La jeunesse africaine face au défi de l’emploi

«Chaque génération doit dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir» Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre. Quelques données pour commencer. En un siècle (1950–2050) la population de l’Afrique passera, en effet, de 228 millions d’habitants à 2,435 milliards selon les projections actuelles de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Cette évolution démographique, exceptionnelle par son ampleur et sa rapidité, représente un des défis majeurs pour le développement économique et social du continent. Alors devant ce fait, Qu’est-ce que la jeunesse ? Quels sont ses défis et ses opportunités en Afrique? I) Définition de jeunesse Définir la jeunesse est une condition préalable à l’analyse de la participation et de la représentation des jeunes dans la vie sociale et politique d’un État. Il convient d’observer qu’il n’existe pas de définition universelle de la notion de «jeune» généralement admise sur le début et la fin de la jeunesse. Pour l’ONU, est considéré de façon universelle et conventionnelle comme jeune, toute personne dont l’âge varie entre 15 et 24 ans, cette définition semble ne pas correspondre aux réalités sociales et sociologiques en Afrique. C’est la raison pour laquelle, la charte africaine de la jeunesse de l’Union Africaine (UA) définit la jeunesse, comme la frange de la population africaine dont l’âge est compris entre 15 et 35 ans. En Afrique, cette frange de la population est la plus importante au monde et celle qui augmente le plus rapidement. Plus de 20 % de la population africaine a entre 15 et 24 ans et puisque plus de 40 % de la population africaine a moins de 15 ans, on doit s’attendre à ce que ce chiffre augmente de façon notable dans les années à venir. Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), les jeunes peuvent représenter jusqu’à 36 % de la population totale en âge de travailler et 3 personnes au chômage sur 5 en Afrique sont des jeunes. C’est un enjeu de taille. Déjà, 60 % des jeunes Africains seraient sans emploi. Et chaque année, plus de 10 millions de jeunes actifs entreront sur le marché du travail. II) La jeunesse africaine, un acteur incontournable du développement L’Afrique est aujourd’hui un continent d’1,3 milliard d’habitants. Cette importante démographie africaine est source d’opportunités et de défis, notamment en ce qui concerne les services, l’éducation et l’intégration  des jeunes dans la vie économique et sociale. Elle constitue un atout considérable puisque la jeunesse est en mesure de fournir à l’économie une force de travail majeure au sommet de sa capacité productive. Ainsi, le premier défi est celui posé par l’arrivée sur le marché du travail de jeunes diplômés, dont seule une partie trouvera un emploi. On estime 200 millions de jeunes âgés de 18 à 25 ans qui sont en situation de chômage. En 2050, cette proportion sera de 42%. Et, chaque année, entre 12 et 15 millions rejoignent le marché du travail. Il en résulte un profond malaise parmi les jeunes, ayant souvent un emploi sous-qualifié par rapport à leur diplôme. Toutefois, il convient de  distinguer entre la région de l’Afrique du nord et de l’Afrique subsaharienne. En Afrique du nord, la prévalence du chômage des jeunes est très élevée, puisque plus d’un tiers de la jeunesse est sans emploi. En revanche, en Afrique subsaharienne, c’est la prévalence de la pauvreté qui atteint des sommets, car 70% des jeunes vivent avec moins de 3,1 dollars par jour Pour cette raison, beaucoup de jeunes africains, (exemple le Maghreb) veulent entrer dans la fonction publique, et les familles investissent en espérant qu’ils obtiendront de postes dans l’administration publique. Mais il y a de moins en moins d’emploi de fonctionnaires. L’absence de débouché produit une énorme déception. Autre conséquence, cela freine l’innovation. Toutefois, en Tunisie, la culture entrepreneuriale est relativement plus développée par  rapport aux autres pays de l’Afrique du Nord, les jeunes tunisiens de plus en plus s’en lancent dans l’entrepreneuriat. III) L’entreprenariat des jeunes est clé Dans le monde entier, et évidemment dans tous les pays africains, les emplois et les perspectives d’emploi des jeunes occupent toujours les premiers rangs des programmes de développement. En 2050, 29% de la population totale des jeunes du monde vivront en Afrique. Pour les pays africains, les jeunes représentent à la fois un défi mais aussi une énorme potentialité, surtout en ce moment où les populations des autres parties du monde sont vieillissantes. Bien qu’à la recherche d’emplois, les jeunes sont aussi essentiels à leur création. Dans ce contexte difficile, il est essentiel de mettre en œuvre en Afrique des stratégies visant à stimuler la créativité, de fournir aux jeunes une éducation de qualité orientée vers les besoins du marché mondial, de développer leurs compétences et d’inculquer aux jeunes la culture de l’entrepreneuriat. Dans son excellente étude «La jeunesse africaine face à l’entreprenariat : enjeux et défis», l’universitaire béninois Armand Akpa a réussi à démontrer que la solution pour juguler le problème du chômage des jeunes passe en très grande partie par l’entreprenariat. Sur la question, des avancées considérables ont été faites pour encourager l’entreprenariat des jeunes en Afrique mais ces derniers restent encore confrontés à de nombreux obstacles. Parmi ces obstacles, on peut citer : l’attitude de la société à l’égard de l’entrepreneuriat, le manque de compétences, l’insuffisance de la formation à l’esprit d’entreprise, le manque d’expérience professionnelle, l’absence de fonds propres, l’absence de contacts et barrières inhérentes au marché, les formalités plus lourdes et plus longues, le coût de démarrage, le capital minimum obligatoire et le manque d’accès aux informations particulièrement pertinentes pour les activités entrepreneuriales. Pour surmonter ces obstacles, Armand Akpa préconise pour réduire le chômage des jeunes, la promotion de l’entrepreneuriat, dont celle agricole moderne, qui peut être une source stable d’emploi dans les économies fortement dépendantes de l’agriculture à court et moyen terme. Ainsi, il  est primordial de mettre en place des politiques publiques pour renforcer davantage les activités entrepreneuriales des jeunes essentiellement dans les technologies de l’information. Aujourd’hui, l’avenir de la jeunesse africaine n’est ni de finir noyée dans le cimetière de la Méditerranée à

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C’est quoi le développement durable?

Développement durable ou alternatif, post-développement ou alternative au développement. Le débat, à la faveur notamment du «tournant à gauche» latino-américain, est revenu sur le devant de la scène, et interroge les rapports entre marché, État, nature et acteurs sociaux. Le développement durable est la notion qui définit le besoin de transition et de changement dont a besoin notre planète et ses habitants pour vivre dans un monde plus équitable, en bonne santé et en respectant l’environnement. I)  Un modèle d’organisation de la société: Le développement durable vient du rapprochement de deux mots, qui mis bout à bout définissent un modèle d’organisation de la société. Par développement on entend l’amélioration des performances (économiques, sociales etc…) d’une société. Le terme durable caractérise une chose qui tient dans la durée, qui est stable et résistant. La combinaison des deux mots donne la définition du développement durable: l’amélioration des performances d’une société pour la rendre stable dans le temps. Le développement durable est un mode d’organisation de la société pour répondre le plus efficacement possible aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Aujourd’hui, cette transition vers un modèle plus durable est nécessaire pour vivre dans un monde plus équitable et préserver notre planète et ses ressources naturelles. Le modèle d’une société durable s’appuie sur des piliers et des principes fondamentaux. II) Les fondements du développement durable: Les trois piliers du développement durable: Le développement durable suppose un mode d’organisation basé sur 3 piliers essentiels: La qualité environnementale des activités humaines pour limiter les impacts environnementaux, préserver les écosystèmes et les ressources naturelles à long terme. L’équité sociale pour garantir à tous les membres de la société un accès aux ressources et services de base (éducation, santé, alimentation, logement…) pour satisfaire les besoins de l’humanité, réduire les inégalités et maintenir la cohésion sociale  L’efficacité économique en diminuant l’extrême pauvreté et en garantissant l’emploi du plus grand nombre dans une activité économique dignement rémunérée. L’économie durable est une gestion saine des activités humaines sans préjudices pour l’Homme ou pour l’environnement. Ces 3 piliers composent les enjeux du développement durable. Pour instaurer une société plus durable, ces piliers sont accompagnés de principes fondamentaux. III) Les principes fondamentaux du développement durable: Solidarité entre les pays, entre les peuples, entre les générations, et entre les membres d’une société. Par exemple : économiser les matières premières pour que le plus grand nombre en profite. Précaution dans les décisions afin de ne pas causer de catastrophes quand on sait qu’il existe des risques pour la santé ou l’environnement. Par exemple : limiter les émissions de CO2 pour freiner le changement climatique. Participation de chacun, quels que soient sa profession ou son statut social, afin d’assurer la réussite de projets durables. Par exemple : mettre en place des conseils d’enfants et de jeunes. Responsabilité de chacun, citoyen, industriel ou agriculteur. Pour que celui qui abîme, dégrade et pollue répare. Par exemple : faire payer une taxe aux industries qui polluent beaucoup. Ces principes sont parfois incompatibles avec la société de consommation dans laquelle nous vivons. C’est pourquoi, de nombreuses personnes (élus, associations, entreprises, particuliers, jeunes…) demandent que notre système économique soit repensé pour tendre vers une société plus durable afin de préserver la planète et ses ressources. Le développement durable est non seulement un besoin urgent, qui n’est pas une contrainte mais une réelle opportunité pour redessiner notre société. IV) Pourquoi le développement durable est essentiel aujourd’hui? En 1800, nous étions 900 millions d’êtres humains sur terre. En 2020, notre planète abrite 7,8 milliards d’habitants. Cette forte croissance de la population s’accompagne d’une augmentation de la demande de biens et de services et de modes de production qui entraînent des désordres environnementaux et sociaux. Dans les années 70, un grand nombre d’experts et de scientifiques tirent la sonnette d’alarme quant à l’impact de l’activité des hommes sur la planète. Depuis la révolution industrielle, la société a connu un développement sans précédent, mais sans véritablement en mesurer les conséquences de l’évolution de son mode de vie. À cela se sont ajoutés : l’accélération des échanges avec le reste du monde (la mondialisation) ; l’accroissement des inégalités entre pays riches et pays pauvres ; les prévisions de croissance démographiques qui visent à 10 milliards d’habitants sur la planète d’ici 2100. Aujourd’hui 80% des ressources naturelles sont consommées par 20% de la population mondiale. Cela engendre des zones de grande richesse et de grande pauvreté. Dans certaines zones du monde, les habitants n’ont pas accès à l’eau potable, aux soins, à l’éducation et à un emploi dignement rémunéré. Mais comment assurer demain un accès à l’alimentation et à l’eau potable, à la santé et à l’éducation pour tous ? Comment assurer la protection de la biodiversité et lutter contre le changement climatique ? C’est pourquoi il est urgent de trouver un nouveau modèle: le développement durable. Les sociétés humaines vont devoir entrer dans une transition et repenser l’ensemble de leurs activités. De nombreux acteurs sont déjà engagés dans cette transition vers un mode de fonctionnement plus respectueux de l’environnement et des êtres humains. Les sociétés humaines vont devoir entrer dans une transition et repenser l’ensemble de leurs activités. De nombreux acteurs sont déjà engagés dans cette transition vers un mode de fonctionnement plus respectueux de l’environnement et des êtres humains. V) Les acteurs du développement durable:  Tout le monde est concerné par cette transition vers un nouveau modèle de société plus durable. 

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L’Afrique, un continent en voie d’émergence

Alors que l’identification de pays africains réellement émergents s’avère complexe, l’Afrique dispose d’atouts pour décoller en tant que continent grâce, dans un premier temps, au développement d’un marché commercial, puis d’un marché financier. L’Afrique est aujourd’hui considérée comme une terre d’opportunités économiques et financières. Depuis 2000, ses bonnes performances économiques suscitent une vague d’optimisme de la part des investisseurs internationaux. Un sentiment qui pourrait être conforté par la résilience dont fait preuve l’activité économique africaine face à l’épidémie de Covid-19 (- 2,6 % en 2020), au regard de son impact à l’échelle mondiale (- 4,4 %). I) L’émergence, un concept mobilisé par les pays africains eux-mêmes Face à ce renouveau, les dirigeants africains ont adapté leurs discours pour évoquer les ambitions économiques de leurs pays respectifs. Les objectifs traditionnellement mis en avant de réduction de la pauvreté ou d’amélioration des indicateurs socioéconomiques ont progressivement laissé place à l’ambition d’«émergence» dans la plupart des plans nationaux de développement économique des pays du continent. Près de la moitié des économies africaines disposent d’un plan national visant à accéder à l’émergence à court, moyen ou long terme. À titre d’exemple, l’ambition du Plan «Sénégal émergent» est d’en faire un pays émergent à l’horizon 2035. Au Gabon (« Plan stratégique Gabon émergent »), cet objectif devrait être atteint dès 2030. Quant au Maroc, il ambitionne   l’émergence industrielle par une stratégie d’industrialisation entre 2009 et 2015 qui a été suivi par un plan d’Accélération Industrielle 2014-2020. Depuis 2015 et à l’initiative du président ivoirien Alassane Ouattara, une Conférence internationale biennale sur l’émergence de l’Afrique a même été instituée et vise à « soutenir le développement des capacités à préparer et mettre en œuvre les plans d’émergence » du continent. Mais peut-on réellement identifier des pays africains qui se démarquent dans leur trajectoire de développement au point de pouvoir être considérés comme émergents ou en voie d’émergence ? II) Une poignée de pays africains émergent… partiellement La notion d’émergence ne renvoie pas à une définition communément admise par l’ensemble des acteurs des sphères économiques et financières. Il est toutefois possible d’examiner l’Afrique à l’aune des critères communément admis comme étant partagés par les premiers pays émergents, notamment asiatiques. Ces économies se sont distinguées par une croissance économique soutenue sur une longue période, leur capacité d’intégration commerciale et financière, et la prise de relai d’un développement extraverti par une croissance endogène, reposant sur le développement d’un marché intérieur et d’une consommation interne dynamique. Or, si quelques pays africains enregistrent de très bonnes performances dans l’un de ces domaines, ils peinent à répondre à l’ensemble de ces critères. Prenons l’exemple du Nigeria, de l’Afrique du Sud et de l’Égypte, qui constituent les trois premières économies africaines en termes de produit intérieur brut (PIB). De par leur taille, ces économies sont les principales destinations africaines des investissements directs étrangers (IDE), après Maurice. Elles concentrent à elles seules 35 % des flux entrants en Afrique. Mais ces économies enregistrent des performances mitigées en matière d’indicateurs sociaux. Si l’on considère à présent les pays qui connaissent les plus forts taux de croissance, ils ne sont pas nécessairement pour autant ceux qui attirent le plus de capitaux ni ceux qui parviennent à faire bénéficier cette accumulation de richesse à leur population. L’Éthiopie, le Rwanda et la Tanzanie, dont les croissances économiques ont été durablement soutenues au cours de la dernière décennie, sont certes engagés dans une dynamique de rattrapage, mais ces pays demeurent des marchés de taille limitée : le PIB éthiopien ne représente en 2019 que 20 % du PIB nigérian, contre 15 % pour la Tanzanie et seulement 2 % pour le Rwanda. En outre, leurs résultats en matière d’indicateurs sociaux restent modestes en dépit d’une réduction de la pauvreté. Ces exemples soulignent tout l’enjeu du caractère inclusif du modèle de croissance des pays africains. III) Émergence : l’Afrique a son propre index On comprend alors pourquoi la grande majorité du continent (à l’exception de l’Afrique du Sud et, dans une moindre mesure, de l’Égypte et du Nigeria) était jusqu’aux années 2010 tenue à l’écart de la notion d’émergence proprement dite. Mais s’il apparaît que peu de pays africains peuvent être qualifiés d’émergents à ce stade, plusieurs économistes et chercheurs proposent des nouvelles définitions de l’émergence élargies à des critères sociaux, de gouvernance et de qualité des infrastructures. Ces définitions revisitées permettent d’identifier les prochains pays émergents en Afrique. Aux BRICS et autres classements élaborés par les agences de notation ou les banques d’affaires au cours des précédentes décennies viennent alors s’ajouter des acronymes qui laissent davantage de place aux pays africains (comme les BENIVM, dont l’Éthiopie et le Nigeria font partie), voire qui se concentrent sur ce continent à l’exemple des AKNEEM (l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria, l’Égypte, l’Éthiopie et le Maroc). Un index sur l’émergence en Afrique a également été élaboré. IV) L’émergence de l’Afrique précédera celle des pays africains Mais si les dynamiques à l’œuvre au sein de ces pays sont positives, leurs trajectoires ne peuvent être comparées à celles observées dans les grands pays émergents au cours des décennies 1990 et 2000. Elles ne laissent pas présager d’une émergence sous la forme d’un modèle aussi extraverti, amené à concurrencer ces grandes économies à court terme, tout du moins à l’échelle nationale. Ce n’est d’ailleurs pas l’ambition de la plupart des pays africains disposant d’un plan d’émergence, qui recherchent avant tout une plus grande prospérité. Au-delà de ces dynamiques nationales, l’Afrique dispose toutefois d’atouts pour émerger en tant que continent. Raisonner à cette échelle permet de lever les freins auxquels font face les pays africains pris individuellement, en élargissant la taille du marché, en offrant de nouvelles opportunités économiques et en multipliant la capacité d’insertion dans les échanges internationaux tant commerciaux que financiers. À terme, l’Afrique pourra en effet s’appuyer sur la perspective potentielle d’un dividende démographique, sur le dynamisme de la consommation intérieure, voire à terme sur la complémentarité de ses productions. Les institutions africaines se mettent progressivement en place pour accompagner cette émergence. Alors que les organisations régionales aspirent à se renforcer, le premier pas d’une intégration à l’échelle continentale a été franchi avec la mise en place de la zone de libre-échange continentale (ZLECA). Un marché financier viendra dans un

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La déflation : définition, causes et conséquences

Que signifie exactement le terme « déflation » ? Quels événements peuvent provoquer le phénomène et quels sont ses effets économiques et sociétaux ? Quelles sont les principales occurrences historiques de déflation et qu’en est-il aujourd’hui ? I) La définition :  La déflation désigne une diminution de la moyenne de l’ensemble des prix dans une zone économique donnée, constatée sur une période durable (plusieurs trimestres consécutifs). Elle se caractérise donc par une hausse du pouvoir d’achat de la monnaie sur la période concernée. La déflation est l’opposé de l’inflation. À l’inverse de cette dernière, elle se caractérise en effet par une baisse durable et auto entretenue du niveau général des prix. À noter que la déflation peut être dite sectorielle, si elle ne touche qu’une partie de l’activité économique, ou généralisée. Il est aussi important de ne pas confondre déflation et désinflation compétitive. Cette dernière désigne une politique visant à favoriser le ralentissement du rythme de l’inflation pour améliorer la progression du pouvoir d’achat et gagner en compétitivité-prix. En pratique, dans le cas d’une désinflation, l’indice général des prix diminue mais reste positif. Dans le cas d’une déflation, aussi appelée inflation négative, l’indice général des prix passe sous le taux de 0%. II) Les différentes causes de la déflation: En économie de marché, la déflation résulte structurellement d’un déséquilibre durable de l’offre et de la demande, la première étant supérieure à la seconde. Il en découle mécaniquement une baisse des prix qui s’auto-entretient. Les causes principales de ce déséquilibre, souvent cumulées, peuvent être de diverses natures : surproduction de biens et d’offres de service, contraction des débouchés, diminution des coûts de production, contraction de la masse monétaire en circulation, surendettement et restriction du crédit, politiques d’austérité et de monnaie forte… Les exemples de déflation sont rares. Dans les pays développés, on n’en recense que deux exemples au cours des 100 dernières années : la déflation des années 1930, qui a touché les États-Unis puis l’Europe, et celle, plus récente, qui a atteint l’économie japonaise à la fin des années 1990. Dans les deux cas, la déflation s’est déclarée à la suite d’un choc financier (krach boursier aux États-Unis en 1929, krach boursier puis immobilier au Japon en 1990-1992) auquel les autorités monétaires ont apporté des réponses inadaptées ou trop tardives qui ont précipité l’économie dans une crise profonde. Aux États-Unis, la banque centrale (la FED) décide, face à la chute de la bourse en octobre 1929, d’augmenter ses taux d’intérêt. Il en résultera une contraction du crédit et de l’activité qui plongera l’économie dans la déflation. La leçon de cette erreur sera retenue. Ainsi, en 2008, la FED réagira en effet très rapidement au krach immobilier et boursier en injectant des liquidités et en abaissant ses taux directeurs. Au Japon, les krachs boursier et immobilier du début des années 1990 fragilisent les banques qui avaient accordé de nombreux prêts gagés sur la valeur des actifs immobiliers, et qui se retrouvent en difficulté. Pour y faire face, elles vendent massivement les actifs financiers qu’elles détiennent, actions et obligations, et réduisent la distribution de crédit. L’activité se contracte et les agents économiques cherchent à se désendetter plutôt que d’investir dans des actifs dont les prix baissent. Une spirale de type baisse des prix des actifs –> désendettement -> report des investissemenst -> baisse des prix des actifs se met en place et finit par peser sur l’activité via la baisse des investissements et l’absence de revalorisation des salaires. La Banque du Japon tarde à réagir. En effet, l’économie japonaise avait déjà basculé dans la déflation quand la politique du taux zéro et des mesures non conventionnelles d’achats d’actifs financiers ont été adoptées.  III) Les conséquences de la déflation: À première vue, la déflation est une bonne chose pour le consommateur, avec des prix de biens et de services qui baissent et des ménages qui voient alors leur pouvoir d’achat augmenter considérablement et durablement. Mais, en réalité, les conséquences de la déflation sont plus néfastes que positives pour l’économie : D’une part, la baisse régulière des prix incite les ménages à reporter leurs décisions d’achats dans l’attente de nouvelles chutes de prix. Ce comportement conduit à thésauriser la monnaie, baisser la consommation globale et à gonfler les stocks des entreprises qui n’arrivent plus à écouler leurs productions. En réaction, celles-ci réduisent leur production et leurs investissements. Les salaires baissent, les embauches se raréfient et le chômage progresse, ce qui finit par affecter le revenu des ménages. Il s’ensuit une nouvelle baisse de la consommation qui génère la formation d’un cercle vicieux car auto-entretenu. La Grèce a connu ainsi une période de déflation de 2013 à 2015. D’autre part, la déflation provoque une dégradation de la situation financière des particuliers et institutionnels qui ont recours à l’emprunt. En effet, le coût réel de la dette (c’est-à-dire une fois l’inflation prise en compte) augmente avec la baisse de l’indice général des prix car les remboursements des emprunts ne sont généralement pas indexés sur l’inflation. Il en résulte une moindre capacité à investir pour les entreprises et une moindre capacité à consommer pour les ménages endettés, ce qui renforce le cercle vicieux précédemment décrit. La déflation est donc un piège en ce sens où elle génère une spirale néfaste à l’économie toute entière. Elle est en outre très difficile à combattre par les autorités monétaires car elle se nourrit des anticipations auto-réalisatrices des agents économiques : tant que ceux-ci pensent que le phénomène de baisse des prix généralisée va se poursuivre, ils adopteront toujours le même comportement attentiste qui est à l’origine de l’apparition de la déflation. Le Japon a ainsi connu une phase prolongée de déflation depuis la fin des années 1990 que la politique monétaire n’a pas réussi à combattre efficacement. Les autorités monétaires japonaises ont en effet réagi trop tardivement alors que la déflation était déjà présente, si bien que ni les baisses de taux d’intérêt ni les politiques d’injection de liquidités dans le système financier n’ont réussi à endiguer la spirale de baisse des prix. Tout l’enjeu pour les autorités monétaires est donc d’agir préventivement afin d’éviter que l’économie ne tombe dans la déflation. En Europe les statistiques d’inflation

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La gouvernance en bref

La gouvernance, de l’anglais governance, désigne les modalités par lesquelles un pouvoir administre un objet (une entreprise ou un territoire). En géographie le terme a d’abord une dimension territoriale (la gouvernance regroupe alors les modalités d’administration d’un territoire par un pouvoir politique), et il est multiscalaire, de la gouvernance mondiale qui est celle des institutions internationales à la gouvernance locale qui relève des collectivités, en passant par la gouvernance des États. L’engouement récent pour le terme pourrait masquer des origines anciennes : on le relève au XVe siècle dans le livre d’un juriste anglais, intitulé The governance of England, dans un sens proche de l’actuel. La notion de gouvernance fait son apparition à la fin des années 1980 dans le champ des relations internationales. L’émergence du terme dans le vocabulaire de la science politique est concomitante de la reproduction par le pouvoir politique des mécanismes en vigueur dans la sphère économique, notamment le recours massif aux cabinets de conseil extérieurs. Le terme de « good governance » est employé par les institutions financières internationales pour définir les critères d’une bonne administration publique. La Banque mondiale définit la gouvernance comme l’ensemble des traditions et des institutions exerçant l’autorité sur un pays ce qui inclut : les processus par lesquels les gouvernements sont désignés, contrôlés et remplacés ; la capacité du gouvernement à formuler et à adopter des politiques de fond ; le respect des citoyens ; la capacité des institutions à piloter les interactions économiques et sociales. L’appropriation de la notion de gouvernance par différents acteurs fait que le terme revêt aujourd’hui de multiples significations. Certaines interprétations sont en effet divergentes. Dans le contexte du développement durable et à l’échelle mondiale, la gouvernance renvoie aux mécanismes de régulation internationale et à l’effacement des États confrontés à la mondialisation des questions environnementales. À des échelles régionales et locales, à l’échelle des territoires, les mécanismes régulateurs de gouvernance doivent prendre en compte différentes dimensions : les relations entre les dirigeants et les dirigés, notamment les relations entre l’État et la société civile ; le mode de coordination de diverses activités ou les relations entre acteurs ; le mode d’allocation des ressources entre les activités ou les acteurs ; la gestion des conflits (prévention, résolution). La « bonne » gouvernance implique : que la sécurité des citoyens soit assurée et que le respect de la loi soit garanti, notamment par l’indépendance des magistrats (l’État de droit) ; que les organismes publics gèrent de façon efficace et équitable les dépenses publiques (bonne administration) ; que les dirigeants politiques rendent compte de leurs actions devant la population –(la responsabilité et l’imputabilité ou accountability) ; que l’information soit disponible et facilement accessible à tous les citoyens (la transparence). La « bonne gouvernance » renvoie essentiellement à une « saine gestion des affaires publiques ». Elle veille à ce que les priorités politiques, sociales et économiques soient fondées sur un large consensus social et à ce que les voix des plus démunis puissent se faire entendre. La gouvernance des entreprises (corporate governance), bien qu’elle ne soit pas sans rapport avec la gouvernance des États, est davantage située dans le champ des préoccupations socio-économiques. C’est ainsi que les systèmes de notation des pays en fonction de leur bonne ou mauvaise gouvernance se sont multipliés prenant en compte des dimensions assez variées dans le champ du politique au sens large. Ils se fondent sur des méthodologies et des critères variés, parfois discutables et discutés, mais fournissent néanmoins des éléments comparatifs à ne pas négliger. Pour aller plus loin : Patrick Le Galès, « Gouvernance » in Jacques Lévy et Michel Lussault (dir.) – Dictionnaire de géographie et des sciences de l’espace social, Belin, 2003 [2013].

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Le monde du travail après la pandémie

De nombreuses entreprises, mais également des particuliers s’interrogent sur l’avenir du monde du travail après la pandémie de covid-19. Quelles seront les répercussions sur les emplois ? Quelles nouvelles compétences seront nécessaires ? Comment les entreprises et les particuliers peuvent-ils se préparer à l’après Covid-19 ? Un scénario semble plus que probable : après la pandémie de covid-19, le monde du travail fera face à davantage de perturbations et à un plus grand besoin de requalification des travailleurs. En effet, selon un rapport du McKinsey Global Institute (MGI), intitulé «The fututre of word after COVID-19» (« L’avenir du travail après la covid-19 », NDLR), rien qu’aux États-Unis, près de 17 millions de travailleurs devront changer d’emploi d’ici 2030. Le rapport précise qu’il ne s’agit pas simplement de changer d’employeur. Ces 17 millions de travailleurs devront complètement changer de poste, ce qui demande généralement plus de temps, engendre plus de perturbations et est plus susceptible de nécessiter une requalification. Par rapport aux données antérieures à la pandémie de covid-19, le nombre de travailleurs concernés par un changement de profession a augmenté de 28 %. La pandémie a généralisé trois grandes tendances visibles auparavant. Tout d’abord, elle a permis un recours plus important au télétravail, avec notamment davantage de réunions virtuelles et moins de déplacements professionnels. Ensuite, la pandémie a favorisé le commerce en ligne et les transactions virtuelles (achat en ligne et retrait en magasin, livraison à domicile, épicerie en ligne, enseignement en ligne et téléconsultation). Enfin, la crise sanitaire a permis d’adopter à plus grande échelle l’automatisation, notamment des entrepôts ou des usines de fabrication. Les entreprisses sont ainsi en mesure de faire face à des volumes plus importants d’achats en ligne et d’accélérer la production d’articles à forte demande (par exemple, les produits alimentaires, les boissons, le matériel électronique grand public, les masques et autres équipements de protection individuelle). I) L’évolution de la nature même du travail Le télétravail a connu une évolution radicale. Il est désormais certain que le travail à distance sera encore plus privilégié après la pandémie. Selon de récents sondages, 72 % des dirigeants d’entreprises affirment vouloir adopter un modèle de télétravail permanent. Parallèlement, 70 % des employés déclarent que la possibilité de travailler depuis chez eux, au moins pendant une partie de la semaine, est un critère essentiel dans le choix de leur prochain emploi. Selon le rapport du MGI, même après la fin de la campagne de vaccination et le retour à la normalité sur les lieux de travail, 22 % des emplois aux États-Unis pourront être effectués à distance pendant 3 à 5 jours par semaine, tandis que 17 % des emplois pourront être effectués à distance pendant 1 à 3 jours par semaine, le tout sans aucune perte de productivité. Enfin, 61 % des emplois pourront être effectués à distance pendant une journée par semaine, ou moins. Le recours au télétravail dans de telles proportions aura également des répercussions sur les déplacements professionnels. Ces derniers enregistreraient une baisse de 20 % par rapport à la période antérieure à la pandémie de covid-19. En effet, de nombreuses réunions, conférences ou conventions sont annulées ou organisées à distance. Par conséquent, d’autres secteurs seront également touchés, car les déplacements professionnels leur permettent de générer des profits (par exemple, les compagnies aériennes, l’hôtellerie, les transports ou la restauration). En revanche, les voyages d’agrément devraient connaître un pic après la pandémie et atteindre des niveaux bien plus élevés qu’avant la crise sanitaire, car les familles et les amis qui ne se sont pas vus depuis plus d’un an se réuniront à nouveau. Par la suite, les voyages d’agrément devraient revenir à leur niveau d’avant la pandémie. En outre, afin de maintenir la distanciation sociale, remplacer les travailleurs malades et s’adapter à la hausse de la demande de produits manufacturés, les entreprises pourraient également favoriser l’automatisation pour la production et le stockage en intérieur. Concernant les activités de production et de maintenance en extérieur, il est peu probable que l’automatisation soit privilégiée. En effet, des activités comme l’aménagement paysager ne sont pas propices à l’automatisation. Selon un sondage réalisé dans le secteur manufacturier, 39 % des chefs d’entreprise interrogés ont déclaré mettre en œuvre davantage de solutions numériques en réponse à la crise. Tous ces changements seront probablement plus importants pour les professions à forte proximité physique. Il s’agit là de l’un des principaux effets de la pandémie de covid-19. Les travailleurs en première ligne, comme les vendeurs, les hôteliers, les restaurateurs ou les serveurs ont été fortement touchés par la crise sanitaire et ils continueront d’en ressentir les effets après la fin de la pandémie, à mesure que l’automatisation et la numérisation des interactions nouvellement mises en œuvre se maintiendront. Au cours de l’année écoulée, ces professions ont enregistré les taux les plus importants de diminution d’emploi. Ainsi, ces secteurs mettront probablement plus de temps à s’en remettre. II) La valorisation des compétences pour la reprise et l’équité Ces évolutions posent certaines questions, notamment en matière d’équité. Les secteurs les plus touchés par les pertes d’emploi à cause de la pandémie (la vente, l’hôtellerie et la restauration) emploient beaucoup de femmes et de personnes de couleur. C’est l’une des raisons pour lesquelles, bien que la reprise de l’emploi pourrait intervenir en 2023 pour la majeure partie de l’économie américaine, il faudra attendre deux années supplémentaires pour que les femmes et les personnes de couleur retrouvent leur niveau d’emploi d’avant la pandémie. Si l’on regarde plus dans le détail, les différences sont frappantes. Pour les femmes de couleur, la reprise de l’emploi pourrait prendre encore plus de temps (trois ou quatre années supplémentaires) et il en va de même pour les personnes de couleur sans diplômes universitaires. Certains secteurs pourraient connaître de fortes hausses de l’emploi dans les dix prochaines années (par exemple, les secteurs de la santé, des sciences, de l’ingénierie, des technologies ou encore des transports). À l’inverse, dans d’autres secteurs les emplois diminueront considérablement (par exemple, les services à la clientèle, la vente et les services alimentaires ou encore le soutien administratif en entreprise). Le monde du travail doit regarder au-delà de la pandémie pour pouvoir

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Le Maroc et le développement durable

Le développement durable a fait couler beaucoup d’encre. Nombreux sont les acteurs sociaux, les institutions et les organisations qui s’en réclament. De prime abord, il convient de définir la notion de développement durable avant d’approcher ses principes fondateurs et ses enjeux au Maroc I) Définition du développement durable La définition «officielle» du développement durable a été élaborée dans le rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations unies, dit rapport Brundtland, où cette expression est apparue pour la première fois en 1987, « le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Ainsi, contrairement au développement économique, le développement durable est un développement qui prend en compte trois dimensions : économique, environnementale et sociale. Les trois piliers du développement durable qui sont traditionnellement utilisés pour le définir sont donc : l’économie, le social et l’environnement. La particularité du développement durable est de se situer au carrefour de ces 3 piliers du développement durable. II) Développement durable : histoire et origine du concept Le mot de développement durable apparaît au début des années 1970 et 1980 dans des écrits scientifiques. L’un des premiers textes référencés faisant usage de ce concept dans le sens actuel est le Rapport du Club de Rome «Halte à la croissance», mais on en trouve des occurrences dans d’autres textes de la même époque dans des disciplines diverses. Ce rapport publié en 1972 et écrit par deux scientifiques du MIT (Massachusetts Institute of Technology) tentait de questionner notre modèle de développement économique basé sur la croissance économique infinie dans un monde aux ressources finies. Il montrait alors les limites écologiques de notre modèle. Au niveau international, on commence à parler de développement durable pour la première fois dans les rapports des Congrès de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Mais bien avant cela, le développement durable avait commencé à émerger comme idée. L’émergence de l’idée du développement durable est concomitante avec celle de la société industrielle. A partir de la deuxième moitié du 19ème siècle, les sociétés occidentales commencent à constater que leurs activités notamment économiques et industrielles ont un impact significatif sur l’environnement et sur l’équilibre social. Plusieurs crises écologiques et sociales vont avoir lieu dans le monde et vont faire prendre conscience qu’il faut un modèle plus durable. Même si le développement durable est une idée relativement peu connue jusqu’à la seconde moitié du 20ème siècle, elle a rapidement pris de l’importance face à la multiplication de ces crises écologiques et de leurs conséquences sur les sociétés humaines. Au fur et à mesure de l’avancée des connaissances scientifiques sur des enjeux comme la couche d’ozone, le réchauffement climatique ou la disparition de la biodiversité, la communauté internationale a pris conscience de la nécessité de trouver un modèle économique susceptible de permettre d’assurer nos besoins sans détruire l’écosystème. III) Évolutions de la définition du développement durable Il existe une polémique sur l’adjectif «durable»  dans développement. En Anglais (langue originale du rapport Brundtland), le terme utilisé est “sustanable development”, qui pourrait se traduire par «développement soutenable». Selon Franck-Dominique Vivien « le terme «durable» a tendance à renvoyer à la durée du phénomène auquel il s’applique, comme si le problème se résumait à vouloir faire durer le développement. Or la notion de soutenabilité permet de mettre l’accent sur d’autres questions relatives à la répartition des richesses entre les générations et à l’intérieur de chacune des générations ». D’un autre côté, l’adjectif soutenable en français renvoie à deux définitions possibles : -Qui peut être défendu, appuyé par des arguments sérieux. Ex : Ce point de vue n’est pas soutenable. -Qui peut être supporté, enduré. Ex : Des scènes de violence peu soutenables. Étymologiquement, il ne renvoie donc pas à l’idée d’une stabilité et d’une régularité dans le temps. Cela pousse le Dictionnaire du Développement Durable de l’Office Québécois de la Langue Française à estimer que le terme «développement soutenable» n’est «pas adapté pour désigner le concept en question. Développement durable est maintenant le terme le plus largement utilisé dans l’ensemble de la francophonie». À l’origine, le développement durable est un développement qui respecte à la fois les besoins économiques, les besoins sociaux et l’environnement. Mais au fur et à mesure du développement de ce concept, d’autres dimensions s’y sont ajoutées. En particulier, le développement durable s’accompagne désormais souvent d’une réflexion sur l’échelle géographique : ce qui est un développement durable à l’échelle locale peut ne pas l’être à l’échelle mondiale et inversement. D’autre part, la définition du développement durable prend également de plus en plus souvent une dimension politique (quel système permet la meilleure liberté politique ?) ainsi qu’une dimension éthique et morale. Aujourd’hui, de plus en plus le développement durable se rapproche de la définition de la résilience. IV) La remise en cause de la définition du développement durable Pour certains penseurs, la notion de développement durable est en elle-même biaisée parce qu’elle se base sur le concept de «développement», lui même sujet à caution. Gilbert Rist par exemple, considère que la notion de développement est un ethnocentrisme et une croyance occidentale. Selon lui, lorsque l’on parle de «développement  (comme lorsqu’on évoque les pays en développement) on présuppose qu’il existe une forme de développement universellement souhaitable. En somme, on part du principe que la société occidentale, société de consommation, société étatique, industrielle et politique est la forme de société vers laquelle il faut idéalement tendre. Or il existe d’autres formes de sociétés dans le monde, qui ont vécu des formes de développement différentes : des sociétés agraires basées sur une agriculture vivrière par exemple, ou encore des sociétés non-étatiques et autonomes. Le terme “développement durable” porte donc en lui cette connotation, et surtout il dénote un impensé d’autres formes de vie que celles établies par la société capitaliste occidentale. Les penseurs de la décroissance remettent également en cause la notion de développement durable, dans le sens où celle-ci est souvent associée à la croissance économique. En effet, la définition du développement durable comprend une dimension de développement (de

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21st Century Competencies .

Summary Technological, economic and societal transformations that took place in recent years have shaken the models. Globalization, fierce competition, environmental concerns and the rapid growth of algorithms are already affecting deeply the world of work. To address these deep changes, it will be imperative henceforth to depend on the skills that make humans uniques :Creativity, Communication, Critical Thinking and Cooperation. These competencies allow the building of the future world intellectual elite that shall be both reliable and effective. Four of these competencies are fundamental to individual success. These are the famous 4Cs. These four cognitive competencies which can be taught and which allow the resolution of complex problems are: Creativity, Critical Thinking, Communication and Cooperation. By ignoring the subject, developing countries cause essential competitive advantage to fall behind: Human capital.The human capital of a nation is the stock of knowledge and competencies owned by individuals. The level of this stock determines straightforwardly economic performance. In the 21st century, in a society where  performance relies on the ability to access information, to structure it and to use it to solve new problems, the development of 4Cs  becomes fundamental along with the identification of individuals who master them. Such a change goes through several stages: knowing how to spot , measure and assess these competencies then tutoring instructors on how to teach and develop them, then instructing recruiters to make them part of their criteria and to develop them continuously in their companies. Competencies evaluation in the 21st century requires partly a different approach from the one  prevailing in the world. Critical thinking present today models of evaluation that have proven their worth for several decades and do not present any particular challenge in this regard. Creativity, which is also a cognitive competence has been increasingly evaluated for the last fifteen years which made it possible to develop a better understanding of the subject. By contrast, the sense of communication and the sprit of cooperation, which are interpersonal skills, fall outside the habitual  measurement models, and it can be tricky to measure them in the strict sense of the term. To remain competitive, it is important for governments in developing countries  to  review their education systems, and for companies to reconsider their criteria and methods of recruitment. This is about a whole system that needs to be developed both in relation to the education system and to the human resources in organizations. The journey shall be long and  resistances shall be numerous. Therefore the work shall start now. you might as well get started. Les compétences du 21ème siècle À l’ère de la culture numérique, de nouvelles exigences apparaissent dans le domaine de l’éducation et de l’emploi. Au cours des vingt dernières années, plusieurs termes ont été utilisés pour les désigner, tels que compétences de base, compétences essentielles, compétences clés, etc. Cependant, durant les dernières années plusieurs modèles internationaux ont été proposés afin de lister et catégoriser les compétences du 21ème siècle. La première initiative sur ce sujet a été lancée en 2002 sous le nom de Partenariat pour les Compétences du 21ème siècle, ou P21, avec l’appui de America Online (AOL), Cisco Systems, Microsoft et du Ministère de l’Education des Etats Unis. Une autre initiative importante, initié en 2008, est l’ATC21S, l’organisation pour l’évaluation et l’enseignement des compétences du 21ème siècle. L’OCDE s’y est associée pour faire évaluer les tests PISA, servant à évoluer le niveau des élèves de 15 ans dans les pays de l’OCDE. Plus largement, dans de nombreux pays développés, des groupements d’experts se sont intéressés au sujet, de l’UNESCO à l’Union Européenne. Aujourd’hui, plusieurs milliers d’organisations dans le monde travaillent sur les compétences du 21ème siècle. Quelles sont donc les Compétences clés  du 21ème Siècle ? Mais avant de répondre à cette question, il convient  tout d’abord de définir qu’est-ce que la compétence. Pour  le professeur Jacques Tardif « la compétence est un savoir agir prenant appui sur la mobilisation et la combinaison efficaces d’une variété de ressources internes (savoir, capacité cognitive, capacité métacognitive, savoir-faire relationnel, savoir-faire procédural, ressources physiologiques, ressources émotionnelles, …) et externes (réseaux, logiciels, banques de données, ressources documentaires, membres du collectif, moyens de l’environnement professionnel, …) à l’intérieur d’une situation dans un contexte donné. » (Jacques Tardif, l’évaluation des compétences). Les chercheurs néerlandais, Joke Voogt et Nathalie Pareja Roblin, ont investigué les grands référentiels dont l’objectif est de promouvoir les compétences qui doivent être enseignées dans les écoles du 21e siècle. Trois de ces référentiels proviennent d’organismes internationaux bien connus : l’UNESCO, l’OCDE et l’Union Européenne. Quant aux autres, un provient de l’Australie et trois des États-Unis et ils ont la particularité d’avoir reçu des appuis de grandes institutions privées. Une indication, affirment les chercheurs, d’un « fort intérêt de la société civile pour les compétences du 21e siècle. » La comparaison du contenu des référentiels permet de constater que, si la définition des compétences du 21e siècle n’est pas stabilisée, les  référentiels suivants font consensus : -collaboration, -communication, -compétences liées aux technologies de l’information et des communications (TIC), -habiletés sociales et culturelles, citoyenneté. Les compétences identifiées dans la majorité des référentiels : -créativité et innovation -pensée critique, -résolution de problèmes, -capacité de développer des produits de qualité et productivité. D’autres compétences sont mentionnées plus rarement, telles que la capacité d’apprendre, l’autonomie (self-direction), la capacité de planifier, la flexibilité, l’adaptabilité ou la résolution de conflits, etc. Privilégiées entre toutes, les compétences liées aux TIC sont au cœur de tous les référentiels. Dans la plupart, elles sont regroupées en trois catégories : L’« information literacy » réfère à la capacité (1) à accéder de manière efficace à de l’information pertinente, (2) à évaluer l’information avec une approche critique et (3) à l’utiliser avec justesse et créativité. L’ «ICT literacy» réfère aux connaissances techniques qui permettent d’utiliser les technologies de l’information et de la communication. Elles peuvent aussi être comprises dans le sens plus large de l’utilisation des technologies digitales, des outils de communication et/ou des réseaux pour accéder, gérer, intégrer, évaluer et créer de l’information utile dans la société du savoir. La «technological literacy»

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