Le chômage des jeunes augmente dans le monde

La situation de l’emploi à travers le monde n’est guère rassurante. Les perspectives s’annoncent d’ailleurs difficiles, surtout dans la conjoncture économique et politique actuelle à travers différentes régions du globe. L’Organisation Internationale du Travail, dans son rapport annuel sur les 15-24 ans, montre l’augmentation du nombre de jeunes en situation de pauvreté extrême malgré le fait qu’ils travaillent. Dans les pays émergents essentiellement. C’est un très net retournement de tendance. L’Organisation Internationale du Travail estime que le chômage des jeunes repart à la hausse en 2016 et 2017. L’OIT qui travaille à la fois sur les données conjointes du FMI et les statistiques nationales, estime que le taux mondial du chômage des jeunes entre 15 et 24 ans devrait atteindre 13,1% en 2016 et 2017 (contre 12,9% en 2015). Une hausse de 500 000 jeunes chômeurs. Des jeunes précarisés malgré leur emploi : Mais le plus inquiétant pour l’OIT est la proportion de jeunes, principalement dans les pays émergents, qui vivent dans une pauvreté extrême malgré le fait qu’ils aient un emploi : ils sont 156 millions dans ce cas-là, soit 37,7 % des jeunes travailleurs. 11 points de plus que les travailleurs adultes qui ne sont « que » 26% dans ce cas. L’Afrique subsaharienne a ainsi les taux de pauvreté au travail des jeunes les plus élevés au monde, avec près de 70 %. C’est aussi l’une des raisons de l’immigration : la proportion de jeunes de 15 à 29 ans désireux de s’installer de manière permanente dans un autre pays était de 20% en 2015, mais les tendances les plus élevées se trouvent en Afrique subsaharienne (38%), en Amérique latine et en Europe de l’Est (37%). Des disparités accrues entre hommes et femmes : Cela confirme pour l’OIT que l’objectif des Nations Unies d’éradiquer la pauvreté dans le monde d’ici 2030 ne pourra pas être atteint dans les conditions actuelles de croissance et d’organisation du travail. Pour Steven Tobin, économiste principal à l’OIT et principal auteur du rapport, cette hausse du chômage ou de la pauvreté malgré le travail s’explique par « une récession plus profonde qu’attendue dans quelques grands pays émergents exportateurs de matières premières et par la stagnation de la croissance dans certains pays développés». L’augmentation des taux de chômage des jeunes est particulièrement marquée dans certains pays émergents : en  Amérique latine ou dans les Caraïbes, il devrait passer de 15,7 % en 2015 à 17,1 % en 2017 et de 16,6 à 17,5 % en Asie centrale et occidentale. Pour Deborah Greenfield, Directrice générale adjointe de l’OIT, l’étude révèle de fortes disparités entre jeunes femmes et jeunes hommes sur le marché du travail. Les écarts se creusent. Ainsi, cette année le taux d’activité des jeunes hommes est de 53,9% et celui des jeunes femmes de 37,3 %. L’Asie du Sud, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les plus inégalitaires, puisque l’écart entre jeunes hommes et jeunes femmes y est supérieur à 30 points. Difficultés dans les pays développés : Les économies développées ne sont pas épargnées en particulier en ce qui concerne la répartition par âge de la pauvreté : les jeunes se substituent aux personnes âgées en tant que catégorie courant le plus fort risque de pauvreté. Par exemple, en 2014, la proportion des jeunes travailleurs dans l’UE des 28 qualifiés de plus exposés au risque de pauvreté s’élevait à 12,9% contre 9,6% pour les travailleurs adultes. Le problème est particulièrement grave dans certains pays où le risque de pauvreté pour les jeunes travailleurs dépasse les 20%. Globalement, les données récoltées par l’organisation caractérisent les difficultés de longue date du marché du travail. «Ce qui montre que le mécontentement à l’égard de la situation sociale, économique ou politique est en hausse», résume le rapport. Aujourd’hui, la pandémie de coronavirus aggrave le chômage chez les jeunes,  notamment en Afrique du Nord où le taux est le plus élevé dans le monde. De ce fait,  cette sous-région sera confrontée à des problèmes majeurs dans les années qui viennent.

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Déclin des classes moyennes

Déclin des classes moyennes La précarisation de l’emploi et la disparition progressive des métiers moyennement qualifiés sont en train d’entraîner un déclin progressif des classes moyennes. L’OCDE tire la sonnette d’alarme dans le rapport qu’elle vient de publier sur les classes moyennes. Après avoir, depuis une dizaine d’années consacrées une série de rapports à la montée des inégalités et à la panne de l’ascenseur social, l’OCDE s’est logiquement penchée sur les classes moyennes, les grandes perdantes de la dernière décennie. Le constat : au cours des 30 dernières années, les revenus moyens ont à peine augmenté et, dans tous les pays de l’OCDE, «la croissance des revenus médians a été moindre d’un tiers par rapport à la croissance du revenu moyen des 10% les plus riches ». Comme, dans le même temps, le coût des éléments essentiels au train de vie de la classe moyenne a augmenté plus vite que l’inflation (le logement en particulier) et que s’est rajouté à cela un contexte d’insécurité croissante de l’emploi et une transformation rapide des marchés du travail (un emploi sur six à revenu moyen est actuellement confronté à un risque élevé d’automatisation), les classes moyennes sont de plus en plus en difficultés : selon l’OCDE, plus d’un ménage à revenu moyen sur cinq dépense plus qu’il ne gagne et, en outre, il est devenu plus difficile pour les jeunes générations d’accéder à la classe moyenne. « Aujourd’hui, la classe moyenne ressemble de plus en plus à un bateau en eaux troubles » écrit l’OCDE. «Chaque décennie, 1% de la population cesse d’appartenir aux classes moyennes ». Ces menaces sur l’existence même des classes moyennes sont liées, pour une bonne partie, aux modifications de l’emploi et à la lente mais certaine disparition des emplois moyennement qualifiés. L’OCDE explique ainsi que, depuis la génération du boum des naissances (les gens nés entre 1943 et 1964), « chaque nouvelle génération a vu ses chances de faire partie de la classe moyenne diminuer ». La première raison en est qu’un « niveau de compétences plus élevé est désormais nécessaire pour faire partie de la catégorie des revenus intermédiaires ». En d’autres termes, pour les baby-boomers, il suffisait d’avoir des compétences professionnelles « intermédiaires » pour appartenir à la catégorie des revenus intermédiaires. Aujourd’hui, c’est fini car, si le niveau de compétences exigé a augmenté de façon générale, il l’a surtout fait pour la classe moyenne. Un chiffre : près de la moitié des travailleurs à revenu intermédiaire occupent des emplois hautement qualifiés, comparativement à un tiers il y a, seulement, deux décennies. Et, comme la part de travailleurs à revenu intermédiaire occupant des emplois moyennement qualifiés a diminué dans tous les pays, « il est devenu de moins en moins possible d’obtenir le même niveau de revenu que par le passé pour certains emplois. Cette nouvelle association entre les compétences professionnelles et le niveau de revenu peut aider à expliquer une partie de la frustration sociale, qui est au cœur du débat sur la pression qui s’exerce sur la classe moyenne », commente l’OCDE, car « un ménage ordinaire a besoin de deux revenus pour faire partie de la classe moyenne, alors que dans le passé, un seul apporteur de revenu occupant un emploi hautement qualifié était souvent suffisant. Toutefois, même avec deux revenus, il est de plus en plus difficile d’atteindre le niveau de revenu intermédiaire si au moins l’un des partenaires n’est pas hautement qualifié ». La menace de déclassification est bien plus forte pour la classe moyenne inférieure. A l’hyper-qualification nécessaire se rajoute pour elle la disparition des métiers de faible qualification entraînée par la révolution numérique : un travailleur à revenu intermédiaire actuel sur six occupe un emploi à risque élevé d’automatisation, un risque plus proche de celui auquel sont exposés les travailleurs à bas revenu (un sur cinq) que de celui auxquels sont exposés les travailleurs à haut revenu (un sur dix). L’OCDE estime donc prioritaire que tous les Etats membres entament des politiques extrêmement volontaires de correction de ces évolutions, principalement pour les classes moyennes inférieures. Les principales portant sur les systèmes de redistribution sociale et les politiques de logement, mais aussi sur la formation : « garantir l’accès à l’éducation et à la formation des adultes est un défi majeur. Actuellement, les adultes à revenu intermédiaire n’ayant pas fait d’études supérieures, notamment ceux d’un certain âge, se forment nettement moins que les personnes plus jeunes davantage diplômées. Des programmes d’éducation et de formation des adultes plus nombreux et plus innovants devraient cibler les personnes occupant des emplois moyennement qualifiés, ou les secteurs et régions particulièrement exposés au risque de mutations du marché du travail, pour doter les travailleurs à revenu intermédiaire des compétences nécessaires dans un monde du travail en mutation, et cela nécessitera une modernisation en profondeur de ces systèmes ». C’est une politique d’autant plus nécessaire que, selon le directeur de la Direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’OCDE, Stéphano Scarpetta «la classe moyenne est le centre de gravité de nos démocraties comme de nos économies». D’abord parce que, selon l’OCDE «la croissance est plus forte dans les pays où la classe moyenne est forte ». Ensuite parce que les classes moyennes jouent un rôle essentiel dans l’exigence d’éducation, la cohésion sociale, la stabilité politique et le fonctionnement des démocraties modernes. Ainsi, pour restaurer la paix sociale et stabiliser la société via l’élection de partis modérés, les décideurs politiques et économiques ont tout intérêt à combattre la montée des inégalités et le déclin de la classe moyenne. D’aucuns diront que combattre ces phénomènes coûtera de l’argent et se traduira probablement par des hausses des impôts. C’est effectivement probable, disent des économistes. Par contre, un peu à l’instar de la lutte aux changements climatiques, payer maintenant pour réduire les inégalités et renforcer la classe moyenne coûte bien moins cher que de ne rien faire et de ramasser les pots cassés plus tard.

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Enjeux de la Mondialisation

Le terme «mondialisation» est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Elle suscite de nombreux débats et controverses. Les uns se félicitent des effets positifs et appellent à toujours plus de mondialisation, les autres dénoncent ses conséquences néfastes et luttent pour l’empêcher d’advenir. Depuis peu, les inquiétudes se généralisent, touchant jusqu’aux plus fervents défenseurs de la mondialisation. Alors qu’est ce que la mondialisation ? Quelles sont ses conséquences ? Favorise-t-elle le développement et la réduction des inégalités dans le monde ? Est-elle un facteur de paix ou de conflits? La mondialisation désigne généralement l’ouverture des frontières internationales aux échanges commerciaux, à l’immigration, à l’investissement direct, à l’information et aux technologies. Les organisations internationales comme le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l’Organisation Mondilale du Commerce s’emploient à promouvoir les bienfaits de la mondialisation et à faire face aux risques auxquels elle expose les économies du monde, notamment des pays en voie développement. En effet, si le terme anglais de globalization a été repris par la plupart des langues, le français recourt à deux mots : « globalisation » et « mondialisation ». Cette distinction, dans les faits, n’est pas neutre. Pour certains spécialistes ces deux expressions peuvent être utilisées indistinctement. Pour d’autres, en revanche, ces deux termes ne sauraient se confondre car ils sous-tendent des approches différentes. Le terme « mondialisation » serait plus réducteur, en ce sens qu’il ne rendrait pas compte du caractère nouveau de l’actuel processus. Car, la mondialisation n’est pas en soi un phénomène inédit. Elle plonge ses racines dans l’histoire, avec des civilisations très anciennes qui avaient déjà su, en leur temps, développer largement l’activité commerciale. Dans ce contexte, le terme « globalisation » traduirait donc plus fidèlement la nouvelle réalité, selon laquelle l’accélération du progrès technique ainsi que la croissance des échanges commerciaux et des flux financiers se conjugueraient pour une intégration toujours plus poussée des marchés. Comprise comme un processus qui transforme le monde en « village global », la mondialisation « exprime le stade de développement planétaire sans barrières où tout est proche, accessible, où tout communique et où, par conséquent, les solidarités et les interdépendances s’accroissent ». Par ailleurs, la mondialisation contemporaine s’est établie de manière universelle, à partir de la moitie de 1970 avec le développement du projet économique néolibéral qui trouve ses origines en particulier dans le colloque Lippmann (1938) et la création d’institutions qui en constituent les conditions de possibilité: accords de libre-échange, FMI, Banque mondiale, OMC. Après la chute du mur de Berlin en 1989, le discours néolibéral devient dominant et exclusif. Pour les théoriciens de cette relance du libéralisme, l’effondrement du monde communiste apparaît comme la confirmation historique du bien fondé de leur doctrine. C’est « la fin de l’histoire » et rien ne peut aller au-delà car le capitalisme semble avoir triomphé. Les conséquences les plus visibles de la mondialisation actuelle sont sans doute celles qui touchent au monde économique. Le processus de mondialisation a ouvert la voie à de nombreux avantages et il dégage des possibilités de développement économique et de croissance partout dans le monde, en ouvrant les frontières et en supprimant la distance et le temps. Toutefois, les effets positifs de la mondialisation ne doivent pas cacher une série de  menaces: dégradation de la cohésion sociale, changements environnementaux, hégémonie de la sphère financière, surendettement des pays en voie de développement… etc. En dépit des effets de la mondialisation, la dure réalité est celle d’inégalités dramatiques entre les pays, entre les peuples, entre les individus. Malgré la croissance, l’inégalité a gardé son caractère mondial et régional, la pauvreté dans le monde est loin de reculer. Toutefois, la mondialisation telle qu’elle existe aujourd’hui ne se réduit pas à ses effets économiques, mais elle a aussi des effets sociaux, écologiques et culturels très négatifs. Le travail a cessé d’être un droit. Il est devenu, ces dernières années, une situation à conquérir. Au Sud, le travail se fait trop souvent dans des conditions inhumaines, pour un salaire misérable. Et cela dans un contexte où les firmes multinationales n’hésitent pas à profiter du fait que, dans de nombreux pays, le droit des travailleurs et les libertés syndicales sont souvent inexistantes. Dans de nombreux cas, le plus bas salaire devient la norme et le droit au travail, l’ennemi à abattre. Aussi la mondialisation néolibérale ne se développe évidemment pas sans coûts environnementaux. Les changements climatiques en sont une manifestation. De même, la mondialisation condense les inquiétudes et provoque parfois de violentes crispations identitaires. Ainsi, le nationalisme, le régionalisme et l’intégrisme sont devenus une réponse aux bouleversements imposés à des populations et à des systèmes économiques qui se trouvent marginalisés. Dans ce sens, la réponse de l’économiste américain Joseph Stiglitz est nette. « Aujourd’hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres du monde. Ça ne marche pas pour l’environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l’économie mondiale ». Pour conclure, il est important de souligner que la mondialisation actuelle appelle des régulations, comme l’a rappelé Jacques de Larosière: « Dans un monde globalisé, les dangers aussi sont globaux : ceux de la pollution de l’atmosphère, ceux des épidémies, ceux des dévaluations compétitives, etc. Ce monde requiert donc des règles et une surveillance effective qui s’applique aux forts comme aux faibles. Tel est le défi du XXIe siècle».  Des références pour aller plus loin : – Christian Cauvin « Au delà de la mondialisation, construire le mode de demain » Editions l’Harmattan, Paris 2016. – Daniel Cohen «Trois leçons sur la société post-industrielle» Éditions du Seuil, Paris, 2006. – Francis Fukuyama « La fin de l’Histoire et le dernier homme », Editions Flammarion, Paris, 1992. – Guy Caron de La Carrière, In Pascal Lorot (dir.) « Dictionnaire de la mondialisation », Editions Ellipses, Paris, 2001. – Jacques de Larosière « Implications de la mondialisation » in Rapport moral sur l’argent dans le monde. L’éthique financière face à la mondialisation, Editions Montchrestien, 1997. – Joseph Stiglitz  «  La grande désillusion » Editions Fayard, Paris, 2002. – Jean Fourastié « Les Trente Glorieuses, ou la révolution invisible de 1946 à 1975 » Editions Fayard, Paris,

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