellement 63 pour cent de la production d’énergie renouvelable, la multiplication des barrages et des lacs modifierait de façon irréversible le libre écoulement actuel des cours d’eau et obligerait de nombreux résidents à déménager, » déclare le professeur Tockner. Le scénario durable d’accès universel à l’énergie durable en Afrique veut que les pays très dépendants du charbon (tels que l’Afrique du Sud) ou du gaz (tels que l’Algérie, la Tunisie et la Lybie) renoncent à accroître les capacités de production des centrales thermiques au charbon ou au gaz et qu’ils passent à la production d’énergie propre. « Ce changement structurel n’est possible qu’en doublant les investissements actuels d’ici 2030 et en investissant 30 milliards de dollars supplémentaires par an pour garantir l’accès à l’électricité à tous, » précise le docteur Jürgen Berlekamp, de l’Institut de recherche sur les systèmes environnementaux, université d’Osnabrück. Qui ajoute que des investissements étrangers seraient nécessaires. Depuis les années 2000, la Chine joue un rôle de plus en plus important, aux côtés des États-Unis et des pays européens. (Université de Tübingen/ile)

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Rapport mondial sur la protection sociale 2024-2026

La protection sociale joue un rôle clé dans la lutte contre l’impact du changement climatique, mais les pays les plus touchés par la crise climatique sont les moins bien préparés. Les gouvernements doivent faire davantage pour utiliser la protection sociale universelle selon le Rapport mondial sur la protection sociale 2024-2026 : Protection sociale universelle pour l’action climatique et une transition juste publié par l’Organisation internationale du travail (OIT) en septembre 2024. Le rapport constate également que les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique ont souvent les niveaux de protection sociale les plus bas. Pour la première fois, plus de la moitié de la population mondiale (52,4 pour cent) bénéficie d’une forme ou d’une autre de couverture sociale. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 42,8 pour cent enregistrés en 2015, année d’adoption des objectifs de développement durable. Toutefois, dans les 20 pays les plus vulnérables à la crise climatique, 91,3 pour cent des personnes (364 millions) ne bénéficient toujours d’aucune forme de protection sociale. Plus largement, dans les 50 pays les plus vulnérables au climat, 75 pour cent de la population (2,1 milliards de personnes) ne bénéficient d’aucune protection sociale. Au niveau mondial, la plupart des enfants (76,1 pour cent) ne bénéficient toujours pas d’une protection sociale efficace. Il existe également un écart important entre les sexes, la couverture effective des femmes étant inférieure à celle des hommes (50,1 pour cent et 54,6 pour cent, respectivement). Ces écarts sont particulièrement importants, étant donné le rôle potentiel de la protection sociale pour atténuer l’impact du changement climatique, aider les personnes et les sociétés à s’adapter à une nouvelle réalité climatiquement volatile et faciliter une transition juste vers un avenir durable. La protection sociale peut aider les gens à s’adapter et à faire face aux chocs liés au climat en fournissant des prestations de protection sociale, telles que la sécurité des revenus et l’accès aux soins de santé. En outre, la protection sociale peut protéger les familles, les travailleurs et les entreprises pendant la transition verte et permettre des pratiques économiques plus durables. Il s’agit notamment d’aider les travailleurs à se former et à se perfectionner afin qu’ils disposent des connaissances et des compétences nécessaires pour travailler dans des secteurs verts et à faibles émissions de carbone. La protection sociale garantit également que tous les emplois sont décents et assortis d’une protection et d’avantages adéquats. Pourtant, malgré son rôle de catalyseur et de facilitateur d’une action climatique positive, les gouvernements ne parviennent pas à tirer le meilleur parti du potentiel de la protection sociale, en grande partie à cause de lacunes persistantes en matière de couverture et d’un sous-investissement important. En moyenne, les pays consacrent 12,9 pour cent de leur produit intérieur brut (PIB) à la protection sociale (hors santé). Toutefois, alors que les pays à revenu élevé y consacrent en moyenne 16,2 pour cent, les pays à faible revenu n’allouent que 0,8 pour cent de leur PIB à la protection sociale. Les pays à faible revenu – qui comprennent les États les plus vulnérables aux effets du changement climatique – ont besoin de 308,5 milliards de dollars supplémentaires par an (52,3 pour cent de leur PIB) pour garantir au moins une protection sociale de base, et un soutien international sera nécessaire pour atteindre cet objectif. Le rapport appelle à une action politique décisive et intégrée pour combler les lacunes en matière de protection, estimant qu’« il est temps de passer à la vitesse supérieure » et d’investir de manière significative dans la protection sociale. Le rapport propose d’importantes recommandations pour orienter les politiques et garantir des résultats efficaces et durables : Se préparer à la fois aux risques « habituels » du cycle de vie et aux chocs liés au climat en mettant en place des systèmes de protection sociale ex ante et en veillant à ce que chacun bénéficie d’une protection sociale adéquate. Utiliser la protection sociale pour soutenir les efforts d’atténuation et d’adaptation au changement climatique et s’assurer de l’acceptation de ces mesures par le public.  Donner la priorité à l’investissement dans la protection sociale, y compris le soutien extérieur pour les pays dont la marge de manœuvre budgétaire est limitée.

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Dynamiques du développement en Afrique : Compétences, emplois et productivité

Compétences, emplois et productivité au cœur des défis de demain. Alors que la croissance économique projetée en Afrique avoisine 4% en 2025, l’adéquation entre compétences et marché du travail devient l’enjeu central de la transformation du continent. Selon ce rapport, d’ici 2050, 85 pour cent de l’augmentation de la population mondiale en âge de travailler se produira en Afrique. Bien que les niveaux d’éducation soient en hausse, les défis du marché de l’emploi demeurent. Le rapport recommande des politiques stratégiques pour renforcer les compétences et la productivité. Selon la dernière édition du rapport « Dynamiques du développement en Afrique », intitulée « Compétences, emplois et productivité » et publiée en juillet 2024 par l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), améliorer la qualité et l’accès au développement des compétences permettra à l’Afrique de tirer pleinement parti du potentiel de croissance de sa jeune main-d’œuvre, en plein essor et de plus en plus qualifiée. L’augmentation totale attendue de la population mondiale d’âge actif à l’horizon 2050 se produira pour 85 pour cent en Afrique. La population d’âge actif (15-64 ans) aura alors quasiment doublé en Afrique, passant de 849 millions en 2024 à 1,56 milliard en 2050. Ces ouveaux entrants sur le marché du travail seront plus instruits que les générations précédentes, le nombre total de jeunes Africains diplômés de l’enseignement secondaire ou supérieur ayant plus que doublé, pour passer de 103 millions en 2020 à 240 millions en 2040. Ces jeunes seront à la recherche d’un emploi dans des économies dynamiques ; la croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique devrait augmenter de 3,2 pour cent en 2023 à 3,5 pour cent en 2024 pour atteindre un taux annuel de 4 pour cent en moyenne en 2025, dépassant celle de l’Amérique latine et des Caraïbes (2,5 pour cent) et talonnant celle des pays en développement d’Asie (4,.8 pour cent), contre un taux de 3,2 pour cent à l’échelle mondiale.  Selon le rapport, de nombreuses économies africaines sont confrontées à un double défi : les travailleurs ne possèdent pas l’éventail de compétences spécifiques que requièrent les emplois existants et, parallèlement, les emplois de qualité ne sont pas assez nombreux pour inciter les travailleurs à renforcer leurs compétences. Plus de 80 pour cent des jeunes Africains scolarisés aspirent à occuper des emplois hautement qualifiés, mais seuls 8 pour cent d’entre eux en trouvent. Les pénuries de compétences, notamment dans des secteurs comme l’agroalimentaire, les énergies renouvelables et l’exploitation minière, freinent l’investissement privé. En fin de compte, les économies restent essentiellement informelles sous l’effet d’une offre insuffisante de travailleurs qualifiés, associée à une faible demande pour les compétences requises par les nouveaux emplois. D’après les estimations, 82 pour cent des travailleurs en Afrique sont employés dans le secteur informel et occupent des emplois pour la plupart faiblement rémunérés, de qualité médiocre et peu protégés ,contre 56 pour cent en Amérique latine et dans les Caraïbes et 73 pour cent dans les pays en développement d’Asie. Les Dynamiques du développement en Afrique 2024 révèlent que l’instruction en Afrique reste faible, en termes de qualité et de quantité, en comparaison à d’autres régions du monde. En 2021, en moyenne les gouvernements africains ont alloué 3,7 pour cent de leur PIB à l’éducation, soit 14,5 pour cent de leurs dépenses publiques totales. Ces chiffres sont légèrement inférieurs aux seuils de référence internationaux, fixés à au moins 4 pour cent du PIB et 15 pour cent des dépenses publiques totales. Seize des 42 pays africains pour lesquels des données sont disponibles pour la période 2020-23 n’atteignent pas ces seuils. Le renforcement des compétences, conjugué à des emplois de meilleure qualité, augmentera la productivité de millions de travailleurs. Le rapport indique que chaque année supplémentaire d’instruction peut accroître jusqu’à 11.4 pour cent les revenus des apprenants africains, soit le rendement de l’éducation le plus élevé par rapport à toute autre région. Les Dynamiques du développement en Afrique 2024 proposent plusieurs recommandations de politique publique pouvant aider à combler les déficits de l’Afrique en matière d’éducation et de compétences. Le rapport examine également les domaines stratégiques dans lesquels les cinq régions d’Afrique pourraient accroître le plus leur productivité grâce à une main-d’œuvre plus qualifiée : l’exploitation minière en Afrique centrale et australe, le numérique en Afrique de l’Est, les énergies renouvelables en Afrique du Nord et l’agroalimentaire en Afrique de l’Ouest.

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Top 5 des pays africains les plus endettés : un fardeau financier en quête de solutions

Cinq pays africains figurent dans le top 10 mondial des principaux bénéficiaires du Fonds monétaire international (FMI). Une dette qui pèse lourd sur leurs économies et leur souveraineté. Alors que la dette publique pèse sur les économies africaines, certains pays se démarquent par l’ampleur de leur endettement. Entre défis structurels et espoirs de redressement, découvrez la situation des cinq nations les plus endettées du continent et les pistes d’évolution envisagées. L’endettement des pays africains reste une problématique majeure, influencée par des facteurs historiques, structurels et conjoncturels. Selon le rapport « African Debt Outlook: A Ray of Optimism » publié par Afreximbank en février 2025, cinq pays du continent se distinguent par le poids préoccupant de leur dette publique. Voici un état des lieux détaillé de ces nations et leurs perspectives d’évolution. 1. Afrique du Sud : 14 % de la dette extérieure africaine L’Afrique du Sud domine ce classement peu enviable, représentant à elle seule 14 % de la dette extérieure du continent. L’économie sud-africaine fait face à un triple défi : une croissance anémique, un chômage structurellement élevé et des tensions sociopolitiques persistantes qui dissuadent les investisseurs. Le gouvernement recourt régulièrement à l’émission d’euro-obligations pour financer ses déficits budgétaires croissants, alourdissant mécaniquement la charge de sa dette. Cette spirale inquiète les agences de notation qui maintiennent une perspective prudente sur le pays, compliquant davantage ses conditions d’emprunt sur les marchés internationaux. 2. Égypte : 13 % de la dette extérieure africaine Deuxième pays le plus endetté d’Afrique, l’Égypte supporte une dette publique particulièrement préoccupante, représentant 13 % de l’endettement extérieur total du continent. Le pays a considérablement intensifié son recours aux emprunts internationaux pour financer d’ambitieux mégaprojets d’infrastructure, tout en faisant face à une pression constante sur sa balance des paiements. La situation est d’autant plus délicate que la dévaluation récente de la livre égyptienne et l’inflation galopante compliquent le service de la dette. Néanmoins, le gouvernement s’efforce activement de restructurer certaines échéances pour alléger cette pression financière. 3. Nigeria : 8 % de la dette extérieure africaine Malgré son statut de première puissance économique d’Afrique de l’Ouest, le Nigeria reste confronté à un endettement croissant, représentant 8 % de la dette extérieure africaine. Cette accumulation s’explique largement par la dépendance excessive du pays aux revenus pétroliers, dont la volatilité expose dangereusement son économie aux chocs extérieurs. Face aux déficits budgétaires récurrents, le gouvernement nigérian a multiplié les emprunts, notamment via des émissions d’euro-obligations. Un espoir se dessine toutefois : la diversification économique amorcée ces dernières années pourrait, à terme, offrir une perspective d’allègement de la dette si elle est poursuivie avec constance. 4. Maroc : 6 % de la dette extérieure africaine Avec 6 % de la dette extérieure africaine, le Maroc figure parmi les nations les plus endettées du continent. En valeur absolu, cela représente 45,65 milliards de dollars. Le royaume chérifien recourt largement aux emprunts internationaux pour financer ses ambitieux projets d’infrastructures et accélérer sa transition énergétique. Son attractivité économique croissante lui confère cependant une marge de manœuvre pour maintenir sa dette sous contrôle. 5. Mozambique : 6 % de la dette extérieure africaine Le Mozambique représente également 6 % de la dette extérieure africaine, une situation considérablement aggravée par les scandales retentissants de « dette cachée » qui ont ébranlé le pays ces dernières années. La révélation d’emprunts massifs contractés sans l’approbation du Parlement a sévèrement entamé la crédibilité financière du pays sur les marchés internationaux. Une lueur d’espoir apparaît néanmoins avec les perspectives prometteuses d’exploitation des gigantesques réserves de gaz naturel offshore, qui pourraient contribuer à redresser progressivement les finances publiques mozambicaines. Une tendance à surveiller de près Si ces cinq pays concentrent une part significative de l’endettement africain, d’autres nations comme l’Angola, le Kenya ou le Ghana affichent également des niveaux de dette préoccupants. L’inflation mondiale persistante, la remontée des taux d’intérêt et l’appréciation du dollar américain alourdissent considérablement le coût du service de la dette pour de nombreux États africains. Néanmoins, le rapport d’Afreximbank met en lumière plusieurs raisons d’espérer : de nombreux pays africains amorcent désormais des réformes sérieuses de gestion budgétaire, diversifient activement leurs sources de revenus et bénéficient d’un accès progressivement facilité aux marchés financiers internationaux. Si ces tendances positives se confirment dans les prochaines années, l’Afrique pourrait progressivement stabiliser sa dette et transformer ce qui apparaît aujourd’hui comme un fardeau en un véritable levier de croissance durable. Source : African Debt Outlook: A Ray of Optimism, Afreximbank, février 2025.

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Enjeux de l’entreprenariat en Afrique par Abdeljalil Aboulmajd

Au moment où l’entrepreneuriat apparaît comme une des solutions incontournables à la problématique du chômage sur le continent, la question des enjeux et des défis de l’entreprenariat se pose avec acuité. Alors qu’est-ce que l’entreprenariat ? Quels sont les obstacles et les difficultés ? Et comment promouvoir l’entrepreneuriat en Afrique ? I) Définition de l’entrepreneuriat L’entrepreneuriat peut être défini comme l’ensemble des actions visant à créer de la richesse et l’emploi par la création d’une entreprise. Les travaux de recherches réalisées dans ce domaine, ont proposé plusieurs définitions, mais aucune d’entre elles n’a fait objet de consensus général. Parmi ces définitions on trouve celle de l’économiste Joseph Schumpeter, le père de l’entrepreneuriat moderne, qui définit l’entrepreneur comme un innovateur, c’est à dire quelqu’un qui brise la routine. Schumpeter considère l’entrepreneur comme un individu visionnaire et innovant, capable de transformer l’économie en introduisant de nouvelles idées, technologies et modèles d’affaires. Selon lui, l’entrepreneur joue un rôle très important dans la création de nouvelles entreprises et dans la rupture des activités économiques existantes. En résumé, l’entrepreneur schumpétérien assume des risques pour promouvoir l’innovation, notamment en expérimentant de nouvelles combinaisons productives II) L’entrepreneuriat en Afrique L ’Union africaine (UA) reconnaît que l’entrepreneuriat, sans être à même de régler tous les problèmes des jeunes, apparaît comme une solution durable à la crise de l’emploi en Afrique. Selon l’organisation continentale, l’entrepreneuriat est un moteur clé de la transformation économique structurelle envisagée dans l’agenda 2063, avec le potentiel de créer des millions d’emplois. En cela, l’entrepreneuriat constitue une piste prometteuse pour tirer pleinement profit du dividende démographique. Car avec 11 millions de jeunes qui devraient entrer sur le marché du travail chaque année au cours de la prochaine décennie (selon les estimations de la Banque mondiale), il devient de plus en plus urgent de développer la capacité de l’Afrique à absorber, former et intégrer cette main-d’œuvre croissante largement confinée au secteur informel, et éviter que des générations entières ne soient marginalisées. III)  les obstacles et difficultés de l’entrepreneuriat en Afrique Il n’est pas facile d’entreprendre en Afrique. Les éventuels entrepreneurs sont confrontés à des difficultés de différents ordres. Pourtant, le continent regorge de nombreuses opportunités d’affaires. En plus des difficultés communes aux entrepreneurs du monde entier, les entrepreneurs africains sont confrontés à des obstacles bien particuliers. D’abord, l’accès aux financements est trop limité. Le manque de ressources financières au démarrage, l’accès difficile à celles-ci ou au crédit constituent les principales barrières au développement de l’entrepreneuriat en Afrique. Contrairement aux contextes des pays développés où des obstacles financiers à l’entrepreneuriat des jeunes ont été déjà résolus par le biais de crédits à faible taux d’intérêts accordés aux petits entrepreneurs par des banques et des fonds, créés spécialement pour le développement du petit entrepreneuriat. À cela s’ajoutent les problèmes d’infrastructures, dont l’accès à l’électricité constitue un frein majeur. Enfin, elles préfèrent souvent rester dans l’informel pour ne pas être matraquées par la fiscalité, la corruption, les formalités administratives et les complications réglementaires. C’est là que les Etats africains peuvent et doivent agir. De plus, le manque de formation à l’entrepreneuriat est une autre barrière. Les entrepreneurs manquent souvent de conseils et de soutien pour améliorer leurs compétences et ne peuvent pas toujours trouver des partenaires commerciaux fiables. Certains pays ont des réglementations trop strictes qui peuvent entraver leur capacité à créer des entreprises viables et à accéder à des financements extérieurs. Face à ces difficultés, comment l’Afrique peut-elle surmonter les barrières structurelles et promouvoir l’entrepreneuriat comme levier de diversification économique et de progrès social ? IV)  La promotion de l’entrepreneuriat en Afrique Par la promotion de l’entrepreneuriat on entend l’encouragement de l’esprit d’entrepreneuriat. En Afrique l’entrepreneuriat n’est toujours pas aussi répandu en Afrique comme dans les pays industrialisés. En effet dans la grande majorité des pays africains la promotion s’est focalisée sur les jeunes diplômés au chômage dans le milieu urbain sans tenir compte du milieu rural qui est censé être l’un des poumons de l’économie africaine. Pour faire face et remédier à la situation actuelle concernant l’acte d’entreprendre, il est essentiel, de lever les obstacles actuels et de promouvoir la culture de l’entreprise par :    A-L ’instauration d’un environnement favorable à la création d’entreprise Ici l’essentiel est tout d’abord d’assainir le climat des affaires des entreprises, et ensuite favoriser la création des entreprises, tout en se basant sur la formation et l’éducation. L’éducation à l’entrepreneuriat est l’un des investissements les plus rentables que peut faire l’Afrique. Aussi, Soutenir les dispositifs de création d’entreprise et startup. Aujourd’hui les mesures de soutien initiées par les pouvoirs publics de certains pays africains aux petites et moyennes entreprise-(PME) et startup restent insuffisantes. Les différentes institutions en charge de la gestion de ce secteur d’activité ne tiennent toujours pas malheureusement en considération les caractéristiques propres et spécifiques des petites entreprises, singulièrement les micro-entreprises et startups. A titre d’exemple, le Maroc, a franchi un pas dans ce sens, une nouvelle législation a été élaborée pour donner une deuxième chance aux jeunes entrepreneurs –femmes et hommes – qui ont bénéficié des aides de l’Etat pour créer leur entreprise et qui ont eu des difficultés dans leurs parcours à rembourser les crédits octroyés par les banques pour le financement de leurs projets. Un fonds spécial dédié aux jeunes qui souhaiteraient créer leurs startups a été mis en place.      B-Faciliter l’accès au financement  L’Afrique étant le continent le plus pauvre, l’accès au financement reste un obstacle important pour de nombreux entrepreneurs africains. Dans les pays développés comme au Etats Unis d’Amérique ou au Canada, tout entrepreneur bénéficie d’avantages particuliers et de subventions par rapport à son domaine d’activité, ce qui n’est pas le cas en Afrique. Avec un système financier qui n’encourage pas vraiment la création d’entreprise il est très difficile à l’entrepreneur africain de pouvoir financer ses projets. Les banques et micro finances africaines doivent se pencher sur le problème tout en favorisant les entrepreneurs par rapport aux prêts et aux différents types de soutiens dont ils auront besoin. Diminuer les cautions et garanties bancaires exigées pour les prêts,

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Rapport de la Fondation Mo Ibrahim sur les besoins financiers de l’Afrique

Le nouveau rapport de la Fondation Mo Ibrahim, Intitulé « Les besoins financiers de l’Afrique : où sont les moyens ? »,  offre une analyse complète des besoins financiers nécessaires pour atteindre tant les objectifs de développement que les objectifs climatiques s’agissant de l’Afrique, ainsi que des ressources actuellement disponibles pour y répondre. Le rapport met en évidence le fait qu’en réalité́ les ressources existent, mais ne sont pas mises en œuvre ou à profit de façon adéquate en particulier s’agissant des ressources domestiques. Le rapport, élaboré par un groupe d’experts, dresse une cartographie des besoins financiers qui, si satisfaits, permettraient à l’Afrique de réaliser tant ses objectifs de développement que ceux liés au climat. Dans le même temps, le document fait le point des ressources actuellement disponibles pour répondre à ce double défi, non sans fournir des recommandations pour atteindre des résultats escomptés. À l’analyse, l’ampleur des besoins financiers de l’Afrique se mesure à l’aune des défis du moment. Des défis non seulement liés à la pandémie de Covid-19 mais aussi à l’environnement politique, sécuritaire et climatique, qui, selon le rapport Mo Ibrahim, « ont considérablement érodé des décennies de progrès économiques et sociaux en Afrique, contribuant ainsi à l’aggravation des inégalités sur tout le continent ». Des données de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) indiquent, par exemple, que la pandémie a plongé 55 millions d’Africains dans l’extrême pauvreté en 2020, affectant des secteurs essentiels aux économies des pays. Pour les experts, les objectifs climatiques et ceux du développement sont loin d’être atteints. En matière de développement, le rapport de la Fondation Mo Ibrahim note que « la réalisation des objectifs du développement durable (ODD) des Nations unies et ceux de l’agenda 2063 de l’Union africaine s’avèrent aujourd’hui « hors d’atteinte dans les délais impartis ». Concernant l’agenda 2030 (Nations unies), « la totalité des 54 pays du continent africain présente des lacunes majeures ou significatives » tant pour l’ODD2 (faim zéro) que pour l’ODD3 (bonne santé et bien-être). S’agissant de l’agenda 2063 (Union africaine), seulement cinq pays ont réussi à atteindre un taux de réalisation des objectifs d’au moins 60 % à la fin du premier plan décennal (2014-2023) », analyse le rapport. S’agissant des impacts climatiques, il faut dire que, même si l’Afrique contribue de manière infime (2,8 %) aux émissions mondiales de carbone, le continent est parmi ceux qui paient le plus lourd tribut du changement climatique, impacté notamment par l’élévation du niveau de la mer, la sécheresse, la dégradation des terres et la déforestation. S’appuyant sur un récent rapport du Groupe de la Banque mondiale, le rapport Mo Ibrahim alerte : « Sans des politiques d’adaptation au changement climatique, plus de 86 millions de personnes seraient contraintes de quitter l’Afrique d’ici à 2050. » De même, la perte du PIB continental pourrait atteindre 50 milliards de dollars par an d’ici à 2030. Une aggravation par rapport au niveau actuel des pertes estimées à entre 7 et 15 milliards de dollars par an, selon la BAD (2022). Encore plus alarmant, l’OCDE (2023) estime que les effets macroéconomiques combinés du changement climatique pourraient réduire le PIB du continent jusqu’à 3 % d’ici à 2050, tandis que la réduction de la croissance du PIB par habitant pourrait atteindre 15 % l’année. Sur un autre plan, les importations alimentaires annuelles des pays africains devraient tripler, en partie à cause de l’aggravation des effets du changement climatique, soit en passant de 35 milliards de dollars à 110 milliards de dollars d’ici à 2025. À tout cela il faut ajouter une question non moins préoccupante, celle de l’emploi des jeunes du continent. Car, chaque mois, environ 2 millions de jeunes entrent sur le marché du travail et ce nombre pourrait atteindre 3 millions d’ici à 2050, soit 30 millions de nouveaux demandeurs d’emploi par an. Sans oublier les défis liés à la sécurité alimentaire, à la sécurité énergétique, au déficit de logements et d’infrastructures qui « rendent les populations plus vulnérables et moins résilientes aux conséquences de la crise climatique ». Le rapport Mo Ibrahim l’admet : l’Afrique a besoin de ressources astronomiques pour l’atteinte de ses objectifs. Pour répondre aux défis climatiques, le continent, dont les 54 États sont parties prenantes de l’accord de Paris, aurait besoin de jusqu’à 2 800 milliards de dollars pour remplir ses contributions déterminées au niveau national (CDN) entre 2020 et 2030. Rappelons que ces CDN décrivent les étapes et les besoins financiers pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris qui vise une réduction de 50 % des émissions d’ici à 2030 et l’atteinte de zéro émission nette d’ici à 2050. « Ces besoins restent largement sous-estimés en raison d’un débat global qui reste conduit par les pays déjà développés et donc dominé par le sujet atténuation, fait remarquer le rapport. De ce fait, les besoins d’adaptation, prioritaire pour un continent dont la moitié de la population n’a toujours pas accès à l’énergie, restent minoritaires dans l’enveloppe définie par les CDN. Et, même dans ce cas, pour la seule mise en œuvre des CDN d’ici à 2030, les besoins pour le continent sont estimés à 280 milliards de dollars par an en moyenne », ajoute le document. Et de souligner qu’en l’état actuel la finance climatique affectée au continent africain couvre à peine 11 % de ces besoins. Côté développement, les montants sont tout aussi « stratosphériques ». En effet, entre 870 et 1 300 milliards de dollars par an (soit 43 % du PIB du continent en fourchette haute) seront nécessaires à l’Afrique pour atteindre les ODD tandis que le besoin de financement net est évalué à entre 195 et 470 milliards de dollars par an en moyenne, soit près de 16 % du PIB du continent en fourchette haute. Où trouver toutes ces ressources ? Le rapport répond à cette question cruciale de la disponibilité des moyens. « L’argent est là  », estiment les chercheurs, mais ce qu’il faut, c’est plutôt « changer radicalement de paradigme ». Pour Mo Ibrahim, fondateur et président de la fondation éponyme, « il ne s’agit ni pour l’Afrique de tendre encore la sébile ni pour ses partenaires de considérer quel montant supplémentaire ils pourraient encore mettre sur la table. Le vrai sujet n’est pas “encore plus de moyens”, mais simplement des moyens mieux adaptés. Car […] le système qui perdure et prévaut actuellement ne permet pas leur utilisation optimale ». Que faut-il faire concrètement ? Des pistes de financements qui, jusque-là, ne seraient pas suffisamment exploitées sont suggérées. Pour les

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Les enjeux de la transformation digitale en Afrique Par Abdeljalil Aboulmajd

Comme toute révolution, le numérique représente un enjeu considérable pour la jeunesse africaine en termes de débouchés, d’employabilité et d’innovation. I)Enjeu de l’employabilité : L’employabilité réfère à la faculté d’une personne à obtenir, maintenir son poste, évoluer dans sa carrière et s’ajuster aux transformations continuelles du monde professionnel. Elle représente un enjeu crucial dans le point de vue du marché du travail actuel, influencé par les dynamiques de compétition, l’adaptation technologique, la flexibilité professionnelle et l’innovation. En Afrique les enjeux liés à la transformation digitale, révolution d’un nouveau genre, semblent coïncider avec la croissance de la population jeune en Afrique, autrement dit, l’insertion des jeunes apparaît aujourd’hui comme un élément moteur de transformation du marché du travail en Afrique. Par conséquent, la transformation digitale crée de nouveaux marchés du travail, de nouvelles opportunités d’investissement et de nouveaux débouchés pour les entreprises et institutions, contribuant ainsi, de nouveaux métiers naissent et d’autre deviennent archaïques. Le digital, l’intelligence artificielle, et autres font partie des métiers de l’avenir. Il faudrait que les formations se mettent à jours afin de fournir au marché de l’emploi les compétences adéquates. Dans un récent rapport, la Société Financière Internationale affirme que les compétences digitales pourraient engendrer au moins 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne d’ici 2030. La digitalisation des pays africains donne l’impression de toucher du doigt la solution au problème d’emploi que le continent subit actuellement. De plus, l’usage du digital étant multisectoriel, il constitue une réelle force et ainsi, un levier de croissance considérable pour l’Afrique. Il convient donc renforcer l’employabilité des jeunes en orientant les filières d’éducation et de formation vers des offres adaptées et vers les métiers d’avenir. La transformation digitale pourrait permettre des changements dans beaucoup de secteurs clés en Afrique. II)Enjeux de l’entrepreneuriat et de l’innovation : L’entrepreneuriat et l’innovation sont fortement liés. Cela a été démontré par l’économiste autrichien Joseph Schumpeter. Ce dernier a parlé de « destruction créatrice » qui résulte de l’innovation. A ce titre Joseph Schumpeter distingue cinq formes d’innovations : l’innovation de produits, l’innovation de procédés, l’innovation de modes de production, l’innovation de débouchés, l’innovation de matières premières. De même, la nouvelle technologie favorise l’essor de l’entrepreneuriat et de l’innovation, en offrant des opportunités et de nouvelles possibilités d’emploi et de stimuler l’innovation pour maintenir ou améliorer le bien-être des populations. Elle permet aux jeunes entrepreneurs de lancer des startups innovantes, de développer des applications mobiles, de créer des solutions technologiques adaptées aux besoins locaux et de pénétrer les marchés mondiaux. Les start-ups et les petites entreprises peuvent ainsi concurrencer les géants de l’industrie grâce à leur capacité à innover rapidement. De ce qui précède, il ressort que la transformation digitale pourrait permettre de faire baisser la courbe du chômage, à condition que de gros efforts soient fournis par les gouvernements et les acteurs du secteur privé. Il s’agit là de faciliter l’accès aux financements, aux informations et connaissances nécessaires pour soutenir les jeunes entrepreneurs dans leurs projets novateurs. Aujourd’hui, l’avenir de la jeunesse africaine n’est ni de finir noyée dans le cimetière de la Méditerranée à la recherche d’un eldorado européen, ni son exploitation. L’avenir de la jeunesse africaine, c’est l’entrepreneuriat et l’innovation. Pour aller plus loin : – Pierre-André Julien, Michel Marchesna « L’entrepreneuriat » Editions Economica, Paris, 1996. -Joseph Aloys Schumpeter « La théorie de l’évolution économique » Dalloz, coll. Paris, 1999. 

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