Les constitutions en Afrique pour quoi faire ?

« Une Constitution, c’est un esprit, des institutions, une pratique» Charles de Gaulle (1890-1970) Résumé La Constitution est un acte fondateur par lequel une société se constitue une identité et décide de l’ordre sociétal voulu. Elle assure la sécurité juridique des rapports de l’État et contribue par conséquent à la paix civile et sociale. En Afrique les Etats se sont dotés de constitutions modernes après leur accession à l’indépendance. Cet article examine, tout d’abord, l’évolution constitutionnelle en Afrique.  Il aborde ensuite le renouveau constitutionnel que l’Afrique vit depuis le mouvement de démocratisation des années 1990. Les principales questions que cet article tente de traiter sont : comment ont été adoptées les premières constitutions en Afrique ? Comment les constitutions sont appliquées dans la pratique ? Comment la Constitution est-elle appréhendée dans ces pays ? A quoi servent les constitutions et à quoi sert une révision constitutionnelle ?  Mots clés Afrique, Constitution, Evolution, Crise, Réforme et démocratie. L’analyse de toute question liée à la constitution requiert que l’on donne au préalable un aperçu sur l’évolution constitutionnelle en Afrique. Ainsi, il est intéressant de se pencher d’abord sur l’évolution qu’a connue l’Afrique en matière constitutionnelle, avant de tenter d’aborder la question délicate de l’application des constitutions par les pays africains. I) Evolution constitutionnelle en Afrique : Avant l’indépendance, la France et la Grande-Bretagne, dans la dernière phase de décolonisation, avaient commencé à familiariser les peuples colonisés à la démocratie, non sans quelques ambiguïtés. Comme le soutient Jean-François Bayart, «dans sa dernière phase, la colonisation a connu une libéralisation politique indéniable qui s’est traduite par l’introduction au sud du Sahara d’institutions représentatives modernes, de partis politiques multiples, d’une pluralité d’organisations syndicales, d’une presse libre, d’une législation afférente, mais qui s’est aussi distinguée par l’ampleur des manipulations administratives destinées à contenir et à orienter ces transformations». Au lendemain de l’indépendance, les Etats africains ont mis en place des constitutions inspirées le plus souvent par celles de leurs anciennes métropoles. En général, l’évolution constitutionnelle en Afrique peut se répartir en trois périodes : celle des premières constitutions de l’indépendance fortement inspirées par le modèle occidental, suivie d’une période de déclin constitutionnel (1963-1989) et la phase actuelle caractérisée par une certaine dynamique constitutionnelle. En effet, les premières constitutions africaines datent de l’époque des indépendances. Souvent inspirées des Lois fondamentales des anciens pays colonisateurs, reproduisant le modèle constitutionnel occidental, ou, dans les situations de rupture, celui des pays socialistes (URSS et pays de l’Est). Cependant, divers indicateurs socioéconomiques montrent que ce modèle constitutionnel n’a pas abouti aux résultats économiques escomptés et, au lieu d’encourager le progrès social, a souvent généré des résultats qualifiés de paradoxe de « constitutions sans constitutionalisme ». La seconde période, plus diffuse dans le temps, est la mise en place de l’autoritarisme, de fait ou de droit, avec la constitutionnalisation du parti unique et du monisme politique, qui s’est généralisé sur le continent africain, entre la fin des années 1960 et le début des années 1990, à quelques exceptions près. La troisième période débute dans les années 1990, avec la vague de libéralisation politique qui a touché alors l’ensemble du continent, et le retour de régimes politiques pluralistes. Cette démocratisation s’est faite sous la pression conjuguée des pays occidentaux et des «conférences nationales» imposée par les pressions extérieurs, les mouvements d’opposition et les sociétés civiles africaines. C’est dans ce contexte que les pays africains ont décidé de limiter à deux le nombre de mandats présidentiels, (de 5 ou 7 ans selon les pays) de leurs présidents. L’objectif était de garantir une possible voie à l’alternance, et surtout d’éviter le retour à la personnalisation du pouvoir. Ce nouveau contexte a entraîné aussi une fondation de la justice constitutionnelle dans la plupart des pays africains, en créant des nouveaux conseils ou cours constitutionnelles dotés d’attributions ambitieuses, mais elles font l’objet de critiques, surtout en matière électorale, où elles sont perçues comme des institutions au service du pouvoir et non pas du Droit. Plusieurs raisons expliquent les faiblesses du constitutionnalisme africain, notamment francophone actuel. Mais, parmi celles-ci, il semble qu’il y en ait une particulière : le fossé existant entre le rôle que sont censées jouer les conseils ou cours constitutionnelles et le rôle effectivement assuré. Il est important de préciser que dans la théorie du constitutionnalisme actuel, ces conseils ou cours constitutionnelles, véritable contre-pouvoir structurel, sont la plus importante innovation du constitutionnalisme des années 1990. A ce titre, ces conseils sont indissociables de la structure des pouvoirs de l’État qui aspire à construire une vraie démocratie constitutionnelle. II) Les Constitutions à l’épreuve de la pratique :  Toute constitution étant une œuvre humaine, elle est faite pour être appliquée et adaptée à l’évolution de la société. La pratique, c’est la façon dont la constitution est appliquée, contournée ou violée, est aussi et peut-être même plus importante pour identifier l’idée africaine réelle de la constitution. L’écart entre la théorie et la réalité est en Afrique si large que ce qui compte n’est plus tant de savoir comment le peuple africain devrait être gouverné à en croire sa constitution, mais comment il l’est. Avant d’aborder l’épineuse question de la révision constitutionnelle, quelques lignes méritent d’être réservées au concept de constitution, avant qu’elle soit soumise à l’épreuve de la pratique dans les pays africains. Dans son livre «Politique», Aristote précise : «Il faut examiner non seulement la meilleure constitution, mais encore celle qui est possible». De même, le Général Charles de Gaulle affirmait dans sa conférence de presse du 31 janvier 1964 « Une constitution, c’est un esprit, des institutions et une pratique ». En effet, la Constitution n’est pas uniquement un ensemble de règles ou un texte, c’est aussi une pratique, car une constitution aussi précise soit-elle, laisse toujours la place à l’interprétation et à l’exégèse. Ainsi, la constitution qui est pourtant le fondement de toutes les normes étatiques est régulièrement révisée par les dirigeants africains. Du Maghreb à l’Afrique australe en passant par l’Afrique de l’ouest, de l’est et centrale, les constitutions continuent de subir une chirurgie dramatique perpétuelle, comme pour mieux les adapter aux souhaits de ceux qu’elles servent. En Afrique il parait facile de se réfugier derrière

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Enjeux citoyenneté dans le monde arabe

Aboulmajd Abdeljalil Président du CCES            «Nous ne commençons proprement à devenir hommes qu’après avoir été citoyens»                                                                        Jean Jacques Rousseau (1712-1778) Résumé La citoyenneté, axe majeur de l’Etat démocratique moderne, est un enjeu mondial que ce soit dans les pays démocratiques ou dans les pays dits en transition. S’il s’agit pour certains de reconstruire et de redynamiser la citoyenneté, il s’agit par contre pour d’autres de la bâtir. Ainsi la question de la citoyenneté est au cœur du débat politique et de la réflexion théorique partout dans le monde. Les congrès, les conférences et les séminaires s’organisent.  De même qu’une abondante littérature y consacrée. Cet article se propose de revenir au concept de la citoyenneté et de tenter d’apporter des éléments de réponse aux questions suivantes : Qu’est-ce que la citoyenneté ? Est-ce une préoccupation nouvelle, un défi nouveau ? Ou alors s’agirait-il d’une constante, d’un thème présent depuis l’aube des temps lorsque « le premier homme rencontra le deuxième » ? Que signifie être citoyen ? Peut-on parler de citoyenneté dans le monde arabe ? Mots clés Citoyenneté, enjeux, monde arabe, islam et démocratie I-Introduction  Avant d’aborder la problématique de la citoyenneté dans le monde arabe, il convient d’abord de définir la citoyenneté et de mettre l’accent sur l’évolution historique de ce concept moderne. I-Définition de la citoyenneté  Dans son acception moderne la citoyenneté contemporaine repose sur des valeurs fondamentales que sont la liberté, la solidarité, l’égalité, la responsabilité et le respect. Ainsi, Il n’y a pas de citoyenneté sans valeurs, sans normes. De nombreux auteurs distinguent trois aspects dans le concept de citoyenneté. En premier lieu un aspect identitaire : être citoyen, c’est éprouver une « ressemblance fondatrice » avec d’autres – ressemblance qui est à la fois le principe de cohérence de l’identité nationale et de sa distinction des autres nations. Cette ressemblance peut aussi bien se fonder sur une histoire commune, une culture ou une langue communes, voire une religion, des traditions : l’essentiel est qu’elle donne lieu à une « conscience d’identité » qui émerge à travers les différences individuelles, sociales, ethniques ou géographiques qui caractérisent les citoyens d’une même nation. En second lieu, être citoyen, c’est prendre des décisions ensemble, être partie prenante de projets, d’entreprises, d’actions auxquelles on participe par le biais de l’élection des représentants ou, dans le cas de la démocratie directe, par le processus référendaire. C’est ce qu’on pourrait appeler l’aspect pragmatique de la citoyenneté. Enfin être citoyen c’est avoir conscience de droits et de devoirs. C’est donc être vigilant non seulement pour la défense de ses propres droits, mais aussi ceux des autres ; non seulement pour l’accomplissement de ses devoirs propres, mais aussi ceux des autres. III-Histoire de l’idée de la citoyenneté : La citoyenneté a une histoire qui remonte aux Anciens Grecs. L’œuvre d’Aristote en particulier nous serait de la plus grande utilité. La route jusqu’au 21e siècle serait longue, mais on se limitera aux grandes œuvres de Jean Jacques Rousseau, d’Emmanuel Kant, Montesquieu, Hegel, et plus récemment Thomas Humphrey Marshall.   Aristote (384-322 av. J-C) construit sa définition du citoyen à partir de la notion de pouvoir de commander : La citoyenneté n’est pas un état, ce n’est pas un droit, c’est un pouvoir. Le citoyen doit être conçu comme magistrat. Il exerce le pouvoir commun de la cité. Aristote précise que « Ce qui constitue donc proprement le citoyen, sa qualité vraiment caractéristique, c’est le droit de suffrage dans les assemblées et de participation à l’exercice de la puissance publique dans sa partie ». Il ressort de la conception politique d’Aristote que la citoyenneté n’est pas un droit, c’est un privilège. Elle ne concernait qu’une élite (10% de la population) excluant les femmes, les esclaves, les moins de dix-huit ans et les étrangers. Elle était surtout une citoyenneté de responsabilité politique au premier chef. La citoyenneté connaît ensuite une longue éclipse au Moyen-Âge. Elle est réactivée par les maîtres de la pensée des lumières qui se sont penchés sur le sujet. Il convient de présenter brièvement l‘idée de citoyenneté ressortant des écrits de Rousseau, Kant, Montesquieu et Hegel. Pour Rousseau, (1712-1778) la citoyenneté suppose un pacte social, plus ou moins explicite liant les citoyens d’une même collectivité. Il écrit à ce sujet : « chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout ». En devenant citoyen, chacun s’engage à vivre désormais selon la volonté de ce tout, ce que Rousseau appelle la volonté générale, et qui s’exprime par la loi. Le contrat engendre ainsi une souveraineté dotée d’une autorité absolue. C’est en se soumettant aux lois que l’individu devient libre, sa liberté s’arrêtant là où elle empiète sur celle de l’autre. Quant à la philosophie politique d’Emmanuel Kant (1724-1804), elle est fondée essentiellement sur la complémentarité de la liberté et de la loi. Pour que les droits de tous soient protégés, il faut une loi ; il faut qu’elle soit « l’acte d’une volonté publique ». Dans la pensée de Kant, la citoyenneté se fonde sur trois principes : la liberté de chaque membre de la société en tant qu’homme, l’égalité de tout homme membre d’une communauté en tant que citoyen et l’autonomie de chaque membre d’une communauté en tant que citoyen Pour Montesquieu (1689-1755), la citoyenneté est essentiellement une vertu. Cette vertu est l’attachement à ce qui est commun. La vertu politique ne peut être que civique et n’est possible que si l’homme s’élève à l’intérêt commun. Par conséquent, il n’y a de vertu que si le public a précellence sur le privé. Le principe démocratique repose donc sur un tel renoncement, qui a pour effet de limiter l’expansion des passions particulières pour favoriser l’éclosion de l’affectivité proprement politique : l’amour des généralités, la patrie, la loi, l’égalité.  Précisément, la corruption du principe démocratique commence par un changement dans la direction des désirs des citoyens ; ce qui se valorise, ce n’est plus la généralité de la patrie, de la loi, mais la particularité de l’argent, de la fonction sociale ou politique.

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L’Afrique, l’Europe le Maghreb

L’Afrique, sa démographie, son possible potentiel de croissance, son décollage plus ou moins imminent, autant de graphiques qui font rêver la planète investissement depuis plus d’une décennie.
De par sa position au Nord, le Maghreb pourrait favoriser les échanges entre l’Afrique et l’Union européenne qui est son premier partenaire.

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L’intégration régionale en Afrique : Bilan et perspectives

Aujourd’hui, le contexte de l’intégration en Afrique est marqué par le processus de mondialisation et de marginalisation du continent. Cependant l’intégration régionale apparaît comme une solution porteuse d’espoir pour propulser l’Afrique dans l’économie globalisée et lui permettre de renforcer sa position sur le plan des échanges internationaux.

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Ethnicité et citoyenneté en Afrique

L’Afrique est souvent perçue comme un continent pris dans une spirale de violences ethniques. Depuis la vague d’indépendances des années 1960, des conflits ethniques sanglants ont été le lot de nombreux pays. Est-il possible de concevoir un système démocratique tenant compte des réalités ethniques africaines ? La démocratie est-elle incompatible avec l’ethnicité ? Quelles sont les éléments de cette crise de citoyenneté qui entravent le difficile ancrage de la démocratie ?

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Le mouvement syndical en Afrique

Le mouvement syndical en Afrique Enjeux et défis

Le mouvement syndical est un phénomène relativement récent en Afrique, et ne concernant encore qu’une faible partie des populations, les organisations syndicales africaines sont à l’image d’un continent en crise d’identité et en bute à de graves problèmes socioéconomiques. Cet article tente d’apporter des éléments de réponse aux interrogations anciennes et actuelles suivantes : Comment s’est développé le mouvement syndical en Afrique ? Quel est son rôle ? Le mouvement syndical, qui a contribué à la lutte pour les indépendances et à l’édification de l’Etat-nation, est-il encore, sur le continent africain, un acteur de développement ?

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Géopolitique de l’Afrique

« Aussi loin que l’histoire remonte, cette Afrique à proprement parler est restée fermée aux échanges avec le reste du monde. C’est le pays de l’or, replié sur lui-même, le pays de l’enfance, qui, au delà du jour de l’histoire consciente de soi, est enveloppé dans la noire couleur de la nuit. » G.W.F. Hegel « La raison dans l’histoire, Introduction aux leçons sur la philosophie de l’histoire » p. 160. L’Afrique, berceau de l’humanité, est un continent qui s’étend sur 30,3 millions de km² en intégrant les espaces insulaires, une population de plus de 1,2 milliard d’habitants (deuxième continent le plus peuplé après l’Asie) et représente 16,4 % de la population mondiale en 2016. Le continent est bordé par la mer Méditerranée au nord, le canal de Suez et la mer Rouge au nord-est, l’océan Indien au sud-est et l’océan Atlantique à l’ouest. L’Afrique est un continent qui rassemble quelques 2 500 ethnies réparties sur 54 Etats souverains. Des ressources naturelles et humaines stratégiques : L’Afrique occupe aujourd’hui une place stratégique du fait de ses ressources en matières premières et sa biodiversité. Le jeu d’intérêt est ouvert entre les grandes puissances mondiales notamment, avec l’entrée en scène des géants asiatiques que sont la Chine et l’Inde. L’Afrique est un continent riche en ressources naturelles. A côté de ses ressources énergétiques, l’Afrique est riche en métaux très sollicités comme l’or, le diamant, le cobalt, l’uranium, le phosphate, et le fer. Ce secteur contribue à la diversification des activités économiques et industrielles et constitue une source de recettes et de devises pour les États. Compte tenu de la diversité des acteurs impliqués et l’importance des biens et services résultants de ce secteur, les retombées de l’exploitation minière en Afrique sont importantes pour l’économie mondiale. Mais les conséquences sont importantes sur l’environnement biophysique et humain en raison des modes d’exploitation des ressources minières. Autres ressources : l’Afrique dispose d’un potentiel agricole et forestier (2ème massif forestier mondial). La présence de vastes plaines et plateaux arrosés par de grands fleuves ou par des précipitations abondantes et régulières devrait permettre une production plus importante. Pourtant, les rendements restent faibles en raison de la pauvreté des populations rurales et de la faiblesse des investissements. Le continent africain n’a pas les ressources naturelles comme seul atout. Sa démographie est en passe d’en faire un « poids lourd ». A l’horizon 2050, la population en Afrique aura presque doublé par rapport à 2018, pour atteindre 2,5 milliards d’habitants, contre 1,25 milliard aujourd’hui. Et la tendance va se poursuivre. D’ici à 2050, plus de la moitié de la croissance démographique dans le monde – qui sera peuplé alors par 9,7 milliards d’êtres humains – aura lieu en Afrique, souligne le département économique et social des Nations unies dans une étude récente. Un continent qui, au moment des indépendances, était peuplé de moins de 260 millions d’habitants. L’Afrique a également une population jeune qui croît rapidement et une classe moyenne de 300 millions de personnes, entrainant de nouveaux besoins de consommation. Les grandes puissances à la conquête du marché africain : L’Afrique est au cœur de toutes les convoitises de par sa richesse : Les grandes puissances y sont toutes présentes : les Etats –unis, la France, la Russie, le Royaume Unis, l’Inde et la Chine. Ce dernier géant bat le record des investissements dans le secteur minier qui suscite le plus de convoitise et conflits d’intérêts. La Chine est, depuis 2009, le premier partenaire commercial de l’Afrique et son principal bailleur de fonds, position antérieurement occupée par l’Union européenne. Autant dire que Pékin fait désormais partie intégrante de l’équation géopolitique africaine. La stratégie d’influence chinoise repose sur le pragmatisme. Pas question ici de lier ses investissements au respect des droits de l’homme ou aux critères démocratiques. Pékin « revendique la solidarité des Suds, apporte cet argent qui manque cruellement et une coopération technique généreuse, en échange des richesses dont elle est avide pour financer sa croissance record », analyse la géographe et économiste Sylvie Brunel. L’Inde, le Brésil, les Emirats arabes unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Afrique du Sud, le Maroc sont également très présents et voient en l’Afrique un partenaire stratégique. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que les entreprises et fonds d’investissement du Golfe accélèrent leur stratégie de diversification sur le continent africain. Les pays du Golfe se sont engagés dans la plupart des régions africaines dans divers secteurs tels que les transports, les infrastructures, les télécoms, les mines, l’immobilier, la banque et l’agriculture. Concernant le secteur de l’agroalimentaire, les pays du Golf ne possédant pas de terres arables suffisantes pour assurer leur sécurité alimentaire ont investi dans des terres cultivées en Afrique. Conflits sanglants, extrémisme et déferlante migratoire : L’Afrique est le continent où le nombre de victimes du fait des conflits armés est le plus élevé dans le monde. Les facteurs qui alimentent ces conflits sont de plusieurs ordres. On cite entre autres : L’accès à la terre et aux ressources naturelles (pétroles et produits extractifs). L’accès au pouvoir et de la gestion de ce pouvoir. En dépit du développement économique et de perspectives de croissance encourageantes, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale ont été au cours des dernières années déstabilisées par des flambées de violence, la résurgence de conflits et la montée de l’extrémisme religieux. A cela s’ajoute également le terrorisme, ingérence extérieure, tensions indépendantistes, pauvreté, épidémies, guérilla et guerres civiles, immigration, piraterie maritime et trafic de drogue. La situation conflictuelle en Afrique est toujours préoccupante, malgré des efforts fournis. En octobre 2015, sur seize opérations de maintien de la paix menées par l’ONU, neuf se situent en Afrique et, en mai 2016, sur dix « situations sous enquêtes » à la Cour pénale internationale, neuf concernaient l’Afrique. Les facteurs d’insécurité sont variés et les États du continent ne parviennent pas à trouver la stabilité nécessaire au développement. Tout ceci est lié à des phénomènes tels que « les conflits internes, les rébellions locales renforcés par l’état de la crise économique mondiale, le taux démographique élevé et le réchauffement climatique. Ces éléments nourrissent les rivalités du partage des ressources naturelles et l’enracinement du terrorisme

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